La deuxième Maison

 

bougie

 

Il ne fallu pas longtemps avant que Mike se rende compte de la transformation du paysage qui s’étalait devant lui. Il avait avancé sans effort depuis le début et n’avait jamais songé qu’il aurait à faire face à un choix quelconque. De plus, il avait la désagréable impression d’être épié. 

 

Droit devant lui, la route laissait voir un embranchement. Mike devait choisir le chemin qui le mènerait à la prochaine maison. Il haussa les épaules et s’arrêta, perplexe. 

 

Qu’est-ce qui se passe ? se dit-il. Comment suis-je censé trouver ma route en ce pays de maisons et d’anges de couleur ? Il n’attendait pas de réponse, la question s’adressant à son esprit, mais il restait troublé. C’est alors qu’il se souvint de la carte. Il s’assit en bordure de la route. Il avait placé la carte dans le sac contenant le pain et se préparait à la sortir lorsqu’il fut presque asphyxié par l’odeur qui se dégageait du sac. Qu’est-ce qui est mort là-dedans ? dit-il à haute voix. 

 

La puanteur infecte le faisait hésiter à essayer d’en trouver la cause. C’était hors de tout doute une odeur organique ; aussi, pensa-t-il que le pain en était responsable. Il avait raison. 

 

Mike retira doucement la carte de son sac. La traitant précieusement est espérant que l’odeur n’avait pas atteint cet objet sacré bien apparemment inutile. Elle était encore d’une seule pièce, mais on ne pouvait en dire autant du pain. Il vida le contenu de son sac par terre et grimaça à sa vue. Sur le sol, gisaient les restes pourris du bagel et des baguettes qui avaient l’air d’avoir passé un mois sous la pluie d’une forêt tropicale. Il n’en restait qu’une matière putride noire tachetée de moisissures, envahie d’un type d’insecte de cette terre étrange que Mike voyait pour la première fois et il y en avait des milliers ! Une véritable cité de larves grouillantes. Mike laissa tomber son sac avec dégoût et se leva d’un bond. De la vraie charogne ! Comment est-ce possible ? D’autant plus que j’ai quitté la maison il y a à peine quelques heures. Même une viande n’aurait pas pourri si rapidement. Qu’est-ce qui se passe

 

Se pinçant le nez, Mike se pencha pour y voir de plus près. La masse noire qui gisait sur le sol continuait à se détériorer devant ses yeux. Il vit les petites créatures grouillantes fourmiller en dévorant le reste de la répugnante matière en décomposition et se dévorer ensuite entre elles. Dégoûté par ce qu’il voyait, Mike détourna la tête de cette vision d’horreur lorsque quelque chose capta son attention derrière lui. 

 

Il y a bien quelque chose là ! Il était certain d’avoir vu une forme verte et floue se dérober de son regard et se cacher dans les buissons. Il sentit des frissons lui parcourir l’échine et sut instinctivement qu’il était dangereux de rebrousser chemin pour aller voir de quoi il s’agissait. Il demeura donc sur place. Une fourche devant lui ? Un animal ou une créature quelconque derrière ? Qu’est-ce qui se passe dans cette place sacrée ? Qu’est-il arrivé au pain ? 

 

Mike voulut jeter un dernier coup d’œil sur la masse nauséabonde qu’il avait jetée sur le sol et constata avec stupeur qu’il ne restait plus qu’un tas de poussière. Pas de vermine, pas de pain, aucune odeur. La matière avait repris sa forme initiale et avait même commencé à se disperser sous la brise. 

 

Que signifiait tout cela ? Mike se rappela les consignes de l’ange à l’effet qu’il ne devait pas prendre de nourriture avec lui. Mais il n’avait pas cru que l’interdiction englobait une petite collation ! Les aliments si appétissants à l’intérieur des maisons ne résistaient peut-être pas au sentier ! Il regarda sa carte, inquiet, et la souleva soigneusement, craignant encore d’y trouver quelque vermine. Elle était sans tache, telle qu’il l’avait placée dans son sac. Il n’y comprenait rien. Elle était tout à côté du pain, mais n’avait pas été touchée. Afin de vérifier autre chose, il prit son sac et s’en approcha avec précaution pour le sentir. Aucune trace ne restait de l’effroyable odeur qui lui avait transpercé les narines quelques instants plus tôt. Il ne savait pas vraiment ce qui s’était passé, mais il en tirait une excellente leçon : jamais plus il ne prendrait de nourriture des maisons qui longeaient le sentier. 

 

Il y eut un autre mouvement derrière lui ! Il lui semblait que son cerveau lui envoyait des signaux d’alarme. Avance ! Il se sentit désespéré. Il eut l’idée de dérouler sa carte, espérant y trouver des indices sur la route à prendre. Mais il n’y lu que VOUS ETES ICI, le point rouge et rien d ‘autre. La fourche ne figurait pas sur la carte. Quel objet inutile ! 

-       sapristi ! s’écria-t-il . 

C’était quelque peu déplacé, mais il avait besoin d’exprimer sa frustration. 

-       Toute une carte, vraiment, Bleu ! 

 

Encore une fois, il sentit un mouvement derrière. Cela se rapprochait-il ? Pourquoi ne pouvait-il rien voir ? C’était donc si rapide ? Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Son cerveau alarmé criait panique. Il se leva rapidement et poursuivit sa route, se retournant pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule à tous les deux pas. La forme floue ne se laissait pas voir lorsqu’il regardait derrière lui. Comment savait-elle que Mike allait vers l’avant ? Après chaque regard vers l’arrière, Mike pressait le pas, et la forme en faisait autant. Il franchit la courte distance qui le séparait de la fourche en un temps record. Il avait peur. 

 

Une fois devant l’embranchement, Michaël haletait de fatigue et de peur. Il n’avait pas la moindre idée de la direction à suivre et son indécision l’angoissait. Immobile, envahi par la panique, il clama vers le ciel, désespéré : 

-       Bleu, quelle direction ? 

 

Mike ne s’attendait pas vraiment à recevoir une réponse de l’ange de sorte que la voix douce qu’i entendit et qui semblait surgir de sa tête lui causa un choc. 

-       Sers-toi de la carte, Michaël, vite. 

 

Mike n’était pas d’humeur à s’interroger sur le caractère étrange de l’ordre ni sur son illogisme puisqu’il avait consulté la carte quelques instants plus tôt. D’un geste devenu familier, il la déroula rapidement. Le point rouge et la mention VOUS ETES ICI se trouvaient toujours à la même place, au centre de la carte. Mais qu’est-ce donc ça ? Mike regarda de plus près, la sueur perlait sur son front. 

 

Le point indiquait maintenant la fourche, à l’intersection où il se tenait ! La carte était donc à jour ! L’esprit de Mike ne se rappela pas l’humour de l’ange à cet égard. Il examina la carte de plus près. Une flèche y indiquait clairement de bifurquer vers la droite ! 

 

Sans hésiter et tout en enroulant sa carte, il prit cette route et grimpa une petite colline. Il continuait de regarder derrière lui de temps à autre, sentant et sachant qu’on le suivait. La forme verte se glissait entre les roches et les buissons et maintenait le rythme accéléré de Mike. En atteignant le haut de la colline, Mike soupira d’aise : devant lui se dressait une autre maison ! Il voyait un répit droit devant. Jetant tout de même quelques coups d’œil derrière lui, il pressa le pas puis s’élança en courant sur le sentier menant au refuge où il trouverait nourriture et sécurité. 

 

L’entité sombre et vile qui suivait Mike était furieuse ! Si seulement ce dernier avait hésité plus longuement, elle l’aurait rattrapé. Elle fulminait devant l’occasion ratée et grimpa à un arbre devant la maison de couleur orange dont Michaël Thomas venait de franchir le seuil. La forme répugnante se préparait à une longue attente, mais elle était prête à tout. 

 

 

 

De l’autre côté de la porte de la maison orange se trouvait un ange, comme prévu. Les premières paroles d’Orange, comme Mike décida de le nommer, eurent sur lui un effet renversant. 

 

-       Salut à toi, Michaël Thomas de l’Intention pure ! Nous t’attendions. 

-       Salut à toi ! Michaël essayait de cacher son soulagement et sa difficulté à reprendre son souffle. Sa voie avait tressailli. Il dut se retenir pour ne pas serrer dans ses bras l’imposante entité orange qui l’accueillait. Il était tellement heureux de se sentir de nouveau protégé. 

 

-      Par ici, lui dit son hôte orange, en se retournant pour le guider dans la MAISON DES PRESENTS ET DES OUTILS. Mike s’assura que la porte était bien fermée derrière lui et suivit l’ange, encore tremblant et à bout de souffle à la suite de ce qui venait de se passer. Il demeurait effrayé et des tas de questions lui venaient à l’esprit à propos de cette terre de contrastes surprenants. 

 

Comme les autres, cet ange était magnifique. Mike fut encore une fois impressionné par la haute stature de l’entité et par la bonté qu’elle dégageait. Il se sentit accueilli et aimé comme en présence des autres anges qu’il avait rencontrés. Je suppose qu’ils sont tous faits de la même manière, se prit-il à imaginer. 

