Les signes vitaux de Gaïa

 

Prenons pour commencer la proportion d’oxygène dans l’atmosphère, qui se maintient depuis plusieurs centaines de millions d’années à approximativement 21% : s’il y en avait plus, soit à partir de 25%, les forêts brûleraient à la moindre étincelle jusqu’au dernier arbre d’un feu rageur et inextinguible ; s’il y en avait moins, surtout à partir de 15%, beaucoup d’animaux suffoqueraient. Orchestré par toutes les plantes et le plancton des océans qui produisent annuellement plus de 140 milliards de tonnes d’oxygène, cet équilibre de la proportion d’oxygène idéale pour la Vie est maintenu par rétroaction homéostatique, grâce à la photosynthèse qui transforme le gaz carbonique en oxygène. Pour mieux comprendre ce qu’est une rétroaction homéostatique, on pourrait comparer ce mécanisme régulateur à un thermostat contrôlant le chauffage central d’une maison. D’autre part, il faut se rappeler que sans l’apparition de l’oxygène et son maintien au niveau actuel, la couche d’ozone n’aurait pu se former et demeurer stable, permettant ainsi à la Vie de coloniser les surfaces émergées du globe.

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Un autre gaz essentiel à l’équilibre chimique et climatique et qui se retrouve dans une proportion de 78% dans l’atmosphère que nous respirons est l’azote. Sans l’action continue de la Vie qui pompe constamment l’azote des sols et des océans où il se précipite sans cesse sous l’effet des éclairs lors des orages, l’atmosphère perdrait la majeure partie de son azote en quelques millions d’années. C’est plus de 500 millions de tonnes d’azote que les micro-organismes rejettent chaque année dans l’atmosphère, maintenant ainsi en équilibre un élément indispensable de la biosphère. Quant au méthane, un gaz très réactif qui disparaîtrait bien vite de l’atmosphère où il n’est présent qu’à l’état de trace (soit de l’ordre de 1,7 partie par million), il est continuellement libéré grâce aux fermentations d’une masse prodigieuse de micro-organismes, au rythme, là encore, d’environ 500 millions de tonnes par an. Sans méthane dans l’atmosphère, la Vie n’aurait pu se développer telle que nous la connaissons, ni ne pourrait survivre.

De même, la température moyenne à la surface du monde évite dans l’ensemble les écarts extrêmes, grâce au contrôle par les plantes et le plancton des océans de la proportion du gaz carbonique à « effet de serre » qui retient la chaleur du soleil dans l’atmosphère, un peu comme le font les vitres d’une serre. C’est environ 100 milliards de tonnes de gaz carbonique qui sont ainsi relâchées chaque année dans l’atmosphère. Un autre facteur important pour la stabilité du climat est la présence d’un couvert végétal, comme en Amazonie par exemple, qui favorise une pluviosité régulière grâce à l’évaporation par les feuilles. Sans cette évaporation, les pluies cessent et le désert s’installe rapidement comme on a pu le constater partout où de vastes forêts ont été coupées à blanc. La forêt de l’Amazonie, vieille de plus de 100 millions d’années, a pu ainsi permettre l’apparition de millions d’espèces uniques au monde, vivant ensemble en une étroite symbiose harmonieuse.

Mais ce n’est pas tout! Loveloch a fait une autre découverte fort importante pour démontrer une fois de plus l’étroit contrôle qu’exerce Gaïa sur son climat global. Tel que confirmé depuis par plusieurs autres scientifiques, Loveloch réalisa en 1971 que ce sont de microscopiques organismes marins qui, par la production de vastes quantités de diméthyl sulfhydrique, permettent la formation des gouttes de pluie au-dessus des océans. Comme les océans recouvrent les 2/3 du globe, l’absence de ce mécanisme vital à la formation des nuages aurait un effet dévastateur sur le climat global. De plus, ce même composé chimique accélère la désagrégation des roches des sols côtiers rendant de ce fait disponibles tous les éléments nutritifs nécessaires à la vie des écosystèmes terrestres et marins.

Une autre composante essentielle à l’harmonie de la biosphère est le taux d’acidité des pluies qui est normalement maintenu au degré optimal par la présence d’ammoniac dans l’air, à nouveau fruit de l’activité biologique. Pas assez d’acidité et les sels minéraux indispensables à la bonne santé des plantes ne seraient pas mis en circulation par réaction acide. Des pluies trop acides par contre délavent les sols de leurs éléments minéraux et affaiblissent d’autant les plantes, sans compter l’effet dévastateur d’une eau trop acide pour la survie des lacs et des rivières, comme on a pu le constater à bien des endroits au Québec et dans le nord-est des États-Unis.

Citons un dernier exemple : le taux de salinité des océans. Par un mécanisme encore incompris, les océans parviennent à maintenir à exactement 3,4% le degré de salinité de leurs eaux, ce qui est le pourcentage idéal pour toutes les formes de Vie peuplant les mers. Sans cesse, l’irrigation des continents amène par les fleuves et les rivières de nouveaux sels dans les océans, et ce, depuis qu’il a commencé à pleuvoir sur Terre. Pourtant, jamais sauf dans la mer Morte (justement!) le taux de salinité n’a-t-il dépassé 3,4%. Deux pour-cent de plus et toute Vie disparaîtrait des océans!

