La grande tempête

  

 

gif lune Mike avançait depuis deux heures à peine lorsqu’il constata que le vent se levait et que le ciel s’assombrissait. Exactement ce dont j’avais besoin, se dit-il, une tempête au paradis ! 

 

Depuis une heure environ, il cheminait péniblement, accablé par sa charge, et devait s’arrêter de plus en plus souvent pour se reposer. Non seulement sa charge était-elle très lourde, mais elle était encombrante. Mike en était irrité au plus haut point, et voilà qu’à son inconfort venait s’ajouter une tempête. Il devait rapidement trouver un abri pour se protéger de la pluie. Il ne voulait pas abîmer ses bagages et craignait que son armure ne soit attaquée par la rouille. 

 

Il s’arrêta encore et regarda derrière lui une première fois. Elle était là ! La forme verte se précipita derrière un amis de roches. Cette fois, Mike l’avait aperçue. Elle était évidente et énorme ! Son corps fatigué fut envahi d’appréhension en constatant que la forme ne l’avait pas abandonné depuis qu’il s’était arrêté à la dernière maison. Il se rappela qu’Orange lui avait indiqué le danger et le mal qui le guettaient. Tout en se reposant, il ne cessait de surveiller la route derrière lui. Il se devait de rester alerte, sans savoir encore jusqu’à quel point. 

 

Le vent s’éleva, rendant sa progression encore plus pénible. Un voyageur moins encombré n’aurait pas eu la moindre difficulté à se déplacer dans ces conditions, mais le bouclier avait presque l’effet d’une voile dans son dos. S’il n’avait pas transporté tant de bagages, Mike n’aurait eu qu’à le garder en équilibre comme il l’avait appris et se serait déplacé sans doute plus vite, se servant du bouclier pour assurer sa stabilité dans le vent. Mais, avec tous ses sacs, il n’y arrivait pas. Mike comprit qu’il devait se mettre rapidement à l’abri jusqu’à ce que le temps se calme et redevienne tel qu’il l’avait connu depuis son départ. 

 

Michaël n’avait jamais rien vu de semblable. La température changea remarquablement dans un très court laps de temps. Toujours sur le qui-vive à cause de son poursuivant, il découvrit avec horreur que la chose se rapprochait de lui malgré le vent et la pluie battante. Elle était rapide. Comment pouvait-elle se déplacer si vite par un tel vent ? 

 

De plus en plus inclémente, la température poussa Mike à prendre des mesures appropriées. Les choses se gâtaient à vive allure. Il continua d’avancer, légèrement courbé, espérant ainsi offrir moins de résistance au vent. Finalement, il dut s’arrêter et s’allonger au sol, tout mouvement vers l’avant étant devenu absolument impossible. 

 

La tempête devenait de plus en plus forte et mugissait sous le vent, dont la violence croissait. Là où l’armure ne le protégeait pas, la pluie l’attaquait comme des aiguilles violemment plantées dans la chair. Mike se sentait en danger. Il regarda prestement derrière lui, mais la vision était en grande partie obstruée par la pluie battante et le brouillard. Il pouvait tout de même voir la silhouette vert foncé, maintenant droite comme un fil et dont les yeux rouges flamboyaient. Elle commença à avancer, nullement retardée par la tempête. Comment était-ce possible ? Mike était terrifié. 

 

La voix de bleu, claire, s’adressa à Mike. 

-       SERS-TOI DE LA CARTE ! Quelle clarté ! se dit Mike. 

Il est vraiment avec moi. La furie de la tempête égalait maintenant tout ce qu’il n’avait jamais connu au Minnesota. Il aurait aussi bien pu se trouver au cœur d’une tornade. Etendu sur le sol, il déployait d’immenses efforts pour éviter d’être balayé par la force incroyable de la tempête. Plus il pouvait s’aplatir, mieux c’était. Le bourdonnement des éléments déchaînés était devenu assourdissant ! La peur de Mike aurait pu le déstabiliser et le faire basculer dans la terreur mais, d’une façon manifeste, la situation présentait un certain sens. Si seulement, il pouvait sortir sa carte ! 