 

-       En fait, nous faisons tous partie de la même famille, lui dit l’ange. 

Mike éprouve de la honte à l’idée d’avoir déjà oublié le mécanisme de communication chez ces créatures. 

-       Je m’excuse, réussit-il à balbutier. Orange s’arrêta et se retourna. Il pencha la tête sur le côté, amusé. Mike affronta son regard. 

-       Tu t’excuses de m’avoir complimenté sur ma magnificence ! De te sentir aimé ? De te demander qui tu es ? L’ange sourit. Nous recevons beaucoup d’invités, Michaël Thomas. De tous ceux qui ont visité la deuxième maison, tu es celui qui a posé le moins de questions. 

-       La journée commence à peine, répondit Mike en soupirant. Il voulait interroger l’ange à propos de la peur et de la panique qu’il avait connues quelques instants plut tôt. Qu’est-ce qui le suivait ? L’ange savait qu’il poserait cette question. 

-       Je ne peux te dire ce que tu veux savoir, Michaël, lui dit l’ange. 

-       Ne peux ou ne veux ? demande Mike respectueusement. Il savait qu’il jouait avec les mots et poursuivit : « Je sais que tu le sais ». Après une brève hésitation, Mike décida de poser ses questions à un rythme plus rapide. 

-       Pourquoi ne peux-tu pas me le dire ? 

-       Tu en sais plus long que moi là-dessus. 

-       Comment est-ce possible ? 

-       Les apparences sont parfois trompeuses, ici. 

-       Est-ce que ce sera encore là quand je repartirai ? 

-       Oui. 

-       Cela fait-il partie de ce monde ? ça me semble déplacé dans ce décor spirituel. 

-       Cette chose a le même droit d’être ici que toi. 

-       Cela peut-il me causer du tort ? 

-       Oui. 

-       Puis-je me défendre ? 

-       Oui. 

-       M’aideras-tu ? 

-       C’est la raison pour laquelle je suis ici. L’ange ne broncha pas, et Mike cessa subitement son interrogatoire. 

 

Par les réponses qu’il fournissait, Mike comprit que l’ange savait tout. Il se défendit un peu. S’il sait tout, j’ai la possibilité d’en savoir aussi plus long. Je n’ai qu’à me montrer patient. Je suis certain que j’en apprendrai éventuellement davantage. Ça semble être la façon dont les choses se déroulent ici. Mike se rappela tout à coup combien il avait jugé la carte inutile une heure plus tôt et comment elle l’avait subitement sauvé au moment opportun. 

 

-       Dieu est toujours à jour, tu sais, dit l’ange en retenant son rire. Encore une fois, il suivait les pensées de Michaël Thomas. L’entité orange se retourna et guide Mike plus avant dans la maison. 

-       Je commence à m’habituer, dit Mike en marchant. On reçoit ce dont on a besoin au moment où on en a besoin. 

-       C’est peu près ça, répondit l’ange. La fréquence du temps humain la plus faible est linéaire, mais pas le temps angélique. Décidément, cet ange était aussi un enseignant. 

-       Mais comment percevez-vous le temps ? tout en poursuivant la conversation, Mike se retrouva dans un entrepôt. Eh oui ! Comme la première maison, celle-ci était gigantesque à l’intérieur. 

 

Mike demeura bouche bée devant des douzaines de rangées de caisses empilées dans une pièce dont le plafond devait s’élever à quinze mètres. 

 

-       Nous n’avons ni passé ni futur, répondit l’ange. Votre notion du temps se conçoit selon une ligne droite tandis que la nôtre est comme une table tournante se déplaçant dans le sens des aiguilles d’une montre alors que le moteur ne tourne pas. Nous percevons constamment l’étendue de notre temps puisqu’il est toujours près de nous. Par conséquent, nous sommes sans cesse au présent. Notre mouvement tourne toujours autour d’un centre connu. Parce que votre temps est linéaire et que vous allez vers l’avant, vous ne faites jamais l’expérience complète du présent. Vous regardez derrière et voyez où vous étiez, et vous regardez devant et voyez où vous allez. Vous ne pouvez jamais expérimenter l’état d’être de votre existence, mais vous expérimentez une existence d’action. telle est l’expression de votre vibration inférieure, et cela est conforme à votre dimension. 

 

-       Ça explique alors le fonctionnement de votre carte, dit Mike en se rappelant que le point rouge et la mention VOUS ETES ICI se trouvaient au centre et que les événements de sa nouvelle existence se mouvaient à l’intérieur et à l’extérieur d’un point. ‘est tout à fait à l’opposé d’une carte humaine, se dit-il. 

 

-       Tout à fait ! lui dit Orange en continuant de le guider. Dans votre notion du temps, la carte est stable. C’est l’humain qui se déplace. Vous percevez le temps et la réalité comme une constante, et l’humain comme la variable. Lorsque vous vous approchez de notre notion du temps et de notre vibration, vous devenez la constante, et la carte, ou la réalité devient la variable. 

 

Mike devrait réfléchir pour bien saisir ces notions. C’était à la fois confus et familier. Son expérience à l’embranchement qui menait à la maison orange lui avait montré la valeur de sa carte spirituelle, même si ce n’était pas ce à quoi il s’attendait. Il savait que la prochaine fois qu’il se retrouverait devant une alternative semblable, il ne s’inquiéterait pas avant de se trouver vraiment confronté à son choix et que la carte viendrait à son aide. 

 

Tout comme Bleu l’avait fait, Orange guida Mike dans un dédale de pièces toutes aussi bien décorées les unes que les autres avant de le mener à une pièce conçue pour le repos où il pourrait également se nourrir. La grandiose demeure contenait des caisses portant des noms au lieu de cavités en bois identifiées comme dans la Maison des cartes. Ici aussi les noms étaient en caractères arabes que Mike ne parvenait pas à lire, mais il devinait qu’il devait se trouver quelque part une caisse portant son nom. 

 

-       Voilà tes appartements, lui dit Orange. Nous commencerons demain. Tes repas seront servis dans la pièce de gauche, et tu peux te rafraîchir dans la pièce de droite. Sur ce, Orange referma la porte et se retira. 

 

Mike regardait la porte fermée. Tu as beau être un ange, tes manières laissent à désirer, pensa-t-il en regrettant le manque de salutations. Je suppose que je ne peux m’attendre à ce qu’ils comprennent tout à fait le comportement humain

 

Mike fit un repas somptueux. Encore une fois, il se régala de la délicieuse nourriture en s’émerveillant devant les ustensiles de bois sculpté. Il trouvait étrange de ne pas nettoyer après son repas mais la tâche lui répugnait toujours autant. Il savait que même s’il ne pouvait les voir, d’autres entités étaient affectées à ces travaux. Quelle étrange combinaison, se dit-il, que ce jeu angélique où des entités s’astreignent à nourrir les humains aux vibrations inférieures. 

 

Mike s’interrogeait sur les systèmes d’égout lorsqu’une réalité le frappa soudain. Il n’avait pas utilisé de toilettes depuis des jours ! Il n’y avait pas de toilettes. Il se rendit compte qu’il n’avait aucun besoin du genre depuis qu’il avait franchi les portes d’entrée du chemin. Il pouvait concevoir l’élimination de… l’élimination, mais c’était tout de même une idée étrange. 

 

Le lendemain matin, Mike se senti frais et dispos. Il déjeuna en solitaire de fruits et de pain et savoura chaque miette de ce succulent repas. Il constata que cette nourriture angélique était quelque peu différente de la précédente et se promis d’en parler à Orange. 

 

-       C’est une nourriture de notre espace temporel, dit l’entité par la porte entrebâillée. Bien sûr, il avait saisi les pensées de Mike et poursuivit : « Elle ne peut exister dans une vibration plus faible et contient des attributs spirituels interdimensionnels. Voilà pourquoi elle ne produit aucun déchet humain et ne se conserve pas. Elle n’a ni futur ni passé. Elle a été créée quelques instants avant que tu la dégustes et ne résistera pas à l’extérieur de la maison ». 

 

-       oui, je m’en suis rendu compte, dit Mike, se rappelant le dégât sur la route qui avait failli lui occasionner de sérieux problèmes. 

 

L’ange conduisit Mike vers une grande pièce circulaire bien éclairée. Plusieurs caisses avaient été ouvertes, et quelques bancs orange attendaient les visiteurs. Mike vit aussi ce qui lui semble être un autel, de l’encens et quelques colis d’apparence étrange. 

 

-       Bienvenue à la Maison des présents et des outils, Michaël Thomas de l’Intention pure, lui dit l’ange en le regardant droit dans les yeux. Assieds-toi, car tu vas passer quelque temps ici. 

Ce fut là le commencement d’une longue suite de séances d’enseignement qui seraient suivies d’une période encore plus longue de séances pratiques d’utilisation des présents et des outils d’un mode vibratoire nouveau. Lorsqu’il aura terminé, Mike aura passé plus de trois semaines dans la maison orange. 

