MÉDITATION DANS L’ACTION

harmonie

Dans le cadre de la méditation assise, nous commençons à faire l’expérience de cette attitude intérieure et à la stabiliser ; puis nous apprenons ensuite à l’intégrer et à la développer dans toutes les situations de la vie quotidienne : c’est alors la méditation dans l’action. Sa pratique est fondée sur une attitude de transparence et d’espace en lesquels l’esprit n’est plus obnubilé, monopolisé ni polarisé par ses émotions ou par les situations. Dans la méditation dans l’action, on devient capable, en toutes circonstances, de percevoir en même temps la situation telle qu’elle est et l’espace dans lequel elle se développe. On peut en avoir une expérience précise en y étant pleinement présent et en ayant aussi une perspective dégagée, « panoramique », une sorte de « vue aérienne ». Deux qualités de l’esprit s’y développent : l’attention qui nous permet de voir et de reconnaître les détails de cette situation ; et la conscience dégagée qui nous permet d’en expérimenter le contexte et l’espace.

Ainsi, d’une façon générale, la pratique de la méditation consiste à développer une attitude en laquelle pensées et émotions ne sont ni supprimées ni exprimées mais reconnues ; en laquelle on fait pleinement l’expérience de leur nature, dans un état d’esprit dégagé. L’émotion y est accueillie, sans être l’objet d’une attitude passionnelle de rejet ou de fascination. Reconnaissant les pensées-émotions comme simples phénomènes mentaux, on cesse de les suivre ou de les fuir, on les voit simplement et développe alors avec elles une intimité dans laquelle on s’en rapproche et finit par ne plus faire qu’un avec elles ; on en fait alors une expérience pleine et totale dans laquelle leur nature énergétique, leur rayonnement deviennent une énergie libre dont l’intensité se diffuse sans être manipulée ni être appropriée par qui que ce soit ou quoi que ce soit.

Dans cette expérience directe de la méditation, les situations deviennent moins conflictuelles et notre relation à celles-ci s’allège d’autant. Les luttes que nous entretenionsfont place à des relations de plus en plus souples ; émotions et situations deviennent transparentes ainsi que celui qui en est l’observateur ; l’expérience de la situation acquiert une qualité spacieuse et ouverte, en laquelle se révèle une intelligence fondamentale qui nous permet d’être en adéquation avec elle et d’y répondre pertinemment. Cette communication directe contient la possibilité d’une réponse intelligente et harmonieuse. Il s’y développe une « danse » avec l’énergie de la situation ; c’est une relation harmonique et spontanée qui est aussi la perfection de l’action.

L’évolution passe nécessairement par l’acceptation de soi-même, par une amitié et une paix intérieure. Il s’agit donc d’accepter les autres – intérieur et extérieur – avec compassion, dans une attitude d’ouverture et de transparence. Cette qualité de transparence estompe nos projections dans la mesure même où nous nous effaçons nous-même par le lâcher prise. Plus nous nous accrochons et nous cramponnons, plus nous maintenons le processus qui entretient projections et conflits.

Développant en profondeur cette qualité de transparence et de lâcher prise, notre relation avec le monde devient moins dualiste et conflictuelle, nous sommes nous-mêmes beaucoup moins rigides et les heurts font place à une situation fluide et souple, libre de réactions conditionnées.

Transmuter les émotions dans la méditation ou dompter ses démons « intérieurs », c’est essentiellement dépasser une perception duelle, dichotomique du monde. Dans ce contexte, la méditation apparaît comme l’apprentissage de la non-violence, une attitude de bienveillance envers soi-même et autrui et d’ouverture dans laquelle nous ne scindons plus le monde en dieux séduisants et démons terrifiants et développons progressivement cette transparence dans laquelle se dissout le jeu duel du moi et de ses projections. Dieux et démons nous sont à la fois intérieurs et extérieurs, réels et illusoires. Leur réalité est relationnellement extérieure, c’est-à-dire qu’ils nous apparaissent extérieurs dans l’expérience que l’on peut en avoir. Ils sont fondamentalement intérieurs et absolument illusoires.

Leur réalité est celle de nos projections mais celles-ci constituant notre monde comme notre individualité, ces dieux ou démons n’ont ni plus ni moins de réalité que nous-mêmes.

Leur existence est à la fois aussi réelle et aussi illusoire que la nôtre.

Lama Denis Teundroup sur le blog de Francesca  http://francesca1.unblog.fr/

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