 

Malheureusement, Mike ne parvenait pas à extraire sa carte de son sac, trop préoccupé par sa survie. La férocité des éléments attaquait son être le plus profond. D’une main, il s’agrippait littéralement aux plantes, à même le sol, tandis qu’il tenait sa précieuse cargaison de livres et de photos de l’autre main. Le sac contenant la carte était suspendu à son cou et tout froissé – en sécurité, mais tout à fait inaccessible. Michaël sentit soudain son corps soulevé par la force violente du vent et le bouclier sur son dos qui la découplait. Telle une brute, la tempête féroce l’attisait et l’incitait à l’action. Mike s’enfonça encore plus dan le sol et, par la force de sa volonté, enfonça ses orteils dans la boue, s’agrippant encore plus solidement d’une main à une racine tenace. 

 

Le temps était devenu très sombre. Les amas de nuages qui s’étaient accumulés dans le ciel étaient suspendus juste au-dessus de l’endroit où Mike gisait, et sa vue s’en trouvait limitée. Il pouvait à peine ouvrir les yeux puisqu’il devait les protéger du vent et de la pluie mais, de toute façon, il n’y avait rien à voir. Il arrivait à peine à percevoir le sol sous lui. Où la silhouette sombre se trouvait-elle ? Venait-elle vers lui ? Devait-il bouger ou serait-il emporté par la tempête ? Tout comme l’alarme d’un exercice d’incendie, chacune des cellules de son corps vibrait à un point qu’il n’avait jamais connu auparavant. De peur ? Non, sa volonté de survivre et de combattre la situation dominait tout. Il était déterminé à trouver une façon de s’emparer de sa carte. 

 

La voie d’orange se fit entendre en lui comme un immense soulagement. Comment peut-on entendre un son si doux dans un tel vacarme ? se demanda-t-il. 

 

-       Michaël Thomas, abandonne tes bagages ! 

 

Mike savait qu’il devait le faire, sinon la mort l’attendait. Sous son armure, ses vêtements étaient entièrement trempés, et il commençait à grelotter. Par-dessus le hurlement du vent déchaîné, il entendit et sentit un lourd bruit de chute. Qu’était-ce donc ? Le sol en vibrait. Cette chose se rapprochait-elle ? Il devait suivre le conseil d’Orange. Mike savait qu’elle se rapprochait vraiment. 

 

Un à un, Michaël se débarrassa méthodiquement des sacs renfermant les précieux souvenirs qu’il avait emballés si minutieusement. Ce furent d’abord les livres qui volèrent. Avec deux doigts, il dégagea la courroie du premier sac. Le vent l’emporta tel un véritable déchiqueteur. Le mouvement brusque poussa Mike à regarder ses doigts, croyant qu’ils avaient été fracturés. Il entendait le bruit des coutures du sac qui se fendaient et le déchirement de centaines de pages de souvenirs qui s’éparpillaient à quelques centimètres de lui. C’était le son le plus horrible qu’il lui fut donné d’entendre : ses livres si chers à son cœur. Sans s’attarder, il dégagea l’autre sac de la même façon. Ce fut encore pire. La tempête avait pris l’aspect d’un combattant acharné et lui arracha le sac des mains, le clouant encore davantage au sol. Il se prit même à se demander si la chose sombre ne l’avait pas finalement rattrapé et n’avait pas entrepris de le déchiqueter. La force de la tempête s’acharnait contre lui telle une armée de soldats faisant les cent pas sur son dos ! 

 

A l’encontre des livres, les photos disparurent dans un bruit. Subitement, elles n’étaient plus là, ce qui mit Mike en colère. Ses racines mêmes, les souvenirs précieux de ses parents disparus, étaient disséminées par une tempête ingrate qui, d’autre part, persistait à s’acharner contre lui. 

 

Il aurait pu croire que l’enfer se déchaînait autour de lui. Il essaya de soulever légèrement afin de glisser sa main livre sous lui dans l’espoir d’atteindre la carte. Il faillit lâcher prise alors qu’encore une fois la force du vent prenant dans son bouclier le souleva légèrement. Mais il avait réussi à saisir sa carte. En se servant de son pouce et de son index, il parvint à la dérouler et à repérer le point rouge. Instinctivement, il remonta le parchemin sur sa poitrine, ramenant du même coup un peu de terre humide et de saleté collées au métal sur de son armure. Il était en équilibre précaire ; il pressait son corps fortement sur le sol boueux tout en ramenant vers le torse la main qui tenait la carte. Il frôla sa main sur un petit caillou en essayant de remonter la carte au niveau de ses yeux. Il se demandait bien comment il allait parvenir à la lire. Il faisait tellement noir qu’il n’y voyait rien ! Et même s’il réussissait, le parchemin serait sans doute détrempé. L’autre main qui s’agrippait toujours à cette racine commençait à lâcher prise sous le bombardement de la pluie et du vent. Le bras de Mike s’engourdissait, et il avait du mal à maintenir sa position. 