 

-       Tu élèves lentement ta vibration, Michaël Thomas, lui répétait régulièrement Orange durant la formation. Nous t’offrons les présents nécessaires à l’accomplissement de cette transformation. Ils sont à toi, selon ton intention. Tu ne pourrais pénétrer fans la prochaine maison sans connaître le fonctionnement de chacun et tu ne pourras absolument pas entrer chez toi sans être devenu habile à les manier. 

Mike écoutait attentivement. Il savait qu’il se préparait au retour et se rappelait qu’on l’avait prévenu de la nécessité de cette formation. Orange déballait les présents sous le regard attentif de Mike. Certains semblaient taillés dans un cristal pur et, dans un mouvement d’intention et un geste cérémonial, ils étaient comme par magie incorporés au corps de Mike, s’ajoutant à son pouvoir spirituel. Orange lui expliquait entièrement chacun et lui accordait le temps de bien assimiler ‘l’enseignement. Il lui demanda ensuite de réexpliquer l’usage de chaque présent reçu, ce qui n’était pas facile pour Michaël puisqu’il devait parler de concepts et avoir recours à des termes inconnus de lui jusqu’à présent. 

Orange expliqua comment les humains arrivaient sur cette planète avec certains attributs acquis dans dives champs d’existence, dans des vies antérieures. Mike avait déjà entendu cette notion, mais il n’avait jamais prévu l’entendre de la bouche même d’un ange. Il avait peut-être pensé qu’un jour, un gourou des Indes aux cheveux longs lui en aurait fait part, mais un ange ? Les vie passées constituaient des étapes de l’humanité, lui dit Orange, et les directives d’une vie antérieure se transmettaient à la suivant sous forme de leçons à la naissance. C’est ce qu’on appelle le karma ou, selon certains, le souvenir ou l’expérience. Le karma favorise l’apprentissage humain et, dans une certaine mesure, aide la planète. C’est ainsi que se passaient les choses chez les humains d’une vie à l’autre. Orange expliqua à Mike que s’il désirait passer à un autre niveau vibratoire, il devait se défaire de certains attributs du passé, dont les leçons karmiques transmises à sa naissance. Le chemin qi menait chez lui ne les endurait pas, pas plus qu’il ne supportait la nourriture qu’il avait essayé de conserver. 

 

Mike se vit tout à coup sous la forme d’une masse de chair pourrie sur la route, comme quelqu’un qui n’avait pas écouté l’enseignement de son maître. Il redoublé d’attention pour ne pas se retrouver dans une situation semblable. 

 

Orange perçut les pensées de Mike et en rit ouvertement, dans un merveilleux élan d’allégresse. Mike fut étonné de se sentir si près d’Orange. Quel maître magnifique ! Il était un compagnon merveilleux, même s’il ne savait dire ni bonjour ni au revoir ! Mike apprit à formuler des pensées créatrices d’énergie. 

-       C’est ainsi que tu assures la maîtrise de ta réalité, lui dit Orange. Utilise ta pensée spirituelle permanente et ta connaissance pour te projeter dans des situations que tu mérites et que tu as planifiées. Mike n’arrivait absolument pas à saisir la signification de tout ceci mais il suivit les instructions et réussit tous les tests. 

 

Il reçut le pouvoir spirituel de la cocréation et le don d’éliminer le karma de ses incarnations passées. Chaque don s’accompagnait d’une cérémonie et d’une verbalisation, et chacun passait d’un plan physique e u plan spirituel au moment où il était absorbé par son corps sous la direction habile et minutieuse du grand ange orange. Mike avait l’impression de poursuivre des études menant à une forme de prêtrise. Chaque fois qu’il répétait un enseignement d’Orange, celui-ci regardait en direction de son cœur ! Orange devenait très intense, et à trois reprises pendant que Mike énonçait des promesses et exprimait l’intention qu’un don particulier se répande en son centre spirituel, il eut l’impression qu’Orange lisait dans son âme. D’abord, il se sentit mal à l’aise, puis il se rendit compte que l’entité vérifiait l’intégrité des paroles qu’il prononçait. Si Mike avait feint d’être sincère, Orange l’aurait immédiatement perçu et n’aurait pas permis que l’enseignement se poursuive. 

 

Après deux semaines, tous les colis avaient été ouverts, expliqués et intégrés au soi spirituel de Mike, qui avait réussi toutes les épreuves. En fait, il avait trouvé une épreuve particulièrement difficile. Mike avait peur des espaces confinés. Il ne savait pas pourquoi mais, très jeunes, il avait constaté que la panique s’emparait de lui s’il se trouvait dans un espace réduit. Un des présents d’Orange lui permit de surmonter cette phobie. Mike avait alors exprimé une intention et effectué la cérémonie appropriée. Orange lui expliqua que son sentiment de peur dans un espace confiné était un résidu karmique et que le fait d’en débarrasser éliminait plusieurs autres expériences de vies antérieures qui accompagnaient Mike dans sa vie actuelle. 

 

Quelques jours plus tard, une immense caisse fut ouverte durant la séance de formation. Plutôt que d’en sortir quelque chose, l’ange demandé à Mike de grimper dans la caisse ! Il en referma ensuite le couvercle, et Mike se retrouva dans la noirceur, recroquevillé à l’intérieur. Il entendit le bruit de chacun des clous qu’Orange enfonçait dans la caisse pour bien la refermer. Puis, plus rien que le silence et une noirceur totale. 

 

Il entendait distinctement son souffle dans cet espace réduit, et sa position exiguë était loin d’être confortable. Il entendait même les battements de son cœur. Orange ne lui donna aucune explication ; ce n’était pas nécessaire. En réalité, Mike ne pouvait feindre cette autre épreuve. 

 

Pendant environ dix secondes, les battements cardiaques de Mike s’accélérèrent au souvenir de sa peur. Et puis, au moment où son corps entier aurait dû se mettre à trembler de panique, la sensation de claustrophobie s’atténua entièrement et il se détendit. Dans un élan de joie, Mike constata que le don fonctionnait et que son corps avait d’abord réagi comme autrefois, mais que son esprit avait mis fin à ce mouvement. La paix s’était installée ; Mike fredonna une chanson avant de s’assoupir. Ravi, Orange ouvrit la caisse et fit ressortir Mike une heure plus tard. 

 

-       Tu es remarquable, Michaël Thomas de l’Intention pure, lui dit l’imposante entité angélique au large sourire. Mike pouvait lire la fierté dans les yeux d’Orange. « Certains d’entre vous ne se rendent pas si loin ». 

Pour la première fois, Mike réalisa vraiment qu’il n’était pas le seul qui avait demandé à entreprendre le chemin du retour. Le fait avait été mentionné à quelques reprises mais il n’en avait pas saisi tout l’importance. Il y pensa souvent, le soir. Pendant ce temps, Orange poursuivait l’ouverture des présents et commençait à distribuer les plus imposants. C’est durant la troisième semaine de formation qu’il sortit la grosse caisse. 

 

-       il y a trois outils dont tu auras besoin pour ton voyage, dit Orange en insistant bien sur chaque mot. Il se dirigea vers la caisse et l’ouvrit. Chaque fois que l’ange ouvrait une caisse, Mike s’assoyait sur le banc qu’on lui avait fourni et, rempli d’impatience, se demandait quel objet magique allait contribuer à augmenter sa conscience spirituelle, sa connaissance ou son pouvoir. Il n’avait absolument pas prévu la surpris qu’Orange lui réservait cette fois. 

Orange tournait le dos à Mike, de sorte que ce dernier ne pouvait voir ce qu’il s’affairait à retirer de la caisse. Au moment où il se retourna afin de lui présenter le premier outil, Mike vit le reflet d’un métal argenté. NON ! Ce n’était pas possible : Orange tenait à la main une pépée immense ! 

 

-       reçois l’épée de la vérité, déclara l’ange orange en présentant l’arme à Michaël Thomas. L’épée semblait immense dans la main de l’ange mais elle était gigantesque dans celle de Mike. De fait, elle était extrêmement lourde et encombrante. Mike n’en croyait pas ses yeux ! 

-       - c’est une véritable épée ! 

-       Aussi réelle que les autres présents, à l’exception que tu devras la porter sur toi en chemin vers les quatre prochaines maisons. 

Mike tenait l’épée dans ses mains et en admirait la beauté. Eh oui ! elle portait son nom, crut-il remarquer. Elle était gravée de dessins aux significations spirituelles. Sa poignée était grande et, pour la tenir, il fallait agripper une pierre d’un bleu cobalt éclatant. D’une beauté incomparable, l’épée arborait deux tranchants bien aiguisés. 

 

-       Essaie de bouger, dit l’ange en reculant. 

Michaël obéit et l’épée, transperça l’air ici et là pratiquement d’elle-même. Son pouvoir imprévisible fit tomber Michaël par terre ! Il se sentit stupide et gauche en se relevant avec l’intention de recommencer. Orange leva la main pour mettre fin à ce manège. 