Il faudrait une longue étude pour parfaitement comprendre l’incroyable complexité de notre biosphère terrestre qui, par un enchevêtrement inouï de réactions chimiques et de phénomènes climatiques, nous démontre par son étroit contrôle des conditions favorables à son existence que seule la présence d’une intelligence globale peut expliquer la survie à long terme de notre bonne vieille Terre. Et nous sommes alors en droit de nous demander :  S’il y a effectivement une intelligence globale qui gouverne toute Vie sur Terre, ce n’est sûrement pas le fruit du hasard si l’espèce humaine est apparue après des milliards d’années d’évolution… Quel est donc le rôle auquel cette intelligence nous destine dans son grand projet évolutif?… 

C’est précisément pour tenter de répondre à cette question que nous allons nous tourner vers l’oeuvre d’un autre scientifique britannique, Peter Russell qui, par la publication de deux livres et lors de nombreuses conférences, a livré le fruit de ses recherches et réflexions à ce sujet. Selon la théorie révolutionnaire qu’il nous propose, l’espèce humaine serait l’équivalent d’une sorte de cerveau global à l’échelle planétaire, à travers lequel la conscience de Gaïa serait en train de s’éveiller. Ce même Peter Russell, a aussi récemment formulé une autre thèse, tout aussi fascinante, voulant cette fois que l’accélération exponentielle de l’évolution de la conscience et de l’accumulation du savoir humain atteigne sous peu une vitesse de progression quasi infinie, nous aspirant tous simultanément dans une sorte de trou blanc dans le temps, c’est-à-dire l’équivalent au plan temporel du phénomène astronomique connu sous le nom de trou noir. J’ai eu l’occasion de faire la synthèse de ces deux volumes pour la revue Luminance en 1993. Voici les principales idées que j’en ai retenues.

Gaïa s’éveille à travers nous
Comment ne pas s’émerveiller devant le prodigieux travail de synthèse réalisé par Peter Russell, d’abord dans La Terre s’éveille paru en 1982 et dans Le trou blanc dans le temps paru en 1992. Traçant avec brio une fresque détaillée décrivant l’évolution de la matière, de la Vie et de la conscience, ce brillant biologiste nous aide à mieux comprendre l’avenir incertain mais potentiellement grandiose de cette bonne vieille Terre et de son équipage humain. Mais décrivons d’abord le contenu de son premier livre.

D’emblée, Russell nous présente la théorie de Loveloch selon laquelle la Terre dans son ensemble se comporte, ainsi que nous venons de le voir, comme un seul et gigantesque être vivant, capable d’exercer un contrôle constant sur les multiples composantes de la biosphère de façon à protéger et à perpétuer les conditions favorables à la Vie qui s’y manifeste — du moins jusqu’à ce que l’activité destructrice et polluante de l’humanité ne vienne tout gâcher.

Et tout naturellement, Russell s’interroge sur le rôle dévolu à l’humanité dans cette symphonie harmonieuse de Vie orchestrée par l’omniprésente conscience planétaire. Sommes-nous effectivement destinés à devenir le cerveau global de cette gigantesque matrice vivante?… Ou alors sommes-nous, telle une immense tumeur maligne, autant de cellules cancéreuses proliférant à toute vitesse et accaparant pour notre seul profit toutes les ressources vitales de la planète jusqu’à ce que celle-ci en meure?… Cet écartèlement douloureux entre les potentialités phénoménales du devenir humain et le constat terrible de notre égocentrisme destructeur et maladif forme la trame de fond de la tension qui guide l’ensemble de la réflexion de Russell..

Une seule solution permettrait selon Russell d’espérer que nous franchissions sans désastre global cette étape cruciale de notre évolution : un profond changement de conscience amenant une transformation globale de nos valeurs, de nos priorités et de nos comportements. Cependant, pour mieux apprécier où nous allons, il vaut mieux d’abord commencer par comprendre d’où nous venons sur le plan physique et biologique, ce qu’il fait dans la première partie du livre, pour ensuite diriger notre attention sur l’évolution de la conscience, sujet auquel le reste du livre est consacré.

Après avoir expliqué comment l’univers est apparu dans une gigantesque explosion à partir du néant et comment les étoiles et les planètes se sont formées, il décrit successivement l’apparition de la Vie, la colonisation de la Terre, l’évolution des espèces et l’émergence de l’être humain, du langage et de la civilisation, comme j’y ai déjà fait allusion au début de ce document. Comme le dit si bien Russell dans son livre, en parlant de l’espèce humaine :  Ce produit quasi incroyable de quinze milliards d’années d’évolution porte vraiment à l’émerveillement. Nous voici, chacun de nous constitué de septilliards d’atomes, ordonnés en un système intégré de quelques centaines de trillions de cellules biologiques, expérimentant le monde qui nous entoure et les pensées qui nous habitent, ressentant différentes émotions et maints désirs. Et, par-dessus tout, nous sommes conscients de toutes ces choses et conscients d’être nous-mêmes. Si quelqu’un avait été là il y a 4 milliards d’années, aurait-il jamais supposé que le paysage volcanique, les océans primitifs et l’étrange mélange de gaz de l’atmosphère auraient lentement mais sûrement évolué en un tel être aussi improbable et aussi complexe?