 

 

 

La tempête ne l’affectait aucunement. En tant que visiteur aux vibrations inférieures dans un milieu supérieur, la misérable créature n’était pas atteinte par le vent, la pluie et le déchaînement de la tempête qui s’abattait autour d’elle. Debout, Elle poursuivait lentement son chemin au centre du sentier vers Michaël Thomas qui, menacé et rampant, arrivait à peine à résister aux mêmes éléments. 

 

L’entité négative n’était pas déséquilibrée par l’incroyable force du vent mugissant. Rien ne semblait toucher la sombre silhouette, sinon peut-être le manque de visibilité. En approchant de Mike, au rythme dégagé d’un marcheur dans un parc, elle commença à croire que le sort lui était favorable aujourd’hui. Mais il fallait compter avec la noirceur et, bientôt, elle ne pourrait mieux voir que sa proie. Elle était tout de même déterminée à achever le travail entrepris par la tempête et se préparait à éparpiller me corps de Mike en mille miettes sur cette terre de conte de fées insensée et tellement détestée. 

 

L’intuition de Mike ne l’avait pas trompé. Cette chose approchait. La noirceur avait envahi l’espace, comme si les entités de l’endroit avaient demandé que ses yeux soient bandés. La masse sombre avançait instinctivement et semblait savoir où Mike se trouvait. Elle attaqua avec force et détermination, mais rata son but et déchira le sol tout près de Mike. Celui-ci l’avait entendu, mais avait aussi entendu quelque chose d’autre : le bruit des pages de livres qu’il avait laissé aller. L’horrible forme se retourna rapidement vers ce nouveau bruit. Maintenant, elle savait où Mike était et s’en trouvait ravie ! 

 

Elle se rapprocha puis, dans la noirceur de la grande tempête en colère contre laquelle il ne pouvait rien, elle repéra Michaël Thomas qui gisait, une main sous lui et l’autre agrippée à cette racine entêtée. Si elle avait pu sourire, elle l’aurait fait avec plaisir à l’instant. 

 

Elle s’abattit sur le dos de Michaël Thomas avec la force de douze hommes musclés. Aussitôt, ce fut comme si un million de dars lui perçaient la carcasse verruqueuse. Dans un éclair aveuglant de pure lumière blanche et argent, l’entité négative fut repoussée par une force terrible, comme expulsée de la bouche d’un canon. Elle suivi tune longue trajectoire avant d’atterrir sans façons à son point de départ ou presque. Extérieurement, elle dégageait une fumée qui semblait avoir été produire par un contact avec un élément extrêmement chaud. Elle essayait de saisir ce qui s’était passé. A tout le moins sidérée, l’horrible forme était pour l’instant affaiblie par la force qui l’avait projetée avec tant de puissance. 

 

Le bouclier de Michaël Thomas était fermement attaché à son dos et couvrait la majeure partie de son corps. L’objet qu’il croyait destructeur, son bouclier, était soudain devenu son protecteur. Il avait fait son travail sans directives de la part de Mike il faisait partie de lui. La rencontre de la sombre créature aux vibrations inférieures et de la haute vibration du bouclier avait immédiatement causé une puissante réaction physique. Le bouclier da la connaissance avait repoussé l’attaque d’une force opposée à la sienne. 

 

 

 

Michaël Thomas avait réussi à remonter la carte jusqu’à sa gorge. Il regarda vers le bas, espérant y voir malgré cette noirceur intense. Soudain, la lumière fut ! Il sembla à Mike qu’une poussée de vent particulièrement violente l’avait assailli, mais elle s’accompagnait d’un miracle : une lumière si brillante qu’il importait peu que ses yeux soient complètement fermés pour se protéger du vent et de la pluie. La lumière fut tellement intense qu’elle éclaira tout autour de lui et suffisamment longtemps pour qu’il puisse voir clairement par ses yeux à demi fermés. La section de la carte qu’il avait déroulée avec précaution pendant que la tempête faisait rage se trouvait là, devant lui ! Fouillant vivement la carte, ses yeux y décelèrent le VOUS ETES ICI. Mike ne tenait pas compte de l’odeur de fumée et d’ozone qui se dégageait autour de lui. La carte lui indiquait la voie. En fait, au prochain détour se trouvait une grotte. A quelques mètres à  l’est, il serait en sécurité ! 

