Les thérapies Esséniennes

Une entrevue de Marie Johanne Croteau Meurois et de Daniel Meurois.

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1 – La Tradition des soins énergétiques que l’on connait aujourd’hui sous l’étiquette globale de “Soins esséniens” était également connue en Égypte antique. Cependant, ne serait-elle pas plus ancienne encore ? Pouvez-vous nous parler de ses véritables origines ? Peut-on, par exemple, évoquer l’Atlantide ?

Daniel Meurois : En réalité, c’est une Tradition qui n’a pas d’âge.

Étant donné qu’elle se base sur une connaissance intime des circuits empruntés par le Courant universel de la Vie au sens le plus large du terme – c’est-à-dire cosmique et intemporel -  il est pratiquement impossible de parler de ses origines. Évoquer l’Atlantide ce serait mentionner une simple étape de son parcours rien de plus. Cela n’apporterait rien de plus.

Ce qui est certain, c’est que cette Tradition n’est pas uniquement “terrestre”. Je veux dire qu’elle a voyagé d’un monde à l’autre. Chaque type d’humanité et chaque peuple par lesquels elle est passée l’a évidemment un peu colorée à sa façon, c’est qui est logique. Par ailleurs, c’est ce qui fait aussi sa richesse.

En réalité, soigner avec l’aide des mains et en fonction de l’anatomie subtile du corps est un réflexe inné propre à toute personne sensible à l’existence de l’âme. C’est l’éducation que celui-ci reçoit dès sa plus petite enfance qui le fait généralement se détourner de ce genre de rapport avec l’être, sa maladie et sa souffrance. On peut penser sans craindre l’erreur que ce que j’appelle aujourd’hui la Tradition égypto-essénienne s’est construite au fil des âges et des mondes à force d’observations et d’expérimentations, d’abord intuitives, puis structurées en un système cohérent révélant clairement la présence d’une architecture subtile de l’être humain et, par conséquent, de son rapport avec le Divin.

2 – Quels furent les rôles d’Aménophis III et d’Akhenaton dans la diffusion de cette Tradition ?

D.M. : Ces deux pharaons ont été les principaux compilateurs éclairés et méthodiques de ce corpus de données. Pour l’Occident et dans le présent cycle d’humanité, ce sont eux qui ont structuré un tel système de références et de pratiques. Ils en sont restés les gardiens jusqu’à sa transmission à un groupe restreint de personnes au sein du peuple hébreu. C’est par Moïse que la transmission s’est opérée, même si celui-ci n’occupait pas une fonction de thérapeute parmi le siens. Lorsque je dis “Moïse” cela signifie lui et ses proches. C’est comme lorsqu’on dit “c’est Aménophis III et Akhenaton”… On devrait plutôt dire que c’est sur leur demande. En résumé, toutes les connaissances qui ont la réputation d’être ésotériques dans notre Culture occidentale ont été collectées, structurées puis développées par les Égyptiens. Les Esséniens n’ont pas adopté la totalité de cet héritage. Les thérapies les motivaient en priorité ainsi que les données concernant la constitution subtile de l’Univers… Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu’il y a un rapport d’analogie entre ces deux sujets. Le corps humain est une réplique du cosmos. Pour le reste des connaissances traditionnelles, c’est la science de la Kabbale qui s’en est chargée.

3 – Certains ouvrages affirment que ceux qui ont été formés selon cette Tradition auraient été initiés à l‘immortalité ? Est-ce que les annales akashiques permettent de dire quelque chose à ce sujet ?

D.M. : Le principe d’immortalité ne figurait pas parmi les préoccupations des initiés thérapeutes esséniens. Pour eux comme pour nous, le corps physique n’était que transitoire. Il existait cependant des pratiques très particulières basées essentiellement sur la maîtrise du souffle et dont le but était de nettoyer le corps et le mental de la plupart des scories qui accélérant son vieillissement. Elles étaient réservées à un très petit nombre de personnes – un peu analogues à des yogis avancés – qui se sentaient appelées à prolonger à l’extrême le bon état de leur corps. Le fait de pouvoir amener le corps physique à un autre plan vibratoire sans passer par la mort – comme c’est le cas pour les Maîtres de Shambhalla et de leurs disciples alchimistes – est le résultat d’une illumination ou d’une transfiguration individuelle orientée vers une forme de service très précis. Ce n’est pas le fait d’une École initiatique spécifique. Aujourd’hui, la recherche, presque compulsive, de l’immortalité de la chair est clairement le délire d’une certaine Amérique qui est fascinée par tout ce qui ressemble à des pouvoirs et qui craint par dessus tout la vieillesse et la mort. Le véritable immortalité se situe à un tout autre niveau.

4 – Comment une telle Tradition a-t-elle perduré dans le temps ? Y a t-il aujourd’hui des groupes qui seraient encore détenteurs de ses connaissances ? On évoque parfois la Rose-Croix et le Catharisme…

D.M. : La Tradition égypto-essénienne a perduré de façon souterraine dans son aspect global à travers  les Écoles et Mouvements initiatiques occidentaux. Pour ne citer que les plus connus, on peut effectivement évoquer ici les Ordres Rosicruciens, certaines organisations qui se réclament des Templiers et même, par certains aspects, le Druidisme bien que la filiation des connaissances qui font celui-ci soit plus complexe. Il est exact que le Catharisme n’est pas à omettre d’une telle liste, même si on peut déplorer son côté très dualiste… lequel, par ailleurs, le fait se rapprocher un peu de l’ “Essénisme” des monastères.

On parle ici de connaissances dites purement ésotériques, de rituels faisant appel aux énergies subtiles de la Nature mais aussi de haute métaphysique et de philosophie au sens sacré du terme. Ces Mouvements et ces Écoles, se manifestent généralement par cycles d’activité et de sommeil, ce qui veut dire avec des hauts et des bas, des apogées et des décadences, comme tout ce qui est incarné.

En ce qui concerne une Tradition thérapeutique structurée et fournie, à ma connaissance, il est beaucoup moins évident d’en retrouver la trace au coeur de ces Écoles. Dans la théorie de la transmission de la structure énergétique du corps humain,  oui, c’est certain… ( encore que l’Orient ait été beaucoup plus précis à ce niveau ) mais pas dans l’enseignement organisé de pratiques thérapeutiques proprement dites.