Pensons maintenant aux développements quasi inimaginables qui nous attendent dans l’avenir. Où l’évolution nous mène-t-elle? Pour tenter de trouver un début de réponse à cette question, Russell nous invite à considérer le sens général de l’évolution et les patterns qui ont caractérisé les processus évolutifs jusqu’ici.

Au début tout n’était qu’énergie. Puis la matière s’est formée. Ensuite, la Vie vint animer la matière. Enfin, du sein de la Vie est apparue la conscience de la conscience. Ces quatre étapes successives forment une progression graduelle vers une complexité de plus en plus grande. Certaines caractéristiques communes semblent se dégager selon Russell. La plus importante est l’existence d’un seuil critique à partir duquel un bond quantique d’un niveau de complexité à l’autre devient possible. Ainsi, par exemple, il faut, dit-il, au minimum 10 milliards d’atomes environ pour que puisse se constituer une cellule viable. De même, ce n’est qu’au seuil de 10 milliards de cellules nerveuses dans le cortex du cerveau humain, siège de la conscience auto-réfléchie, que cette forme de conscience peut semble-t-il apparaître. Une autre constante observée est l’accélération exponentielle du rythme de l’évolution alors que le temps requis pour le passage d’un échelon d’évolution à l’autre est de plus en plus court. Le passage de plus en plus rapide de l’ère agraire à l’ère industrielle, puis à l’âge de l’information et à l’âge de la révolution environnementale qui s’amorce reflète aussi cette constante.

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Considérant ensuite l’augmentation rapide de la population mondiale qui culminera, estime-t-on, aux environs de 10 milliards d’individus au cours du prochain siècle, couplée à l’explosion dans les communications et les échanges intégrant dans un vaste ensemble de plus en plus interconnecté la communauté humaine devenue un « village global » pulsant de plus en plus à l’unisson, Peter Russell postule sa plus brillante spéculation; à savoir que l’humanité dans son ensemble serait sur le point de franchir une autre étape de l’évolution en s’unifiant en un gigantesque cerveau planétaire, constituant de ce fait un super-organisme social inédit jusqu’à ce jour. Après la géogenèse, c’est-à-dire la genèse de la Terre, et la biogenèse ou genèse de la Vie, l’évolution est arrivée au stade de la « noogenèse », la genèse de l’esprit, affirme-t-il. Il rejoint ainsi le concept présenté par Teilhard de Chardin qui a conçu l’idée de la « noosphère » pour décrire le système comprenant tous les esprits conscients. Nous assistons, conclut-il, à la planétarisation de l’humanité en une seule et vaste entité organique selon les paroles mêmes de ce célèbre philosophe moderne.

Après les quatre premières grandes étapes de l’évolution, soit l’énergie primaire créée par le Big Bang, puis la formation et la complexification de la matière, ensuite la naissance de la Vie et son évolution, et enfin l’éveil de la conscience qui est consciente d’elle-même, ce cinquième niveau d’évolution, ce nouvel ordre d’existence, est celui qui nous réserve à tous égards les plus grandes surprises! Cette conscience planétaire, née de l’unification de l’ensemble des consciences humaines embrassant simultanément tous les niveaux de conscience de toutes les espèces vivantes, sera, affirme Russell, comme l’éveil colossal d’un cerveau global, atteignant un niveau de cohérence similaire à celui du cerveau humain. La conscience de Gaïa, la Terre, s’éveillera alors soudainement.

Et ce qui pourrait contribuer à catalyser et déclencher cet éveil est la réalisation consciente, par une masse critique d’humains, de l’imminence d’un effondrement écologique sans précédent des fonctions vitales planétaires, à la suite de tous les déséquilibres écosystémiques que nous avons provoqués. Un bond évolutif d’une ampleur sans précédent serait sur le point de se produire sur l’ensemble du globe, à défaut de quoi la Vie, telle que nous la connaissons et notre propre espèce, risquent de disparaître à tout jamais.

L’ÉVEIL DE LA CONSCIENCE INTÉRIEURE

Par JEAN HUDON

SOURCE : http://earthrainbownetwork.com/EveilConscien.htm

Les Anciens avaient connaissance des « secrets de l’Esprit »

en noir et blanc

Salutations, chers Êtres Humains, je suis Kryeon du Service Magnétique.

Dans les croyances des anciens, ces secrets de l’Esprit n’étaient pas du tout des choses secrètes, si je peux m’exprimer ainsi. Ils n’avaient pas besoin de l’être. Ils ne représentaient pas une compétition à qui mieux mieux.

