La porte d’accueil

La porte d'accueil dans LE RETOUR Couloir_porte%2Bsans%2Bretour

-       Tiens-lui la tête sur le côté gauche, près du plateau ! ordonna l’infirmière au préposé. Il vomit. Le service des urgences était rempli à capacité, comme c’était bien souvent le cas le vendredi. 

Cette fois-ci, la pleine lune venait compliquer les choses. -       A-t-il repris conscience ? demanda le voisin qui l’avait amené à l’hôpital. 

Le préposé se pencha pour mieux examiner les yeux de Mike. -       Oui, il se réveille lentement, répondit-il. Lorsqu’il reviendra à lui complètement ne le laissez pas se soulever. Il a une mauvaise blessure à la tête et quelques points de suture qui ne doivent pas se défaire. 

Le préposé sortit de l’isoloir séparé de la grande salle par un rideau installé sur une tringle semi-circulaire. Ce système permettait d’offrir un peu d’intimité aux patients. 

Mike ouvrit les yeux. Il sut immédiatement où il se trouvait. Il était de retour sur la terre, là où tout avait commencé. Les tubes fluorescents qui éclairaient la salle des urgences d’une forte lumière aseptisée firent grimacer Mike et le forcèrent à fermer les yeux. La pièce était fraîche et Mike souhaita avoir une couverture. Le préposé aux soins en amena une, comme s’il avait entendu la demande muette de Mike. Puis, il ressortit. -       Tu nous a perdus de vue pendant quelque temps, mon ami, dit le voisin, se sentant un peu mal à l’aise de ne pas connaître le nom de Mike. Ils t’ont recousu la tête. N’essaie pas de parler. 

Le voisin tapota nerveusement sur la poitrine de Mickael avant de se retirer dans la grande salle. Mike se retrouva seul. La tête lui tournait au souvenir de tout ce qui s’était passé. Ce n’était qu’un rêve. La vilaine créature qu’il avait combattue avait bien raison. Il avait été sur la terre tout ce temps, dans un lit d’hôpital, en plein coma, et toutes ces expériences connues n’étaient pas réelles. Mike avait l’impression qu’l allait vomir de nouveau, cette fois-ci à cause de la réalité de la situation. Il était de retour. Il n’avait vécu qu’un rêve illusoire et la terre des anges correspondait à la réalité décrite par l’entité négative –un conte de fées ! Il ne s’était vraiment rien passé et Mike était jours à l’hôpital. Tout ce qu’il avait vu et tout ce qu’on lui avait appris n’avais ni substance ni fondement. Il referma les yeux ; il aurait voulu mourir. 

L’infirmière-chef s’approcha de son lit et se pencha au-dessus de lui. Il sentait son parfum léger dominant l’odeur des désinfectants. Elle examina le pansement sur sa tête et le touche légèrement. 

-       M.Thomas, êtes-vous éveillés ? -       Oui, dit-il d’une voix faible et déprimée. 

-       Vous pouvez partir. Nous avons soigné votre blessure et vous êtes guéri. Vous pouvez quitter l’hôpital. Mike sut qu’il y avait quelque chose de différent. -       Ma mâchoire, ma gorge ? 

-       Elles n’ont pas été touchées. Y a-t-il quelque chose que nous n’avons pas vu ? Mike bougea la mâchoire et passa la main sur son cou devant le regard inquiet de l’infirmière. Tout avait l’air en ordre. -       Non, je suppose que j’ai rêvé. Mike était de retour dans la réalité. A tel point qu’il demanda à l’infirmière : « Depuis combien de temps suis-je ici ? » 

-       Environ trois heures, M.Thomas. -       Et la facture ? 

-       Elle est couverte par un règlement quelconque provenant de votre assurance-habitation. Vous aurez des papiers à signer, mais rien à payer. -       Merci ! 

L’infirmière disparut derrière le rideau et Mike se retrouva de nouveau seul. Il y avait quelque chose de curieux. Même si, à ses yeux, l’événement semblait s’être produit deux mois auparavant au moins, Mike se rappelait que l’assaillant lui avait écrasé la gorge. Il avait subi des blessures avant sa vision ou son rêve ; vision ou rêve, ça n’avait certainement rien changé à cela. Et voilà que non seulement il n’avait pas de blessure à la gorge, mais aucune à la mâchoire. Rêvait-il encore ? Mike ressentait un besoin pressant d’aller à la salle de toilettes ! C’était vraiment le retour à la réalité, celle qu’il connaissait comme être humain. Mike se leva, sans tenir compte de ses douleurs à la tête. Il constata qu’il portait les mêmes vêtements qu’au moment de l’accident. Il partit à la recherche de la salle de toilettes qu’il trouva rapidement. Elle était conçue pour une seule personne, parfaitement désinfecté et extrêmement propre. Il soulagea sa vessie, un geste qui lui parut étrange, comme une action qu’on n’a pas exécutée depuis des mois. Il lui sembla que ça prenait des heures ! 

En se lavant les mains, il s’aperçut dans le miroir. Son visage avait changé. Il s’approcha un peu, se regarda longuement dans les yeux et s’interrogea sur ce qu’il voyait. Il se redressa. Il se sentait bien. Peut-être qu’un repos de trois heures dans un hôpital était ce dont il avait eu besoin ! Mike sortit lentement de la salle de traitement et se trouva nez à nez avec son voisin, qui l’attendait. Il lui serra la main. 

-       Merci Monsieur… euh ? Mike ne connaissait pas son nom. -       Je me nomme Hall ! Il était heureux de voir Mike debout et en forme. 

-       Ce n’est rien, Monsieur… Mike l’interrompit. -       Appelez-moi Mike, je vous en prie. 

-       D’accord, Mike. Ma voiture est ici. Allons-nous-en chez nous. Mike réagit à l’expression chez nous  et sentit comme un coup de poignard au creux de l’estomac, ce qui lui rappela combien il était déçu. -       Oui, d’accord, allons-y. Mike appréciait le service rendu. 

