Simon-Pierre

Quant à Simon-Pierre, dont la Tradition catholique romaine a cherché à nous faire croire qu’il a été, en son temps, le roc sur lequel le Christ a voulu édifier « son » Église, je ne l’ai jamais vu jouer le rôle dominant qu’on lui attribue aujourd’hui. 

Simon-Pierre dans PERSONNAGES HISTORIQUES saint-simon-gd

Malgré un indéniable charisme qui lui valait de rassembler sans effort un auditoire autour de sa personne, c’était aussi un homme hésitant et bourru qui s’emportait facilement. Il est très possible que ce soit d’ailleurs ce côté humain qui ait plaidé en sa faveur. Les plus simples allaient spontanément vers lui puisqu’il leur ressemblait, jusque dans son illettrisme. Quoi qu’il en soit, tous les souvenirs que je garde encore en moi et qui le concernent me font penser que ce sont les visées temporelles des premiers Pères de l’Église chrétienne qui ont plaidé afin de lui octroyer la place majeure que l’on sait. 

Nos tempéraments respectifs ont fait que nous nous sommes rapidement perdus de vue une fois passés les premiers mois qui suivirent la Crucifixion. C’est sans doute à partir de ce moment-là qu’il a acquis une autre dimension car je me souviens qu’on signalait un peu partout sa présence comme s’il était pris d’une frénésie de déplacement. Son absence de culture alliée à un goût prononcé pour les affirmations autoritaires ont, je crois, été les facteurs essentiels qui l’ont amené à se montrer assez dogmatique dans la propagation de la Parole du Maître. Lorsque l’on n’a pas le bagage nécessaire pour saisir toutes les subtilités d’un enseignement métaphysique, le réflexe naturel de tout être humain est de vouloir figer ce qu’il a compris dans des formules sécurisantes et quasi-définitives. 

Cependant, quand on connaît un peu le parcours de l’âme qui s’est incarnée dans le personnage de Simon-Pierre, on doit saluer le travail d’humilité que celle-ci a dû accomplir sur elle-même afin d’endosser un tel rôle de son vivant. 

Des découvertes spontanées dans les Annales akashiques me poussent en effet à confirmer les dires de certains mystiques qui ont vu en Simon-Pierre l’une des réincarnations de Socrate. Tout se serait passé comme si la conscience du philosophe grec avait voulu expérimenter en elle des retrouvailles avec une approche très simple du Divin, ceci afin de contrebalancer ses percées antérieures dans le domaine de la philosophie et de la métaphysique pure. L’excès de cérébralité au détriment du coeur conduit souvent les plus grandes âmes à endosser  régulièrement des « masques » fonctionnant de façon plus basique. A vrai dire, en ce sens, Simon-Pierre incarnait parfaitement l’un des aspects les plus importants de l’Enseignement du Christ, à savoir la nécessité d’un enracinement dans le quotidien par des points de repère très simples comme la ferme volonté d’avancer, l’élan et la perception claire du But. 

Je crois que cette « limitation » acceptée par l’âme de Simon-Pierre a constitué dans sa vie un indéniable facteur de frustration et donc de souffrance… d’où ses fréquentes altercations avec Jean dont la subtilité de pénétration métaphysique devenait, à ses yeux, exaspérante. Simon-Pierre avait, d’autre part, parfaitement conscience qu’il n’était pas convié à toutes les réunions parfois improvisées par le Maître. Après le célèbre miracle de la multiplication des pains, une cinquantaine de personnes furent invitées à un enseignement sur les lois subtiles de l’abondance et ce qu’il était convenu d’appeler le « grenier du Père » ou encore les « granges célestes ». Simon-Pierre ne fut pas de leur nombre. Je garde particulièrement en mémoire la scène de jalousie qu’il fit devant le Christ dès qu’il eût appris l’existence de la réunion en question sur les bords du lac de Tibériade. 

  Pour toute réponse, et sans y accorder apparemment d’importance, le Maître lui dit simplement ceci: « Tant que tu demeureras dans l’envie, Simon, je te donnerai des occasions de vivre l’envie. Bois son vinaigre jusqu’à l’écoeurement… Après, tu reviendras me voir et nous parlerons du meilleur de toi-même… » De semblables paroles peuvent paraître laconiques et sèches mais elles furent prononcées avec une telle douceur que Simon-Pierre reconnut le soir même et devant nous tous que c’était la plus belle marque d’Amour qu’il ait jamais reçue. Il ne parlait pas des mots prononcés mais de ceux, non audibles, qui se cachaient derrière eux et qui n’étaient tissés que de compassion. 

Les messages Esséniens – Daniel Meurois-Givaudan  - les  enseignements premier du Christ. 

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