Les Anciens affirmaient ouvertement que la planète appelée Gaia avait une énergie qui travaillait en étroite collaboration avec les Êtres Humains. Cette énergie les nourrissait, les habillait et leur permettait d’acquérir de la sagesse. La naissance des enfants était célébrée à travers l’énergie de Gaia. Les prénoms de leurs enfants étaient les mêmes que ceux de leurs ancêtres. Il y avait plusieurs raisons à ce fait, mais ils savaient que ces enfants étaient leurs propres ancêtres. Le cercle de vie appelé réincarnation était accepté comme étant une réalité, et c’était une chose intuitive pour toutes les sociétés de la planète, même si certaines de ces sociétés ne s’étaient jamais rencontrées les unes les autres. Même si vous pensez que ces nouvelles connaissances ou croyances sont des innovations du Nouvel Âge, elles étaient connues et usuelles, selon vos ancêtres.

À travers l’histoire, ces convictions et attributs ont mûri jusqu’à ce que l’énergie de la planète soit suffisamment développée pour que les maîtres puissent commencer à apparaître. L’intention de ces maîtres était de montrer à l’humanité comment elle peut prendre ces attributs intuitifs, afin de créer une différence pour la planète.

Les maîtres s’adressaient aux maîtres (humains) qui voulaient s’éveiller, non pas à celles et ceux qui cherchaient à les adorer.

Ils ne cherchaient pas des disciples ou des fanatiques. Les maîtres sont venus à tour de rôle, un par un, et ils ont été éliminés à tour de rôle, un par un… Par l’humanité. Ces martyrs ont créé de nouveaux systèmes, puisqu’il y avait dorénavant des prophètes à adorer. Donc, le monde et les systèmes de croyance ont commencé à changer, ce qui a fait que les anciens sont passés à la clandestinité ou à l’oubli. Donc, les mots de notre message ne sont pas vraiment de la métaphysique ou du Nouvel Âge.

C’est simplement de la spiritualité de base, de la spiritualité intuitive. Les Anciens connaissaient ces choses. Toutefois, elles se devaient de demeurer secrètes pendant un certain temps.

La visite d’un événement historique peu connu Je vous propose de me suivre dans un voyage imaginaire. Notre destination est un lieu réel où un événement de votre histoire s’est réalisé. Cet événement est assez récent, car il date de moins de 300 ans. Je vous emmène en un lieu où sont réunis des hommes âgés ; des seniors et des professionnels. Il y a des leaders gouvernementaux et des hommes de loi. Il y a même un leader religieux. Il s’agit d’une importante réunion secrète. Ils sont assis en cercle. Je ne mentionnerai ni noms, ni lieu ou ville. Cette réunion faisait partie d’une entente qui avait pour but de maintenir la continuité de divers secrets, en utilisant la façade de certaines organisations. Nous parlons d’un temps où les pensées intuitives se rapportant à la spiritualité commençaient à être considérées comme étant diaboliques. L’enseignement de base à la nature humaine provenait de l’obscurité (de l’ignorance). Les cadeaux de l’Esprit étaient perçus comme les oeuvres du diable. Les personnes de cette réunion devaient faire quelque chose pour préserver ces simples vérités de Dieu qui avaient côtoyées l’humanité pendant des éternités, car elles étaient désormais menacées.

Ce groupe réalisait ou comprenait qu’une « religion moderne » était en train de naître. Elle commençait à enseigner que l’Être Humain naissait en état de déchéance, d’impuissance, et que les prophètes détenaient la clé de tout. Par conséquent, ils devaient être suivis et adorés par des disciples, même pendant et après la mort. La spiritualité était redéfinie dans un ensemble qui était fragmenté et impersonnel. Des Êtres Humains commençaient à écrire des lois 3-D qui spécifiaient comment « suivre et adorer », alors que d’autres saisissaient ces opportunités pour s’octroyer plus de pouvoir sur les autres.

L’humanité s’enlisait dans une spiritualité obscure qui était emplie de mythologie, de souffrance, de mort, de guerre et de haine. Tout cela était fait « au nom de Dieu ».

Les membres de cette illustre réunion commencèrent par sortir des choses, qui, selon eux, pouvaient servir d’attirail énergétique, c’est-à-dire, les pierres cristallines. Ils placèrent ces pierres (cristaux) dans leur cercle. Cet arrangement était très particulier et très intéressant. Ce schéma est connu aujourd’hui sous le nom de « double tétraèdre », et il avait une forme sacré pour les personnes de cette civilisation.

La logique demande que la science change -  Permettez-moi de parler du lignage spirituel, parce que vous êtes dans un changement qui commence à révéler des vérités anciennes. Regardez le bastion de la pensée logique qui commence à craquer, car la science empirique elle-même commence à argumenter sur l’existence d’une « énergie intelligente » qui serait, possiblement, un pilier de création et d’évolution.

Depuis le début de vos temps dits modernes, Dieu n’a pas eu de place au sein de votre science. Toutefois, au cours de la dernière génération, les personnes qui étudient les nombres, les possibilités et les paradigmes de la création, ont commencé à voir une logique qui tient le coup – envers et contre tous.