Pendant que Hall allait chercher sa voiture, il signa les papiers puis sortit. Sur le chemin du retour, Mike interrogea son voisin sur l’incident. Tout concordait avec ce dont il se souvenait, excepté les blessures. Est-ce que j’ai imaginé tout cela ? se demanda Mike. 

Mike remercia Hall de son aide et se dirigea vers son appartement. Il ouvrit la porte comme d’habitude, alluma la lumière faible, entra et referma derrière lui. Il fut assailli par des odeurs et des images qui auraient dû lui être familières, mais qui ne l’étaient pas. Même si les dégâts n’avaient pas été nettoyés et que la chaîne stéréo devait être replacée, l’aquarium ne s’était pas brisé comme dans ses souvenirs. Quelque chose n’allait vraiment pas. Il avait l’impression d’entrer dan le logis d’un être démuni à qui il avait offert son aide à remettre de l’ordre. Il promena son regard sur toute la pièce. Cette place ne lui appartenait pas ! Comment avait-il pu le croire d’ailleurs ? Pourquoi était-ce si sombre et si défraîchi ? Il y a trois heures, ce logement était à lui et, maintenant il avait l’impression qu’il appartenait à quelqu’un d’un autre monde. Qu’est-ce qui se passait ? Mike se rendit compte que sa conscience ne correspondait pas à celle de l’homme qui vivait ici. Ç a lui semblait même étranger et inapproprié de dormir ici. Il alla fouiller dans le premier tiroir de son bureau. Il y trouva une carte de crédit dont il n’avait jamais pensé avoir besoin. Le crédit est trop dispendieux. Je n’ai pas besoin de choses luxueuses. Mike inséra la carte dans son portefeuille, s’assura qu’il avait au moins quelques dollars en poche et réunit quelques affaires et des articles de toilette. Puis, il éteignit la lumière avant de partir. Il savait qu’il devrait revenir chercher ses choses et son poisson, mais il décida de donner son avis de départ immédiatement. Ensuite, il alla chez Hall et lui expliqua ce qu’il s’apprêtait à faire au cas où il y aurait ultérieurement un rapport de police. 

Il prit un taxi et se fit conduire dans une plus belle partie de la vile, puis s’arrêta dans un bon hôtel. Il soupira d’aise en voyant le hall d’entrée luxueusement meublé et agréablement décoré,. Voilà qui était mieux ! Il se trouverait un autre appartement demain, après avoir obtenu l’emploi qu’il méritait. Lorsqu’il traversa le hall pour se diriger vers les ascenseurs, les têtes se tournèrent dans sa direction. Sa présence dégageait une vibration positive et attirait l’attention. Croyait-on qu’il était une personne connue, une vedette ? Ce n’est qu’une fois étendu sur le lit de sa chambre qu’il commença à se demander ce qui s’était passé. Il se sentait très bien, en paix. Il était absolument certain de pouvoir se trouver un emploi extraordinaire le lendemain, en une seule journée, même à Los Angeles, parce qu’il excellait dans on métier. Il avait hâte d’entreprendre une nouvelle carrière et de donner aux autres et, qui sait, d’avoir beaucoup de succès. Puis un phénomène intéressant se produisit. Il pensa à Shirley, son amour perdu, sans éprouver de douleur. Il ne ressentait aucun remords concernant la perte d’une relation précieuse et ne se sentait pas non plus dans un état lamentable ni obligé de se cacher. Il fit une véritable grimace en se rappelant la personne qu’il avait été. Pour l’amour du ciel ! A quoi est-ce que je pensais pour me conduire de la sorte ? Cette femme ne faisait que remplir son contrat. J’ai été aussi responsable qu’elle de toute la situation. A quoi tenait ce nouveau discours ? Mais c’était vrai ! Mike posa un geste qui l’aurait fait terriblement souffrir il y a quelques heures à peine. Il prit le combiné du téléphone et composa le numéro qu’il connaissait si bien. La sonnerie se fit entendre une fois, puis deux fois et une charmante voix féminine répondit. 

-       Allô ! -       Shirley ! Mike était ravi d’entendre sa voix. 

-       Mike ? On ne pouvait en dire autant d’elle. -       Ecoute, je voulais simplement s’assurer que tu allais bien et te dire que je suis très heureux de tout ce qui s’est passé. 

-       Mike, est-ce vraiment toi ? Tu sembles différent. -       Je veux simplement mettre un point final à notre relation et te souhaiter une belle vie. Tu le mérites bien. Et tu étais vraiment une bonne compagne. 

-       Mike ? Est-ce vraiment toi ? -       C’est moi. 

-       Tu as une autre amie ? -       Non, Shirley. Je suis vraiment sérieux. Je voulais simplement te dire que tout allait bien et te souhaiter bonne chance dans tout ce que tu entreprendras. Nous nous sommes bien amusés et j’espère que tu garderas un bon souvenir de moi. 

-       Mike, qu’est-ce qui s’est passé ? -       Je n’ai pas le temps de parler maintenant ; peut-être une autre fois. Au revoir. 

-       Mike, c’est une blague ou quoi ? Mike raccrocha. Il éprouvait un agréable sentiment de sérénité. Il était heureux d’avoir mis un point final à cette partie de sa vie. Le son de sa voix n’avait pas suscité d’émotion négative, seulement un sentiment d’achèvement et de progrès. Il se sentait étrange. Quelque chose était changé. Il posait des gestes qui n’appartenaient pas à l’ancien Mike. Il ressentait l’énergie du moment et ne s’inquiétait pas de se trouver dans une chambre d’hôtel qui lui coûterait cent dollars. Il  était certain que son prochain emploi lui apporterait l’abondance lui permettant de payer sa note d’hôtel… emploi qu’il n’avait pas encore. Ce n’était certainement pas l’ancien Mike, mais bien plutôt le Mike « actuel » qui comprenait la confiance en soi et le fonctionnement universel des choses. Il avait l’impression d’avoir vécu une nouvelle naissance. La gamme des sentiments qui animent un homme heureux était en place. Des frissons traversaient son échine et il savait en quelque sorte ce que ça signifiait. Il se dirigea vers la porte de sa chambre et l’ouvrit. De l’autre côté, prêt à frapper, il trouva son ami John. 

