Le vrai visage de Satan

gifs papillonsIl y eut un jour où, en rentrant d’une pêche sur le lac, le Maître fut pris à parti par quelques Pharisiens agglutinés sur le parvis de la synagogue de Capharnaüm. C’était là que, l’avant-veille, Il avait pratiqué l’un de ces exorcismes dont il est fait mention dans les Évangiles. 

L’un des Pharisiens, un peu goguenard et provocateur, s’adressa à Lui pour connaître sa perception de Satan puisque, disait-il, on racontait qu’Ille contactait facilement. Contrairement à ce que s’imaginait l’homme, c’était tout à fait le genre de circonstance et de propos qui ne déplaisaient pas à Jeshua. Sans attendre, nous Le vîmes s’asseoir sur les quelques marches menant au bâtiment, invitant les Pharisiens à faire de même. Bien qu’un peu réticents, ceux-ci finirent par s’exécuter tout en arborant un sourire volontiers hautain. 

Je me tenais non loin de là avec quelques pêcheurs lorsque je résolus de m’approcher afin de mieux entendre ce qui se disait. La conversation promettait d’être riche car le Maître avait saisi la balle au vol en retournant la question à celui qui la lui avait lancée. – « Satan? rétorqua le Pharisien interloqué, mais tout le monde sait qui il est. Ne ruse pas avec nous, Rabbi… » – « Le crois-tu sincèrement? Si tu m’interroges de cette manière, c’est peut-être parce que tu l’ignores toi-même… ou encore parce que tu es persuadé avoir la réponse définitive…» 

Sur cette réflexion, le Maître entama progressivement un véritable enseignement consacré à ce qu’est l’Ombre, c’est-à-dire à l’Adversaire.  Il précisa tout d’abord que ce n’était qu’une approche et non une définition, reprenant ainsi l’un des thèmes qui lui étaient chers, à savoir la non fixité de tout ce qui est, dans ce monde comme dans les autres. Pour Lui, seuls les ignorants se hasardaient à des formules définitives puisque la Vie elle-même s’inventait et se démultipliait sans cesse dans la Conscience du Sans Nom, au centre de l’Univers. 

Lorsque cela fut dit, Il enchaîna aussitôt en déclarant d’emblée que Satan n’était pas un être donc pas une conscience ni une volonté individualisées mais plutôt une force participant au fonctionnement de notre type d’univers, un peu comme une sorte de vent. Selon Lui, Satan était le fils naturel et inévitable du Principe de Liberté, la résultante du mouvement de rébellion qui en dérivait obligatoirement. C’était nous, les hommes, qui en faisions l’ennemi de l’Eternel alors qu’en réalité il n’était rien d’autre que Son instrument. 

Aux yeux du Maître, dans notre monde, la Conscience de l’Amour se mesurait et se désirait face à l’expérimentation du manque d’Amour. La Force d’Union ne pouvait donc s’apprécier que dans la tourmente de celle de la Dispersion. En résumé, Il tentait de nous faire comprendre que la Puissance rassembleuse et aimante de l’Un ne se percevait pas pleinement sans ce Principe de Séparativité qu’est Satan. Poursuivant dans cette direction sous les oreilles troublées de son auditoire, le Christ affirma ensuite que d’une certaine façon, en générant la Création, le Sans-Nom avait du même coup fait aussitôt jaillir de Son sein la Puissance de Séparativité ou de Dissolution… mais que ce n’était là qu’une illusion à des fins d’Éveil. 