L’Univers semble s’être développé selon un concepteur ou un concept intelligent. Le facteur chance ou hasard est totalement exclu de ce concept intelligent. Évidemment, ce concept est controversé, puisqu’il fait état d’une sorte de conscience supérieure de la création. Peu importe les arguments de la controverse, la science ne peut nier que les probabilités des faits qui sont devant elle, jouent en faveur d’un concept intelligent. Il est tout simplement impossible, que tout ceci se soit réalisé par hasard ou par accident.

Gaia commence à avoir une mauvaise réputation ! Elle devient très controversée, car l’idée que la terre pourrait avoir une « conscience de la vie », au sein de son évolution, est maintenant devant la communauté scientifique. Pourquoi ? C’est parce que, au fur et à mesure que l’histoire de la Terre est révélée, les faits sont criants. Ils montrent qu’il y a un plan de vie, un système où les hasards ne peuvent pas exister… Une intelligence qui maintient, favorise et affine sans cesse la vie.

En ce moment, les scientifiques sont divisés entre deux mondes de pensée. Est-ce qu’il y a une énergie autosuffisante appelée Gaia, qui peut effectivement protéger, équilibrer et faire évoluer la vie sur Terre ?

Ou bien… Est-ce que la Terre s’est développée tout à fait au hasard, car il y a des faits qui prouvent que la vie s’est détruite par elle-même au moins sept fois, au cours des derniers millénaires ?

En effet, ce fut le cas. Par conséquent, il y en a qui disent que la vie finit par s’autodétruire à chaque fois qu’elle apparaît sur Terre.

D’autres disent que ces départs et arrêts du cycle de vie permettent à Gaia d’améliorer sans cesse la qualité de vie sur cette planète.

Il existe un attribut particulier qui est remarquable. Les scientifiques l’observent, car il semble donner raison à Gaia. Si vous regardez ce qui s’est passé, il est évident que l’énergie de la planète appelée Gaia a appris des départs et arrêts de chaque cycle de vie. L’un de ces cycles s’est terminé lorsqu’il y avait trop de vies basées sur l’oxygène. Donc, elles ont absorbé l’oxygène de l’atmosphère. C’est ce qui a, pour ainsi dire, tué la vie sur la planète. Cependant, le plus intéressant est à venir. Au cours du cycle suivant, l’expansion de la vie a profité d’un tout nouveau processus appelé « la photosynthèse » (assimilation chlorophyllienne).

Gaia a créé un système où des plantes de la planète pourraient produire l’oxygène nécessaire au cycle de vie. Les choses que la vie éliminait comme des résidus allaient devenir la nourriture des plantes. Ainsi naquit une relation symbiotique dite naturelle, qui semblait au hasard. Toutefois, l’évidence d’un processus intelligent s’imposait. Sur une longue période de temps, le facteur chance ne pouvait plus être utilisé. Il ne pouvait s’agir d’un fait aléatoire. Au lieu de cela, une « chose ou énergie » avait appris des erreurs du passé, et elle avait appliqué les corrections nécessaires à l’évolution de la vie sur Terre.

Gaia était vivante et bien portante. Elle raffinait lentement et sûrement la scène de l’humanité.

L’étape suivante – la conscience humaine : Pourquoi est-ce que je parle de ceci comme étant un lignage spirituel ? C’est parce que vous êtes ici, chers Êtres Humains. Vous êtes le produit de tout ceci, et Gaia continue à vous fournir les changements nécessaires.

En ce moment, il se produit un changement de conscience sur la planète. Il représente la suite des étapes d’évolution de la force de vie. La vie n’a pas une autodestruction aléatoire, programmée par un destin quelconque. Non, au lieu de cela, vous voyez l’essence de Gaia au travail. Vous pourriez dire  que la conscience humaine et la Terre travaillent en équipe, et vous auriez raison. Ce travail d’équipe est si fort qu’il brouille l’image des départs et arrêts des cycles de vie. Cela ne s’est jamais vu, au cours de l’histoire de l’humanité.

C’est ce que les Mayas avaient observé dans leurs études spirituelles des vibrations et du calendrier. Vous êtes en partenariat avec la Terre. Votre conscience parle à la structure cristalline (le souvenir des Archives Akashiques), et elle vibre à l’unisson avec vos pensées. Tout ceci va au-delà de la Caverne de la Création, puisque vos pensées atteignent aussi la Grille Cristalline de la planète.

Une personne vit une vie. Ensuite, elle se réincarne en amenant une énergie – dans son ADN – de ce qu’elle a ou n’a pas accompli lors de sa dernière incarnation. Elle fait de son mieux pour corriger ces dites lacunes. Le karma a été la force motrice de ce qu’un Être Humain est devenu au fil des incarnations ou réincarnations… La force motrice de sa personnalité ou individualité, de ce qu’il a voulu, de ses peurs, de ses espoirs et de ses passions. Le karma conduisait à tout cela.

Au cours des 20 dernières années, tout a changé. Si vous êtes dans la métaphysique depuis très longtemps, vous prétendrez peut-être que rien n’a changé. Vous direz ; « Dieu ne change pas, peu importe que ce soit hier, aujourd’hui ou demain. » Et vous aurez raison ! L’amour de Dieu ne change pas, car l’essence de sa personnalité est bien au-delà de la notion du temps linéaire.

