Un pacte avec l’Ombre

gifs papillonsLa notion de liberté était récurrente dans les propos du Maître. Un tel discours se montrait assurément révolutionnaire face à la mentalité de l’époque, laquelle était volontiers fataliste, assez proche de celle que l’on trouve encore de nos jours dans des pays tels que l’Inde. On naissait d’ailleurs dans une certaine classe sociale sans espoir d’en sortir… Quant au Principe divin, Il était perçu comme tellement extérieur à l’être humain qu’il ne pouvait être qu’inaccessible. On Lui était dès lors totalement assujetti. Affirmer que toute femme et tout homme Le portait en son coeur et disposait de la liberté de L’exprimer puis de Le rejoindre afin de se fondre en Lui était donc forcément hérétique… 

Il faut néanmoins savoir que lorsque le Maître se trouvait en cercle de discussion restreint, son approche de la liberté prenait une tournure différente, exigeant de son auditoire davantage d’abstraction. Selon son enseignement, liberté et poids karmique n’entraient aucunement en contradiction ainsi que l’estiment encore un grand nombre de personnes. 

Pour le Christ, la liberté totale et digne de ce nom était un principe offert à l’Être, dans l’univers de la Conscience supérieure; de ce fait elle ne pouvait pas s’exprimer pleinement au niveau de la personnalité incarnée, c’est-à-dire à celui de l’individu né dans un contexte précis avec le bagage dû à ses vies antérieures. Lorsqu’Il nous parlait de liberté, c’était donc « en altitude », pour nous emmener vers nos propres sommets, afin que chaque obstacle rencontré et qui nous privait manifestement de nos choix quotidiens nous incite à nous tourner vers sa cause et son remède dans l’univers de la Conscience. 

En fait, aux yeux de Jeshua, la Liberté absolue ne se vivait que lorsqu’on avait dépassé les effets enseignants de la loi du karma. Elle devenait alors, d’une certaine façon, synonyme de Divinité. Toujours selon Lui et dans le même ordre d’idées, la charge que l’incarnation impose à l’âme – quelle qu’elle soit – fait que ce Principe de Liberté absolue ne peut-être que vaguement approché sur Terre. On s’efforce juste de deviner ce qu’il peut signifier… en raison du pacte avec la matière dense que représente toute naissance en ce monde. Je ne saurais oublier ce jour où le Maître provoqua parmi nous une véritable onde de choc en déclarant que Lui-même avait dû signer implicitement un tel pacte avec l’Ombre afin de prendre corps d’homme sur Terre. 

Il va de soi que nous n’étions pas préparés à une telle affirmation, laquelle hérisserait d’ailleurs, encore aujourd’hui, le poil de bon nombre de Chrétiens. Comment envisager, en effet, qu’un Être de l’envergure du Christ ait « pactisé avec l’Ombre »? 

Afin de répondre à nos questions pressantes, le Maître commença par nous dire qu’Il avait bien dit Ombre et non pas Obscurité. Selon sa vision de l’Univers et ce qu’Il traduisait de sa proximité avec son Père, l’Obscurité totale n’existait pas. Elle était un symbole, au même titre que la Lumière absolue puisque l’Univers, c’est-à-dire le Divin, n’avait rien de figé. S’inventant et s’expansant continuellement, Celui-ci n’avait rien de définitif jusque dans ses « expressions contraires ». 

Partant de cette affirmation, le Christ poursuivait en nous enseignant que nous ne pouvions concevoir qu’une Lumière relative et une Obscurité tout aussi relative appelée Ombre. Cependant, qu’est-ce qu’une Ombre si ce n’est une conséquence de la présence de la Lumière, autrement dit une lumière affaiblie? Affaiblie par quoi ? Par l’affirmation de la cassure du moi-je isolé que permet l’expérimentation du Principe de Liberté. 

Selon les paroles que le Maître nous délivrait en privé, l’Ombre n’était donc pas maudite et son expression n’était pas contraire à Celle du Divin. Il la voyait plutôt incluse dans le Plan de « propagation lumineuse » de Celui-ci. Il la définissait en tant qu’outil de croissance, comme une sorte d’adversaire engendré par le Sans-Nom afin que toutes les formes de vie se forgent au contact de l’épreuve. – « C’est l’Ombre, même très légère, qui vous donne soif de la Lumière, toujours plus grande. » 

- « Mais l’Éternel, où est-Il? Qui est-Il? » Réagissions-nous alors collectivement. Et le Christ de répondre qu’Il pouvait Se définir comme étant précisément la Lumière qui ne fait pas d’Ombre, c’est-à-dire comme la Source Inconnaissable d’où provient ce que nous appelons, nous, lumière et ombre ou encore Dieu et Satan. – « Et lorsque tu parles de ton Père, Rabbi, à Qui t’adresses-tu? » – « À ce que nous pouvons connaître de Dieu, à cette Lumière que nous ne pouvons encore définir que par rapport à l’Ombre… À cette Force d’Amour déjà incommensurable qui est l’interprète de l’Autre totalement inconnaissable à Ce qui ne réside pas dans Son sein… » Je dois dire que nous restâmes longtemps sans voix devant ces déclarations. Nous ne savions plus par quoi continuer nos échanges ni comment solliciter ce qui ouvrirait nos coeurs. C’était le vertige, l’impression que le « trop grand » pour nos consciences incarnées devenait un abysse susceptible de nous aspirer dans ses profondeurs. 

- « Mais nous ne voyons pourtant pas d’ombre en toi, Rabbi… protestèrent quelques-uns parmi nous, plus ébranlés que d’autres. Tes paroles et tes actes sont semblables à des rivières qui coulent du Ciel. .. C’est ce que pensent et disent tous ceux qui ont le coeur assez pur pour te comprendre… – « Que connaissez-vous des Cieux? Les demeures de mon Père sont si innombrables et si cristallines que vous ne sauriez même les imaginer! Non, en vérité, s’il n’y avait pas une part d’ombre en ce qui, de moi, s’adresse à vous, vous ne pourriez ni me voir, ni me toucher. Ce corps d’homme que j’emprunte et par lequel vous me connaissez n’est que chair, sang, os et viscères. Comme le vôtre, il doit manger et éliminer. Comme le vôtre, il transpire et éprouve les douleurs de la pesanteur. Je l’ai pourtant adopté car j’ai besoin de lui. Il est mon allié pour vous montrer le chemin. 

Ainsi, voyez-vous, ai-je pactisé avec cette expression de l’Ombre qu’est la densité. Celle-ci n’est et ne sera jamais mon ennemie. Je l’appelle seulement mon adversaire. C’est une force d’attraction qui voudrait faire de moi son serviteur mais dont mon esprit est résolument le maître. Mon pacte d’âme avec elle est une alliance… non pas une soumission. Toujours, je vous l’affirme, je la respecterai car la nature de ce monde est telle une forge issue du coeur de l’Éternel. Comprenez que je m’efforce d’y apporter de l’Or afin que celui-ci se mêle au Fer… » 

Les messages Esséniens – Daniel Meurois-Givaudan  - les  enseignements premier du Christ. 

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