Cathares

  

Cathares dans PEUPLES ANCIENS TalmudtrialLe catharisme ne s’appuie pas sur une théologie puisqu’il considère que Dieu, inconnaissable et non accessible, est absent de ce monde. Cette doctrine est le fruit d’un travail de recherche scripturaire, prenant en compte le Nouveau Testament, notamment l’Évangile selon saint Jean et celui selon saint Luc, dont au moins la moitié est aujourd’hui considérée comme le reliquat de l’Évangélion de Marcion de Sinope, lui-même écrit selon la prédication de Paul de Tarse. C’est une interprétation très différente des évangiles de celle qu’en fait l’Église catholique romaine. Les cathares s’appuient aussi sur de nombreux écrits (Paul, Marcion, Livre des deux principes, rituels, etc.) et s’inspirent de courants de pensée plus anciens (paulinisme, gnosticisme), tout en gardant, sur bien des points, de notables distances avec ces philosophies ou religions, auxquelles le catharisme ne peut être assimilé d’un bloc. En effet, les cathares n’ont jamais parlé de Mani, de Sophia ou des Éons, et se différencient réellement des écrits de Paul et de Marcion. 

Les cathares recherchent le sens originel du message du Christ. Leur foi se base sur les principes suivants : 

  • Dieu, appelé le principe Bon, existe de toute éternité et n’aura pas de fin. Il est parfait et son œuvre est parfaite, inaltérable et éternelle. Il est omniscient et tout puissant dans le Bien. 

Dieu est le créateur de ce qui est, et ce qu’il n’a pas créé n’est rien (nihil traduit par «néant») ; 

  • Les esprits, appelés anges par simplification, sont de nature divine ; 

  • Dans le Néant est le principe Mauvais, ou principe du Mal. Dieu, qui n’a pas de mal en Lui, ne peut connaître ce principe Mauvais, mais celui-ci, ambitionnant d’imiter Dieu, est parvenu à détourner une partie des esprits de la création divine ; 

  • Le principe Mauvais a attiré les esprits par force (catharisme absolu ou dyarchien), ou par tentation (catharisme mitigé ou monarchien), car il n’a d’existence que pour autant qu’il puisse se mêler à la création divine (le Bien). 

Cette vision de la constitution de l’univers visible constitue le mythe de la chute du tiers des anges ou, selon les interprétations, de la troisième partie de leur composition : être, âme, et corps subtil. Introduits dans des corps charnels fabriqués par Lucifer, ces êtres sont différents de l’âme qui est de création maléfique, et qui assure la survie du corps charnel ; 

  • Cette création, issue d’un créateur imparfait et non éternel, est imparfaite et corruptible. Elle a eu un commencement et elle aura une fin. 

Cette fin surviendra quand le Mal s’étendra sur la création et que les esprits auront réussi à s’extraire de leur prison charnelle pour retourner à Dieu. Alors, le Mal, ayant perdu les avantages du mélange, redeviendra Néant. Le Mal est donc vainqueur dans le temps, mais son accomplissement constitue sa perte. Il est donc vaincu dans l’éternité. 

Les deux principes ne sont donc pas de même nature et de même puissance. Il ne s’agit donc pas d’un dualisme manichéen, ni d’un dithéisme, mais d’un dualisme comparable à celui de l’église de Rome, sauf qu’au lieu d’être eschatologique, centré sur la fin des temps et la division du monde entre paradis et enfer, il est originel, centré sur la bonne création, qui seule subsistera à la fin des temps. 

Quelques précisions 

Le Christ, fils de Dieu, et envoyé par Lui, est venu pour leur révéler leur origine céleste et pour leur montrer le moyen de retourner aux cieux. Ainsi, le Christ est uniquement l’envoyé du Père (aggelos : ange, messager) venu apporter le message du salut aux hommes. Il ne s’est pas soumis au Mal par l’incarnation, et est demeuré un pur esprit (docétisme). Marie ne l’a jamais enfanté. 

Les cathares du Moyen Âge sont en accord sur l’essentiel de leurs croyances, et les légères variantes observées (absolus ou dyarchiques, et mitigés ou monarchiques) n’avaient pas de répercussion. 

  • L’esprit était transmis, soit par les générations depuis le premier homme (traducianisme), soit par transmigration dans un nouveau-né après la mort (réincarnation, origénisme). 

  • Les cathares reconnaissaient un ou deux principes, selon qu’ils étaient «monarchiens», ou «dyarchiens», «mitigés» ou «absolus». Les cathares absolus pensaient que le principe du Mal ne pouvait trouver son origine dans le principe du Bien. Autrement dit, représentant le Bien absolu, Dieu ne pouvait avoir créé un ange corruptible (Lucifer). Pour les dualistes absolus, les deux principes, le Bien et le Mal, coexistent depuis la création divine, puisque c’est hors de cette création qu’ils se trouvent. 

  • C’est uniquement par le Saint-Esprit que l’esprit peut être libéré du monde physique, et c’est par le baptême, par imposition des mains, reçu par les apôtres et transmis par eux, que l’esprit pourra accéder au Salut. Toutefois, le baptême ne pouvait être administré à un jeune enfant de moins de 13 ou 14 ans, jugé inapte à discerner l’importance de cet acte (anabaptisme). Celui-ci devait être effectivement administré à une personne, en connaissance de cause, et sur la base de sa conviction. 

  • Il est à noter le respect inconditionnel de la vie qu’avaient et que prêchaient les Bons Chrétiens, comme ils se nommaient. Tout ce qui avait place dans le monde matériel méritait, pour eux, considération. Le mépris du corps et la volonté de purification expliquent qu’ils observaient un régime alimentaire très strict, parfois confondu avec un suicide par grève de la faim (endura) par ceux qui ne connaissaient pas la doctrine cathare. Les relations sexuelles, que ce soit dans le mariage ou en dehors, relevaient de la même impureté, et devaient être évités pour les Parfaits. Ils avaient à cœur de mener leurs contemporains sur la voie du salut afin d’écourter, un tant soit peu, le cycle des passages en ce bas monde. 

Voir plus si nécessaire ….   

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