Le vrai changement se situe dans la relation des Êtres Humains avec Dieu et avec Gaia, ainsi qu’avec les Archives Akashiques et tout ce qui représente le système.

Dans cette nouvelle relation ou perception de Dieu et de Gaia, la conscience commence à changer à un degré où les Êtres Humains peuvent arriver sur cette planète et dire ; « J’en ai terminé avec cette « chose » appelée Karma. Il n’existe plus. »

Et c’est ainsi.

Kryeon

Sur le blog de Francesca http://francesca1.unblog.fr/

Canalisation présentée à McCaysville, Géorgie, le 11 juillet 2009 Par Lee Carroll

La cinquième maison

gifs papillonsIl ne fallut pas longtemps avant que Mike s’aperçoive que le trajet hors du sentier battu comportait certains défis. Il devait constamment vérifier la positon du soleil pour s’assurer de marcher dans la bonne direction. De plus, il consultait régulièrement sa carte pour ne pas rater la maison. Il progressait donc beaucoup plus lentement. 

Malgré ces quelques difficultés, il trouvait l’étape plus agréable que les autres. Il réalisait un désir de rendre Violette fière de lui. Il le faisait aussi pour lui, pour se prouver qu’il pouvait s’opposer à tout ce qui était établi, même en terre spirituelle. Il songeait aussi qu’une fois suffirait et que lorsqu’il aurait atteint la prochaine maison, il reprendrait probablement le sentier tout racé pour se rendre aux autres demeures. C’était plus facile, sans faire obstacle à ses choix. En fait; il sentait plus que jamais que sa décision de rester sur le sentier s’affermirait parce qu’il aurait connu l’opposé. Il pouvait faire un choix éclairé depuis qu’il avait expérimenté les deux façons de voyager et ne se sentait pas tenu de suivre la voie tracée. 

Mike constata aussi que l’impression d’être surveillé avait disparu. Avait-il conjuré le sort de son poursuivant ? L’entité sombre et sinistre qui le poursuivait avait-elle tout simplement disparu ? Non, dans sa sagesse, Mike comprit que le fait d’avoir modifié sa façon de se déplacer avait confondu la vilaine créature qui s’était acharnée sur lui depuis le début. Elle réaliserait sans doute rapidement ce qui s’était passé et se mettrait à sa recherche. Dans ces conditions, Mike devait faire preuve de prudence, assurer ses arrières et surveiller la voie qui s’étendait devant lui. 

Au bout de quatre heures environ, le ciel se couvrit. Michael ne se faisait pas d’illusions. Une autre de ces tempêtes bizarres, effrayantes et violentes se préparait ; mieux valait songer à se trouver rapidement un abri. Il se rappelait que la dernière fois il s’était retrouvé écrasé au sol, priant qu’on lui conserve la vie. 

Mike sortit sa carte pour voir ce qui l’entourait. Encore une fois, elle lui indiquait son entourage immédiat. Il constatait qu’il venait de passer un abri ressemblant à une grotte. Mike se rappelait l’avoir contournée, mais du côté opposé à son ouverture. Il remit la carte dans es bagages et rebroussa chemin jusqu’à ce qu’il retrouve l’entrée de la grotte. 

Pendant le peu de temps qu’il avait mis à revenir sur ces pas vers l’abri qu’il croyait trouver, la tempête avait pris une ampleur étonnante. Le ciel était devenu noir et le vent s’élevait. La pluie commençait à se joindre aux vents lorsque Mike entrevit l’ouverture de la grotte et décida de presser le pas. Au moment même où il franchissait l’entrée, la nature se déchaina. Mike dut se placer tout au fond de la grotte pour éviter de se faire mouiller ou d’être attiré par la force colérique des éléments. Il ne pouvait s’empêcher d’être émerveillé par la vigueur de l’intempérie et remercia Bleu de lui avoir remis cette carte lui ayant permis de se mettre à l’abri du danger au tout dernier moment. Encore une fois, la carte, toujours à jour, lui avait rendu un fier service. 

Il regarda le spectacle, bien au chaud, à l’intérieur. Il ne pouvait quitter des yeux l’action terrible qui se déroulait dehors. Quelle chance d’être en sécurité ! 

Alors qu’il se demandait pourquoi il y avait de telles tempêtes sur cette terre sacrée, il lui sembla entendre la voix de Bleu. -       Michael Thomas, il n’y a jamais de tempête sur cette terre, sauf lorsqu’un humain est sur la voie de l’apprentissage. 

-       Tu veux dire que si je n’était pas ici, il n’ y aurait pas de tempête ? -       Oui, lui répondit la voix de Bleu. 

-       Mais, je n’en fais pas partie. La tempête ne m’atteint pas. -       Voilà ! dit Bleu en riant. Tu as appris à te service de la carte. Crois-le ou non, des humains ont écarté la carte dès le début de leur voyage, pensant que c’était une blague. Tu as compris son rôle et son caractère « actuel » est devenu ton mode de vie. Tu as un pied dans le temps spirituel présent, mais tu apprends aussi à mesurer le temps linéaire au fur et à mesure que tu progresses sur la route. Voilà pourquoi, lorsque la leçon de la tempête se présente, tu peux y échapper et te mettre à l’abri. Michael, nous t’aimons tendrement ! 