-       Bonjour John, lui dit Mike en le serrant. -       Comment as-tu su que j’étais là ? lui demanda John d’un air perplexe. 

-       L’intuition, je suppose, Mais entre. -       Tu n’es pas facile à trouver. J’ai entendu parler de ce qui t’était arrivé à ton appartement et je suis venu aussi vite que j’ai pu. Ton voisin m’a dit que je te trouverais ici. Ça va ? Et ta tête ? Pourquoi n’es-tu pas chez toi ? Qu’est-ce donc cette histoire d’hôtel ? 

Mike leva la main en signe d’interruption et sourit à John. -       John, ma tête est parfaite. Et je n’ai plus rien à faire dans ce trou. Ni au travail, d’ailleurs. Nous le savons tous les deux. 

John était renversé. Il avait toujours cru que Mike s’en tirerait très bien, mais il ne s’attendait pas à une si rapide transformation à la Superman. -       Mickael, que s’est-il passé ? Tu es vraiment différent. 

-       Je sais. Je ne peux te dire pourquoi, mais j’ai appris tellement de choses ! Et je me sens bien, en paix et plein d’énergie. John écoutait sans rien dire. -       Je t’offrirais bien quelque chose à boire, mais je viens à peine d’arriver. Tu viens manger avec moi ? 

-       Tu veux dire au restaurant ? -       Oui, je t’invite. 

-       Bien sûr ! dit John en regardant Mike avec attention. Comme tu as changé. 

Les deux hommes quittèrent la petite chambre et se rendirent dans un restaurant de l’hôtel. John écouta Mike l’entretenir de tout, excepté de son rêve. Il mentionna sa conversation avec Shirley, et cause de ses projets d’emploi et de sa nouvelle perspective de la vie. Mike parla avec animation du triomphe de la vérité et de l’établissement de la paix par le pardon et l’honnêteté. Les choses qu’il avait jusque-là critiquées, il en parlait maintenant avec douceur, tout en nuances. Il discourut sur le fait que l’être humain n’avait pas à accepter ce qu’i lui était transmis et qu’il pouvait créer sa propre réalité. John ne disait rien. Pétrifié, il laissa Mike parler et parler tout au long du repas copieux suivi d’un dessert et d’un café. Il avait l’impression d’assister à une conférence sur le mieux-être qui, d’ailleurs, lui faisait beaucoup de bien. Tout ce qu’il entendait était bien inspiré. Il réussit enfin à placer un mot pendant que Mike avait la bouche pleine. 

-       Mike, as-tu vécu une expérience de vie après la mort ou quelque choses d’approchant ? John était sérieux. La veille, Mike était lui-même prêt à devenir itinérant et à souffrir en toute connaissance de cause. 

-       Non, John, je crois que j’ai eu une expérience de VIE APRES LA VIE. Les deux hommes éclatèrent de rire, ce qui libéra la tension. Malgré l’aspect comique de la situation, Mike s’interrogeait aussi sur ce qui s’était vraiment passé. Il n’était pas convaincu de la réalité de sa vision, mais il se sentait tellement bien. John ne voulait pas partir. Il était conscient de profiter de l’énergie que dégageait Mike. Il avait maintenant le désir de chercher aussi un nouvel emploi. Mike l’avait convaincu de sa véritable valeur et John en avait convenu. Il était animé par l’enthousiasme de Mike et par sa nouvelle personnalité positive. C’était contagieux.  Et ces nouvelles pensées élevées ? Là, John était moins certain, mais il n’y avait sûrement pas de mal à les entendre. Il avait l’impression que sa valeur personnelle s’intensifiait. 

En lui souhaitant une bonne nuit, Mike serra John affectueusement, et le geste surprit celui-ci, d’autant plus que c’était la deuxième fois au cours de la soirée. Que se passait-il ? On n’aurait pu souhaiter meilleur ami. Mike paraissait vivre dans un nouveau monde. Il semblait rempli de paix et d’amour pour l’humanité. Dans son bonheur nouveau, il ne portait aucun jugement. Décidément, il était transformé. 

Mickael retourna à sa chambre et s’assit sur son lit. Pouvait-il croire un seul instant que son voyage de rêve avait été réel ? Dans l’affirmative, pourquoi se trouvait-il de nouveau sur terre. Quelque chose clochait. Ce n’était pas comme il avait été prévu. Alors, les apparences sont parfois trompeuses ? Mike sentit une présence étrange mais familière. Son intuition agissait et son corps lui parlait. Mike se leva et se dirigea vers un fauteuil, à l’autre bout de la pièce. Puis, dans un mouvement tout à fait spontané, il ferma les yeux et étendit les mains avant de parler cérémonieusement à haute voix. -       Au nom de l’Esprit, je demande qu’on m’apprenne ce que je dois savoir sur ma situation actuelle. Je la respecte, sans toutefois la comprendre. 

Mike resta silencieux, les yeux fermés. Puis il se produisit une brillante explosion de lumière. Il fut projeté à travers un portail, dans un endroit qui lui était strictement réservé. C’était le sanctuaire intérieur de la communication de Michael Thomas avec l’Esprit, un lieu où il retournerait souvent durant ses méditations. Il y flotta dans l’espace, pleinement conscient de se trouver encore une fois dans son état de « rêve », sauf que ce n’était pas vraiment un rêve. -       Non, ce n’est pas un rêve, Mickael Thomas ! Mike reconnut la voix de Blanc. Oserait-il ouvrir les yeux ? Il ne voulait pas quitter cet endroit et savait pertinemment qu’il n’y était  que de passage. Il ne voulait pas se retrouver dans sa chambre d’hôtel avant d’être prêt. La voix du grand ange blanc se fit entendre de nouveau : 

-       - tu es tout simplement dans un autre état de réalité altérée. Lequel est le plus réel à tes yeux, Michael ? -       Blanc ! S’écria Mike. 

-       oui, Mickael. -       Je suis tellement heureux de t’entendre ! dit-il d’une voix remplie d’animation. Je savais que ce n’était pas un rêve. 