 

En y repensant, Michaël Thomas se dit que Dieu lui avait envoyé un éclair au moment opportun. Il ne comprit pas que seule la force négative déterminée à le détruire avait été responsable de ce miracle d’illumination au moment nécessaire. Sans le savoir, Michaël Thomas de l’Intention pure venait d’expérimenter sa première cocréation. Orange lui avait appris à utiliser le présent qui l’aiderait « à l’endroit approprié et au moment opportun » mais il n’avait pas pensé que ce moment était déjà venu. 

 

Pour un geste de force et de courage, Mike réussit à ramper à pas de tortue d’une racine à l’autre, d’une pierre à l’autre, utilisant ses orteils plantés fermement dans le sol pour se maintenir et changer de direction. Il lui fallu vingt minutes pour se rendre, toujours aplati sur le sol humide et luttant contre la force de la tempête. Tant d’efforts pour franchir seulement quelques mètres ! Mais il fallait le faire. Malgré la noirceur presque totale, il trouva l’entrée de la petite grotte qui le protégerait d’une mort certaine. A chaque mouvement pénible qu’il parvenait à effectuer il remerciait Dieu que la sombre entité ne l’ait pas rattrapé. Lorsqu’il se glissa enfin dans l’entrée, la tempête s’intensifia, et il fut ébahi par le bruit assourdissant autour de lui. Cette terre magique n’est pas à l’abri des difficultés, se dit-il. 

 

La grotte respirait la tranquillité, mais Mike était plutôt en mauvais état. Sa main, égratignée par la pierre, saignait. Ses vêtements étaient couverts de boue et de saleté, mais il faisait trop froid dans ce lieu pour les enlever. Il se leva lentement pour mieux évaluer son position. 

 

On aurait pu croire que Michaël Thomas serait envahi de reconnaissance à l’idée d’avoir pu échapper à la tempête et au mystérieux ennemi qui l’avait presque vaincu. En réalité, il était furieux ! Il ne tremblait pas de froid, mais de rage. Il avait été dépouillé de ses précieux biens. Il savait qui avait la maîtrise des éléments et il cria sa fureur à qui voulait l’entendre. 

 

-       Vous m’avez eu ! Il  se dirigea vers l’entrée de ce refus et hurla devant le vent mugissant. 

« M’entendez-vous ? » Son visage se tordait de colère. Son indignation devant le fait d’avoir été tenu d’abandonner ses biens si chers dominait toute sa pensée. Il avait été la victime de ceux qui régnaient sur cette prétendue terre sacrée. 

 

-       Je vois comment ça fonctionne maintenant, continua-t-il en hurlant toujours. Si je n’accepte pas les suggestions des anges, ils FONT CE QU’ILS VEULENT DE MOI ! 

Mike tremblait de froid et de rage, debout à l’entrée de la grotte. Il ressentit la peine reliée à la perte des photos laissant voir ses parents. Il se mit à pleurer à chaudes larmes, tordu de douleur, jusqu’au bout de sa peine. Il se sentit violé et dépouillé. 

Mike ressentit soudain une chaleur derrière lui et put voir le vacillement subtil d’une flamme discrète sur les murs de la grotte. Il se retourna, et une douce voix s’adressa à lui. 

 

-       Je t’ai donné de bons conseils, Michaël Thomas de l’Intention pure. 

Orange se tenait au fond de la grotte. Devant lui brûlait un petit feu invitant Michaël Thomas à partager sa chaleur. Calmé, Mike s’approcha lentement du feu devant lequel il s’assit, tête penchée et songeur. Puis, les larmes inondant toujours ses yeux, il se résolut enfin à regarder Orange et à l’interroger. 

-       Etait-ce vraiment nécessaire ? 

-       Non. C’est bien évident. 

-       Pourquoi m’avez-vous enlevé mes choses ? 

-       Nous sommes sur une terre de libre choix. Michaël Thomas. En dépit de ce que tu penses, l’être humain en est le point central et il est honoré plus que toute autre créature qui s’y trouve. 