Il ne faut pas oublier que la Tradition égypto-essénienne était essentiellement orale. Lorsque certaines données étaient couchées par écrit, sur des rouleaux de papyrus par exemple, c’était souvent de manière codée ou symbolique. Ce n’était pas tant pour dissimuler des informations que pour en préserver le caractère sacré et intangible. Aujourd’hui, nous avons l’impression que les mots peuvent tout définir alors que, très souvent, ils enferment des concepts dans une sorte d’enclos mental. C’est là où les symboles et les archétypes trouvent leur raison d’être. Ils amènent la réflexion à différents niveaux… sachant qu’on n’accède pas à ces niveaux simplement à l’aide de bonnes capacités intellectuelles.

5 – Comment est donc réapparue cette Tradition thérapeutique à notre époque ?

D.M. : Je dois dire que j’ai été personnellement amené à la faire ressurgir sans l’avoir toutefois recherchée. En premier lieu, il me faut préciser que cela ne s’est pas fait – contrairement à ce qui a été dit – par le biais des Annales akashiques, c’est-à-dire de la Mémoire du temps  mais par canalisation.

Ces canalisations – par incorporation – se sont produites dès l’automne 1984. Quant aux recherches de mon âme à travers les Annales akashiques, elles m’ont permis, quant à elles, d’approfondir puis de structurer progressivement l’ensemble des données découvertes au cours des décennies.

En 1984 donc, dans le petit village de Plazac, en plein Périgord, j’ai commencé à canaliser et à retransmettre ainsi, en direct, des informations d’ordre thérapeutique. Celles-ci m’étaient adressées à partir de sphères de consciences extérieures à celle de notre planète, Elles émanaient d’êtres non terrestres qui avaient déjà communiqué, dans un passé reculé, avec les anciens peuples de notre monde dont tout spécialement les Égyptiens et les Esséniens.

Notez bien que je préfère utiliser l’expression “sphères de conscience extérieures à celle de notre planète” plutôt qu’une autre qui serait plus contemporaine. Pourquoi, me demanderez-vous ? D’abord, basiquement, parce qu’une certaine science-fiction et certains écrits ont utilisé de n’importe quelle façon ces termes-là et les ont galvaudés. Ensuite parce que la notion de “sphère de conscience” fait avant tout référence à celle de “niveau de conscience”, autrement dit à une altitude intérieure de l’être et non pas à un écart technologique. Dans les anciens textes rattachés à notre culture, on parle en fait d’Élohims. C’est bien d’eux dont il s’agit ici ; ils sont à la source des informations que je reçois depuis 1984.

Un certain nombre d’Esséniens, mais pas leur totalité,  étaient – faut-il le rappeler ? – des hommes et des femmes qui entretenaient, de par leur sensibilité psychique, un rapport aisé avec l’Invisible. Le contact avec des présences d’origine non terrestre et d’envergure cosmique – donc en prise avec le Divin – leur était familier. Il arrivait que ceux-là communiquent donc avec les Élohims.

En 1984, lorsque j’ai été amené à me reconnecter régulièrement avec mes anciennes existences essénienne et égyptienne puis à donner le véritable “coup d’envoi” du travail que j’essaie de poursuivre aujourd’hui, j’ai commencé, de ce fait, à recevoir publiquement, devant une assistance de trente à cinquante personnes au rythme d’une ou deux fois par semaine, des enseignements relatifs aux thérapies esséniennes… ou, plus exactement, égypto-esséniennes.

Lors de chaque réunion, je consignais ces informations de ma propre main. Beaucoup de données passant par ma bouche lors des moments de canalisation ont également fait l’objet d’enregistrements sur bandes magnétiques tandis qu’elles étaient retransmises en direct devant les personnes présentes. Dans le Périgord, ce travail s’est étendu sur une douzaine d’années, il s’est ensuite prolongé au Québec. C’est de cette façon que la Tradition thérapeutique dont il est question ici a ressurgi. La méthode de soins énergétiques qui en résulte a toujours été accompagnée de messages précis, avec tout un ensemble d’informations.

Ces données à la fois pratiques et spirituelles ont finalement  et tout naturellement constitué au fil des ans un véritable corpus. De nombreuses lectures dans les Annales akashiques viennent toujours régulièrement les compléter.

C’est de cette façon que l’on peut résumer l’historique de cette Tradition thérapeutique telle qu’elle se manifeste de nos jours…

Lorsque les soins esséniens – ou égypto-esséniens si on préfère puisque que cette dénomination est somme toute plus précise – ont refait surface à travers les incorporations dont j’ai fait l’objet, on ne leur donnait d’ailleurs pas de nom spécifique. On évoquait simplement des soins énergétiques universels. On les a finalement nommés esséniens par assimilation puisque ce sont les thérapeutes esséniens qui ont été les derniers à les pratiquer il y a environ deux mille ans

Je dois ajouter que la somme d’informations qu’ils constituent maintenant s’enrichit encore aujourd’hui au rhyme des informations que je collecte et avec le concours et le savoir-faire de mon épouse, Marie Johanne, très “en prise” également avec “l’époque essénienne”.

6 – Quel était pour les Esséniens – et les Égyptiens qui ont précédé ceux-ci – le rôle de la maladie chez l’être humain ?

D.M. : Dans leur Tradition comme dans toutes les grandes Traditions du monde, les thérapeutes ayant une vision globale de la maladie ont toujours perçu celle-ci comme un rendez-vous de l’être avec lui-même. La maladie indique inévitablement un carrefour dans la vie d’une personne, un carrefour qui lui suggère de repenser sa façon d’être, essentiellement son hygiène de vie intérieure. Cette hygiène est émotionnelle et mentale. Elle est aussi en rapport avec ses croyances car ces dernières deviennent vite des conditionnements qui orientent le comportement. En termes modernes, on pourrait dire que la maladie vue sous cet angle est perçue comme un clignotant rouge sur le tableau de bord d’un véhicule. Elle est le signe d’un désordre à repérer, un désordre dont les racines sont peut-être éloignées du symptôme qui se manifeste ou apparemment sans rapport avec lui.

