La beauté est dans la coopération consciente

images (1)compte rendu de lecture de McNair Ezzard – Partage International

Quand on fait un bilan rapide de l’état de notre monde, le nombre et la gravité des problèmes – pauvreté, guerre, faim, catastrophe environnementale – semblent insurmontables. Nous sommes si enracinés dans notre conditionnement d’autodestruction qu’une vision optimiste de l’avenir est inimaginable. La perspective d’un monde meilleur a autant de consistance que la brume du matin sous les premiers rayons du soleil.

Dans son dixième livre, L’Art de la Coopération 1 , l’auteur britannique Benjamin Creme s’élève contre cette vision pessimiste. Pour ceux qui considèrent l’avenir avec consternation, L’Art de la Coopération est un livre d’espoir qui nous présente les défis qui sont les nôtres et les mesures que nous devons prendre face à cette situation. D’après B. Creme, les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont la conséquence d’un système qui est en train de mourir. Les structures politiques et économiques du passé s’effondrent – mais, dans un avenir pas si lointain, une autre civilisation nous attend. Comment nous rendre de l’ancienne à la nouvelle ? Par le sentier de la coopération, dit Benjamin Creme.

Le livre commence par l’analyse pénétrante de nos problèmes, telle qu’elle nous est proposée par le Maître de Benjamin Creme dans deux articles sur la coopération. Dans le premier article, dont le livre a emprunté le titre, le Maître présente la coopération comme la clé de notre salut. On pourrait penser que le seul apprentissage de la coopération est bien peu de chose, mais, à en croire le Maître, il constitue pourtant la solution à nos problèmes et c’est lui qui nous conduira à un monde meilleur : « … par la coopération, et par elle seule, les hommes apprendront le véritable art de vivre [...] Par la coopération, la nouvelle civilisation se construira, la nouvelle science se révélera, la nouvelle compréhension se manifestera. Ainsi les hommes grandiront-ils ensemble dans la découverte de leur divinité. Ainsi connaîtront-ils la joie et le bonheur de vivre ensemble en unité » (p. 18).

La réponse est simple, mais nous avons du mal à en saisir le sens. Il y a une barrière qui nous empêche de comprendre l’importance de la coopération. Cette barrière est une attitude matérialiste profondément ancrée, qui se reflète dans notre comportement compétitif dans presque tous les domaines de la vie – dans la famille, dans les groupes et entre les nations au niveau international. Elle se construit dans notre petite enfance lorsque nous apprenons à lutter pour obtenir l’affection de nos parents, et elle se renforce quand nous grandissons du fait de l’impact sur notre personne des structures sociétales et économiques. Benjamin Creme ajoute : « [...] la compétition [est] répandue de nos jours. C’est la nature même de nos systèmes politiques et économiques qui est en cause » (p. 22).

Mais la compétition n’est pas seule. Elle est fondée sur la peur, qui sous-tend tous les aspects de notre approche de la vie. Nous pensons que nous n’en avons pas assez pour vivre, que le créateur n’a pas pris en compte tous nos besoins. En conséquence, nous saisissons tout ce que nous pouvons et prenons beaucoup plus que ce dont nous avons besoin, individuellement comme collectivement. C’est une situation où tout le monde est perdant, parce que notre quête du « toujours plus » conjuguée avec la surpopulation et la diminution des ressources nous a conduits à une impasse.

Selon B. Creme, il nous faut aborder la vie de façon différente si nous voulons nous libérer de la peur et de la compétition pour aller vers la coopération. Il nous faut adopter le partage. Maitreya nous dit : « Faites-moi confiance, faites confiance à la vie, faites-vous confiance, faites confiance à votre divinité intérieure, et partagez les ressources de la Terre » (p.41). Lorsque l’humanité acceptera le partage comme mode de vie et instituera la justice, la compétition prendra fin et notre confiance en la vie s’en trouvera renouvelée.