Pourquoi? Parce que l’ensemble des univers n’étaient pas extérieurs à Sa Conscience et à Son corps qui sont en perpétuelle expansion. – « Prétends-tu que Satan fasse, en quelque sorte, partie de l’Éternel? » rugit l’un des Pharisiens. – « Je dis qu’il est tel un vent que l’Éternel a engendré pour notre avancement et auquel Il permet de circuler à travers les mondes… Mais je dis aussi qu’il est un vent que toute forme de vie consciente d’elle-même a la possibilité de nourrir ou non. Je dis que si cette Puissance que nous nommons Satan a tant de pouvoir, c’est parce nous lui prêtons main forte à chaque fois que, par l’usage de notre liberté, nous oeuvrons dans le sens de la dissolution et non du rassemblement. Je dis enfin que c’est vous tous, hommes et femmes de ce monde, qui devenez à la fois ses enfants et ses parents en vous nourrissant de lui et en alimentant son action à chaque pas que vous faites vers la désunion… D’une étincelle de rébellion, vous avez fait un grand feu, puis de ce grand feu un immense brasier. 

Je vous l’annonce, vous êtes l’énergie et le moteur de ce vent par lequel Satan prend forme … jusqu’à vous façonner vous-même! Issu du seul Principe de Liberté, l’Adversaire est maintenant devenu le fruit de vos carences en Amour, constamment entretenu par la sève de vos petitesses. Il est comme un gigantesque réservoir de venin que vous remplissez à chacune de vos bassesses puis dans lequel vous plongez votre coupe à chaque fois que, par vos orgueils, vos colères et aussi vos peurs en esprit et en actes vous vous séparez du Tout. 

Ainsi, je vous l’affirme, Satan est un peu de vous tant que vous résistez au sentiment d’union totale avec mon Père dans l’Infini… votre Père. » Ces paroles provoquèrent un véritable tollé parmi l’auditoire qui s’était agglutiné sur le parvis de la synagogue. j’ai en mémoire que l’atmosphère s’échauffa tellement du côté des Pharisiens que ces derniers en vinrent à se disputer entre eux et que Jeshua en profita pour marcher tranquillement en direction de la grève. Lorsqu’un peu plus tard dans la journée nous parvînmes à le rejoindre, Il mangeait quelques olives en compagnie de Jean. Il lui expliquait que, si certains voyaient se manifester devant eux des présences aux allures diaboliques offrant à peu près toujours les mêmes caractéristiques, cela ne signifiait pas pour autant que Satan soit un être individualisé. Ces formes et ces manifestations monstrueuses, disait-Il, provenaient d’un archétype issu de l’egrégore de non-Amour et donc de Séparativité créé par notre propre humanité. Elles étaient, précisait-Il encore, parfois habitées par des consciences bloquées momentanément dans des mondes où l’Ombre donnait l’illusion d’être la seule valeur génératrice de vie, des mondes où certains êtres, malades de leur carence en Lumière, s’égaraient comme dans un labyrinthe. – « Lorsque mon temps sera venu, l’entendis-je déclarer tandis qu’Il se levait pour reprendre le chemin de Capharnaüm, lorsque mon temps sera venu, j’irai les visiter afin de les guérir de leur cécité et leur tendre la clé de cette prison mentale qui leur fait emprunter des masques hideux! 

 ! Il faut sans doute voir ici une allusion prophétique à la fameuse « visite aux Enfers », que le Christ accomplit, dit-on, aussitôt après sa crucifixion. Lorsque le soir tomba, Il nous apprit encore que ce qu’on nommait Belzébuth n’était autre qu’un regroupement d’êtres semblables à nous mais issus d’un autre monde et dont le besoin de pouvoir les avait fait s’opposer aux Élohims de son Père! … Ce fut la dernière fois, je crois, que le Maître aborda un tel sujet. Il ne voulait pas que nous polarisions nos esprits dans cette direction car, disait-Il, l’Ombre exerce toujours une fascination. Même quand on la dénonce comme adversaire à la voie que nous affirmons avoir choisie, son voisinage englue aisément ceux qui pensent ne vouloir que l’étudier. 

Jeshua n’avait de cesse que nous apprenions tous à voler haut au-dessus de l’Océan des humains afin que ses eaux troubles ne nous captivent pas. – « Je ne m’adresse jamais à ce qui, en vous, peut toujours se laisser séduire par le sommeil… Jamais! » 

Les messages Esséniens – Daniel Meurois-Givaudan  - les  enseignements premier du Christ. 

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