 

-       Attend un peu, quelque chose pourrait peut-être l’aider. Il retourna à la caisse pour en ressortir autre chose, un autre objet aux reflets argentés. C’était un immense bouclier ! Mike secoua la tête, incrédule. Qu’est-ce que ça signifiait ? C’était plutôt étrange. Des armes en guise de présents spirituels ! Me prépare-t-on à jouer le rôle du roi Arthur dans une vie antérieure. 

 

-       Les apparences sont parfois trompeuses, Michaël Thomas e l’Intention pure. Orange se tenait devant lui, le bouclier à la main et répondant à ses pensées confuses. « Essaie ceci ». 

Orange enseigna à Mike à fixer le bouclier à son bras et lui donna quelques trucs quant à l’équilibre de l’épée et du bouclier de façon qu’il parvienne à bouger l’épée sans tomber à la renverse. Une excellente leçon ! 

 

-       Michaël, le bouclier représente la connaissance de l ‘esprit. Associé à la vérité, l’équilibre est tout-puissant. La noirceur se dissipe par la connaissance. Aucun secret ne survit à la lumière, et la lumière jaillit lorsque la vérité est révélée par l’examen de la connaissance. Il n’existe pas de combinaison plus importante. Toutes doivent être utilisées conjointement. 

-       Quoi d’autre dans cette caisse, demanda Mike en plaisant tout en trébuchant sous le poids de l’épée et du bouclier. 

-       C’est amusant que tu le demandes, dit l’ange en se dirigeant vers la caisse sous le regard incrédule de Mike. L’ange se pencha pour en ressortir un objet encore plus grand que les autres et aux mêmes reflets d’argent. 

-       Reçois l’armure, s’exclama-t-il d’un ton espiègle. Il était sur le point d’éclater de rire devant le regard médusé de Mike. 

-       Je n’y comprends rien, dit Mike en s’assoyant sur le banc. Comment vais-je pouvoir transporter tout ça ? 

-       Il te faudra apprendre. Laisse-moi te montrer. 

Orange prit l’épée et le bouclier. Il aida Mike à revêtir la lourde armure chargée d’ornements. C’était comme une veste qui recouvrait son torse. Elle lui allait comme un gant ! Il ajusta les agrafes, et Orange revêtit Michaël d’un fourreau servant à engainer l’épée de la vérité. Ensuite, il lui enseigna comment attacher le bouclier sur son dos pour voyager. Lorsque tout fut prêt, l’ange recula. 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, tu es maintenant en possession de la triade d’outils qui te permettra de passer à une autre vibration. Tu as l’épée de la vérité, le bouclier de la connaissance et l’armure de l’esprit. L’armure porte le nom de « manteau de Dieu ». Elle symbolise la sagesse nécessaire à l’utilisation juste des deux autres outils. Demain, tu commenceras ta formation à titre de Guerrier de la Lumière. La triade t’accord un grand pouvoir. N’utilise jamais ces outils séparément. 

Orange dégagea Mike de ses armes pour le conduire à sa chambre, là où il pourrait se rafraîchir, manger et se reposer. Mike demeura un long moment allongé sur son lit, réfléchissant aux contradictions flagrantes qu’il percevrait sur cette terre unique. Il s’endormit, la tête pleine d’idées opposées. 

Le lendemain matin, Mike se retrouva de nouveau dans la salle de formation. C’est seulement au cours des jours suivants qu’Orange entreprit de lui apprendre le maniement habile des armes qu’il lui avait remises. Il fallait d’abord lui enseigner l’équilibre. L’ange lui fit monter et descendre les escaliers en courant, vêtu de son armure et encombré de son épée et de son bouclier. Il lui apprit à tomber à se relever rapidement, se servant du bouclier comme contrepoids. Malgré tous ces exercices, Mike remarqua que les outils ne se salissaient et ne s’ébréchaient jamais. Paré de ses armes et de son armure, il courut, marcha, tournoya, mais ne combattit jamais. Il acquérait lentement le sens de l’équilibre. Avec le temps, un phénomène étrange se produisit. Un soir, alors qu’il enlevait son armure, Michaël ne ressentit pas l’impression de s’être libéré d’une lourde charge. Il se senti petit, sans défense et beaucoup trop léger ! 

 

Plusieurs jours s’écoulèrent avant qu’Orange n’entreprenne la formation au combat avec l’épée de la vérité. Mike s’attendait à ce que l’entité se transforme en véritable samouraï dans le but de lui enseigner à combattre. Mais la formation fut tout à fait différente. 

-       Tu as maintenant prêt à apprendre à utiliser ton épée. Michaël Thomas. Sors-là de son étui. 

D’un mouvement qui aurait animé la fierté de tout chevalier, Mike dégaina facilement sa longue épée gigantesque devant le regard approbateur de l’ange. 

-       Maintenant, lève-la vers Dieu. Michaël obéit. « Avant d’exprimer ta vérité, Michaël Thomas, ressens ton épée ». 

 

Mike n’avait pas la moindre idée du sens des paroles de l’ange. Ressentir l’épée ? Il la tenait entre ses mains ; comment pouvait-il ne pas la ressentir ? 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, tiens ton épée bien haut et exprime ta vérité. Est-ce que tu aimes Dieu ? 

Michaël commençait à saisir le sens de ces mots. La même question, encore une fois. Seulement, cette fois, il tenait une lourde arme spirituelle pointée vers les cieux, et on attendait presque un discours de sa part. Michaël répéta sa réponse habituelle. 

 

-       Oui Orange, comme tu peux le lire dans mon cœur – Mike ne pouvait croire ce qui se produisait. L’épée commençait à vibrer. 

Elle chantait presque en même temps qu’elle répandait une chaleur intense le long de son bras et dans sa poitrine. Le bouclier murmurait doucement en guise de réponse, Mike en était sûr. Et la chaleur de l’armure augmentait ! Les outils qu’il avait appris à transporter avec aise s’animaient soudain par son intention. Il se sentait envahi d’un sentiment de puissance dégagé par les éléments qu’il portait et maniait. Il se rappela qu’il devait parler : « J’aime Dieu, très certainement ». 

 

Mike tenait l’épée au bout de son bras et sentait sa vibration accompagner la sincérité de son intention. Il s’anima de puissance. Il se sentait illuminé et capable de rester immobile une autre heure encore, tenant la lourde épée frémissante à bout de bras, énonçant son intention de rentrer chez lui. Il sentait les trois éléments vibrer sur un fa faisant écho à son cœur. Des larmes coulèrent sur son visage lorsqu’il comprit le sens de la cérémonie qui se déroulait. Les éléments acceptaient sa biologie. Ils s’intégraient à son esprit, et son intention sincère catalysait la cérémonie ! Voilà qui expliquait la présence de l’épée, du bouclier et de l’amure. Ils étaient des symboles. Quoi d’autres ? Cette explication satisfaisait Michaël Thomas, et il se sentait transplanté à un autre niveau d’engagement et de conscience. 

 

Orange et Michaël Thomas se communiquèrent des sentiments d’amour ce jour-là. Mike savait que le moment du départ approchait. Orange ne lui avait jamais appris à combattre et Mike sut que c’était parce que les armes servaient seulement de symboles. Mike interrogea Orange sur le retour et sur le chemin à suivre. Il ne cessait de manifester son étonnement devant la présence d’armes terrestres sur cette terre sacrée et spirituelle. Orange évitait adroitement toutes les questions, sauf celles dont Mike pouvait obtenir la réponse, et encore là, il demeurait vague. 

 

-       Orange, tu aurais fait un politicien habile sur la terre, plaisanta Mike. 

-       Qu’ai-je fait pour mériter une telle insulte, plaisanta Orange à son tour. 

-       Je me sens vraiment lié à toit. Mike était ému. Il ne voulait pas quitter ce grand maître angélique. 

-       N’en dis pas plus, Michaël Thomas de l’Intention pure. Je vais te communiquer un secret du royaume des anges. Il se pencha pour mieux le regarder dans les yeux et poursuivit : « Toi et moi appartenons à la même famille. Nous ne disons pas au revoir parce que nous ne nous quittons jamais. Je suis toujours avec toi et à ta disposition. Tu verras. Maintenant, il est temps de te retirer ». 

 

Mika était étonné de la nature directe de ce message d’orange. La même famille ? Comment est-ce possible ? Puis Mike se sentit ridicule, se rappelant qu’à son arrivée, Orange avait sans doute entendu sa plainte à l’effet que les anges ne saluaient jamais. Quelle réponse ! Toute une révélation en effet ! Ils ne me quittent jamais ? 

Pour la première fois depuis son arrivée dans la maison orange, Mike se rappela son hésitation lorsqu’il s’étai trouvé à l’embranchement de la route et le fait que Bleu lui avait en quelque sorte suggéré d’utiliser sa carte. Il avait véritablement entendu la voix de l’ange dans sa tête. 

 

-       Tu connais Bleu ? se risqua-t-il à demander à Orange. 

-       Aussi bien que moi-même, répondit celui-ci. 

