Rêver l’Univers

gifs papillonJe garde en mémoire cette discussion que nous avions eue, quelques proches du Maître et moi, sur le bord de mer, non loin de Joppé. Certains prétendaient qu’Il savait toujours longtemps à l’avance où Il allait et quand Il y allait tandis que d’autres estimaient que, la plupart du temps, Il décidait au jour le jour et parfois d’une heure à l’autre, de son itinéraire comme de ses actes. 

Je ne savais, quant à moi, quel « camp » choisir… 

Vingt siècles plus tard, il me paraît notable que les deux positions étaient justes en ce sens que, tout en respectant exactement une trajectoire sacrée fixée par avance, le Christ prenait plaisir à y ajouter des « fioritures » ainsi que le ferait un musicien virtuose voulant personnaliser la grande partition classique qu’il doit interpréter. De tout cela, il faut retenir que rien n’est immuable ni figé par le sceau d’une prédétermination incontournable. J’ai souvenir, à ce propos, que l’un de nous se hasarda un jour à demander à Jeshua s’il Lui semblait possible de ne pas accomplir sa Mission et ne pas répondre ainsi en tous points à l’attente du Très-Haut. 

L’impertinence de la question sembla beaucoup L’amuser. Sa première réaction fut de la commenter en déclarant que l’indépendance d’esprit qu’elle traduisait était réellement analogue avec celle que Lui-même manifestait par rapport à ce qu’Il pressentait de son destin. Pour Lui, l’indépendance devait s’affirmer jusque dans la capacité de rébellion, le moteur de la croissance et du renouvellement de la Vie. 

- « Si vous passez vos jours à ne faire que copier ce qu’un Ancien vous montre, vous ne vivez pas, vous végétez… Ainsi, si vous ne participez pas tant soi peu à l’écriture de la Création en lui communiquant de votre parfum, vous passez à côté de votre rôle en ce monde. » – « Mais quel est ce rôle, précisément, Rabbi? À part te suivre et tenter de répercuter ta Parole, nous ne savons trop… » – « Votre rôle? C’est de vous parfaire à chaque pas que vous osez et, par la même occasion, d’améliorer ce monde afin qu’il se propulse vers celui de mon Père. 

Le passé ressemble aux racines d’un arbre. Il vous nourrit et vous ne sauriez le rejeter. Si vous avez besoin de sa sève, c’est pour générer des branches et des fruits … Cependant, écoutez-moi bien : Votre conscience dépasse celle de l’arbre qui n’a d’autre choix que de produire toujours les mêmes fruits. Votre conscience a la liberté d’inventer et de tout créer, son bonheur, son malheur, son univers… y compris de se réinventer elle-même en participant volontairement à l’oeuvre de l’Éternel. En vous faisant don de toute liberté, même de celle de lui dire non, mon Père vous a dit : « C’est en vous recréant vous-même, en retrouvant votre dignité première que vousprendrez le chemin de mon Coeur afin d y demeurer. » 

Quant à moi, en vous rappelant cette liberté, je vous dis : « Osez rêver l’univers qui vous habite secrètement, osez le projeter en dehors de vous pour en faire un monde car, en vérité, c’est la qualité de votre regard qui crée. Votre regard a des mains dans la Conscience de l’Éternel… » 

Pour conclure momentanément son propos, le Maître revint enfin vers la première question qui Lui avait été posée. – « Oui, je te le dis, j’ai la liberté de manquer à ma Mission, faute de quoi je serais l’esclave de mon Père. Quiconque vient en ce monde, qu’il soit nain ou géant au fond de son coeur, a le choix de tourner le dos à la Lumière qui l’anime. Il peut la mettre sous le boisseau ou encore la détourner, par peur, par orgueil… par oubli de Ce qu’elle est vraiment! Tant que je n’aurai pas rendu mon dernier souffle, rien ne sera accompli de ce qui m’est demandé. » -« …Et que t’est-il demandé?» hasarda Jean. – « De vous ouvrir la porte un peu plus grande et de vous apprendre à désirer votre liberté. » – « Ce que tu appelles notre libération? » – « Ce que j’appelle aussi votre pouvoir de création, celui de vous souvenir de vous. » C’est à ce moment-là, me souvient-il, que le Maître nous émerveilla et nous enseigna en même temps par un petit geste simple mais ô combien éloquent. 

C’était la nuit tombante et nous étions une vingtaine à être réunis à Magdala, chez Myriam. Il y avait là, dans la cour, l’un de ces petits feux de bois que nous allumions systématiquement lorsque l’air fraîchissait. Jeshua tendit sa main en direction des flammes, les balaya doucement avec le plat de la paume puis retourna celle-ci en nous la présentant grande ouverte. Une flammèche bien vive y dansait en son creux, autonome et sans lui causer la moindre brûlure. Nous fimes tous un sursaut mais le Maître continua, imperturbable. – « Je vous l’affirme, vous êtes semblables à elle … Vous êtes issus du grand Foyer qui brûle dans le coeur de l’Infini. Vous vous en êtes détachés par le jeu de la liberté. Regardez… Comme elle, vous portez l’essence de votre origine… Lumière et douce chaleur! Mais comme elle aussi, vous réclamez l’Amour pour vous en souvenir et devenir brasier à votre tour. » 

Disant cela, le Christ souffla alors légèrement sur la flammèche qui prit soudain tant de force qu’elle s’éleva jusqu’au-dessus de nos têtes pour disparaître ensuite dans l’atmosphère. – « Elle est toujours là, mes amis… En se souvenant de son origine, elle a tout naturellement ascensionné vers le grand Brasier originel, celui qui crépite constamment autour de nous et qui nous maintient en vie, sans même que nous nous en souciions. Oui… sachez que le Feu est constamment présent en toute chose et en tout être et que votre destination est de le restituer de façon éclatante à ce monde. Vous avez la liberté de vous y brûler ou de vous y réchauffer.»  Les messages Esséniens – Daniel Meurois-Givaudan  - les  enseignements premier du Christ. 

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