-       Non, Mickael,  ce n’était pas un rêve. -       Que s’est-il passé ? Pourquoi ne suis-je pas au paradis ? Y a-t-il eu un erreur ? Mike était tellement heureux de lui parler encore une fois. 

-       Ouvre les yeux, Mickael. Nous avons de la compagnie. 

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Mike obéit et ouvrit lentement les yeux. Le portail était toujours là et Mike ne fut pas projeté hors de son état méditatif. Il flottait en position du lotus dans un espace d’une indicible blancheur lui rappelant la pièce blanche où il avait d’abord rencontré le grand ange d’amour. Mais il était maintenant entouré de sept entités réunies en cercle. Puis, sept couleurs différentes se mirent à bouger. Chaque groupe constituait une couleur estompée qui se manifestait peu à peu et prenait une forme définie. Mickael savait ce qui se passait et son cœur était rempli de joie. Sous lui, les sept nuages de teintes subtiles s’intensifièrent pour créer une brillance étonnante. Il y avait là Bleu, Orange, Vert, Violette, Rouge, Blanc et même OR ! Espacés également, les petits nuages grossirent graduellement pour devenir les anges qu’l avait rencontrés et avec qui il avait passé du temps. Il lui semblait que c’était hier seulement. Mike était tout à fait ravi de les revoir. C’était ses amis. Il prit garde de ne pas rompre le lien spirituel qui le reliait à sa forme humaine demeurée dans la chambre d’hôtel. Il se trouvait à deux endroits en même temps. Les sept entités angéliques formèrent un cercle dans le sanctuaire de Mike pendant quelque temps, les mains levées vers lui, dans un geste cérémonial. Mike célébra en leur compagnie et ressentit l’immense caractère sacré émanant du cercle, qu’il loua par son silence. C’est l’ange doré qui parla en premier : 

-       Salut à toi, Mickael Thomas de l’Intention pure. -       Salut à to, répondit Mickael, calme et confiant. 

-       Que désires-tu savoir ? L’ange d’or riait presque. Il savait ce que Mike savait et, par conséquent, que celui-ci se présentait à lui avec le désir de comprendre ce qui avait cloché. Pourquoi était-il à nouveau sur terre ? Puis Blanc intervint, pour répondre à la question non formulée de Mike. 

-       Mickael, il serait peut-être bon que tu entendes ton souhait original. Mike ne comprenait pas la signification de ces paroles, mais il continua d’écouter. On lui fit écouter, à la manière d’un bande audio, les paroles qu’il avait lui-même prononcées devant Blanc pour lui expliquer sa vision d’un chez soi. Mike reconnut sa propre voix : -       Je veux être aimé et côtoyer l’amour, répondit Mike. Je veux ressentir la paix dans mon existence… je ne veux pas être assujetti aux préoccupations et aux poursuites futiles de ceux qui m’entourent. Je ne veux pas m’inquiéter à propos de l’argent. Je veux me sentir LIBERE. J’en ai assez d’être seul. Je veux me relier aux autres entités de l’Univers. Je veux connaître le sens de ma vie et jouer mon rôle au sein du paradis – si l’expression est bien choisie. Je veux être un fragment juste et pertinent du plan de Dieu. Je ne veux plus être un humain comme avant. Je veux être comme toi. 

C’est ainsi que Mike avait décrit son chez soi. C’était les mots mêmes qu’il avait employés.  Puis Bleu parla. -       Regarde ta vie, Mickael Thomas. Tu possèdes la carte de l’intuition qui t’accordera une existence paisible puisque tu comprends le fonctionnement de l’Esprit. 

Mike sut que Bleu avait raison. Il ne s’inquiétait pas de sa recherche d’emploi du lendemain. Il avait sa carte et elle l’aiderait à se rendre au bon endroit. Puis la voix d’Orange se fit entendre. -       Les présents et les outils de vibration supérieure t’aideront à conserver ton équilibre et te garderont à l’abri des drames de ton entourage, si tu le souhaites. Et tout au long du chemin, tu auras le pouvoir d’anéantir toute négativité qui essaiera de faire obstacle à ton cheminement. 

Mike savait qu’Orange disait la vérité. Il ne s’inquiétait plus des mauvaises expériences passées de sa vie. L’épisode avec Shirley était effacé de sa conscience, comme s’il n’avait jamais existé. Puis, ce fut au tour de Vert avec son humour non équivoque. -       Ta physiologie te procurera la liberté nécessaire puisqu’elle repose sur la sagesse et la connaissance. Mike ne s’était jamais senti aussi bien et savait comment le demeurer. Les enseignements de Vert avaient fait des merveilles ! 

Ensuite, Violette parla. Sa voix mélodieuse flotta aux oreilles de Mike. -       Tu fais maintenant partie du plan divin de Dieu. Tu as un but et des responsabilités. Tu crées ta propre réalité et il n’y aura plus jamais lieu de t’inquiéter. Toute ta famille t’entoure. 

Mike savait qu’elle avait raison. Il créerait effectivement son avenir sans s’inquiéter. Il savait que sa famille le protégeait et qu’l se trouverait toujours au bon endroit au bon moment. La voix de Rouge se fit entendre. -       Tu ne seras plus jamais le même type d’être humain qu’auparavant, Mickael. Tu t’es transformé pour toujours par ta propre intention. 

Encore une fois, l’ange avait raison. Mike ne retournerait jamais en arrière. Il n’était plus le même homme. Son logis appartenait à une personne pitoyable et il devrait même donner ses vêtements. Il était un homme neuf ! Puis il entendit de nouveau la voix caractéristique de Blanc. 

-       Tu es une partie appropriée du plan d’amour, Mickael. Nous t’aimons immensément et tu as la capacité de communiquer le même amour aux autres. Mais il te reste à prendre conscience du présent qui t’attend. Que pouvait bien vouloir dire tout cela ? Pourquoi Blanc prononçait-il sans cesse des mots qui appelaient une question ? 

