La Parabole des dix Vierges

vierges-dix-nb-halosDans la parabole des vierges folles et des vierges sages, que le Maître nous propose comme symbole du royaume des Cieux (Matth.   XXV, 1 à 13), il est dit que les cinq premières, ayant pris leurs lampes pour aller au devant de l’époux, selon la coutume des Hébreux dans la cérémonie du mariage, n’emportèrent point d’huile avec elles et que, leurs lampes venant à s’éteindre, elles ne purent entrer dans la salle des noces.    » En vérité, je ne vous connais point  », leur fut-il répondu, lorsqu’elles se présentèrent, une fois les portes fermées.   Au contraire, les vierges sages, qui avaient pris de l’huile avec elles, étaient là, à l’arrivée de l’époux, les lumières allumées et elles furent reçues à la noce.

Que signifie ce récit allégorique ?  

Ainsi que le dit Sédir, dans son beau commentaire du Cantique des Cantiques les textes sacrés sont susceptibles de diverses explications simultanées, correspondant aux nombreux compartiments dont se compose l’univers moral.   Partant du Centre incréé, la parole divine a son reflet dans tous les mondes qu’elle traverse et vivifie.   C’est pour cela que plusieurs interprétations lui conviennent.

Dans la parabole ci-dessus, on peut comprendre par l’huile les vertus et les bonnes oeuvres qui entretiennent la foi, comme l’huile alimente la lampe.   La salle des Noces peut représenter le Paradis, dans lequel on n’est admis, selon la doctrine orthodoxe, que si l’on a pratiqué le bien et fait une bonne mort.   La porte en est fermée aux personnes volages qui ont dilapidé le temps précieux de la vie dans les futilités et les plaisirs.   La lampe de la foi, chez ces personnes, s’est éteinte et elles ne peuvent entrer dans la maison de l’Époux au moment propice.

Le Seigneur termine par cette recommandation : «  Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure  », ce par quoi on peut entendre  » l’heure de la mort  ».

Remarquons toutefois que c’est du Royaume même des Cieux que le Christ a voulu parler et non d’un paradis temporaire.   Du point de vue mystique, nous pensons donc que ce récit se prête à une plus profonde interprétation.

Un instant auparavant (Matth.   XXIV) le Maître avait dit a ses disciples : «  Veillez donc, car vous ne savez à quelle heure votre Seigneur doit venir….  Tenez-vous prêts car, à l’heure que vous ne penserez pas, le Fils de l’homme doit venir…  Heureux le serviteur que son maître, à son arrivée, trouvera veillant  ».

En effet, les rares êtres dont les aspirations dépassent les paradis qui sont la récompense des travaux de ceux qui suivent les sentiers battus, «  les êtres d’exception qui font l’ascension de la montagne mystique par des raccourcis trop pénibles au voyageur ordinaire  », savent qu’ils peuvent s’attendre, un jour, à la rencontre effective du Maître qui leur ouvre, alors, son Royaume et ses trésors, comme l’a fait l’époux pour les vierges sages.

Dans sa lettre à l‘Écho du Merveilleux, datée de 1910,   qu’on nous excuse de le citer encore une fois,   Sédir disait : «  Si, deux mille ans en arrière, Quelqu’un allait, par les routes de Judée, prenant les âmes d’un simple regard et les assumant jusqu’au seuil de la Lumière incréée, pourquoi ne pourrait-II pas renouveler, quand il Lui plairait, ces cures spirituelles, au gré des rencontres qu’II provoque, le long des chemins mystérieux de l’Invisible ?  ».

Cette rencontre et cette cure ne peuvent, toutefois, avoir lieu que si le disciple, par ses travaux, ses renoncements et ses veilles, est devenu apte à recevoir la Lumière.   Or, on ne le sait jamais soi-même et c’est justement quand on s’imagine être prêt, qu’on ne l’est point, car cet état ne va pas sans une profonde et sincère humilité, sans le vif sentiment de son indignité et de son propre néant.   C’est, d’ailleurs, une grâce que le Père accorde quand il Lui plaît et non la récompense due à un travail quelconque.   Tout ce que l’homme peut faire, c’est de se vider entièrement de soi-même et de ses désirs, afin que la Lumière puisse pénétrer en lui.   C’est pourquoi le Maître dit : «  Veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure  »; et ailleurs : «  Le Fils de l’homme viendra comme un voleur, à toute heure de la nuit  ».

Oui, le vrai disciple qui veut être prêt au moment du passage du Maître, doit être vigilant, car l’ennemi est toujours là, représenté par les passions, les convoitises, la cupidité, l’orgueil et l’illusion du moi.   On se croit parfois à l’abri et dans le plus grand calme; et voici que la tempête se déchaîne soudain, furieuse, engloutissant les plus gros esquifs dans ses vagues démontées, sauf toutefois la frêle embarcation qui sera solidement amarrée au roc de la foi, de l’humilité et de la prière.

Ces trois vont ensemble : les orgueilleux ne croient qu’en eux-mêmes et ne savent pas prier; aussi succombent-ils souvent et sont-ils les esclaves de leurs propres caprices.   Pour savoir prier, pour demander du fond du coeur, il faut, en effet, avoir conscience de sa faiblesse.   C’est alors que le secours vient et que l’on devient fort.   C’est lorsque les apôtres, dans la barque, ont crié humblement : «  Sauve-nous, Seigneur, nous périssons  » que Jésus s’est réveillé et qu’il a calmé les vents et les flots, selon le récit évangélique.

Ce réveil est bien significatif; il veut dire que le Fils de Dieu sommeille en notre âme et que nous pouvons l’éveiller par nos humbles appels et par notre foi.   La Lumière est en nous, mais elle n’arrive à éclairer notre conscience normale que lorsque celle-ci est dépouillée des ténèbres du moi obscurci par l’orgueil et par les convoitises.   Au moment donc des épreuves que figure la tempête, faisons comme les apôtres sur le lac : veillons et prions.   N’augurons pas trop de nos propres ressources : elles sont limitées et peuvent faillir si l’ennemi vient en force nous attaquer.   Mais, avec l’aide d’En Haut, obtenue par notre cri intérieur, nous serons invincibles et l’adversaire battra en retraite, comme l’ombre se dissipe devant la clarté du jour.

A force de combats victorieux, nos puissances décupleront et nous disposeront à recevoir, quelque jour, la visite du Maître.   Il est évident que cette rencontre constitue, pour le moment, un idéal assez éloigné.   Néanmoins, elle doit avoir lieu pour chacun, selon l’enseignement que nous avons reçu.   C’est pourquoi nous devons nous y préparer de notre mieux.   Imitons les vierges sages qui prirent de l’huile avec elles à la rencontre de l’Époux.   Multiplions de même les bonnes oeuvres; travaillons sans relâche.   Notre renoncement doit être entier, afin que la chambre de notre âme ne renferme plus aucun obstacle à l’entrée de l’Hôte mystérieux qui, quelque qui, viendra frapper à notre porte, au moment ou nous nous y attendrons le moins.    » Heureux celui que son Seigneur, en arrivant, trouvera veillant !  »

Article écrit par Emile Catzeflis

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