Sans répondre, Mike se retira dans la pièce qu’il avait appris à apprécier, là où il mangeait et dormait. Bien qu’il n’ait pas été question de son départ, il  entreprit d’emballer ses effets dans ses sacs qu’il avait presque oubliés, se préparant à quitter au matin. Il jeta d’un coup d’œil sur ses photos et ses livres, soupirant devant ces précieuses possessions et au souvenir de ses expériences terrestres. Jusqu’à un certain point, les photos et les livres semblaient de trop. 

 

C’est un Michaël Thomas songeur qui se présenta à la porte, près au départ, après le petit déjeuner du lendemain. Orant l’avait silencieusement accompagné dans cette direction. Cette fois, Michaël était plus lourdement charge ; le sac contenant la carte, les nouveaux outils résonnant au rythme de ses mouvements et les deux sacs de livres et de photos. 

-       Michaël, est-u certain de vouloir prendre tous ces bagages avec toi. Il serait mieux que tu ne les aies pas, lui dit Orange. 

-       Ils représentent toutes mes possessions terrestres, répondit Mike. J’en ai besoin. 

-       Pourquoi ? 

Mika réfléchit à la question, mais sans pouvoir se résoudre à abandonner ces objets. 

 

-       En souvenir et en l’honneur de ma vie antérieure, dit-il. 

-       Our te relier aux anciennes façons de faire, Michaël ? 

Mike était irrité par toutes ces questions. L’ange poursuivit. 

 

-       Pourquoi ne me laisses-tu pas tes sacs ? Je t’aime et je vais te les conserver précieusement au cas où tu reviendrais par ici. 

-       Non ! Mike ne voulait plus en entendre parler; c’était à lui, et il les garderait le plus longtemps possible ; il avait besoin d’objets de son ancienne vie pour lui rappeler comment il était alors; 

L’ange acquiesça. Mike arrivait toujours à ses fins. Il savait que tous les anges avaient respecté ses choix et n’avaient jamais contesté ses décisions. 

 

Ce matin-là, Michaël Thomas ne dit pas au revoir à Orange. Debout sur le palier devant l’ange avec qui il venait de passer plusieurs semaines, il se rappela l’explication d’Orange à propos des adieux. 

 

-       A bientôt, dit-il donc, n’y croyant pas vraiment. 

Orange rentra en refermant la porte derrière lui. Je me demande comment ils font ça. Les seuls « adieux » consistent à fermer les portes ! se dit Mike. 

 

Mike s’aventura sur le sentier, dans une nouvelle direction. Il parvenait difficilement à garder son équilibre, surchargé par tout ce qu’il portait. L’ajout de l’épée, du bouclier et d e l’armure aux livres et aux photos qu’il transportait déjà l’alourdissait à un point presque insupportable. Il regrettait d’avoir à trimbaler ces lourds symboles du Nouvel Age. Quel marché stupide : se dit-il, agacé. Je dois avoir l’air ridicule. Ces armes sont-elles vraiment nécessaire ? je ne les utiliserai jamais en combat. Je ne saurais même pas m’y prendre. Orange ne me l’a jamais appris. Ils ne servent que d’apparat et d’objets de cérémonie. Cela n’aurait-il pas suffi d’en connaître l’existence ? 

 

Tout préoccupé qu’il était à maintenir son équilibre entre ses bagages nouveaux et anciens, il avait oublié les difficultés éprouvées sur le sentier menant à la maison orange. Il ne se rappelait plus que quelque chose l’attendait. Pendant qu’il cheminait bruyamment, traînant ses sacs et équilibrant ses armes, une forme sinistre d’un vert foncé l’épiait entre les arbres. La chose examinait Mike avec un nouvel intérêt. Ce n’était plus l’ancien Mike. Il était devenu un être plein de pouvoirs et armé ! Ce ne serait pas facile. Il faudrait songer à une nouvelle stratégie, à une tactique qui confondrait Michaël Thomas à une puissance et à une rigueur encore plus forte. Le temps ferait la différence, mais d’ici là, la masse sombre le suivrait à distance, attendant l’occasion de frapper. Elle entreprit sa filature, de façon à ne pas être vue, suivant Michaël Thomas dans son périple. Elle avait confiance que cet être humain ne se rendrait jamais chez lui

 

 

Kreyon, canalisé par Lee Carroll 

La Parabole de Thomas le Guérisseur

 

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Très tôt, Thomas sut qu’il possédait un don. Déjà, enfant, il pouvait regarder les gens et voir si quelque chose n’allait pas. « Oh, vous avez mal à la tête » disait-il à l’âge de dix ans. « Je suis désolé. Laissez-moi toucher votre tête pour vous soulager ». Il voyait la maladie et le malaise, il voyait les couleurs sur le visage des gens. Mais ce n’est que plus tard qu’il comprit qu’il était différent du commun des mortels. 

 

Comme vous le voyez, Thomas avait un don que beaucoup, parmi vous qui m’écoutez ou qui lisez ces lignes, possèdent aussi. Peut-être ce don se manifeste-t-il de façon différente, mais il s’agit d’un don. Le point essentiel, c’est qu’il s’agissait d’un don connu depuis sa naissance, quelque chose de ressenti intuitivement, d’enfoui peut-être profondément, mais d’un don véritable. 

 

Néanmoins, en grandissant, Thomas eut un choix à faire. Il avait conscience de son don, il avait soigné les gens bénévolement et il comprit alors que c’était devenu une passion. Mais il sut qu’il devait gagner sa vie. Thomas voulait apporter le maximum de changements positifs possible à la planète ; aussi étudia-t-il la chimie et la biologie. Il se dit : « Je vais faire de la recherche scientifique. Peut-être découvrirai-je quelque chose d’important. Dieu viendra à mon aide, et de cette façon, je pourrai influer sur de nombreuses vies ». 

 

Lorsque le moment arriva, Thomas fut placé devant un cruel dilemme : s’intégrer à un centre de recherches et faire une belle carrière, ou tout arrêter et devenir un guérisseur remarquable, avec toutes les incertitudes que cela comportait, soignant une personne à la fois, dans un environnement non médicalisé. Sur le plan cellulaire, il savait où sa passion et son engagement le menaient. Il voulait soigner les gens, faire le maximum de bien possible, grâce à son don. Que devait-il faire ? Ce fut dans cet état d’esprit que Thomas alla se coucher cette nui-là. Peu de temps après s’être endormi, deux de ses guides lui apparurent en songe et l’emmenèrent dans un endroit important. 

 

Ils lui sourirent et lui dirent : « Thomas, cette nuit nous allons te montrer un endroit que les prophètes ont contemplé. Nous l’appelons « les futurs possibles de la planète ». Mais, maintenant, nous allons te le faire voir dans le cadre de ta propre vie. Il ne s’agira pas de l’avenir de la planète, mais de ton avenir. Nous allons te démontrer deux résultats possibles ». 

 

Thomas était très excité et les guides le menèrent vers quelque chose qu’il n’avait encore jamais vu. C’était un édifice constitué de cercles concentriques, comme ceux qui se forment à la surface de l’eau lorsque l’on jette un caillou dans un étant. Chacun de ses nombreux cercles représentait une étroite et longue pièce circulaire. Et chacune de ces pièces évoquait un futur différent pour Thomas, selon ses actions passées durant sa vie. 

 

Thomas fut très intéressé par cet édifice, mais dit à ses guides : « Avant de me montrer quelque chose d’autre, dites-moi ce qu’il y a dans la pièce du milieu ». 

 

Et ses guides répondirent : « C’est l’endroit où nous ne pouvons aller. Seuls les prêtres peuvent s’y rendre. Nous allons te montrer quelques-uns de ces cercles concentriques, c’est-à-dire certaines pièces de ta vie ». 

 

Et, ainsi, ils le menèrent dans une des pièces et lui dirent : « Voici un futur possible de ta vie, Thomas. Contemple-le ». Thomas pénétra dans la pièce, où il vit une intense activité et de nombreuses personnes, mais il ne put entendre un seul son. L’Esprit ne pouvait lui dévoiler tous les éléments, mais suffisamment cependant pour qu’il puisse comprendre ce qui était en train de se passer. Personne, dans la pièce, ne pouvait le voir, mais lui se rendait compte de tout ce qui se déroulait. 

 

Il semblait que des tas de choses étaient en train de se passer. Cette pièce était immense et circulaire. Elle était très éclairée et remplie d’êtres humains. Parmi eux se trouvaient de nombreux enfants qui semblaient très excités. Thomas marcha un certain temps avant de se contempler réellement lui-même, dans la pièce et vit qu’il s’agissait là de la célébration d’un événement de sa propre vie ! Dans la pièce se trouvaient des députés, des leaders mondiaux, des pères et des mères de famille. Ils participaient à une grande fête, à un banquet, et tous étaient en excellente santé. 

 

Thomas pensa : « On me montre le résultat de ma vie de chercheur scientifique. C’est exactement ce que j’espérais, le plus d’aide possible pour le plus grand nombre de personnes. Mon travail a rapporté !  