Et enfin, ce fut l voix de l’ange doré, immense et puissant, mais sacré et… si doux. -       Tu voulais être un ange, Mickael ? Qu’as-tu appris dans ma maison ? Tu es une merveilleuse partie de Dieu qui existe sur la planète dans une vibration très élevée. Un ange déguisé, un des rares qui le sache et qui soit consacré par Dieu. En réalité, Mike avait demandé à être un ange, sans savoir qu’il en était déjà un. 

Tout à coup, ils semblèrent tous parler à l’unisson et Mike entendit la pensée qu’ils émettaient. -       Tu ES chez toi Mickael Thomas. Tu y es parce que tu l’as demandé. C’est ici que tu dois être si tu veux influencer la planète. Tout ce que tu as demandé est maintenant réalisé. Tu es un Guerrier de la Lumière. Comme Marie, ton homologue humain, tu résonnes de la vibration de Dieu. Tu as vaincu le géant, accepté l’insigne d’or et tu possèdes la sagesse de tous les temps

Mais ce n’était pas tout et Mickael Thomas le savait. Les êtres angéliques perdirent leur forme et redevinrent sept petits nuages de couleurs brillantes se réunissant en une seule lumière à l’éclat du diamant. Le chatoiement et la lumière de la nuée vibraient d’un éclat inégalé. Les anges se concertaient ! Mike le savait. Puis, il les sentit encore lui parler. 

-       Mickael Thomas, nous te donnons une nouvelle appellation à l’instant même. Lorsque tu cheminais sur le sentier, nous t’appelions Mickael Thomas de l’Intention pure. Aujourd’hui, tu reçois ton diplôme ; tu deviens une entité à la vibration élevée qui n’est plus tout à fait humaine ni complètement angélique. Tu es Mickael l’ACTUEL. Ton nom symbolise la vibration du présent et l’un des plus beaux compliments que nous puissions te faireMike trouva la chose amusante tout en sachant que les anges rendaient sérieusement hommage à sa nouvelle vibration. Le nuage spectaculaire prit finalement la forme d’un véritable diamant et s’éleva pour flotter au-dessus de sa tête, ceignant tout l’espace qu’il occupait de sa lumière. Il fut immergé dans l’amour et se sentit encore une fois imprégné de la présence de Dieu. Chaque cellule de son corps était  en état de célébration et toute sa biologie y répondait par un immense sentiment de gratitude, sentiment qui envahissait chaque parcelle de son corps. Il sut qu’il était temps de retourner dans le fauteuil de sa chambre d’hôtel. Les anges avaient un dernier message à lui communiquer. Il l’entendit une fois retourné à son fauteuil. 

-       Mickael l’ACTUEL, NOUS T’AIMONS TENDREMENT Mike demeura quelque temps dans son fauteuil, le temps de « revenir » de son état exaltant de méditation. Tout ce qu’il avait expérimenté dans les maisons de sa formation spirituelle était réel ! Tous les enseignements étaient précis et valides et il possédait encore toute la connaissance reçue alors qu’il se trouvait dans une simple chambre d’hôtel de Los Angeles. Cette pensée lui donnait le vertige et il se demanda combien il y en avait comme lui. 

Mike était épuisé. Il s’endormit presque sous la douche, mais réussit enfin à se mettre au lit. Il était trop fatigué pour songer à la suite des événements. Il avait besoin de sommeil et il dormit très bien  A son réveil, le lendemain, il était prêt à faire face à la vie. Il sortit sur son balcon et examina les environs. Il n’y avait aucune limite à ce qu’il pouvait faire. Il savait pouvoir changer tout ce qu’il toucherait. Mike était convaincu que de grandes réalisations l’attendaient, qu’il aurait beaucoup à faire à et à apprendre, surtout en ce qui avait trait à l’intégration de sa nouvelle vibration à celle des humains qu’il côtoierait. Il n’était pas inquiet. Il possédait en son âme l’amour et la sagesse compréhensive des temps. Son ange intérieur prendrait soin de tout et lui-même saurait comment se comporter à chaque instant. Il trouve un emploi beaucoup plus facilement qu’il ne l’avait cru. Les entreprises importantes recherchent constamment des vendeurs compétents et honnêtes et Mike sut exactement comment se présenter. Il s’était procuré de nouveaux habits et s’était fixé des objectifs élevés. Il s’était ensuite présenté dans la plus grande entreprise pouvant utiliser ses services sans tenir compte d’une affiche indiquant que le personnel était complet. Il avait décroché son emploi  en quelques minutes et quitté l’édifice, prêt à accomplir une autre cérémonie centrée sur le fait que les humains pouvaient créer leur propre réalité. 

Mike s’interrogeait sur son nouvel état. Le fait qu’il était maintenant chez lui commençait à pénétrer sa conscience. Son nouvel emploi était assuré et il décida de se chercher un autre appartement. Ce n’est qu’après trois jours qu’il fut frappé par une évidence, un matin, sous la douche. Qu’est-ce que Blanc avait dit à propos de ce qu’il n’avait pas saisi ? Il te reste encore à prendre conscience du présent qui t’attend ! Ses yeux s’emplirent de larmes parce qu’il en comprenait enfin le sens. C’était le plus grand présent de tous. il ne pouvait lui être offert qu’à titre d’être humain et il lui avait été bien caché au cours des derniers événements vécus sur terre. Il détenait une portée profonde et Mike s’agenouilla pour rendre grâce à la vérité de la révélation. Il tremble à la pensée du potentiel qu’elle offrait et fouilla dans sa mémoire pour trouver l’information dont il avait besoin. Son cœur vibrait à la pensée de ce que cette révélation comportait. 

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 C’est ici que nous nous séparons de Mickael Thomas. 

Il doit poursuivre sa quête. Sa nouvelle intuition et ses présents lui font savoir qu’il n’est pas achevé. Sa carte le guidera dans la direction appropriée et son épée éternelle de la vérité restera son phare dans la noirceur, une fréquence de vibration en fa qui proclamera sa joie au moment opportun. La vision que Mike a perçue lors de son séjour dans la maison de Blanc est clairement imprimée en lui. Rien ne saura arrêter Mickael l’Actuel dans sa course vers le présent sacré qui l’attend dans cette mer humaine qui l’entoure. Son sourire se veut le plus radieux qu’un être humain puisse arborer lorsqu’il sait parfaitement que sa quête s’achèvera dans la réussite la plus totale et qu’il suffit pour lui de l’entreprendre. 