Maitreya et les Maîtres nous montreront ce que la vraie coopération signifie. Comme dit le Maître de B. Creme : « Les Maîtres, ne sont pas des novices en matière de coopération. Dans tout ce qu’ils font, la coopération occupe une place centrale. Il ne pourrait en être autrement dans la Fraternité manifestée, où le chancre de la compétition est inconnu. Nous formons sincèrement le vœu que les hommes apprennent l’art de la coopération, et à cette fin nous ferons office de mentors, enseignant par l’exemple » (pp. 18-19).

Nous ne sommes pas pour autant obligés d’attendre Maitreya. Nous pouvons commencer de coopérer. Ce sera sans doute difficile, particulièrement pour les adultes qui sont profondément engoncés dans leurs habitudes, mais, selon B. Creme, c’est plus facile pour les enfants, qui sont malléables, et auxquels les parents peuvent enseigner la coopération. Nous n’avons pas vraiment le choix. Ou nous apprenons à coopérer, ou il faut nous préparer à un avenir difficile.

L’unité

Des mots comme unité et amour , qui font aujourd’hui partie intégrante du vernaculaire du nouvel âge, sont souvent utilisés par des personnes qui n’en appréhendent pas le sens profond. Mais le lecteur qui veut saisir l’unité dans le sens où Benjamin Creme l’utilise doit comprendre que ce mot est une idée sacrée. Bien plus qu’une idée, l’unité est une réalité. C’est une grâce que d’en faire l’expérience et de connaître cette qualité qui a son origine dans le Mental de Dieu. L’unité est d’une grande beauté quand elle s’épanouit, écrit B. Creme. Nous sommes un. Le fait que tous les atomes soient interconnectés en est la démonstration. Et nous sommes tous constitués de la matière de ces mêmes atomes. C’est pourquoi rien n’est jamais séparé de rien dans le cosmos. « Il n’existe rien d’autre que la structure atomique de tout le cosmos. C’est de lui que nous venons, écrit B. Creme. Il est, comme le dit le Maître « la source de tout notre être » (p. 257). Quand nous regardons autour de nous, nous voyons des myriades de formes. Mais, en raison d’un conditionnement erroné, nous pensons qu’il n’existe que la diversité, qui se caractérise par la séparation. Il s’agit d’une illusion. Notre nature même, notre réalité, est exactement le contraire de la séparation. Elle est unité.

Nous sommes des âmes, explique B. Creme. L’âme connaît l’unité de la vie. Et le reflet de l’âme, la personnalité, qui sait à un niveau plus profond que cela est vrai, cherche à exprimer cette unité. Que nous en soyons conscients ou non, nous recherchons l’unité lorsque nous nous identifions avec quelque chose de plus important que nous – notre famille, un parti, ou une famille de nations. Il est facile de constater ce que le manque d’unité entre nations a généré. Chaque nation ne voit que son intérêt national, sans se préoccuper de l’effet de son action sur le monde. Heureusement, Maitreya et les Maîtres de sagesse sont venus sur la Terre pour nous aider : les choses peuvent donc commencer à changer. La préoccupation du plus grand bien commence à devenir un critère important dans nos actions. La synthèse et l’unité peuvent devenir l’objectif premier. Comme B. Creme le fait remarquer, le choix de l’unité dépend de nous. Les Maîtres ne portent jamais atteinte à notre libre arbitre. Mais une fois que l’unité sera choisie et que nous travaillerons pour la mettre en œuvre, nous devrons continuer de la nourrir sous peine de la voir dépérir rapidement. Comme dit le Maître, nous devons prendre soin de l’unité « comme un sage jardinier [qui] cultive son jardin, veillant attentivement sur chaque bourgeon et chaque nouvelle pousse» (p. 235).

Le travail de groupe

Le travail de groupe est un thème important dans de nombreux ouvrages de B. Creme ; il en est de même dans L’Art de la Coopération . La coopération et l’unité sont d’une importance vitale si l’on veut que l’effort de groupe soit couronné de succès. De même que la compétition porte atteinte aux relations internationales, de même elle nuit au travail de groupe, dont elle peut gravement compromettre l’efficacité. Quand, dans un groupe, des individus entrent en compétition pour des questions de prestige et de reconnaissance, lorsqu’ils rivalisent pour imposer leurs idées, le vrai visage de la compétition apparaît. L’existence de la compétition dans un groupe signifie que c’est la personnalité à l’œuvre et non l’âme. Et quand la personnalité est à l’œuvre, le conflit est inévitable.