Cette idée fit sourire Mike. Tout ça pour lui ! Une telle énergie ! Et toute cette planification ! Il regarda dehors et hurla au vent : -       Tu peux te calmer maintenant. Je suis en sécurité. Il ne parvenait pas à arrêter de rire. 

La tempête dura environ deux heures. Le temps s’éclaircit au crépuscule. Mike se demandait s’il avait le temps d’atteindre la prochaine maison et s’il parviendrait à la trouver sans la présence du soleil. Cependant, il se sentait bien et apte à se défendre. Il examina la grotte, observa l’angle du soleil et se dirigea vers le nord, où il savait trouver la maison. 

Il n’avançait pas très vitre dans cette obscurité. C’était la première fois qu’il était dehors en pleine nuit sur cette terre. Y aurait-il des étoiles, une lune ? Il le sut rapidement. Il ne vit rien de tout cela. Lorsque la dernière lueur du crépuscule eut disparu, il se retrouva dans la noirceur totale. Et quelle noirceur ! Impossible de voir la carte. Il comprit qu’il aurait dû rester dans la grotte. Il n’était pas prêt à affronter ce type de situation. Il s’assit, ne voulant pas trébucher sur un objet qu’il n’aurait pas vu en travers du chemin. 

Au bout d’une heure dans cette obscurité totale, Mike remarqua que ses yeux fonctionnaient d’une étrange façon. Peut-être se passait-il quelque chose de bizarre ? Plus tôt, le soleil s’était éteint à l’ouest comme il se devait. Mike en avait déduit que le nord se trouvait du côté de cette montagne qu’il avait décidé d’utiliser comme point de repère. Or, comme il n’y avait ni lune ni étoiles, il ne parvenait plus à voir la montage, du moins au début. Faiblement, au nord, le sommet de la montage commençait à se poindre. La même lueur rouge qui avait accompagné le coucher de soleil était tout à coup visible, faisant ressortir le point de repère que Mike s’était fixé. Et un éclairage quelconque provenait de cette direction. 

Mike se leva, alerte mais prudent. Cette faible lueur rouge émanant du nord lui permettait graduellement de voir la terre qui l’entourait. Il se dirigeant lentement et silencieusement, vers la lueur rouge. Il glissait ses pieds sur le sol, pour éviter d’être surpris par une dénivellation trop abrupte. Penché vers l’avant et scrutant le sol du regard, il avançait à pas de tortue. 

Dans on cheminement laborieux, Mike trébucha et tomba sur une surface plutôt douce. Le sentier ! Il avait décidé de l’abandonner, et c’est lui qui le retrouvait au moment opportun. Quel endroit étrange ! 

Mike vit que le sentier formait un angle oblique par rapport à la montagne qu’il avait choisie pour lui indiquer le nord. Il était par contre convaincu que le chemin le mènerait vers la prochaine maison qu’il n’avait pas encore dépassée, il en était certain. De plus, il constata que la lueur provenait d’un point vers lequel le sentier se dirigeait. Il se plaça vers ce qu’il estimait être le centre du sentier et continua d’avancer toujours très lentement.  Il essayait de se tenir au milieu du sentier, mais de temps en temps, il en frôlait ses extrémités. Il riait. 

C’est encore pire que le brouillard sur la côte de Santa Monica, en juin ! Il se rappelait avoir circulé à bicyclette le soir dans un brouillard si épais qu’il parvenait à peine à discerner la ligne blanche au centre de la route. Comme il aurait voulu que le sentier ait une ligne blanche ! 

Mike remarqua qu’à l’approche de la lueur, il pouvait voir plus clairement. Peu à peu, le sentier devint presque complètement éclairé, ou du moins, suffisamment pour que Michael puisse se redresser et marcher normalement. Il devait tout de même être prudent. Il ne connaissait pas l’origine de la lumière et devait être prêt à toute éventualité. 

Au détour du chemin, Mike comprit l’origine de la lueur. Il n’en croyait pas ses yeux ! C’était la prochaine demeure. Elle était d’un rouge vif. Mike constata qu’à encontre des autres maisons, celle-ci brillait vraiment de l’intérieur. 

Il se permit de ralentir son rythme à l’approche de la maison rouge. La lumière de la maison se rendait jusqu’à lui et, en s’approchant, Mike vit la pancarte indiquant MAISON DES RELATIONS. Il s’arrêta. 

-       Oh là là ! dit-il en soupirant. Voilà une matière que j’ai déjà ratée ! J’espère qu’il n’y a pas d’autres films ! -       Eh oui, il y en a ! Le jeune ange rouge était apparu soudainement sur le palier. « Salut à toi Michael Thomas de l’Intention pure. Nous croyions t’avoir perdu ! 