Mike a compris qu’on vient de lui donner une seconde change en lui offrant la possibilité de trouver sa perle, l’amour de sa vie, un contrat si puissant qu’ils seront irrésistiblement attirés l’un vers l’autre, sans aucune possibilité de vire séparément sur cette planète. Mike se met à la recherche d’une merveilleuse femme rousse au teint d’ivoire et aux yeux d’émeraude. Il ne connaît pas son nom terrestre, mais c’est sans importance. L’énergie d’Anolee sera semblable à un phare dirigeant son âme dans la pénombre. 

Il pensa eux enfants à venir et sa détermination à trouver son amour se décupla. L’air qui l’entourait était chargé d’électricité qui se mêlait à l’énergie de la volonté et de l’amour spirituels, le tout prêt à éclore et à s’épanouir. L’odeur de la victoire embaumait l’espace. La seule rose prévue à la vie de Mike allait être découverte, admirée et aimée pour sa beauté. Son parfum serait apprécié pendant toute une vie, conservé et adoré pour sa beauté parfaite et son élégance naturelle. Elle vivait là, quelque part, et Mike allait la découvrir. Les anges souriaient, sachant bien que Mickael atteindrait son but. 

Mickael Thomas était enfin rentré chez lui. 

LE RETOUR – histoire de Michael Thomas – Livre de la série Kryeon – Editions Ariane 1998– Kryeon canalisé par Lee Carroll.  

Le Rabbi Jeshua

 

 

 

Il faut prendre conscience que le nom de Jeshua, lui aussi, était celui d’un grand nombre de personnes. Il existait même un autre rabbi qui le portait, ce qui provoqua, dans les premiers temps, un peu de confusion car son origine était également galiléenne!. 

Le Maître, Lui, n’avait pas toujours porté ce nom. 

 

Nous étions peu à le savoir. Ceux qui étaient issus de la Fraternité essénienne des villages et qui avaient été instruits au Krmel – c’était son cas – se voyaient parfois attribuer un nouveau nom. Ainsi, le petit « Joseph,,2 que j’avais connu durant mon enfance ne devint-il Jeshua que lors de son séjour formateur au Krmel. 

 

Le Rabbi Jeshua dans PERSONNAGES HISTORIQUES jesus-desert

 

Avant que de faire appel à mes souvenirs pour parler du Maître qu’Il devint, je voudrais d’abord évoquer le rabbi – ou encore le « rabboune » comme nous disions parfois affectueusement – c’est-à-dire l’homme que nous côtoyions presque quotidiennement. En effet, un Maître de Sagesse, fût-il destiné à être investi par la Présence du Christ, est d’abord et avant tout un homme, ce qui signifie un être « obligé » de composer avec les lois de ce monde. Je comprends que cette vérité puisse en choquer plus d’un mais il faut pourtant qu’elle soit dite. Elle n’a d’ailleurs rien qui puisse diminuer ou ternir l’image et l’œuvre d’un Maître, bien au contraire. Quel mérite y aurait-il à incarner la Maîtrise de la Sagesse et à être habité par une Force supra-humaine sans avoir à oeuvrer sur soi-même pour révéler sa propre essence divine? La vraie grandeur  vient toujours de Ce que l’on s’efforce de cultiver et de la quantité de « plomb humain » que l’on parvient à transmuter en or spirituel au fond de soi. 

 

Ainsi le « petit Joseph » – lui-même fils de Joseph – qui avait grandi dans une communauté villageoise essénienne avant de passer par l’École terriblement formatrice du Krmel a-t-il dû, comme tout un chacun, se soumettre à une discipline exigeante afin de faire ressurgir avec éclat la magnificence de son être. 

 

Lorsque nous passions de longues soirées à ses côtés, il était très rare qu’Il acceptât d’en parler. Tout ce dont je me souviens des confidences qu’il Lui est arrivé de faire provient d’une série de courts instants éparpillés sur plusieurs années. Je ne crois pas que cette attitude ait été la conséquence d’une pudeur ou d’une volonté d’entretenir un secret. 

Pour Lui, c’était tout simplement sans importance; Il avait, disait-Il, mieux à faire qu’à nous confier ses souvenirs « humains ». Cette partie humaine, celle qui portait le titre de Frère essénien, se montrait pourtant toujours extrêmement présente. 

 

Aujourd’hui encore, je demeure persuadé que c’est cet aspect, en apparence secondaire, qui a contribué à immortaliser sa Présence et son Oeuvre. La croyance populaire, essentiellement entretenue par l’Église catholique romaine, veut que Jeshua soit né Christ, c’est-à-dire dans toute sa conscience et sa perfection, quasiment dès l’instant de son premier cri. Selon cette affirmation, Jésus n’aurait rien eu à apprendre puisque, d’emblée Il était Dieu incarné et que, par conséquent, Il avait la Connaissance et la Puissance absolues… 

 

En tant que témoin de ce qui s’est passé il y a deux millénaires, j’affirme que cette vision des choses est d’une naïveté tout à fait étonnante et entretient un mensonge. Que le petit Joseph – le futur Jeshua – ait manifesté des connaissances et des talents exceptionnels dès sa tendre enfance est incontestable mais prétendre qu’Il ait été pleinement Lui-même et parfaitement « christ » dès le départ résulte d’une ignorance totale des lois de l’évolution imposées par le seul fait de l’incarnation. Je dirai que Jeshua, avant même que de pouvoir porter le titre de rabbi, a eu à travailler pour se re-souvenir de sa propre nature, donc pour se reconnecter avec sa mémoire profonde et redécouvrir sa charge.. 

 

Quand il Lui arrivait de céder à nos questions, Il ne s’en cachait pas. Il parlait de Lui humblement comme d’un élève qui avait dû faire face à ses propres difficultés et à des enseignants incroyablement exigeants, d’autant plus exigeants que ses maîtres pressentaient à Qui ils avaient affaire. Dans de tels moments, nous comprenions alors que la grandeur d’un être n’était pas donnée à celui-ci par quelque grâce divine mais que cet être devait l’extirper de lui-même pour la ressusciter des profondeurs de la Maîtrise acquise de ses vies passées. 

