La symphonie des Ames dans la créativité

 

Nous sommes les créateurs, les responsables de notre existence. Tant que nous n’accepterons pas cette pleine conscience, que tout ce qui m’arrive en permanence ne vise pas à me faire fuir le monde ou le détester, nous resterons dans ce statut de victime. Pour en sortir, il faut au contraire diriger ma conscience vers le centre, de voir ce qui s’y trouve: quels sont ces espaces de non vérité qui se manifestent dans le corps physique par de l’inconfort, de l’énergie émotionnelle, ou un mal être existentiel.

C’est ce que je pointe en permanence. Nous avons cet outil qui est notre corps physique. 
Qu’est-ce que je fais de ce que je sens-là, dans cette matière corporelle.

On ne vient pas sur terre pour faire, mais pour être. Le faire est la manifestation de l’être.
L’être humain trop souvent veut fuir ses sensations, tout ce qui lui est inconfortable. La tentation est de trouver une solution hors de soi : loisirs, produits, nourriture, joujoux; tout ce qui vient anesthésier cette partie en souffrance. Il nous manque le courage de diriger la conscience vers ces espaces-là. Tout le monde a un corps physique sur cette terre, jusqu’à preuve du contraire. Cet outil fantastique, merveilleux, extrêmement élaboré et intelligent, pour réaliser sa nature véritable. 

C‘est donc extrêmement simple : tout ce que je sens en moi, qui est autre chose que paix, sérénité, joie, amour, relève d’un espace de non amour, sur lequel je dois impérativement poser ma conscience. Chercher à l’extérieur reste une fuite permanente en avant, qui entretient l’idée de séparation. Tout mon travail, consiste à pointer du doigt cette croyance, afin que la conscience aille se porter amoureusement dans tous ces espaces, qui sont des espaces de séparation. Vaincre la peur, la peur de la peur, les jugements sur soi, sur notre pseudo imperfection, et ainsi permettre l’acte d’amour ultime, qui est d’ouvrir son cœur afin de déverser sa substance dans tous ces espaces-là.

L’idée originelle que je suis le corps physique est tenace.
Continuer de croire que je suis né le jour de ma date de naissance, et donc qu’il y a une date potentielle de ma mort, fait que j’attire à moi, j’aspire dans mes cellules cette peur de mourir, de souffrir, d’être agressé, de ne pas être aimé, etc.  Accepter que ce que j’ai cru être vrai, ne l’est pas forcement, permet de me détacher et peut être de m’emplir de l’idée que je ne suis pas une sorte d’âme, d’esprit dans un corps, mais que je suis tout ce entoure ce corps, et que ce corps est en moi.

Cela suppose d’oeuvrer sur le champ émotionnel, avec toutes les stimulations que je subis des uns et des autres. Il y a une attraction magnétique du corps qui ramène tout à lui, et qui me pousse à croire que je suis la colère, la peur, la tristesse. S’il n’y avait pas cette force magnétique dans le corps, on n’y resterait pas.

Se sentir responsable de ce que l’on ressent en soi , ne plus en accuser les autres, permet d’entrer dans cette oeuvre alchimique intérieure.

Plus je résiste à la vérité, à cette évidence, plus je souffre. Donc il ne s’agit pas de se demander si oui ou non, cette humanité va réussir ou parvenir à goûter à sa nature véritable, mais bien de se demander pendant combien de temps elle va tenir à ne pas le faire.  Et nous voyons bien que cette résistance-là empêche la vie de circuler de manière fluide et harmonieuse.

Est-ce que je suis cette construction temporelle comme l’on dit mes parents, mes enseignants, mon employeur, le miroir… Ou suis-je autre chose que ça? Répondre à cette question nécessite une prise de hauteur, un détachement initial. La souffrance dont nous parlons en ce moment, n’est reconnaissable que depuis un espace qui ne souffre pas. Si la souffrance était notre état naturel nous ne serions pas en capacité de la décrire, de la commenter, de la pointer. Chacun d’entre nous possède intrinsèquement cet espace de pure vérité.

Vouloir parler aux êtres de «La vérité » ne sert à rien. Dire «vous êtes pure lumière, pur amour » n’a aucun intérêt. C’est en empruntant le chemin le plus court : amener leur conscience vers les espaces en eux qui sont faux. Et alors, leur proposer de vivre peut être une autre expérience. Puisqu’ils ont déjà tout tenté pour s’extirper de cette souffrance à l’extérieur, ils savent que rien n’a fonctionné hors de soi. Les seuls chemins qui mènent à l’unité, à la réalisation de cet état véritable, sont des chemins de désidentification du corps physique, de détachement de la matière pour ensuite mieux l’embrasser. Un chemin de responsabilité, d’autonomie et d’amour universel, amour bien ordonné commençant par soi-même.

Grégory

Le champ mental est tellement entrainé à absorber des pensées que l’on croit être siennes, mais au fur et à mesure, chacun peut entrer en contact avec sa nature véritable. On me dit au bout d’une heure de méditation : je ne voulais pas en sortir… mais pourquoi en es-tu sorti et pour aller où d’abord? C’est ça qui est drôle, n’est-ce pas ? Alors oui, atteindre ce point de bascule, où demeurent en nous suffisamment de calme, de paix, de sérénité, afin de devenir l’observateur, puis l’observateur de celui qui observe et ainsi de suite jusqu’à remonter à l’origine; oui, atteindre ce point demande un petit peu de pratique, d’exercer comme un muscle, le muscle du retour à la paix. Cet état n’est pas une action, mais notre état naturel de fluidité, de vacuité. Un état qui nous accompagne dans la vie, un état qui demeure, quelles que soient nos activité, et non uniquement dans un court moment de pratique méditative. C’est là un clé essentielle.

Le pouvoir de création ne change pas, goûter désormais à des créations qui émanent d’un coeur uni.
La seule différence est désormais de ressentir avec une joie pure, cet état intérieur qui se déverse comme une cascade cristalline sur le paysage environnant.

Extrait de l’article de Grégory Mutombo au sujet de Son livre, « La symphonie des âmes » aux éditions Guy Trédaniel

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