Pour en revenir aux Esséniens et aux Égyptiens, je dirais qu’il accordaient beaucoup d’importance aux masses énergétiques engendrées par les pensées humaines. Ils voyaient dans ces masses qu’on appelle de nos jours “formes-pensées”, les germes de la plupart des troubles de santé. Ils avaient remarqué, d’une part que ces masses affaiblissent ou déstructurent l’aura humaine mais que, d’autre part, elles aimantent des organismes toxiques émanant du bas-astral, les “entités-maladies”. Leur  première préoccupation était donc de nettoyer l’organisme subtil du malade par toutes sortes de méthodes puis d’y lever certains barrages énergétiques avant même de tenter d’y rétablir un courant de vie réparateur. La notion de “désinfection” était donc primordiale à leurs yeux.. Des sortes de mantras puis des pratiques de “reconstruction mentale” par visualisation étaient ensuite enseignés aux malades capables de se prendre en charge afin qu’ils modifient leur rapport à la vie et ne retombent éventuellement dans le même problème. De manière générale passer à travers une maladie digne de ce nom était pour ces anciens peuples comme franchir le cap d’une initiation. On était idéalement tenu d’essayer d’en comprendre le sens. Ce qui ne veut pas dire que c’était toujours fait et réussi. Cette approche préfigurait incontestablement ce que nous appelons aujourd’hui les psychothérapies… hormis le fait que l’existence de l’âme en était le pivot majeur… “détail” qui n’est pas nécessairement le cas de nos jours, loin s’en faut, hélas. L’être est une globalité indivisible, ce qui veut dire que, si on l’ampute de l’une de ses dimensions, on ne résoud en profondeur aucun problème. On ne fait que le déplacer et on lui donne alors un autre nom.

7 – Les thérapeutes étaient à l’époque des prêtres car soigner était un acte sacré. Aujourd’hui, les choses ont évidemment changé et on ne conçoit plus que la prêtrise ait nécessairement quelque chose à voir avec les thérapies. Marie Johanne Croteau Meurois à qui s’adressent les formations en soins esséniens que vous avez mises en place et que vous donnez actuellement en collaboration avec Daniel ? Quelle place y accordez-vous au Sacré ?

Marie Johanne Croteau Meurois : Notre formation en soins esséniens ne s’adresse évidemment pas à tout le monde car nous pensons très honnêtement  que tout le monde ne possède hélas pas en soi les qualités de base d’un bon thérapeute. Les qualités essentielles que nous recherchons dans notre École de formation sont, entre autres, celles de la réelle compassion – beaucoup de gens ignorent d’ailleurs le véritable sens de ce mot – la volonté sincère d’aider et de soigner, la capacité d’écoute et d’accueil de la personne malade. À cela il faut ajouter l’honnêteté, le discernement, une démarche spirituelle évidente et ce qu’on appelle la foi. Enfin, l’idéal est aussi de manifester certains dons particuliers propres à facilité l’approche de ce type de thérapie comme, par exemple, une sensibilité particulière aux niveaux des mains, de la clair-audience, de la clairvoyance, etc…

Il ne s’agit pas de dire, comme je l’ai malheureusement entendu récemment sur une vidéo consacrée à ce type de thérapies: « Pour soigner on injecte de la lumière, de la lumière qui est autour, dans les corps subtils…  ».

Cette réponse m’a laissée perplexe car, à notre sens, c’est une formulation incohérente et inconsistante dans le cadre de la Tradition essénienne. Une telle réponse semble ignorer absolument tout de l’aspect sacré des soins et est réductrice quant à leur principe de base : celui de la recherche intérieure chez le thérapeute d’une ¨qualité¨ de Lumière spécifique.  Le but est de canaliser celle-ci et ensuite de l’infuser avec le Cœur et toute la Conscience requise dans le corps du malade… en n’omettant pas de demander l’assistance et l’aide des Présences célestes,  des Guides de Lumière.

Il faut préciser que l’acte de soigner est un acte de symbiose totale avec le ¨Ciel¨. Une trinité composée de la Présence divine, du thérapeute et du malade doit se manifester. L’énergie thérapeutique circule donc du Ciel vers le thérapeute, son outil et son canal. Le thérapeute, de par ses mains, transmet ensuite au corps du malade ¨l’Onde sacrée de Guérison¨, dont la Lumière retourne ensuite au ¨Ciel¨. Il s’agit d’un mouvement trinitaire et continu de régénération de la circulation de l’Énergie de Guérison et d’Amour des sphères célestes.

Quelle place j’accorde au Sacré dans ces soins ?

J’y accorde toute la place car soigner est un acte sacré en lui-même.  Pas d’appel à l’aide d’une Présence de Lumière ? Pas de reconnaissance du Sacré ? Alors pas de réelle guérison possible. C’est aussi clair et simple que cela. Inutile d’apprendre à ¨gesticuler mentalement¨ dans le subtil d’un corps malade et à émettre des sons,  il ne se passera rien en profondeur. Tout résultat positif, en soins esséniens-égyptiens, repose sur la foi du thérapeute et le respect de l’aspect sacré du soin donc sur une vraie connexion avec l’Onde divine universelle.

Nous n’enseignons certainement pas qu’un ensemble de données à intégrer mentalement. Nous enseignons à désapprendre le mental pour se connecter à la Source et au Coeur de celle-ci en soi ainsi qu’à l’extérieur de soi afin de laisser s’exprimer le Courant thérapeutique sur le corps malade.

Nous essayons de faire sentir à nos étudiants l’existence d’une autre ¨marche¨ à gravir, celle qui dépasse le simple niveau du thérapeute et qui mène à celui du thérapeute-guérisseur.

Nous recommandons par ailleurs de travailler en parallèle avec la médecine officielle de notre société car aucune médecine ne devrait en exclure une autre. Les thérapies esséniennes ou égypto esséniennes ne sont pas des techniques à conjuguer plus ou moins habilement avec les mains mais résultent d’une communion sacrée et intime de l’âme et du cœur. La sagesse et la maîtrise sont de savoir manier intelligemment l’une et l’autre. Si nos enseignements souhaitent donner tous les outils de cette méthode, ils espèrent par dessus tout faire toucher son côté mystique en permettant aux  mains du thérapeute et à son  coeur d’intégrer en eux l’Onde de la Guérison et de multiplier ainsi l’impact d’une simple technique.