 

« Thomas se réjouit de voir qu’il recevait des accolades. La célébration se déroulait en l’honneur de son œuvre, et la présence de toutes ses familles et de tous ces enfants ajoutait à cette fête quelque chose de spécial. Puis les guides lui dirent : Thomas, il est temps de partir et d’aller voir une autre pièce. Un autre futur possible. » 

 

Il resta quelques instants debout devant la porte et dit : « Oh ! je ne veux pas que cette nouvelle pièce soit négative ». Car Thomas était encore sur le coup de la joie qu’il avait éprouvée dans la pièce qu’il venait de quitter et il la savourait encore pleinement. Ses guides lui répondirent : « Oh ! Thomas, tu dois comprendre que seul le voyage importe vraiment. Car tu fais partie de ceux qui sont venus sur la Terre. Tu es l’un de ceux qui vont change les vibrations, quoi que tu fasses. C’est le fait que tu sois ici qui est exceptionnel et qui représente une bénédiction. C’est ton libre arbitre qui représente la cerise sur le gâteau. Peu importe ce qui se trouve à l’intérieur de ces pièces, seule compte l’aide que cela t’apporte pour faire tes choix ». 

 

Les guides menèrent Thomas dans la pièce suivante où il faisait sombre. Thomas réagit. « Il doit y avoir une erreur. Il n’y a personne ici ». 

 

Les guides ne répondirent pas. Aussi commença-t-il à traverser la pièce obscure et il marcha un certain temps avant d’apercevoir une lumière au loin. Là, une table était dressée et une célébration se déroulait. Treize personnes y assistaient. L’une de ces personnes était Thomas ! Il s’agissait, une fois encore, d’un banquet donné en l’honneur de son œuvre. 

 

Thomas se dit : « Cette scène doit représenter ce qui serait advenu si j’avais choisi d’être un guérisseur indépendant ». Il dévisagea les quelques personnes attablées qui portaient un toast en son honneur. « On dirait que le résultat n’a pas été brillant. N’avoir guéri que douze personnes dans toute ma vie ».. 

 

Puis Thomas vit quelque chose, et une vague de compréhension le submergea. Car, à la table du banquet, Thomas portait à son poigner une montre en or offerte par le centre de recherche dont il allait faire partie dans sa vie réelle. La scène qui se déroulait devant ses yeux était la cérémonie de son départ à la retraite comme chercheur scientifique ! 

 

Thomas quitta la pièce rapidement et dit à ses guides : « Je n’en ai pas fini avec cette vision. Faites qu’elle ne s’interrompe pas. Je veux aller dans la pièce centrale ». 

 

Et les guides répondirent : « Nous ne pouvons pas t’accompagner là-bas, mais il ne s’agit que d’une vision, Thomas, tu peux donc t’y rendre si tu le souhaites ». 

 

Ainsi fit-il, et il fut transporté en plein cœur de la pièce concentrique. Là, très chers, ily avait quelque chose de surnaturel. Dans cette pièce, on voyait la représentation spectaculaire de Thomas assis dans un fauteuil d’or ! Thomas s’éveilla aussitôt et pensa : « Je suis tellement reconnaissant de ces directives spirituelles ! » Vous voyez, très chers, Thomas compris instantanément ce qui venait de se passer. Ce qui est important, c’est le potentiel de celui qui s’assied dans la pièce dorée, et lorsque Thomas prit place dans la vision de cette pièce dorée, il comprit quel était le plan d’ensemble. Il comprit qu’il y aurait des êtres humain destinés à le rencontrer et qu’l les guérirait, des êtres humains qui assumeraient des vies productives et qui auraient des enfants « non encore venus au monde » dont les noms figuraient sur les portes de la maison de la parabole de Wo. 

 

Bien que certains d’entre vous aient pu croire que les noms des « enfants à naître » de l’autre parabole appartenaient potentiellement à Wo, ce n’est pas le cas. Voyez-vous, ces enfants devaient être issus des personnes avec lesquelles Thomas allait  être en contact ! Ces enfants nés de ceux que Thomas avait aidés à guérir, ou avec lesquels il avait parlé, et tout ceci grâce à une seule vie : la sienne ! 

 

Thomas comprit alors que la guérison des êtres humains, pris individuellement, représentait la voie qu’il devait suivre. Il n’avait pas réalisé auparavant que celui qui était guéri et qui recouvrait son équilibre allait, à son tour, engendrer deux autres êtres, que ces deux personnes allaient ensuite en créer quatre, qui à leur tour, deviendraient huit. Nous vous racontons cette parabole afin de vous montrer que vous n’avez aucune idée des gens que vous aller rencontrer ni de l’influence que vous pourrez exercer sur eux lorsque vous êtes assis dans votre pièce dorée. Nous percevons le plan d’ensemble, mais nous vous prions instamment d’avoir foi qu’il existe pour vous ! Nous sommes conscients de vote potentiel ! 

 

Lorsque vous êtes assis dans votre fauteuil d’or, les possibilités de transformation de cette planète sont considérables ! Vous n’en avez aucune idée, car les voies de Dieu sont très complexes, mais je peux vous assurer que les potentialités vous concernant sont d’ores et déjà accomplies « ici et maintenant ». Les solutions sont en place. Si vous vous dirigez droit vers cette nouvelle énergie, si vous preniez conscience de vos pouvoirs et accomplissiez des choses « impossibles », nous serions tout le temps à vos côtés, vous offrant des solutions créées spécialement à votre intention. 

 

Il y aura ceux qui vous rencontreront à dessein et vous reconnaîtrez alors la synchronicité de leur venue. Grâce à votre travail, ils pourront s’asseoir à leur tour dans leur propre pièce dorée et influencer d’autres personnes qui, elles aussi, s’assoiront dans leur pièce dorée ! Quelle magnifique façon de guérir la planète ! 

 

 

Kryeon, canalisé par Lee Carroll 

Bernie : l’oiseau qui avait peur de voler

Bernie : l'oiseau qui avait peur de voler dans NOUVEAU DEPART crbst_2_20oiseaux_20sur_20branche_20fleurs_20roses

Pour les enfants de tous âges : Dallas, Texas 1998  

Bernie avait grandi dans un nid très haut perché. Peut-être savez-vous comment les oiseaux apprennent à voler ? C’est plutôt spectaculaire, et ça fait peur, aussi ! Quand les enfants oiseaux sont prêts, maman et papa oiseaux les poussent hors du nid au moment où ils ne s’y attendent pas ! Le saviez-vous ? Les oiseaux tombent tout naturellement, mais très vite ils savent qu’ils doivent étendre leurs ailes, commencer à battre des ailes. Et lorsqu’ils le font, soudain le vent se met à les soulever et, hop les voilà en train de monter ! C’est un peu dur de tomber jusqu’au moment d’étendre les ailes pour voler, mais maman et papa oiseaux ne peuvent pas leur apprendre à voler quand ils sont dans le nid. Pensez-y un peu ! On ne peut pas vraiment voler dans un petit nid. 

Mais Bernie ne voulait rien savoir de tout ça. Il avait vu sa sœur, au moment où on l’avait poussée hors du nid très tôt un matin, et il l’avait regardée tomber, tomber, tomber, et encore tomber. Mais à la toute dernière seconde, elle avait déployé ses ailes et s’était mise à battre des ailes comme une désespérée. Finalement, elle s’était envolée ! Mais Bernie avait eu l’impression qu’avant de savoir quoi faire, elle avait failli s’écraser au sol, et il avait pris peur. Il ne voulait pas entendre parler de voler ! Il se disait : « Je ne vois pourquoi je devrais voler ! Il y a quelque chose qui ne va pas, dans toute cette histoire ». 

Bernie arriva à convaincre son frère Bobbie que tout ça, s’était stupide. Bobbie non plus ne voulait pas apprendre à voler, alors il alla en parler à sa maman. Il lui annonça qu’il ne voulait pas voler parce qu’il avait peur et qu’en fait il n’en avait vraiment pas besoin, parce que dans le nid, c’était chouette, et que c’est là qu’il voulait rester ! Sa maman le regarda bien dans les yeux, puis aussitôt le poussa hors du nid ! Bobbie tomba, tomba, et juste au bout de la chute, il ouvrir les ailes, puis battit des ailes encore et encore, et pris enfin son essor. 

Bernie avait tout vu. Il était le plus jeune, ayant éclos au moins deux minutes après tous les autres, et il savait qu’il serait le prochain à devoir apprendre. Il se disait : « Tant pis si mon frère et ma sœur ont vécu ça ! Personne ne me poussera hors du nid parce que je n’ai pas besoin de voler. Ce n’est pas pour moi ! » Il dut mijoter un plan. 

Une nuit où tout le monde dormait, il trouve une ficelle. C’était quelque chose que papa avait apporté dans le nid pour le consolider. Parfois, lorsqu’on construit un nid, on utilise toutes sortes de matériaux pour le renforcer, et Bernie avait trouvé une ficelle au milieu des branchages et des pailles dont était fait le nid. Il décida d’attacher un bout de cette ficelle à sa patte, et l’autre bout à une partie solide du nid : ainsi, quand sa maman le pousserait hors du nid au moment le plus inattendu, il ne tomberait que de quelques centimètres et cela le sauverait de la chute. [Les enfants rient.] Hi ! Hi ! C’était un bon plan ! 

