Les péchés du père

 Les péchés du père dans ENFANTS INDIGO corbeau2x-300x240Cela ne veut pas faire qu’il n’y a pas de discipline parentale dans les foyers de ces jeunes sans autodiscipline. Au contraire. Ces enfants sont souvent sévèrement punis pendant toute leur enfance – giflés, battus, roués de coups, ou même fouettés par leurs parents, parfois pour des vétilles. Mais cette répression n’a aucun sens, parce qu’elle n’est pas logique.

 Ces parents-là n’ont eux-mêmes aucune autodiscipline et, de fait, servent de modèles de comportement. Ils pratiquent le « fais ce que je dis, pas ce que je fais ». Il arrive qu’ils se soûlent en face de leurs enfants, ou qu’ils se battent sans retenue, sans dignité, sans raison ; qu’ils soient négligés ; qu’ils fassent des promesses qu’ils ne tiennent pas. Leurs vies sont si souvent, et de manière si évidente, désordonnées et confuses que leurs essais pour discipliner celle de leurs enfants ne veulent rien dire pour ceux-ci. « Si papa bat maman, pourquoi me donne-t-il une gifle parce que j’ai frappé mon frère ? » va s’interroger un jeune garçon. Est-ce que cela a un sens qu’on lui demande de se contrôler ?

 Les jeunes enfants n’ont pas de point de comparaison. Leurs parents représentent des figures divines et, lorsqu’ils agissent d’une certaine manière, c’est pour eux la bonne. Pourtant, l’amour est encore plus important que le modèle donné. Car, même dans les familles les plus défavorisées et les plus déséquilibrées, l’amour véritable est parfois présent, et il se peut que les enfants soient malgré tout disciplinés. Alors qu’il arrive, dans des familles où les parents font partie d el’ « élite » sociale et intellectuelle (médecins, avocats, etc…) et mènent des vies tout à fait ordonnées et strictes, mais d’où  l’amour est absent, que les enfants soient totalement perdus, indisciplinés et désorganisés.

 Finalement, tout nous ramène à l’amour. Le mystère de l’Amour sera étudié plus loin dans ces textes mais, pour des raisons de cohérence, nous allons l’effleurer brièvement dès maintenant. Lorsque nous aimons quelque chose, c’est que cela a de la valeur pour nous, et nous passons du temps à nous en occuper, à en profiter le plus possible. Regardez un jeune homme avec sa voiture, il consacre des heures à l’admirer, à l’astiquer, à la réparer. Ou une personne âge avec son jardin, elle reste un temps fous à l’observer, à le désherber, à tailler chaque branche. Il en va de même avec les enfants que nous aimons ; nous passons le temps de les câliner, de les guider – et même de les gronder.

 L’apprentissage d’une bonne discipline demande du temps. Lorsque nous en manquons ou que nous n’avons pas envie d’en donner à nos enfants, nous ne les observons pas assez pour être sensibles à l’expression subtile de leur besoin d’aide en cette matière. Si leur besoin est assez important pour toucher notre conscience, nos continuons parfois de l’ignorer sous prétexte qu’il faut les laisser faire ce qu’ils veulent : « Je n’ai pas le courage de m’occuper d’eux aujourd’hui » ou bien si, finalement, nous sommes obligés d’agir, à cause de leurs bêtises et de notre agacement, nos imposons la discipline, parfois brutalement, sous l’effet de la colère, sans examiner le problème n i même réfléchir au type de réaction approprié. Les parents qui consacrent du temps à leurs enfants répondront par des conseils bienveillants, des réprimandes ou des encouragements, toujours réfléchis et affectueux. Ils seront attentifs à leurs enfants : à la manière dont ils mangent leur gâteau, dont ils font leurs devoirs, ils verront s’ils ont tendance à dire des mensonges ou à éviter les problèmes au lieu de leur faire face. Ils prendront le temps de faire quelques petits réajustements en les coutant, en leur répondant, les restreignant un peu pour certaines choses et les laissant plus libres pour d’autres, leur donnant des petites leçons de temps en temps, des mises en garde, mais aussi des baisers, des caresses et des compliments.