A la question de savoir quelle mesure de conflit un groupe peut tolérer sans que son unité n’en soit menacée, B. Creme répond : « Aucun conflit. Toute manifestation de conflit menace l’unité du groupe » (p. 267). Les membres d’un groupe doivent apprendre à s’élever au-dessus du conflit, au-dessus des réactions des personnalités, répondre à partir du plan de l’âme et donner ainsi à la coopération et à l’unité l’occasion de grandir.

Le mirage

Selon B. Creme, le mirage est une forme de brouillard. Il constitue le plus grand obstacle à la coopération et à l’unité. Le Maître Djwhal Khul a lui aussi décrit le mirage comme un brouillard qui se caractérise par l’accumulation de tous les aveuglements, ainsi que de toutes les conceptions fausses et toutes les interprétations erronées que l’on peut connaître dans la vie. Tant que nous ne sommes pas parvenus à un certain niveau de conscience, nous ne nous apercevons même pas que le mirage est un problème. Et tant que nous ne le voyons pas à l’œuvre dans notre vie et ne nous efforçons pas de nous en débarrasser, le mirage continue de nous faire agir contre notre véritable intérêt. Nous passons d’une vie à l’autre, incapables de distinguer le vrai du faux. C’est pourquoi nous souffrons.

B. Creme donne des exemples de la façon dont le mirage peut aller jusqu’à affecter le travail de groupe. Il parle également de l’Amérique, de ses mirages et de leurs effets sur les plans intérieur et extérieur dans les relations avec les autres nations. Ces exemples sont une preuve très perturbante du caractère envahissant du mirage.

Le but est de nous libérer du mirage. Pour ce faire, nous devons devenir polarisés mentalement. Une fois cette polarisation réalisée, la lumière de l’âme peut agir par l’entremise du corps mental pour dissoudre le mirage. Mais nous devons faire un effort pour avoir accès à la lumière de l’âme. Nous y parvenons grâce au service et à la méditation, spécialement la méditation de transmission, nous apprend B. Creme. La polarisation mentale est le résultat d’un processus d’élévation du niveau de conscience. Au début, nous nous retrouvons dans une sorte d’impasse : tant que nous sommes plongés dans le mirage, nous n’en sommes pas conscients, mais devons en prendre conscience pour pouvoir en sortir. Il nous faut donc nous entraîner à devenir conscients – des pensées, des réactions émotionnelles et des conditionnements qui constituent le mirage – mais sans jamais juger ni le mirage, ni notre propre personne. B. Creme conclut : « Quand vous en devenez conscients, le mirage disparaît » (p. 133). Et quand le mirage disparaît, coopération et unité émergent tout naturellement.

Notre force

Unité et coopération sont des synonymes qui reflètent la volonté divine. Quand nous coopérons, nous créons l’unité. Quand l’unité est réalisée, la coopération en est le résultat naturel. Toutes les deux mènent au même résultat : une vie sans division, une vie où le partage et la justice sont devenus réalité. Car quand nous vivons dans l’unité, quand nous coopérons, les besoins du soi séparé perdent de leur importance, et les besoins du groupe, les besoins supérieurs prévalent.

La coopération et l’unité sont notre force. Elles sont la voie de l’avenir. Les mettre en œuvre, c’est ouvrir grand l’espoir. Les perdre, c’est nous mettre gravement en danger. Le philosophe britannique Bertrand Russel a dit : « La seule chose qui rachètera l’humanité est la coopération. » Ce livre de B. Creme, nous montre qu’elle est la seule voie de l’avenir.

Benjamin Creme, L’Art de la Coopération. Partage Publication, 2 e édition, 2006.

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