-       Libre choix ! Si je n’avais pas laissé aller mes sacs, je serais mort ! 

 

-       Exactement. Tu avais chois de ne pas abandonner tes sacs au moment où tu en avais l’occasion. Si tu avais suivi mon conseil, tu en aurais appris beaucoup plus. Les sacs auraient été en sécurité. Tu ne peux avoir une vision d’ensemble de cet endroit. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici et ce pour quoi ces présents et ces outils t’on été remis. 

 

-       Je ne comprends toujours pas. Pourquoi ne pouvais-je pas garder quelques-unes des choses que j’aime ? ça n’aurait fait de mal à personne. C’était tellement important pour moi ! 

-       Elles ne servaient pas les fins de ton voyage, dit Orange en s’assoyant sur une pierre près du feu. Les choses que tu transportais représentaient la partie terrestre en toi. Elles constituaient ton ancien soi et te gardaient en un point incompatible avec la nouvelle vibration que tu découvres et que tu acceptes. Tout en toi se transforme et nous savons que tu le sens. 

-       Tu aurais pu simplement me le dire. Je me serais épargné plusieurs ennuis. Mike regardait sa main blessée et ses vêtements souillés. 

 

-       Tu as rejeté une occasion, Michaël Thomas. Et tu devais apprendre ta leçon. Mike admettait la sagesse des paroles d’orange. 

 

-       Si je n’avais pas laissé aller mes choses, que ce serait-il passé ? 

 

-       Tu ne pouvais poursuivre ta route en transportant des objets empreints d’une ancienne énergie. Le vent t’aurait replacé dans un centre de ta conscience d’avant. Tu t’en serais éventuellement tiré, mais tu aurais perdu tout ce que tu avais appris et acquis sur cette voie sacrée. Ç’aurait été la mort du nouveau Michaël Thomas, et tu aurais quitté cette place. Orange fit une pause pour mieux marquer ce qu’il venait de dire et poursuivit : 

 

-       C’est à un point important, Michaël Thomas de l’Intention pure. Tu ne peux pas embrasser ton ancienne énergie, même dans ce que tu estimes de plus précieux, et progresser vers la nouvelle. Elles ne sont pas compatibles. Tu es en train de passer dans une nouvelle dimension, et la physique de l’ancienne ne correspond pas à la physique de la nouvelle. Permet-moi de t’interroger : une partie de toi aime-t-elle toujours ses parents et s’en souvient-elle malgré que tu aies laissé filer les souvenirs que tu en gardais ? Ton sentiment a-t-il disparu dans la tempête ? 

 

-       Je l’ai toujours, répondit Mike, sachant très bien où ce dialogue allait le mener. 

 

-       Alors, où est la perte ? demanda Orange. 

Mike ne parlait pas. Il était conscient d el ‘enseignement qu’il recevait. Orange poursuivit, comme un père transmettant une sagesse toute simple à son enfant curieux. 

-       Les souvenirs des êtres que tu as aimés se situent dans l’énergie de ton expérience de vie et non dans les objets. Lorsque tu désires te rappeler d’eux, fais-le en utilisant la conscience d’amour et les présents du nouveau Michaël Thomas. Tu constateras alors que tes perceptions sont différentes de ce que tu croyais par le passé. Tu gagnes une nouvelle sagesse à propos de tes parents et de toi-même. Les nouveaux outils et les présents vont en fait clarifier tes souvenirs. Les événements du passé ne font que t’entraîner vers une époque où tu étais incapable de saisir la vision d’ensemble des choses. 

-        

Mike ne comprenait toujours pas ce langage et ce discours spirituel. Orange percevait ses pensées et ajouta : 

-       Lorsque tu auras visité les sept maisons, tu comprendras tout. 

 

Mike ne saisit qu’en partie les paroles d’Orange, mais il lui semblait que les choses s’éclaircissaient un peu. Tout comme il n’avait pu conserver la nourriture, il réalisait qu’il ne pouvait rien conserver ayant appartenu au Mike d’autrefois. Il pleurait cette perte et se sentait encore trahi par ses amis les anges qui n’avaient pas été plus précis. Toutefois, il se rendait compte de la métamorphose qu’on exigeait de lui et constatait qu’on lui avait déjà adressé deux suggestions sur la route. Bleu lui avait recommandé de ne prendre aucune nourriture avec lui et Orange, de laisser ses sacs derrière. Chaque fois, il n’en avait pas tenu compte et avait dû en subir les conséquences désagréables. 

