Voir dans l’obscurité

téléchargement (3)La psychologie moderne a, depuis Freud, établi qu’il était justifié de reconnaître des insatisfactions existentielles si elles se présentaient. Sur le divan, on retrouve ce que l’intelligence soumise au moi veut éviter de voir, les mauvais moments, les attouchements indélicats du père, les cris sexuels de la mère qu’on prenait pour de la souffrance, d’autant que papa, parfois, pendant la journée disputait maman jusqu’à ce qu’elle pleure. Restons simples.

Le non-moi est parfois indigeste.

Mais tandis que l’estomac, lui, sait vomir, notre esprit ne sait que refouler, et fait semblant d’oublier. Comme l’esprit est fait pour être conscient, les procédures de mise à l’écart des perceptions douloureuses laissent des traces dans le fonctionnement même du cerveau. C’est une manière crue et directe de voir les choses, mais tout est là. Le néocortex veut l’emporter en étant au courant de tout, et faire évoluer par la prise de conscience, le néocortex accepte toutes les informations et va profiter d’apprendre des faits qui ont été préjudiciables au moi, même les pires. Mais certains processus des cerveaux inférieurs trouvent plus pratique, pour favoriser la survie, de cacher ce qui pourrait faire peur, de mettre à l’écart des blessures fondamentales, de dissimuler, en quelque sorte, des dossiers dangereux. Comme on ne peut pas tout digérer, l’indigeste nous poursuit plus tard. Les enfants peu caressés et peu aimés peinent à trouver leur place. Les ruptures violentes, à l’age adulte, fragmentent le moi, car il se sera fondu et confondu avec l’autre, qui appartient au non-moi, en dépit du fait qu’on l’aura avalé par le sentiment. Certains parents ne guérissent jamais du décès d’un enfant, et nombre de divorcés ne se remettent que dix ans plus tard d’une séparation, dix ans de «foutu», alors que les meilleurs s’en sortent avec trois seulement. Ces faits demandent non seulement d’être observés, mais ils exigent d’être compris, et les comprendre c’est voir que nous ne sommes pas maîtres du temps. Non seulement le passé laisse des traces traumatiques, à travers les chocs et les déceptions lourdes, mais il engendre la nostalgie, s’il a été meilleur que le présent. D’où les séquences inopportunes de mémoires qui viennent faire de la friture sur la ligne de l’immédiat. Quant à l’avenir, pour ne pas en avoir peur, il nous faut le courtiser outre mesure. La durée, ce moyen d’accès suprême au non-moi, n’est pas réellement manipulable, et tous nos efforts pour nous l’approprier selon nos propres modes sont à certains moments pris en défaut.

Et nous les éveillés disons toujours la même chose: le moi s’identifie au non-moi, alors autant se livrer à l’univers entier, autant accueillir le non-moi comme partenaire absolu, au prix, que certains jugent exorbitant, de distinguer réellement ce que nous sommes de ce qu’il est, lui. Au tarif de respecter l’esprit en le laissant investir les émotions, en lui laissant le droit de monter vers les souhaits solaires de l’être. Alors l’identification rampante et inévitable, l’identification terre-à-terre au territoire et à ses fétiches, qui caractérise l’espèce, est remplacée par la connaissance par identité. Même si le processus est lent entre la prise de conscience évolutive et les premiers résultats, c’est la procédure cosmique par excellence, c’est le prochain pas de l’évolution. Être tout, sans être identifié à rien, et le supramental est capable de produire cette conscience-là. L’ego en prend pour son grade, mais voilà l’intelligence suprême qui œuvre en nous car nous ouvrons la porte. Si l’on n’ouvre pas immédiatement dans l’intention d’aller jusqu’au bout — de devenir un sage, comme on dit en langage courant, entrebâillons pour une simple thérapie. 

Guider l’esprit vers ce qu’il ne veut pas voir, constitue la procédure essentielle.
source : www.supramental.fr  - Le site de Natarajan

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