Les cent huit et les cent quarante-quatre

 

Ces deux groupes de disciples furent, eux aussi, assez peu souvent réunis dans la perfection de leur symbole. Un peu plus… un peu moins… de cent huit ou de cent quarante-quatre,  c’était de seconde importance pour le Maître Jeshua. 

 

Bien que Celui-ci nous ait expliqué certains des aspects subtils et initiatiques des nombres, c’est-à-dire leur fonction énergétique, Il affirmait régulièrement qu’un nombre sacré se met de lui-même en place lors des moments les plus importants d’une vie et qu’il était donc vain de chercher à l’imposer coûte que coûte. 

Les cent huit et les cent quarante-quatre dans PERSONNAGES HISTORIQUES image_359

 

Mon intention n’est pas d’épiloguer ici sur le sens et la portée profonde du cent huit et du cent quarante-quatre – qui ont d’ailleurs fait l’objet de multiples études – mais d’insister sur cet enseignement selon lequel un nombre est l’aboutissement d’une harmonie naturelle profonde et non pas systématiquement l’inverse. 

 

En  termes plus simples, il ne s’agissait pas, aux yeux du Christ, de réunir cent huit ou cent quarante-quatre disciples pour que la nature de l’assemblée ainsi créée devienne soudainement plus sacrée. Selon Lui, un nombre particulier ne remplissait pleinement sa fonction énergétique que lorsque les multiples circonstances de la vie le suscitaient spontanément, c’est-à-dire sans calcul. Ainsi, bien des fois, des réunions s’improvisèrent-elles d’elles-mêmes dans un élan d’enthousiasme autour du Maître, réunions au coeur desquelles, comme par jeu, nous nous découvrions soudain être cent huit, cent vingt ou cent quarante-quatre, sans avoir rien organisé. Il devenait alors évident que c’était la fluidité de Ce qui nous rassemblait et de Ce qui circulait entre nous qui appelait à elle une Force se traduisant par un nombre précis et non par un autre. Afin de mieux nous faire comprendre cela, le Christ Jeshua évoquait l’image d’une fleur. Pour Lui, le nombre des pétales de celle-ci n’avait pas été décidé arbitrairement par quelque Puissance créatrice afin que ce soit en fonction du sens d’un archétype à respecter, mais s’était imposé de lui-même, en réponse à l’Idée pure, c’est-à-dire au message véhiculé tout naturellement par la fleur. C’était donc le Principe habitant cette fleur qui faisait jaillir de l’intérieur le nombre de ses pétales. 

 

Tout cela nous dit de façon assez explicite l’importance de la notion de fluidité dans l’Enseignement du Maître. Il nous était appris que toute crispation donc tout mouvement ou toute attitude forcée entraînaient une désynchronisation d’avec l’ordre fondamental de ce qui est. L’idée même de la Vie, selon ses propres paroles, ne se développait par essence que dans la fluidité. Voilà pourquoi, il Lui arrivait d’affirmer que la Création était la conséquence directe du Jeu divin de son Père et qu’elle était comparable à une eau coulant de source, bondissante et joyeuse. 

 

Pour le Maître, la conséquence devait rejoindre la cause et vice-versa. En ce sens, l’énergie habitant un symbole – celui d’un nombre par exemple – se confondait idéalement avec le fruit spontané de ce symbole au point que l’on ne puisse plus dire lequel avait  appelé l’autre. Si on y réfléchit bien, tout cela avait pour but de nous enseigner, d’une manière peu classique, un aspect différent du Principe d’Unité. Nous comprenions dès lors que la perception du Un - le sentiment d’Union – ne pouvait guère s’installer de façon artificielle, par exemple par l’application d’une loi mentalement connue mais, au contraire, dans la fluidité d’une invitation intérieure. 