Le problème, c’est que Bernie n’était jamais allé à un camp scout pour oiseaux. Alors il ne savait pas bien faire les nœuds d’oiseaux ! Du mieux qu’il put, il fit un nœud qu’il pensait solide et qu’il s’arrangeait pour cacher en faisant toujours face à sa maman lorsqu’elle s’approchait. Bien sûr, la nuit suivante, pendant qu’il dormait, sa mère le poussa hors du nid ! 

Ça a marché ! Il passa par-dessus bord, et la ficelle tint bon. Il était là, suspendu à quelques centimètres dans les airs. Il faisait plutôt sombre, et maman, pensant que son Bernie était en train d’apprendre à battre des ailes et à voler, se recoucha. Bernie resta suspendu en silence, se pensant très brillant. A l’aide de son bec, il grimpa le long de la ficelle et retrouve sa place toute chaude dans le nid. Il était si heureux de n’avoir pas eu à tomber et à voler comme son frère et sa sœur ! Puis il se rendormit. 

Le lendemain matin, quand sa maman se réveilla, elle le vit encore dans le nid, avec la ficelle et tout, et lui demande : « Bernie, qu’est-ce que fais ici ? » De son bec, elle montrait la ficelle qu’il avait oublié d’enlever de sa patte, et elle était fâchée. « Je crois qu’il est grand temps que papa s’en mêle, s’exclama-t-elle. Tu vas l’entendre ». 

Bernie se disait : « Quel idiot ! J’ai oublié d’enlever la ficelle ! Maintenant, c’est papa qi va s’en mêler. Sapristi ! » 

Eh oui ! Finalement, papa revint au nid. C’était un très grand oiseau couvert de nombreuses plumes. Il lui faisait un peu peur à cause de sa taille. Mais c’tait un bon père très aimant, et il demande à Bernie : « Alors, qu’est-ce qui se passe ? Tous les oiseaux volent, tu n’as qu’à regarder autour de toi ! Tout le monde vole. C’est ça être un oiseau ! Et tu dois apprendre ? Pourquoi ne veux-tu pas voler ? Pourquoi ? » 

Bernie réfléchit un instant et répondit : « J’ai peur, papa ». « Pourquoi as-tu peur ? » lui demanda son père. « Regarde ta sœur, ton frère, mi, ta maman, nous volons tous. Jette un coup d’œil alentour ! Tes amis volent … les oiseaux volent Bernie, et tu es un oiseau ». 

« J’ai peur, papa, parce que là, il n’y a rien ! Tu parle de l’air qui est censé soulever nos ailes. Il est invisible. Et puis, ça risque de rater ! As-tu vu mon frère et ma sœur, quand ils sont tombés ? Il s’en est fallu de peu qu’ils ne se tuent ! » 

Son père réfléchit un instant. « Même si tu ne peux pas voir l’air, Bernie, il passera sous tes ailes. Tout ce que tu as à faire, c’est de les déployer pendant que tu descends, et l’air va te ramasser. C’est ainsi que nous faisons tous pour voler. C’est invisible, mais ça existe vraiment ». 

Bernie réplique : « C’est juste de la magie. On ne peut pas voir l’air, tu ne peux pas affirmer qu’il y a de l’air, parce que t ne peux pas le voir. Il n’est pas là. Peut-être bien que la magie, ça marche pour toi, pour maman, pour mon frère et ma sœur, mais moi, il faut que je le voie avant de pouvoir y croire. L’air est invisible. Comment puis-je savoir que tu n’es pas en train de me jouer un tour ? Je ne sais pas comme vous volez, mais l’air, ça n’existe pas, parce que je ne peux pas le voir ». 

Bernie fit une pause, puis continua : « Papa, voilà ce que j’ai trouvé. Regarde, pourquoi faut-il que je vole ? J’ai envie de créer une nouvelle espèce d’oiseaux qui s’appellerait l’oiseau-marcheur » [rires] « Pourquoi faut-il que je sois comme tout le monde ? J’airai une vie agréable ? Je descendrai en marchant le long du tronc d’arbre, je trouverai les vers de terre, puis je remonterai au faîte de l’arbre. J’aurai une vie agréable. Quelque part, je me trouverai une femme oiseau-marcheur et nous aurons des enfants oiseaux-marcheurs. Une nouvelle espèce naîtra. Un jour, ils regarderont en arrière et proclameront ; « C’était le commencement de la grande espèce nommée l’oiseau-marcheur ». 

Le père de Bernie le regarda pendant très longtemps. Il marmonna tout bas : « Oiseau-marcheur ? » Il roula des yeux. « D’accord Bernie, j’ai l’impression qu’il es temps que Sigg t’examine ». 

« Qui c’est, Sigg ? » demanda Bernie après une hésitation. 

« Eh bien, c’est le docteur spécialiste du cerveau chez les oiseaux. [rires] Nous allons devoir aller le chercher pour qu’il te voie. Mais Bernie, l’oiseau docteur du cerveau est très susceptible. Quand il viendra, ne l’appelle pas docteur Cervelle d’oiseau ! [rires] Fais attention de bien l’appeler Monsieur l’Oiseau, docteur du cerveau. Aucun docteur ne veut qu’on l’appelle docteur Cervelle d’oiseau ». [rires] 

« Papa, ça m’est égal ce que le docteur Sigg va me dire ! Personne ne peut me convaincre que l’air existe pour vrai. Je ne peux pas le voir ». 

Alors, tout arriva. Au beau milieu de la nuit, une fois Bernie endormi, sa mère s’approcha de lui sans faire de bruit et, tout doucement, rongea la ficelle qu’il portait encore pour être en sécurité. Puis elle le poussa hors du nid ! Tout s’est passé très vite ! Il tombait, tombait, et c’était une expérience horrible ! Il était terrifié et se sentait glacé d’effroi. Il regardait défiler près de lui l’écorce de l’arbre et voyait le sol filer vers lui à toute allure. Il se disait : « Je dois déployer mais ailes, mais je ne crois pas à l’air. Je ne peux pas y croire parce que ce n’est pas réel : je ne peux pas le voir. Je ne peux pas y arriver ! » 

Effectivement, comme prévu, il ne déploya pas ses ailes, piquant droit vers le sol, sachant qu’il allait se retrouver bec le premier et finir enfoncé comme un piquet… les pattes pointées en ‘air ! Il allait finir sa vie pétrifié, le bec planté dans la terre. Personne ne serait capable de le sortir de sa fâcheuse position et il deviendrait une statue dans le parc. Il était bien au courant de ce que les oiseaux faisaient aux statues d’humains dans les parcs et il ne pouvait s’empêcher de se demander ce que les humains feraient à une statue d’oiseau ! Soudain, Bernie se réveilla. Ce n’était qu’un rêve ! [rires] Quel cauchemar ! 

Hum ! hum ! 

Le matin suivant, Bernie se réveilla comme d’habitude. Effectivement, Sigg, l’oiseau docteur du cerveau, était là. Il était bien à l’heure. « Bonjour, Bernie », lança-t-il. 

« Bonjour, monsieur le docteur Cervelle d’oiseau ! » 

« Je m’appelle Oiseau, docteur du cerveau, dit Sigg. Ne l’oublie pas, fiston ! » 

« D’accord, docteur Cervelle d’oiseau ». 

« BERNIE ! » s’exclama le docteur. 

« Désolé ! Désolé ! » dit Bernie, mais il ne l’était pas ! [Les enfants rient] 

« Bernie, de quoi as-tu peur ? » demanda le docteur avec sincérité. 

Bernie dut encore s’exécuter. « Je n’arrive vraiment pas à croire à l’air ! Je n’arrive pas  à le voir non plus. Je sais que vous volez tous… hop, hop, hop ! (Bernie se moquait de ceux qui volent). Mais a ne marche tout simplement pas pour moi parce qu’il faut que je le voie, monsieur le docteur Cervelle d’oiseau… Monsieur ! »  Sigg se renfrogna encore devant cette gaffe délibérée. Bernie s’amusait follement, sachant fort bien que le docteur Sigg n’aimait pas être appelé Cervelle d’oiseau. Pourtant, chaque fois qu’il s’adressait à lui, Bernie répétait « docteur Cervelle d’oiseau, Monsieur ». Ça minimisait les choses. D’une certaine façon, ça lui plaisait assez. 

Sigg dit à Bernie : « Bernie, tu as peur parce que tu ne peux voir l’air. Mais de quoi as-tu vraiment peur ? »    « Bien… docteur Cervelle d’oiseau, Monsieur, j’ai peur de tomber et de m’écraser contre le sol, qui a l’air de se précipiter trop vite vers les oiseaux quand ils tombent de leur nid. J’ai peur ! » Bernie trouvant que c’était là une question stupide, il donner une sorte de réponse stupide.  « Qu’est-ce qui fait tomber les oiseaux, exactement ? » demanda Sigg à sn jeune élève.  « Bien, hum, j’imagine que c’est la gravitée, déclara-t-il. 