 

Michaël se promit d’écouter dorénavant les conseils des anges. Il se trouvait en une terre étrange aux multiples facettes et, alors qu’il détenait les données biologiques, les anges possédaient la connaissance spirituelle. Son voyage deviendrait beaucoup plus facile s’il écoutait sans rien supposer. Même s’il ne comprenait pas tout leur langage et plusieurs de leurs concepts, il devait faire confiance à leur vision d’une terre qu’ils connaissaient tout en accomplissant lui-même le périple qui le mènerait à son but. 

 

-       Orange, pourquoi y a-t-il des tempêtes ici ? 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, je vais encore te donner une réponse que tu ne comprendras pas, mais qui est vraie. 

Orange se dirigea vers l’entrée de la grotte avant de se retourner et d’jouter : « Lorsqu’il  n’y a pas d’humains ici, il n’y  a pas de tempêtes. » Mike n’avait pas la moindre idée de ce pour quoi ce devait être ainsi et se préparait à interroger sur la sombre silhouette qui le poursuivait, lorsqu’il se rendit compte… que l’ange était parti ! 

-       Au revoir mon ami orangé, dit Mike à l’espace vide où se trouvait l’esprit d’Orange quelques instants auparavant. Pour la première fois, il reçut une réponse à son adieu. Dans son esprit, entendit clairement la voix apaisante, sage et aimante d’Orange. 

-       Quand tu comprendras pourquoi nous ne disons pas au revoir, tu sauras que tu fais partie de notre dimension. Encore des paroles compliquées, mais tout de même rassurantes? songea Mike. 

Il se rapprocha du feu en quelque sorte fourni par Orange pour se chauffer et sécher ses vêtements, qui’l enleva avant de les déposer sur une pierre près de la flamme. Il constata que l’armure et le bouclier n’avaient subi aucun dommage et les plaça avec précaution près de ses vêtements. Il s’assoupit doucement, ne sachant plus si c’était le jour ou la nuit et dormit plusieurs heures durant. La tempête persista, mais elle avait totalement disparu lorsque Mike se réveilla. 

 

Michaël jeta un coup d’œil à l’extérieur et observa le crépuscule du soir. Il avait sommeillé tout l’après-midi pendant que la tempête prenait fin et se sentait maintenant plein d’énergie. Lentement, et  en y mettant un grand soin, il rassembla ses outils de combat, les enfila comme on le lui avait appris, mit le sac contenant sa carte sur son épaule et sortit. Tout était si paisible ! Il regarda derrière lui et ne sentit aucun danger ni ne vit d’ombre courant se cacher derrière un buisson ou une pierre. Il était en pleine forme ! 

 

Même s’il faisait presque noir, Mike savait que la prochaine maison serait là sous peu. Il avait raison. Il descendit bientôt une pente et la vit, dans le haut d’une colline. Il se sentait si léger ! Il avait les deux mains libres et, dépourvu de ses cas, il n’avait pas à subir le bruit clinquant de ses habits de combat. Il oubliait presque qu’il en était vêtu. Il avançait d’un pas agile. Michaël Thomas avait accepté la perte de ses effets comme appropriée à son voyage et avait laissé cette expérience derrière lui. Il essaya de revoir les photos de ses parents dans son esprit et fut récompensé par un souvenir intégral. Il ressentait de l’amour et les mêmes émotions qui surgissaient lorsqu’il regardait ces photos. Orange avait raison. Ce qui lui appartenait vraiment était dans son esprit. C’était là tout ce dont il avait besoin. 

 

 

 

Plusieurs mètres derrière lui, une silhouette sombre et révoltée se remettait d’une expérience pénible? Chaque fois que la forme verte bougeait, une douleur cuisante lui rappelait la brûlure subie, une blessure qui ne guérirait jamais. Elle se sentait perplexe, mais était toujours déterminée à barrer la route à Michaël Thomas. Tout comme si la vie même était en jeu. L’horrible forme savait que même, si elle devait se sacrifier au combat, il y aurait bientôt un instant où Michaël Thomas fixerait ses yeux rouges et flamboyants, sentirait son haleine chaude et connaîtrait la véritable peur avant même de pouvoir faire un autre pas en direction de chez lui

 

 

 

Kreyon, canalisé par Lee Carroll 

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