 

J’ai toujours remarqué que s’il advenait que l’on soit envahis par la sensation de faire partie d’un « cercle d’élus » en étant convié à certaines assemblées restreintes, un événement survenait toujours pour nous rappeler à l’ordre et nous forcer à un peu d’humilité. Je ne pense pas que cet événement ait été souvent « commandé » par le Maître en personne s’apercevant de notre sentiment d’élitisme. Il me semble plutôt que le mouvement d’élévation qui nous englobait tous générait une sorte d’égrégore fonctionnant avec ses propres lois d’équilibre interne et qui nous régulait automatiquement dès que nous avions tendance à « déraper ». En termes d’analogie moderne, je dirais que tout se passait comme si le moteur énergétique collectif initialisé et alimenté par l’enseignement constant du Christ agissait sur chacun de nous ainsi que le fait par programmation un correcteur  d’orthographe sur un texte saisi informatiquement. 

 

La comparaison est sans doute audacieuse et très prosaïque dans un tel contexte mais elle peut cependant rendre  compte de quelle façon un enseignement finit par vivre de sa propre vie sur un plan subtil au point de manifester une intelligence autonome susceptible d’engendrer des événements… En fait, la Présence du Maître provoquait chez tous ceux qui le côtoyaient de près ce que l’on peut appeler un « karma immédiat ». l’ai maintes fois pu remarquer que, dès que quelque chose en moi se « désalignait », tandis que je baignais dans son aura, une certaine « intelligence de vie » me répondait en me faisant parvenir un signal de dérapage, généralement sous la forme d’une épreuve physique ou morale. C’est Thomas qui, la première fois, me fit prendre conscience de cet état de fait en me parlant un jour,  incidemment, de sa propre expérience. 

 

- « Dès que, contrairement à ce qu’Il nous enseigne, je me laisse envahir par l’incertitude de notre avenir et de ce dont j’ai peur, je perds ma joie… Et dès que je perds ma joie, il advient que je me blesse ou qu’une fièvre me prenne. Je sais alors que c’est mon manque de confiance et donc de cohérence qui se charge de m’instruire à sa manière. Je comprends maintenant que mon âme applique à elle-même la « règle de la méthode forte ». Le Maître n’a pas besoin d’agir… Il est véritablement complice avec chacune des lois d’équilibre de la Vie. Plus je vais dans ses traces et moins Il corrige la rectitude de mon coeur car Il m’en remet le soin et la responsabilité. » Thomas avait infiniment raison. Dès que quelque chose en nous ressemblait à une ligne brisée et perdait donc une partie de sa lumière, nous nous désynchronisions de nous-mêmes, sans que Celui qui nous enseignait ait besoin d’intervenir. 

  

Une telle fragilité – qui naît toujours au sein des âmes empruntant un véritable chemin d’Amour et de sincérité était assurément l’un des signes distinctifs de chacun des cercles d’hommes et de femmes qui gravitaient autour du Christ. Je crois qu’il faut avoir expérimenté celle-ci d’innombrables fois au fil des temps avant que ne se révèle enfin en nous l’éclat d’une véritable force. Puisque j’évoque ici Thomas, il me paraît opportun de signaler qu’il était un des frères du Rabbi Jeshua, c’est-à-dire que Marie était également sa mère. L’Église catholique romaine a cherché à gommer cette réalité afin d’entretenir le mythe de la virginité absolue de Marie et de faire de Jeshua son enfant unique comme si ce seul fait la grandissait. 

 

Cependant, à l’époque, nous savions tous très bien qu’il n’en était rien et que le Maître avait de nombreux frères et soeurs, ainsi que l’immense majorité des familles. C’était tout simplement normal et d’autant plus évident que Thomas, pour ne citer que sa personne, affichait une ressemblance physique étonnante avec Lui. Sous certains angles et dans certaines attitudes corporelles, c’était même parfois troublant. Le surnom de « Didymos » que la Tradition attribue à Thomas traduit d’ailleurs bien cette vérité puisqu’en Grec il signifie « le jumeau ». Parmi les proches disciples faisant partie de ce qu’on peut appeler les « cent huit », on voyait également de façon continue un autre frère de Jésus nommé Jacques, lequel est d’ailleurs évoqué dans l’Évangile de Marc… Cette présence est tellement gênante pour certains que des traducteurs ont trouvé plus sage de remplacer le terme « frère » par celui de « cousin ». 

 

Les messages Esséniens – Daniel Meurois-Givaudan  - les  enseignements premier du Christ. 

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