‘’ L’amour seul ne suffit pas, il lui faut ce Souffle qui s’appelle Vouloir. Sans lui vous ne rêvez rien vous n’accomplissez rien”   est-il dit dans ¨Les Enseignements premiers du Christ¨¨. ( note de bas de page : par Daniel Meurois, Éditions Le Passe-Monde)

8 – Le Christ occupe manifestement une place très importante dans ce que vous enseignez. Le     considérez-vous comme un thérapeute essénien ?

MJ.C. Meurois : Oui, le Christ occupe effectivement une très grande place dans ce que nous enseignons mais certainement pas parce que nous considérons qu’Il était un thérapeute essénien. Certes,  Il avait été formé par le Grande Fraternité des Frères en Blanc dès son tout jeune âge au Krmel  mais Il avait été aussi initié en Égypte et y avait enseigné dans les temples de thérapies.

Daniel Meurois a donné de multiples témoignages à ce sujet dans ses écrits et séminaires mais pour en faire un bref rappel Il a dit à peu près ceci : ‘’De retour de son long voyage de 17 ans en Inde et dans les Himalayas, le Maître Jeshua, lors d’une mort initiatique dans la grande pyramide de Chéops, fut investi par la supra-conscience  solaire du Christ. Suite à cet événement majeur, Il fut investi par une autre Force au cours d’une seconde initiation. Lors de la fameuse cérémonie du Baptême dans le Jourdain, à la supra-conscience du Christ s’est ajoutée Celle du Logos de notre Galaxie. Lorsqu’on parle du Christ, on parle  donc du Christ-Jésus. On évoque trois puissances en une: la première, Celle du Maître de sagesse incarné, la deuxième Celle de l’Être le plus réalisé de notre système solaire, la troisième comme étant issue de la plus Grande Présence manifestée dans notre Galaxie’’.

J’ai eu la chance d’être un témoin féminin proche du Christ, il y a deux mille ans.  Vous faire un portrait de Ce qu’Il était et de Ce qu’il est toujours pour moi m’est tellement difficile… les mots sont trop petits ou insignifiants… Encore aujourd’hui je n’arrive pas à décrire ni à exprimer tout ce qui agissait et irradiait de Lui et par Lui.

Non, le Christ n’était pas un thérapeute essénien, Il était le Christ !

C’est par mon propre souvenir des enseignements du Maître Jeshua en personne reçus avec d’autres disciples en petit comité de plus ou moins dix personnes que j’enseigne maintenant. Je le fais donc avec la mémoire vive de mon âme. C’est par ce souvenir de Lui que je  colore tous mes enseignements. Je n’oublie pas, bien sûr, la source de base de ces soins reçus directement des Élohims (ou Frères des Étoiles) et revivifiés par Daniel depuis 1984.

9 – Les thérapeutes esséniens étaient-ils plus souvent des hommes ou des femmes ? Est-ce que les femmes avaient des fonctions spécifiques à l’aide, par exemple, d’huiles et de plantes ?

MJ.C. Meurois  : Les Traditions des Églises sont essentiellement patriarcales et ont toujours eu tendance à laisser toute la place aux hommes. Le Maître Jeshua avait au contraire privilégié ou encouragé une Tradition matriarcale. Ses premiers disciples étaient incontestablement des femmes, sa mère Myriam, Marie-Madeleine, Marie-Salomé, Marie-Jacobé… Ces femmes disciples s’appliquaient à soigner comme Lui au moins autant que les hommes. Cela n’empêchait pas certaines d’entre elles de travailler à l’élaboration d’huiles précieuses utilisées en soins, de parfums spécifiques et d’utiliser des plantes médicinales selon les méthodes ancestrales esséniennes et égyptiennes. Il ne faut cependant pas s’imaginer que tous les disciples du Maître Jeshua avaient tous des dons pour la guérison ou des connaissances dans ce domaine… comme il serait faux de croire qu’ils étaient tous des orateurs capables de rassembler des foules. C’est leur rayonnement qui a opéré l’essentiel de la transmission de la sensibilité christique, qu’ils aient été hommes ou femmes, thérapeutes ou non.

10 – Daniel Meurois, y a-t-il eu une évolution des soins entre thérapeutes égyptiens et esséniens ? Est-il exact de dire que les soins esséniens étaient un peu plus éthérés ou peut-être plus dépouillés ?

D.M. : Il y a nécessairement eu une évolution ou plutôt un ensemble d’adaptations. C’est logique et rassurant car tout ce qui est figé meurt. Chaque peuple, chaque culture a sa propre sensibilité, ses points forts et ses faiblesses. Une même connaissance qui voyage d’une Tradition à l’autre se colore donc inévitablement au contact de la terre qui la reçoit. Elle peut s’enrichir dans certains domaines ou se fragiliser dans d’autres, c’est ce qui la rend vivante. Il ne faut pas oublier que la Tradition de ces soins était d’abord orale. D’un enseignant à l’autre, de Égypte à la Palestine, on y trouvait par conséquent quelques variantes. En réalité, affirmer que les soins étaient plus éthérés ou plus dépouillés chez les Esséniens que chez les Égyptiens serait un peu simpliste. Cela dépendait essentiellement du maître qui enseignait et du contexte dans lequel il communiquait sa connaissance.

Je reconnais toutefois que les Esséniens craignaient un peu plus le contact du corps que les Égyptiens en raison de leur appartenance au Judaïsme. Je dirais aussi que les Égyptiens se montraient moins dualistes qu’eux à ce propos car ils voyaient plus facilement le corps physique comme un temple à respecter que comme une manifestation pesante de la vie. À ce niveau, Jeshua se montrait certainement plus Égyptien qu’Essénien car il ne craignait aucun des aspects du corps humain; Il ne répugnait absolument pas au contact de la chair, contrairement à ce que toute la Tradition chrétienne a cherché à nous faire croire. À ses yeux, la vie était une globalité dont aucun des niveaux de manifestation n’était à exclure. C’est ce que Marie Johanne et moi tentons de faire comprendre dans la façon dont nous communiquons les thérapies. Le subtil et le dense sont étroitement imbriqués et ne doivent pas se repousser ou s’exclure l’un l’autre. Beaucoup de personnes prétendent vouloir dépasser la dualité mais demeurent incapables de comprendre que celle-ci commence là. Le fait d’apprendre à entrer en contact avec les expressions éthérées de la vie ne sous-entend pas une perte et encore moins un reniement de ses racines plus denses

11 – La science actuelle découvre des notions dont les Égyptiens avaient, semble-t-il, connaissance il y a plusieurs milliers d’années. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

D.M. : J’ai effectivement évoqué dans “Ainsi soignaient-ils” l’existence dans le coeur humain d’un point très précis que les Égyptiens du temps d‘Akhenaton appelaient “le point-vie”. Un tel point parait bien correspondre avec une zone mise en évidence depuis peu dans le coeur humain par les chercheurs de l’Institut Heartmath, aux États-Unis. Il s’agit d’une zone hyper sensible constituée d’environ 40.000 cellules à laquelle il ne faudrait toucher en aucun cas lors d’une chirurgie cardiaque sous peine de provoquer la mort instantanée du patient.

