Il n’y a pas de plus, il n’y a pas de moins

 

Seul un esprit infantile se compare à ce qui est et à ce qui devrait être. Un esprit mûr ne compare pas, ne mesure pas. Je ne sais pas si jamais vous vous êtes regardé vous-même pour constater comment vous vous comparez à une autre en disant : « il est tellement beau, il est si intelligent , si habile, si éminent : moi je ne suis rien du tout et j’aimerais tellement être comme lui »

Ou bien encore : « comme elle est belle, comme elle est bien faite. Elle a un esprit vraiment intelligent, séduisant, bien supérieur au mien ». Toujours nous pensons et nous fonctionnons dans un mode de comparaison et de mesure. Et si jamais vous vous êtes examiné, peut-être que vous vous êtes dit :« maintenant plus de comparaison, plus de comparaison avec n’importe qui, même pas avec l’actrice la plus prestigieuse ». Voyez-vous, la beauté ne se trouve pas dans l’actrice, la beauté est une chose totale, qui n’est ni dans le visage, ni dans la taille, ni dans le sourire, mais là où il y a une qualité de compréhension totale, la totalité de son être ; quand c’est là ce qui apparaît, là est la beauté. Voyez la chose en vous-même, s’il vous plait, essayez, ou plutôt faites-le.

scorpion

Quand on se sert du mot « essayer », vous savez qu’un tel état d’esprit est déplorable et bête ; quand il a dit :« j’essaye, je fais des efforts » , c’est le symptôme d’un esprit essentiellement bourgeois qui mesure, qui a le sentiment de faire un peu mieux chaque jour. Donc découvrez par vous-même si vous êtes capable de vivre non pas théoriquement, mais vraiment sans comparer, sans mesurer, sans jamais évoquer les mots « mieux » et « plus ». Voyez alors ce qui se passe. Seul un esprit mûr ne gaspille pas son énergie et un tel esprit peut vivre une vie très simple. J’entends une vie d’une simplicité réelle, non pas la simplicité de l’homme qui ne prend qu’un repas par jour et qui ne porte qu’un pagne – çà c’est de l’exhibitionnisme – mais un esprit qui se refuse à mesurer et qui, par conséquent, ne gaspille pas son énergie.

….Nous gaspillons notre énergie et cette énergie vous en avez besoin si vous vous proposez de comprendre la manière monstrueuse dont nous vivons, et il faut que nous le comprenions, c’est la seule chose que nous ayons, et non nos dieux, nos bibles, nos Gita, nos idéaux. Ce que vous avez, c’est cette chose là, le tourment quotidien, l’anxiété quotidienne. Et s’agissant de le comprendre, il vous faut être en contact intime avec elle, qu’il n’y ait aucun espace entre vous-même, l’observateur, et cette chose observée, c’est à dire le désespoir, etc. ; et, pour cela, il vous faut disposer d’une énergie immense, d’un élan total.

Si vous disposez de cette énergie qui ne se dissipe pas – quand cela vous arrive vous pouvez comprendre ce que c’est que de vivre. Il n’y aura alors aucune peur de la vie, de l’élan de la vie. Savez-vous ce que c’est qu’un élan ?

C’est une chose qui n’a ni commencement ni fin, et par conséquent, ce mouvement, en lui-même, est la beauté, la gloire. Vous me suivez ?

Donc la vie c’est cet élan, et pour le comprendre, il faut qu’il y ait liberté et énergie. Comprendre la mort, c’est comprendre quelque chose qui est en rapport très étroit avec la vie. Vous savez, la beauté (il ne s’agit pas de tableaux, ou d’une personne, ou d’un arbre, ou d’un nuage, ou d’un coucher de soleil), la beauté ne peut pas être séparée de l’amour ; et là où il y a amour et beauté, il y a la vie et il y a aussi la mort. On ne peut pas séparer l’une de l’autre. Dès l’instant où vous les séparez, il y a conflit et le rapport qui les relie disparaît. Nous avons regardé, pas en grand détail ni très largement peut-être, mais nous avons regardé la vie.

Donc quand on comprend ce que c’est que de vivre, c’est à dire quand on comprend la jalousie, l’anxiété, la culpabilité, le désespoir, et quand on est au-delà et au-dessus de toutes choses, la vie et la mort sont très proches l’une de l’autre. Vivre alors, c’est mourir. Vous savez, si vous vivez selon les souvenirs, les traditions, dans l’idée de ce que vous « devriez être », vous ne vivez pas vraiment. Vous vivez non pas dans un monde fantastique de concepts, mais vous vivez vraiment, non pas selon les Védas, les Upanishad qui n’ont pas de substance ; mais ce qui a de la substance, c’est votre vie de tous les jours, c’est la seule chose que vous ayez, et faute de la comprendre, jamais vous ne comprendrez l’amour, la beauté et la mort.

Extrait du texte de krishnamurti issu de « La Liberté »

Vous pouvez reproduire librement cet article et le retransmettre, à condition que vous en respectiez l’intégralité et de citer l’Auteur-Source Francesca : http://devantsoi.forumgratuit.org/

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