 

Un jeune enfant ou un adolescent sont toujours enfant ou adolescent devant se plier aux rythmes naturels de la maturation… même si leur être essentiel renferme le plus inouï des diamants. Pour ma part, lorsque re-défilent en moi les images précises des moments d’intimité et de partage dont il m’est arrivé de bénéficier avec le Maître, il me semble impossible de parler du Christ qu’Il manifestait tout en faisant exclusion de l’homme qu’Il continuait d’être. Celui-ci avait les mêmes besoins que nous. Il avait faim et soif ; Il éprouvait de la fatigue, parfois même Il tombait de sommeil… et il Lui arrivait de ronfler. Cela paraît peut-être stupide ou prosaïque à préciser mais, même si sa conscience était d’une nature différente de la nôtre et développait constamment une volonté et des capacités stupéfiantes, son corps était bel et bien un corps humain. Tout comme nous, le Maître pouvait s’entailler la plante du pied en marchant sur une roche coupante; tout comme nous, Il devait se protéger de la brûlure du soleil et de maintes autres choses. 

 

Je dois dire qu’à plusieurs reprises, je l’ai même vu pleurer; dont une fois à chaudes larmes, lorsqu’Il apprit la décapitation du Baptiste. À l’époque, cela nous paraissait normal car nul ne pouvait ressentir de honte dans l’expression de sa peine. Aujourd’hui, dans notre monde occidental, il en va tout autrement. Lorsqu’un homme ne parvient pas à contenir ses émotions ou qu’il ose les laisser s’exprimer, on se prend souvent à le trouver faible et sans contrôle de lui-même. En fait, tout ceci est purement culturel. Cependant, lorsqu’il m’arrive d’évoquer les larmes du Maître Jeshua, on me pose souvent cette question: « Il avait donc des émotions? » 

Eh bien oui, Jeshua, l’homme, le rabbi, était capable d’émotions. Et j’ajouterai que, par bonheur, Il éprouvait des émotions… 

[…] 

Pour parler encore de Jeshua en tant qu’homme, il n’est sans doute pas inutile de signaler que, malgré la dimension spirituelle qu’Il incarnait d’évidence, Il avait l’humilité de demander de l’aide lorsqu’Il en avait besoin. Je me souviens qu’il Lui arriva de se blesser l’articulation d’un genou en enjambant des rochers dans les montagnes surplombant le lac de Galilée. Il demanda un massage à l’aide d’un onguent puis qu’on le déchargeât de son sac pour le reste de la journée. On me dira: « Mais ne pouvait-Il pas se guérir Lui-même? » Il l’aurait vraisemblablement pu en faisant appel à ses liens avec le monde subtil mais il est clair que son intention était de demeurer le plus humain possible parmi les humains. Je ne l’ai jamais vu utiliser ses capacités – disons miraculeuses – dans le cas d’événements simples appartenant à la banalité du quotidien. Ainsi, par exemple, lorsque nous avions faim, Il ne se serait pas « amusé » gratuitement à matérialiser de la nourriture. Nous nous en procurions par les voies normales: achat, troc ou service rendu. Lorsqu’il Lui  est arrivé d’utiliser ses pouvoirs dans ce domaine, c’était toujours en vue d’un enseignement afin d’illustrer la toute puissance de l’Esprit. 

 

Du reste, nous mangions fort peu. L’homme qu’était le Rabbi Jeshua ne contraignait personne au jeûne ou à la frugalité. Son rayonnement seul induisait le fait que nous pensions peu à une abondance de vivres. Par contre, celle-ci nous était offerte de temps à autre, tel un véritable présent du Ciel lorsque, par exemple, un Sadducéen quelque peu dissident ou téméraire nous invitait en sa demeure. Quand on Lui proposait un peu de vin, le Maître ne dédaignait pas celui-ci. Sans jamais en abuser, Il reconnaissait l’apprécier pour la détente et la joie dont son principe pouvait être porteur. J’ai entendu quelques-uns de nos contemporains affiliés à certains regroupements religieux prétendre qu’il ne s’agissait pas vraiment de vin… mais plutôt de jus de raisin ! Quelle plaisanterie ou, plutôt, quelle hypocrisie! Jamais le Maître ne fut un poseur de barrière ou un dresseur d’interdits. Il incarnait un merveilleux message de liberté et de tempérance, ce qui a toujours hérissé le poil des Pharisiens… ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui !   

 

jesus-says-the-true dans PERSONNAGES HISTORIQUES

 

Jésus, l’homme, était étonnamment libre, libre et déconcertant, capable de changer de direction géographique en l’espace d’un instant comme un animal qui aurait senti quelque chose dans le vent, un danger ou une invitation. Le suivre devenait donc un exercice de lâcher-prise continuel. À ce sujet, Il nous incitait souvent à nous rebeller sur le bord du chemin. – « Alors si, d’un coup, je me jetais du haut de ce rocher, vous me suivriez? » Et Il ajoutait encore parfois: « Il peut m’arriver de chercher mon chemin… Je ne veux pas dire mon chemin intérieur – celui-là est gravé – je veux parler de mon « chemin de terre ». Je ne suis pas un bloc de granit, voyez-vous; mon Père m’a donné la liberté de mes mouvements, alors l’hésitation que peut éprouver la plante de mes pieds est aussi un cadeau… Ceci est un plus grand enseignement qu’il n’y paraît: Retenez-le… » La Tradition colporte le fait qu’Il aurait appris le travail du bois auprès de son père durant son enfance. C’est exact mais, en réalité, Il montrait peu de dispositions pour ce genre de tâche. Il n’aimait guère cela. Par contre, Il pouvait prendre plaisir à ériger ou à réparer un muret de pierre, à tailler un arbre ou encore à aider un paysan à ensemencer son carré de terre. Les travaux liés à la matière ne le rebutaient pas. En ce sens, Il mettait scrupuleusement en pratique la façon d’être qui était enseignée au Krmel. 