Les chercheurs en parlent clairement comme d’un cerveau cardiaque doté de mémoire.

Daniel-Meurois-et-Marie-Johanne-CroteauEn ce qui me concerne, ce point me fait nécessairement penser au prolongement ou à l’expression physique de ce qu’on nomme l’atome-germe.

L’atome-germe, je le rappelle, est un atome subtil fait de condensé d’Akasha. Il constitue, en quelque sorte, la base de données fondamentale – ou, si on préfère, le “disque dur” -  de chaque être humain. Il est sa mémoire totale depuis l’origine de ce qu’il est. Il véhicule donc les éléments karmiques de chacun, son histoire et son architecture profonde. Je ne doute pas que cette découverte moderne – qui est en réalité une redécouverte – puisse susciter beaucoup d’intérêt dans les années à venir et participer finalement au rapprochement du subtil et du dense. Finira-t-on par comprendre que l’intelligence du coeur n’est pas qu’un beau concept métaphorique et poétique ?


« Le Grand Livre des Thérapies Esséniennes et Égyptiennes »
 par Daniel Meurois et Marie Johanne Croteau Meurois  est paru en 2013 aux Éditions Le Passe-Monde.

Un bel ouvrage pratique, abondamment illustré.

 

Libération et ascension

Dans l’enseignement du Maître, il y avait une différence majeure entre la libération et l’ascension de l’être. Pour Lui, la libération signifiait la levée des fers du karma. Autrement dit, Il nous en parlait comme d’un état de légèreté atteint par l’âme lorsque celle-ci est parvenue à dissoudre tous les liens pesants l’obligeant à subir la loi de la réincarnation. Ce n’était qu’une étape mais l’étape majeure, celle vers laquelle Il nous poussait à travailler avant même d’envisager quoi que ce soit dans la direction d’une ascension. Cette ascension signifiait pour Lui la maîtrise totale des lois du temps, de l’espace et des différents niveaux vibratoires de la matière. 

Libération et ascension dans PARABOLES aux MIRACLES vrai-soi

Nous parler de ce concept était par conséquent secondaire à Ses yeux tant que nous ne maîtrisions pas au moins les rudiments d’une discipline de vie pouvant nous aider à nous libérer. Nous libérer voulait dire apprendre à nous dégager de ce que nous pensions être nous-mêmes mais qui, en réalité, se résumait à une accumulation d’illusions. – « Lorsque tu ne t’identifieras plus à ton manteau ou à ta robe, rétorqua-t-Il un jour à l’un de nous, alors nous pourrons parler de ton ascension. Que dirais-tu d’un homme qui prétendrait déjà récolter tandis qu’il vient à peine de faire les semailles dans son champ? » En fait, ce que le Maître tentait d’endiguer constamment en nous, c’était la prétention. Chez tous ceux qui se disent « intéressés par la voie spirituelle », elle constitue l’un des pièges principaux. L’accumulation des informations en représente certainement le moteur premier. Plus on engrange de données relatives aux mondes de l’Âme et de l’Esprit, plus on cultive la sensation de supériorité et de sagesse… tandis que c’est surtout la « tendance bibliothèque » qui se gonfle en nous. 

(suite…)

Enseignements des Esséniens

 

gifs étoilesS. P. : Certains enseignements prétendent offrir leur méthode de thérapies esséniennes suite à des lectures faites dans les Annales akhashiques tandis que d’autres, tout simplement parce qu’ils sortent de la bouche, de ce qu’on pourrait appeler « les élus » de la culture essénienne d’aujourd’hui. Quant à vous, Daniel Meurois, comment voyez-vous cela et comment la connaissance de ces soins est-elle parvenue jusqu’à vous ?


D. M. : Tout d’abord, je tiens à dire que mon intention n’est pas de m’opposer à qui que ce soit dans le travail de diffusion des thérapies énergétiques. Ce travail doit être incontestablement accompli actuellement. Chacun a naturellement sa façon d’agir, son tempérament, sa sensibilité. Cela doit être respecté. Je tiens cependant à remettre les choses à leur juste place car, avec le temps, elles ont toujours tendance à se déformer et à être colportées de façon erronée.

En réalité, l’ensemble des connaissances et des pratiques de base  qui constituent globalement ce qu’on qualifie aujourd’hui de « soins esséniens » m’a été donné par canalisation durant plus de dix ans à partir de 1984 dans un petit village du Périgord du nom de Plazac. Cet enseignement sous forme de canalisation était offert  hebdomadairement, tous les vendredis soirs, devant un groupe de personnes allant de trente à quarante personnes. Ce regroupement a toujours été informel, très discret. On ne parlait que vaguement d’un groupe de lecture d’auras… En fait, par ma bouche et parfois par ma main, c’étaient des Êtres venant d’un autre plan de conscience, ceux que j’ai toujours appelé les « Frères des Étoiles » qui s’exprimaient. Ainsi que je l’ai déjà dit, si le vocable de « soins esséniens » a été appliqué à leurs enseignements lorsque ceux-ci ont commencé à être diffusés dans le cadre de cours organisés, c’est tout simplement par extension, parce que leur pratique était connue de certains Esséniens. Si on veut être juste, ils sont bien plus universels que strictement esséniens. Mais tout cela n’est pas bien important, c’est juste une affaire de vocabulaire. 