 En prenant le temps d’observer leurs enfants et leurs besoins, les parents qui aiment sont souvent torturés, souffrent réellement avec eux. Les enfants s’en rendent bien compte, et même s’ils ne répondent pas par une gratitude immédiate, ils apprennent aussi à souffrir : « Si mes parents sont prêts à souffrir avec moi, se disent-ils, alors ce n’est pas si terrible et je dois l’accepter moi aussi. » C’est le commencement de l’autodiscipline. D’un autre côté, bien qu’ils puissent proclamer, dans des moments d’irritation qu’ils sont abandonnés, les enfants véritablement aimés savent qu’ils sont appréciés. Cette certitude profonde vaut tout l’or du monde ; les enfants sentent qu’ils ont vraiment de la valeur. Posséder cette certitude est absolument essentiel pour la santé mentale et c’est le fondement de l’autodiscipline. Elle doit être acquise pendant l’enfance ; à l’âge adulte, il est souvent trop tard. Une fois acquise, en revanche, cette force morale résistera aux vicissitudes de la vie.

 Les enfants qui ont la chance de bénéficier d’un amour parental stable et attentionné pendant toute leur enfance entreront dans l’âge adulte avec une conscience profonde de leur propre valeur, mais aussi avec un sentiment de confiance et de sécurité. Tous les enfants ont terriblement peur d’être abandonnés, à juste titre. Cela commence vers les six mois, dès que le bébé est capable de se percevoir comme un individu, distinct de ses géniteurs. En même temps que cette prise de conscience vient celle qui lui a fait comprendre qu’il est incapable de se débrouiller sans eux, qu’il est complètement dépendant et à leur merci. Pour ‘enfant, être délaissé par ses parents équivaut à mourir. La plupart des parents, même s’ils sont par ailleurs assez négligents et peu affectueux, sont instinctivement sensibles à cette peur de l’abandon que ressentent leurs enfants et ils leur donnent, jour après jour, le réconfort dont ils ont besoin ; « Tu sais bien que papa et maman ne vont pas te laisser » ou ; « Bien sûr que papa et maman reviendront te chercher ». Si ces paroles correspondent à des actes, mois après mois, année après années, l’enfant entrera dans l’adolescence sans craintes, avec le sentiment que le monde est sûr et qu’il y sera protégé si besoin est. Avec ce sens profond au cœur, un tel enfant est libre de retarder toutes sortes de satisfactions, assuré de savoir que l’occasion d’être récompensé sera toujours là quand il en aura besoin comme ses parents. 

Certains parents sacrifient l’amour à leur besoin de contrôle e t de domination, et cela donne des enfants qui ont terriblement peur de l’avenir. Abandonnés physiquement ou psychologiquement, ils entrent dans l’âge adulte sans aucune idée que le monde peut être sûr et protecteur. Au contraire, ils le perçoivent comme dangereux et effrayant, et ils ne sont pas prêts à retarder toute satisfaction ou sécurité de l’instant pour une satisfaction ou une sécurité futures, puisque l’avenir leur paraît si incertain. 

En résumé, pour que les enfants puissent développer cette capacité à retarder la satisfaction, il est nécessaire qu’ils aient des modèles d’autodiscipline, un sens de leur propre valeur, une confiance en la sécurité de leur existence. Ces « trésors » sont acquis grâce à l’amour authentique, profond et discipliné offert par les parents ; ce sont les plus beaux cadeaux que les parents puissent faire à leurs enfants. En cas de défaillance, il est possible de les recevoir d’autres provenance, mais dans ce cas, le processus d’acquisition est inévitablement difficile, dure parfois toute la vie, et ne réussite pas toujours. 

Extrait de Le Chemin le Moins fréquenté – Apprendre à vivre avec la Vie – Les leçons fondamentales de l’existence de SCOTT PECK aux éditions Aventure secrète. Page 13 – Première partie.

Voir discussion http://devantsoi.forumgratuit.org/t59-enfants-indigo#3100

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