 

Pour Lui, de la même façon qu’un arbre ne poussait pas sans racines, il était indispensable qu’un être humain ne soit jamais étranger aux choses de la terre. À ses yeux, la perméabilité entre les mondes que l’homme est amené à côtoyer et dont il est naturellement issu devait être impérativement entretenue. Jeshua ignorait la notion de coupure ou de rupture. S’il Lui arrivait de ne plus souhaiter être en contact avec telle ou telle personne ou de ne pas retourner dans certains endroits, Il ne considérait sa décision que comme une parenthèse momentanée, une parenthèse qui se verrait un jour ou l’autre ré-ouverte de façon constructive en des temps plus propices puisque toutes les âmes étaient amenées à nécessairement communier au bout de leur évolution. 

 

Si un rapport conflictuel se dessinait entre Lui et quelqu’un d’autre, Il vivait la situation de manière tout à fait dépassionnée, un peu comme un acteur qui ne se laisserait pas « manger » par le rôle qu’il interprète et qui garderait une constante altitude par rapport au scénario. En tant que témoin, je vous assure que cela ne signifiait nullement qu’Il adoptait une attitude froide, détachée ou lointaine lors des situations de tension. J’ai constaté à maintes reprises que le Rabbi pouvait éprouver de la peine. Il n’a jamais été un bloc de marbre difficile à entailler au burin. Il avait seulement une extraordinaire capacité à prendre une distance très rapide relativement à une situation agressante ou blessante. Si on dit de quelqu’un qu’il parvient à vivre dans l »‘ici et maintenant« , c’était exactement son cas. Non pas que sa mémoire s’ingéniât à ne vouloir conserver que les choses agréables de l’existence mais parce que tout son être se montrait capable de transcender avec une vitesse étonnante chaque blessure ou chaque agression. 

 

La notion de ressentiment Lui était inconnue. L’insulte, la médisance ou la calomnie glissaient sur Lui… au point où il s’en trouva de temps à autre pour dresser de sa personne le portrait d’un lâche ou d’un peureux. Dieu sait pourtant que ces deux tristes qualificatifs ne pouvaient en aucun cas s’appliquer à Lui! Régulièrement, en effet, c’était Jeshua qui, par ses prodiges ou ses paroles, générait des situations dont Il pouvait prévoir qu’elles déclencheraient des tempêtes et se retourneraient contre sa personne. Le Rabbi était, par essence, un provocateur. Non pas qu’Il aimât les ambiances conflictuelles mais parce qu’Il estimait qu’une partie de la tâche qui Lui incombait était de secouer l’être humain pour mettre en évidence ses attitudes mentales poussiéreuses et toxiques. 

 

Du reste, la seule présence physique de l’homme qu’Il était ne pouvait pas passer inaperçue. Si elle fascinait, elle dérangeait tout autant ceux dont le coeur était sec ou constamment sur la défensive, prêt à se fermer comme une huître. Tout d’abord, sa stature était bien supérieure à celle de la moyenne. Dans une foule, qu’on l’ait voulu ou pas, on ne remarquait que Lui avec sa longue chevelure sombre, légèrement auburn et sa barbe toujours finement entretenue. Quant à son regard, si vous parveniez à le croiser, il était de ceux que l’on ne peut pas lâcher tant il allait chercher loin en vous quelque chose que vous ignoriez vous-même. Je crois pouvoir dire que beaucoup étaient indisposés par ce regard parce qu’il avait la particularité de mettre l’âme à nu et parce qu’il nous disait tout de suite que nous ne pourrions pas tricher… ce qui n’arrangeait pas tout le monde, évidemment! Il n’était pas question pour Lui, dans sa réalité quotidienne humaine, d’imposer quoi que ce soit de Ce qui L’habitait. Ce n’était donc pas sa façon d’être qu’Il espérait nous inculquer. Il mettait plutôt tout en oeuvre pour nous révéler la nôtre, c’est-à-dire notre état de servilité et de coupure d’avec notre essence. 

 

L’homme Jeshua ne parlait pas aussi souvent de son Père que ce que mettent en exergue les Écritures canoniques. L’homme, le rabbi, nous entretenait d’abord de nous, de nos  invraisemblances, de nos contradictions, de nos passivités, de nos peurs… en résumé de nos petitesses en regard des arrogances que nous affichions. Pour cela, Il n’avait aucune retenue dans ses discours. Il employait les termes que maniait le peuple dans sa vie ordinaire. Il ne craignait pas non plus les plaisanteries à la limite de « ce qui pouvait se dire », pour peu que celles-ci soient porteuses d’une réflexion allant dans le sens de l’ouverture du coeur. Les prêtres de tous bords Lui reprochaient souvent cette attitude, arguant qu’Il « ratissait trop bas et trop large » pour pouvoir prétendre qu’Il se faisait l’interprète des Paroles du Très-Haut. Pour Lui cependant, qui se contentait alors de sourire, il n’y avait « ni trop bas, ni trop large », de la même manière qu’il n’y avait jamais de « trop haut ». Avant le Maître, l’homme en Lui voulait parler vrai, c’est-à-dire s’exprimer selon son coeur et selon le degré d’ouverture des oreilles auxquelles Il s’adressait. En cela, bien qu’Il fût lettré, les lettrés ne L’appréciaient généralement que très modérément. Pour tout résumer, Il ne faisait le jeu de personne. Pas même de ceux de la Fraternité essénienne. Est-il utile de préciser que ces derniers refusaient de voir en Lui davantage qu’un rabbi audacieux, voire prétentieux et passablement hérétique ? Rares sont ceux, dans sa propre communauté d’origine, qui ont eu l’humilité de reconnaître en Lui le Maître de Sagesse et, plus tard, le Massiah1 qu’ils disaient attendre. 

 

(1)     Le terme de Massiah – le Messie – est pratiquement l’équivalent du mot Christ, l’Élu, l’Oint, c’est-à-dire le Béni par l’Éternel.

 

 Les messages Esséniens – Daniel Meurois-Givaudan  - les  enseignements premier du Christ. 

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