 

Enseignements des Esséniens dans ESSENIENS img00039


Par contre, toujours pour être juste et précis, il me faut dire que leur contenu n’est aucunement le fruit de lectures dans les Annales akashiques. Seul « 
Ainsi soignaient-ils » apporte un complément d’informations en direction du Christ et des Égyptiens obtenu par la lecture des Annales, bien des années après la canalisation des enseignements initiaux. Presque vingt cinq ans après le début de la retransmission de ces derniers dans le sud ouest de la France, il m’a finalement semblé utile de réunir les plus porteurs d’entre eux. C’est ainsi qu’est donc né, en ce printemps 2008, « Ce qu’Ils m’ont dit… », un document-témoignage qui replace les choses dans leur contexte.

Pour ce qui est maintenant de la prise de position de certaines personnes qui affirment enseigner « l’Essénisme » dans toute sa pureté et de façon quasi exclusive comme si elles étaient des maîtres élus « désignés » par une Autorité supérieure, je leur laisse l’entière responsabilité de leurs propos.
 Il s’agit à mon sens d’une attitude sectaire, élitiste qui, même si elle est globalement  bien intentionnée, ne peut en rien faire avancer la situation actuelle. Cela ne fait que cliver davantage la société et rendre plus difficile le travail de ceux qui y oeuvrent sur le plan spirituel dans une optique de réelle ouverture et de totale liberté. Mais encore une fois, à chacun ses choix… Je tiens seulement à dire que je ne suis pas solidaire d’une telle façon d’agir même si elle satisfait quelques adeptes. À mon avis, la notion de maîtrise signifie bien autre chose que ce qu’elle dit exprimer dans un tel contexte. En réalité, quand on observe l’histoire des mouvements spirituels, on voit bien que ne se sont jamais “dits maîtres” que ceux qui, un peu rapidement, se sont “sentis maîtres”… eux-mêmes et sans retenue. Avec un peu de recul et de bon sens, on s’aperçoit que la véritable maîtrise n’est pas une qualité qui s’auto-proclame mais un état d’être qui rayonne d’évidence, sans le moindre tapage

Issu du site de Daniel Meurois:  www.meurois-givaudan.comInterview  d’octobre 2008 par Louise-Anne Holstein qui est bien entendu toujours d’actualité ! De Mémoires d’Esséniens. 

Le Rabbi Jeshua

 

 

 

Il faut prendre conscience que le nom de Jeshua, lui aussi, était celui d’un grand nombre de personnes. Il existait même un autre rabbi qui le portait, ce qui provoqua, dans les premiers temps, un peu de confusion car son origine était également galiléenne!. 

Le Maître, Lui, n’avait pas toujours porté ce nom. 

 

Nous étions peu à le savoir. Ceux qui étaient issus de la Fraternité essénienne des villages et qui avaient été instruits au Krmel – c’était son cas – se voyaient parfois attribuer un nouveau nom. Ainsi, le petit « Joseph,,2 que j’avais connu durant mon enfance ne devint-il Jeshua que lors de son séjour formateur au Krmel. 

 

Le Rabbi Jeshua dans PERSONNAGES HISTORIQUES jesus-desert

 

Avant que de faire appel à mes souvenirs pour parler du Maître qu’Il devint, je voudrais d’abord évoquer le rabbi – ou encore le « rabboune » comme nous disions parfois affectueusement – c’est-à-dire l’homme que nous côtoyions presque quotidiennement. En effet, un Maître de Sagesse, fût-il destiné à être investi par la Présence du Christ, est d’abord et avant tout un homme, ce qui signifie un être « obligé » de composer avec les lois de ce monde. Je comprends que cette vérité puisse en choquer plus d’un mais il faut pourtant qu’elle soit dite. Elle n’a d’ailleurs rien qui puisse diminuer ou ternir l’image et l’œuvre d’un Maître, bien au contraire. Quel mérite y aurait-il à incarner la Maîtrise de la Sagesse et à être habité par une Force supra-humaine sans avoir à oeuvrer sur soi-même pour révéler sa propre essence divine? La vraie grandeur  vient toujours de Ce que l’on s’efforce de cultiver et de la quantité de « plomb humain » que l’on parvient à transmuter en or spirituel au fond de soi. 

 

Ainsi le « petit Joseph » – lui-même fils de Joseph – qui avait grandi dans une communauté villageoise essénienne avant de passer par l’École terriblement formatrice du Krmel a-t-il dû, comme tout un chacun, se soumettre à une discipline exigeante afin de faire ressurgir avec éclat la magnificence de son être. 

 

Lorsque nous passions de longues soirées à ses côtés, il était très rare qu’Il acceptât d’en parler. Tout ce dont je me souviens des confidences qu’il Lui est arrivé de faire provient d’une série de courts instants éparpillés sur plusieurs années. Je ne crois pas que cette attitude ait été la conséquence d’une pudeur ou d’une volonté d’entretenir un secret. 

Pour Lui, c’était tout simplement sans importance; Il avait, disait-Il, mieux à faire qu’à nous confier ses souvenirs « humains ». Cette partie humaine, celle qui portait le titre de Frère essénien, se montrait pourtant toujours extrêmement présente. 

 

Aujourd’hui encore, je demeure persuadé que c’est cet aspect, en apparence secondaire, qui a contribué à immortaliser sa Présence et son Oeuvre. La croyance populaire, essentiellement entretenue par l’Église catholique romaine, veut que Jeshua soit né Christ, c’est-à-dire dans toute sa conscience et sa perfection, quasiment dès l’instant de son premier cri. Selon cette affirmation, Jésus n’aurait rien eu à apprendre puisque, d’emblée Il était Dieu incarné et que, par conséquent, Il avait la Connaissance et la Puissance absolues… 

 

En tant que témoin de ce qui s’est passé il y a deux millénaires, j’affirme que cette vision des choses est d’une naïveté tout à fait étonnante et entretient un mensonge. Que le petit Joseph – le futur Jeshua – ait manifesté des connaissances et des talents exceptionnels dès sa tendre enfance est incontestable mais prétendre qu’Il ait été pleinement Lui-même et parfaitement « christ » dès le départ résulte d’une ignorance totale des lois de l’évolution imposées par le seul fait de l’incarnation. Je dirai que Jeshua, avant même que de pouvoir porter le titre de rabbi, a eu à travailler pour se re-souvenir de sa propre nature, donc pour se reconnecter avec sa mémoire profonde et redécouvrir sa charge.. 

