A L’Ecole des Arbres de nos Ancêtres

 

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« Le plus grand frêne servit d’axe du monde » dit le mythe de la création celtique. Ce pilier central relie le monde souterrain, celui des humains à la surface de la terre, et le ciel. Il est l’antenne permettant la communication entre le visible et l’invisible, le physique et le métaphysique. Il plonge ses racines dans la Terre-Mère, tandis que ses branches se dressent en direction du Père-Ciel. Aux quatre coins de la planète, depuis les temps les plus reculés, l’Arbre cosmique joue un rôle primordial d’organisateur ; il met de l’ordre dans le chaos des origines.

En Egypte, au devant, les dieux trônaient sur le haut sycomore sacré, en réalité un figuier ; ils se délectaient de ses fruits. Au couchant, siégeait la vache Hathôr, la « Dame du sycomore ». Après avoir créé le monde et tout ce qu’il contient, elle aidait les morts à regagner le Ciel en les accueillant à l’ombrage de l’arbre le temps qu’ils se reposent. En Mésopotamie, l’Arbre de Vie se nomme Kiskanu, en Inde, c’est sous le nom de Ficus religiosa que le Bouddha parviendra à l’illumination. Le pommier du jardin d’Eden nous est plus familier que le Kien-mou des Chinois, le centre de l’univers. Dans la tradition chamanique, l’initié doit réussir l’épreuve de l’ascension du Bouleau cosmique. Il effectue sa montée en neuf (encore un passage) circonvolutions autour du tronc, dans lequel il creuse neuf entailles. « Joignant le ciel et la terre, cette échelle représente le moyeu d’un destin planétaire incarné dans chaque être ».

Quant au pin de Barenton, il est l’Arbre initiatique de Merlin, puisque c’est après l’avoir escaladé qu’il obtient la totalité de ses pouvoirs, le don de voyance, celui de métamorphose, d’invisibilité, d’action sur les éléments, de médecine, d’ubiquité et tant d’autres encore. On ne peut s’empêcher de penser à l’échelle de Jaco, autre arbre cosmique. Dans la plupart des mythes, l’arbre-ancêtre est androgyne. C’est sans doute cet aspect qui le fait devenir « arbre généalogique ».

Qu’il soit chêne ou baobab, l’Arbre de vie offre sa protection aux humains, en tant qu’arbre à palabre symbolique, lieu où tous les peuples du monde peuvent se rassembler et fraterniser. Il est le centre du cercle de la vie, où individus, tribus, nations et peuples viennent se ressourcer, se reposer e paix pour réintégrer leur puissance intérieure, leurs valeurs et leur potentiel. De ce centre, on a une vision d’ensemble sur 360 degrés, qui permet d’échapper à la distorsion de la dualité et d’accéder à la perception de la totalité. En méditant à l’ombre de l’Arbre, la vision de Notre Chemin de Vie , notre légende personnelle, se dessine.

L’aspect féminin de l’Arbre Sacré est révélé dans sa fonction nourricière. Il nous rappelle que la nourriture dont nous avons besoin pour vivre bien autant de la terre que du ciel. Les fruits de l’arbre représentent les qualités morales à acquérir. Touché par la foudre ou l’incendie de forêt, il a offert le feu aux humains : c’était un cadeau des dieux. Et grâce au feu, les ténèbres devenaient moins effrayantes, la nuit moins menaçante. Malgré la pollution, les trous dans l’ozone, ses fruits, ses feuilles, son écorce et ses racines continuent à receler des trésors secrets aux puissantes vertus qui guérissent mille maux, sans parler des simples substances alimentaires. En Afrique australe, la plupart des remèdes des guérisseurs sont un cadeau de l’Arbre ; ils proviennent d’une écorce ou d’une racine. En Zoulou, muti signifie à la fois « arbre » et « médecines ».

Les conifères offrent leur résine aux usages multiples, dont l’encens, qui réjouit les cœurs des dieux. Le feuillage de l’Arbre de Vie est un abri contre la pluie et les rayons trop ardents du soleil ; son bois permet de construire des maisons et des sanctuaires ; lorsqu’il brûle, il protège du froid. On sait que les forêts sont les poumons de notre planète. Et si on amputait les défricheurs de l’Amazonie d’un bout de poumon.

Autre enseignement de l’Arbre cosmique : la croissance permanente qui nous ait prendre conscience de l’impermanence. Les générations de feuilles se succèdent et relativisent le temps. Passant du bourgeon à la feuille réalisée, puis de l’humus, à la terre nourricière, elles nous montrent l’échange, le don. Le sacrifice est une étape indispensable sur le grand cercle de la Vie. Il crée de la place pour que le changement puisse exister lorsque le moment est venu d’entamer une nouvelle étape du chemin de vie, qu’il s’agisse d’un individu ou d’une communauté. Ces passages sont les moments sacrés de l’existence ; on publie trop souvent que sacrifier signifie « faire du sacré ».

Rien n’est immuable, sauf l’éternelle succession des cycles, faits d’une phase de destruction, de séparation, et d’une phase de réunion, de création ; le solve et coagula des alchimistes. Au fur et à mesure que les cercles des années s’inscrivent dans son tronc, l’Arbre croît en force et en sagesse. De même, acceptant les épreuves, les joies et les réalités de notre existence telles que le Créateur l’a dessinée, nous croissons en force intérieure. Puis, nous apprenons à aimer la Vie. Ce n’est qu’en  3ème  phase qu’il y a lieu de se préoccuper de la comprendre.

Cette séquence est la voie de la sagesse. Dans une culture au mental prédominant comme la nôtre, on a tendance à vouloir tout comprendre, puis on se résigne à accepter, et en phase terminale, on songe à aimer.

Vous pouvez recopier ce texte à la condition d’en mentionner la source : Francesca du forum La Vie Devant Soi  http://devantsoi.forumgratuit.org/  

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