« Hum… la gravité ». Sigg fit une pause. « Tu sais, Bernie, tu ne peux pas vraiment voir la gravité maintenant, n’est-ce pas ? » Bernie réfléchit un peu. « Bien non, c’est vrai, je ne peux pas la voir ».  « Mais tu crois à la gravité ? Montre-la moi !» Bernie se concentra, puis ajouta : « Hé bien, je peux vous montrer la gravité. Si je saute hors du nid, je cours vers ma mort. Ha ! Ha ! C’est ça, la gravité ! » Il était tout fier d’avoir répondu à cette question difficile. 

« C’est exactement ça ! C’est tout à fait vrai ! s’exclama le docteur. Tu peux prouver que ç a existe aussitôt que tu sautes hors du nid. Bernie, tu peux aussi prouver que l’air existe quand tu sautes hors du nid, parce que l’air est là exactement comme la gravité. Tune peux pas le voir, mais il est vraiment là. » 

Bernie n’aimait pas le tour que prenait cette conversation. Sigg, de son côté, avait terminé sa consultation, alors il partit… par la voie des airs. Au lieu de prendre son essor vers le ciel, il sauta hors du nid, s’élança vers le bas en piqué, comme s’il tombait, en criant en direction de Bernie. 

« La gravité, Bernie ! » criait-il en tombant droit vers le sol. « L’air, Bernie ! » ajouta-t-il au moment où il se redressait, les ailes toutes déployées. Puis, tout doucement, il disparut au loin. On pouvait entendre le docteur Cervelle d’oiseau chanter en s’envolant ; « Les deux sont invisibles, mais les deux sont réels ». Bernie resta longtemps immobile. Il réfléchissait, sans arrêt. Finalement, il conclut ; « Vous savez, monsieur l’Oiseau docteur du cerveau a raison. Ce n’est pas parce que ne peux pas voir quelque choses que ça n’existe pas. La gravité est toujours là. Peut-être que l’ai aussi. C’est de ça que j’ai vraiment peur ! Je ne pourrai pas le savoir tant que je n’aurai pas essayé. » 

Sigg, l’oiseau docteur du cerveau, avait fait prendre conscience de ceci à Bernie : il est intéressant qu’il existe quelque d’invisible, comme la gravité ; mais vous devez savoir que ç existe, sinon la chute pourrait vous tuer. Il avait fait remarquer que Bernie ne pouvait pas croire en quelque chose d’aussi merveilleux que le vol, qui utilisait de l’air invisible. Bernie comprit que ce dont il avait vraiment peur, c’était la gravité ! Peut-être l’air invisible serait-il comme la gravité invisible, mais est-ce qu’il le sauverait ? Bernie décida de voler le lendemain. Il allait être courageux et l’annoncer à tous les oiseaux de la forêt et dans tous les autres nids. Il l’annoncerait même à tous les bébés oiseaux qui le regarderaient : « J’vais l’faire ! J’vais l’faire ! » 

Le lendemain matin, Bernie se tenait sur le rebord du nid. Comme tous les habitants des nids étaient au courant de son problème, il y avait un gros rassemblement. C’était comme chaque fois que l’oiseau docteur du cerveau rendait visite à un oiseau : tout le groupe le savait. Ça, ce sera le sujet d’une autre histoire. Bernie se tenait donc bien droit. Encore une fois, il clama à la ronde qu’l était temps de faire confiance à cette chose invisible qui s’appelait l’AIR ! Il parla longtemps de la foi et des choses invisibles, puis, courageux et solennel, il se lança dans l’air léger et commença son plongeon hors du nid ! 

Il se retrouve immédiatement suspendu quelques centimètres plus bas, ayant oublié de dénouer la ficelle ! [rires] Bernie était très gêné et humilié. La forêt entière était morte de rire ! même les non-oiseaux riaient, les souris et les écureuils aussi ! L’écho de la forêt résonnait à ses oreilles : « L’oiseau-marcheur, le grand oiseau-marcheur ! » Alors, il sut que tout ce qu’il avait raconté avait été répandu alentour. Il fallait corriger le tir. 

Il grimpa le long de la ficelle, la rongea pour s’en libérer, prit une autre bouffée de cette choses invisible appelée air, et regarda alentour. La forêt avait retrouvé son silence. Les bébés oiseaux ne font pas ça d’eux-mêmes, vous savez ! Ils sont habituellement surpris dans leur sommeil et jetés hors du nid au moment où ils s’y attendent le moins. Ils ne le font jamais d ‘eux-mêmes. D’une certaine manière, les autres oiseaux savaient ce qu’ils voyaient était inhabituel. Les adultes se souvenaient de ce que ça leur avait fait la première fois. Bernie, l’oiseau qui hésitait à voler, le fondateur de la nouvelle espèce « l’oiseau-marcheur » se préparait à se jeter en bas du nid, cette fois-ci sans ficelle ! 

Il se mit à descendre. La peur s’empara de lui aussitôt, alors qu’il tombait à pic vers le sol. Ce n’était pas un rêve. Cette fois, c’était réel ! Alors qu’il regardait l’écorce de l’arbre défiler devant lui et le sol se précipiter vers lui, il entendit une voix à l’intérieur de lui. Elle lui disait : « Tes ailes ! Tes ailes ! Sors tes ailes ! » 

« Je suis terrifié ! J’ai peur ! » hurlait Bernie dans sa tête. Alors, finalement, tout comme l’avaient fait sa sœur et son frère, au dernier moment il déploya ses petites ailes boudinées qui n’avaient jamais servi et commença à battre des ailes. Effectivement, ce support invisible appelé air le prit en charge. La magie du vol qui avait été bonne pour sa mère, son père, sa soeur et son frère prit la relève. Il senti l’air le portant, le poussant vers le haut. Ça y était, il prenait son essor ! 

Bernie ne pouvait s’en lasser.il vola tout le jour. Il voltigeait, il voltigeait .. Il vola aussi haut qu’l le put jusqu’ à ce que ses ailes soient fatiguées, puis il célébra cette chose invisible que tous appelaient AIR. Il planait autour des arbres en criant : « Regarder, je vole ! » Comme si aucun oiseau ne l’avait jamais fait avant lui ! Tous applaudirent – non pas parce qu’il volait, mais en raison de son courage, puisqu’il avait fait ç tout seul, de lui-même. 

Voilà une histoire toute simple, n’est-ce pas ? C’est un peu drôle de penser à Bernie et à sa confiance en l’invisible. Maintenant, nous allons vous révéler ce que tout ça peut bien vouloir dire pour vous tous. Certains le savent déjà n’est-ce pas ? Mes petits, il y a un ange avec vous en ce moment même. Il est né avec vous, et vous pouvez lui parler chaque fois que ça vous chante. C’est un ange agréable, et il vous aime. Il a l’esprit d’un enfant, il sait même comment vous pensez. Cet ange aime jouer avec les mêmes jouets que vous, et il grandira avec vous au fur et à mesure. Il sera toujours disponible prêt à vous aider en tout temps. 

Maintenant, certains d’entres-vous pourraient dire : « Je n’en vois aucun » C’est parce qu’il est invisible, exactement comme l’air l’était pour Bernie. Nous pouvons aussi vous assurer que cet ange vous soutiendra même quand vous connaitrez des difficultés, ou que vous serez tristes et que tout ne marchera pas comme vous le voulez. C’est un ange qui vous soutient à l’aide d’une énergie invisible, même quand vous êtes en train de tomber dans l’obscurité de la peur. Nous voulons que vous vous le rappeliez, car cet ange vous accompagnera toute votre vie. Il est veau, il est invisible, mais tout comme Bernie l’a découvert, il est très, très réel. 

Peut-être voudriez-vous en savoir plus sur votre ange ? Vous n’avez qu’à le lui demander ! Même s’il est possible que vous ne puissiez ni le voir ni l’entendre comme une personne réelle, l’émotion de l’amour et de l’amitié sera la preuve qu’li est là ! 

Et vous les adultes ? Où est passé votre ange enfant. Est-il encore avec vous, ou l’avez-vous mis à la porte en grandissant ? A-t-il ri en écoutant l’histoire de Bernie ? Peut-être est-il temps de le trouver, car il ne vous a jamais quittés. Il est votre compagnon pour la vie, et il vous fait signe de sortir jouer avec lui. Alors, vraiment, c’est une histoire pour les adultes, car ce n’est pas l’enfant qui éprouve cette peur, mais bien l’adulte. C’est la peur de celui qui ne veut pas quitter le nid de l’intellect et de la réalité tangible pour s’envoler vers les hauteurs de l’enfant retrouvé, du jeu retrouvé, et de la joie de croire en l’invisible. Nous célébrons notre temps passé avec vous, chacun de vous. 

Et il en est ainsi.  Kryeon canalisé par Lee Carroll 

oiseau10 dans NOUVEAU DEPART

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