 

Quand il Lui arrivait de céder à nos questions, Il ne s’en cachait pas. Il parlait de Lui humblement comme d’un élève qui avait dû faire face à ses propres difficultés et à des enseignants incroyablement exigeants, d’autant plus exigeants que ses maîtres pressentaient à Qui ils avaient affaire. Dans de tels moments, nous comprenions alors que la grandeur d’un être n’était pas donnée à celui-ci par quelque grâce divine mais que cet être devait l’extirper de lui-même pour la ressusciter des profondeurs de la Maîtrise acquise de ses vies passées. 

 

Un jeune enfant ou un adolescent sont toujours enfant ou adolescent devant se plier aux rythmes naturels de la maturation… même si leur être essentiel renferme le plus inouï des diamants. Pour ma part, lorsque re-défilent en moi les images précises des moments d’intimité et de partage dont il m’est arrivé de bénéficier avec le Maître, il me semble impossible de parler du Christ qu’Il manifestait tout en faisant exclusion de l’homme qu’Il continuait d’être. Celui-ci avait les mêmes besoins que nous. Il avait faim et soif ; Il éprouvait de la fatigue, parfois même Il tombait de sommeil… et il Lui arrivait de ronfler. Cela paraît peut-être stupide ou prosaïque à préciser mais, même si sa conscience était d’une nature différente de la nôtre et développait constamment une volonté et des capacités stupéfiantes, son corps était bel et bien un corps humain. Tout comme nous, le Maître pouvait s’entailler la plante du pied en marchant sur une roche coupante; tout comme nous, Il devait se protéger de la brûlure du soleil et de maintes autres choses. 

 

Je dois dire qu’à plusieurs reprises, je l’ai même vu pleurer; dont une fois à chaudes larmes, lorsqu’Il apprit la décapitation du Baptiste. À l’époque, cela nous paraissait normal car nul ne pouvait ressentir de honte dans l’expression de sa peine. Aujourd’hui, dans notre monde occidental, il en va tout autrement. Lorsqu’un homme ne parvient pas à contenir ses émotions ou qu’il ose les laisser s’exprimer, on se prend souvent à le trouver faible et sans contrôle de lui-même. En fait, tout ceci est purement culturel. Cependant, lorsqu’il m’arrive d’évoquer les larmes du Maître Jeshua, on me pose souvent cette question: « Il avait donc des émotions? » 

Eh bien oui, Jeshua, l’homme, le rabbi, était capable d’émotions. Et j’ajouterai que, par bonheur, Il éprouvait des émotions… 

[…] 

Pour parler encore de Jeshua en tant qu’homme, il n’est sans doute pas inutile de signaler que, malgré la dimension spirituelle qu’Il incarnait d’évidence, Il avait l’humilité de demander de l’aide lorsqu’Il en avait besoin. Je me souviens qu’il Lui arriva de se blesser l’articulation d’un genou en enjambant des rochers dans les montagnes surplombant le lac de Galilée. Il demanda un massage à l’aide d’un onguent puis qu’on le déchargeât de son sac pour le reste de la journée. On me dira: « Mais ne pouvait-Il pas se guérir Lui-même? » Il l’aurait vraisemblablement pu en faisant appel à ses liens avec le monde subtil mais il est clair que son intention était de demeurer le plus humain possible parmi les humains. Je ne l’ai jamais vu utiliser ses capacités – disons miraculeuses – dans le cas d’événements simples appartenant à la banalité du quotidien. Ainsi, par exemple, lorsque nous avions faim, Il ne se serait pas « amusé » gratuitement à matérialiser de la nourriture. Nous nous en procurions par les voies normales: achat, troc ou service rendu. Lorsqu’il Lui  est arrivé d’utiliser ses pouvoirs dans ce domaine, c’était toujours en vue d’un enseignement afin d’illustrer la toute puissance de l’Esprit. 

 

Du reste, nous mangions fort peu. L’homme qu’était le Rabbi Jeshua ne contraignait personne au jeûne ou à la frugalité. Son rayonnement seul induisait le fait que nous pensions peu à une abondance de vivres. Par contre, celle-ci nous était offerte de temps à autre, tel un véritable présent du Ciel lorsque, par exemple, un Sadducéen quelque peu dissident ou téméraire nous invitait en sa demeure. Quand on Lui proposait un peu de vin, le Maître ne dédaignait pas celui-ci. Sans jamais en abuser, Il reconnaissait l’apprécier pour la détente et la joie dont son principe pouvait être porteur. J’ai entendu quelques-uns de nos contemporains affiliés à certains regroupements religieux prétendre qu’il ne s’agissait pas vraiment de vin… mais plutôt de jus de raisin ! Quelle plaisanterie ou, plutôt, quelle hypocrisie! Jamais le Maître ne fut un poseur de barrière ou un dresseur d’interdits. Il incarnait un merveilleux message de liberté et de tempérance, ce qui a toujours hérissé le poil des Pharisiens… ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui !   

 

jesus-says-the-true dans PERSONNAGES HISTORIQUES

 

Jésus, l’homme, était étonnamment libre, libre et déconcertant, capable de changer de direction géographique en l’espace d’un instant comme un animal qui aurait senti quelque chose dans le vent, un danger ou une invitation. Le suivre devenait donc un exercice de lâcher-prise continuel. À ce sujet, Il nous incitait souvent à nous rebeller sur le bord du chemin. – « Alors si, d’un coup, je me jetais du haut de ce rocher, vous me suivriez? » Et Il ajoutait encore parfois: « Il peut m’arriver de chercher mon chemin… Je ne veux pas dire mon chemin intérieur – celui-là est gravé – je veux parler de mon « chemin de terre ». Je ne suis pas un bloc de granit, voyez-vous; mon Père m’a donné la liberté de mes mouvements, alors l’hésitation que peut éprouver la plante de mes pieds est aussi un cadeau… Ceci est un plus grand enseignement qu’il n’y paraît: Retenez-le… » La Tradition colporte le fait qu’Il aurait appris le travail du bois auprès de son père durant son enfance. C’est exact mais, en réalité, Il montrait peu de dispositions pour ce genre de tâche. Il n’aimait guère cela. Par contre, Il pouvait prendre plaisir à ériger ou à réparer un muret de pierre, à tailler un arbre ou encore à aider un paysan à ensemencer son carré de terre. Les travaux liés à la matière ne le rebutaient pas. En ce sens, Il mettait scrupuleusement en pratique la façon d’être qui était enseignée au Krmel. 

 

Pour Lui, de la même façon qu’un arbre ne poussait pas sans racines, il était indispensable qu’un être humain ne soit jamais étranger aux choses de la terre. À ses yeux, la perméabilité entre les mondes que l’homme est amené à côtoyer et dont il est naturellement issu devait être impérativement entretenue. Jeshua ignorait la notion de coupure ou de rupture. S’il Lui arrivait de ne plus souhaiter être en contact avec telle ou telle personne ou de ne pas retourner dans certains endroits, Il ne considérait sa décision que comme une parenthèse momentanée, une parenthèse qui se verrait un jour ou l’autre ré-ouverte de façon constructive en des temps plus propices puisque toutes les âmes étaient amenées à nécessairement communier au bout de leur évolution. 

 

Si un rapport conflictuel se dessinait entre Lui et quelqu’un d’autre, Il vivait la situation de manière tout à fait dépassionnée, un peu comme un acteur qui ne se laisserait pas « manger » par le rôle qu’il interprète et qui garderait une constante altitude par rapport au scénario. En tant que témoin, je vous assure que cela ne signifiait nullement qu’Il adoptait une attitude froide, détachée ou lointaine lors des situations de tension. J’ai constaté à maintes reprises que le Rabbi pouvait éprouver de la peine. Il n’a jamais été un bloc de marbre difficile à entailler au burin. Il avait seulement une extraordinaire capacité à prendre une distance très rapide relativement à une situation agressante ou blessante. Si on dit de quelqu’un qu’il parvient à vivre dans l »‘ici et maintenant« , c’était exactement son cas. Non pas que sa mémoire s’ingéniât à ne vouloir conserver que les choses agréables de l’existence mais parce que tout son être se montrait capable de transcender avec une vitesse étonnante chaque blessure ou chaque agression. 

 

La notion de ressentiment Lui était inconnue. L’insulte, la médisance ou la calomnie glissaient sur Lui… au point où il s’en trouva de temps à autre pour dresser de sa personne le portrait d’un lâche ou d’un peureux. Dieu sait pourtant que ces deux tristes qualificatifs ne pouvaient en aucun cas s’appliquer à Lui! Régulièrement, en effet, c’était Jeshua qui, par ses prodiges ou ses paroles, générait des situations dont Il pouvait prévoir qu’elles déclencheraient des tempêtes et se retourneraient contre sa personne. Le Rabbi était, par essence, un provocateur. Non pas qu’Il aimât les ambiances conflictuelles mais parce qu’Il estimait qu’une partie de la tâche qui Lui incombait était de secouer l’être humain pour mettre en évidence ses attitudes mentales poussiéreuses et toxiques. 

 

Du reste, la seule présence physique de l’homme qu’Il était ne pouvait pas passer inaperçue. Si elle fascinait, elle dérangeait tout autant ceux dont le coeur était sec ou constamment sur la défensive, prêt à se fermer comme une huître. Tout d’abord, sa stature était bien supérieure à celle de la moyenne. Dans une foule, qu’on l’ait voulu ou pas, on ne remarquait que Lui avec sa longue chevelure sombre, légèrement auburn et sa barbe toujours finement entretenue. Quant à son regard, si vous parveniez à le croiser, il était de ceux que l’on ne peut pas lâcher tant il allait chercher loin en vous quelque chose que vous ignoriez vous-même. Je crois pouvoir dire que beaucoup étaient indisposés par ce regard parce qu’il avait la particularité de mettre l’âme à nu et parce qu’il nous disait tout de suite que nous ne pourrions pas tricher… ce qui n’arrangeait pas tout le monde, évidemment! Il n’était pas question pour Lui, dans sa réalité quotidienne humaine, d’imposer quoi que ce soit de Ce qui L’habitait. Ce n’était donc pas sa façon d’être qu’Il espérait nous inculquer. Il mettait plutôt tout en oeuvre pour nous révéler la nôtre, c’est-à-dire notre état de servilité et de coupure d’avec notre essence. 

 

L’homme Jeshua ne parlait pas aussi souvent de son Père que ce que mettent en exergue les Écritures canoniques. L’homme, le rabbi, nous entretenait d’abord de nous, de nos  invraisemblances, de nos contradictions, de nos passivités, de nos peurs… en résumé de nos petitesses en regard des arrogances que nous affichions. Pour cela, Il n’avait aucune retenue dans ses discours. Il employait les termes que maniait le peuple dans sa vie ordinaire. Il ne craignait pas non plus les plaisanteries à la limite de « ce qui pouvait se dire », pour peu que celles-ci soient porteuses d’une réflexion allant dans le sens de l’ouverture du coeur. Les prêtres de tous bords Lui reprochaient souvent cette attitude, arguant qu’Il « ratissait trop bas et trop large » pour pouvoir prétendre qu’Il se faisait l’interprète des Paroles du Très-Haut. Pour Lui cependant, qui se contentait alors de sourire, il n’y avait « ni trop bas, ni trop large », de la même manière qu’il n’y avait jamais de « trop haut ». Avant le Maître, l’homme en Lui voulait parler vrai, c’est-à-dire s’exprimer selon son coeur et selon le degré d’ouverture des oreilles auxquelles Il s’adressait. En cela, bien qu’Il fût lettré, les lettrés ne L’appréciaient généralement que très modérément. Pour tout résumer, Il ne faisait le jeu de personne. Pas même de ceux de la Fraternité essénienne. Est-il utile de préciser que ces derniers refusaient de voir en Lui davantage qu’un rabbi audacieux, voire prétentieux et passablement hérétique ? Rares sont ceux, dans sa propre communauté d’origine, qui ont eu l’humilité de reconnaître en Lui le Maître de Sagesse et, plus tard, le Massiah1 qu’ils disaient attendre. 

 

(1)     Le terme de Massiah – le Messie – est pratiquement l’équivalent du mot Christ, l’Élu, l’Oint, c’est-à-dire le Béni par l’Éternel.

 

 Les messages Esséniens – Daniel Meurois-Givaudan  - les  enseignements premier du Christ. 

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