-       Pas de chance, mon ami rouge, dit Mike, j’ai tout simplement décidé de prendre mon temps. Je suppose que je n’avais pas particulièrement envie de voir tes films. Ressemblent-ils à ceux de Violette ? -       Absolument pas ! 

L’ange rouge était magnifique. Une véritable vedette de cinéma, un personnage d’action au corps taillé au couteau. Il était immense. Il avait une personnalité décontractée et agréable, de sorte que sa haute stature n’effrayait pas, comme dans le cas des autres anges d’ailleurs. Ses vêtements rouges lui donnaient un air sacré. Mike se rappelait avoir vu cette couleur chez les hauts prélats de l’église. 

-       As-tu faim, Mike ? -       Terriblement. 

Rouge guida Mike dans la maison, après lui avoir fait signe d’enlever ses chaussures ! Il fit un clin d’œil à Mike, comme pour lui rappeler pourquoi le sol était sacré. Michael était intimidé d’attirer encore une fois tant de respect et ne dit rien. Il retira ses chaussures et les déposa devant la porte. 

Comme auparavant, l’extérieur de la maison ne laissait rien prévoir de son intérieur. La maison était immense. Elle comportait des escaliers, des arches, et les fenêtres laissaient voir des paysages qu’on ne devinait pas de l’extérieur. Décidément, Mike ne s’habituerait jamais à l’inconsistance entre la physique et la réalité. Tout ça n’était pas sans lui rappeler Alice au pays des merveilles, et il se demanda si l’auteur avait déjà visité cette terre dans ses rêves. 

Quelle pensée étrange ! Devait-il chercher un lapin blanc ? -       Blanc, c’est la suivante, Michael ; pas de lapin hélas ! 

Mike rit. Donc, la prochaine maison était blanche ! La Maison blanche ! Il trouvait l’idée amusante et Rouge aussi. Mike avait le sentiment que ce qu’il allait apprendre ici serait intéressant. Il percevait Rouge comme un membre de sa famille. Tout comme Vert, Rouge aurait pu être son frère, peut-être même un frère célèbre. Bleu et Orange étaient comme des oncles et, bien sûr, Violette était la mère. Il avait hâte de rencontrer le père ! -       Tu as l’impression de faire partie de la famille ? Rouge s’était arrêté devant les appartements de Mike. Et, bien sûr, l’odeur de nourriture se percevait aisément. 

-       Oui ! -       Tu ne pouvais mieux tomber. Tu es dans la bonne maison. Rouge avait guidé Mike jusqu’à la salle à manger et, comme toujours, un merveilleux repas l’y attendait. 

-       A demain matin, Michael Thomas. Dors bien et que tes leçons t’apportent la paix. Avant de retirer et de refermer la porte, Rouge lui souhaita un dernier bonsoir. 

Mike riait sous cape en constatant la politesse dont les anges faisaient preuve au fur et à mesure qu’il avançait sur son chemin. Il se sentait très en paix. Il savait que Rouge était au courant de ses expériences dan la maison violette ainsi que des sentiments et des émotions puissants qui en avaient surgi dans l’âme de Mike. Il appréciait qu’on lui fasse savoir que les prochaines leçons seraient différentes. 

Mike mangea d’un bon appétit. Il n’avait pas pris de repas durant la journée et son parcours dans la noirceur avait exigé beaucoup d’énergie, plus qu’il ne l’avait d’abord cru. Fatigué, il s’endormit aussitôt après le repas. Il était calme et ressentit la paix et le confort que lui offrait la maison rouge. Il dormit paisiblement et profondément, tout comme s’il avait déjà atteint son but. 

Plus tard, alors que Michael Thomas dormais profondément, une créature verte, sale, repoussante et en colère boudait sur le sentier, devant la maison rouge. La forme sombre et répugnante savait que Mike était à l’intérieur. Elle avait attendu encore et encore sa venue au détour de la route, mais rien ne s’était produit. La silhouette difforme écumait de colère et de rage bouillante et n’y comprenait rien. Comment Mike avait-il su qu’elle l’attendait ? Il devait avoir quitté le chemin. Michael avait effectivement atteint la maison sans suivre le même parcours. Mais comment ? L’entité malveillante savait que les anges ne pouvaient intervenir. Ils n’avaient donc pu lui dire qu’elle était là. Il faudrait revoir le plan d’attaque. En devançant Michael, elle l’avait perdu. Fallait-il retourner à la tactique de la poursuite ? C’était en tout cas, la façon de savoir où Mike se trouvait. Que faire ? 

Comme d’habitude, l’horrible créature trouva une place pour faire le guet en attendant que Mike reparte de la maison rouge. Tant et aussi longtemps qu’elle savait où Mike se trouvait, elle était contente. L’entité négative s’occupa à penser à sa confrontation avec Mike. Elle refit sans cesse des plans, révisant les stratégies et en construisant de nouvelles. Il faudrait beaucoup d’énergie et un peu de tricherie, mais elle connaissait bien  Michael Thomas; l’entité connaissait ses pensées et ses réactions et réexamina les techniques à utiliser pour la réussite du plan. La confrontation aurait lieu sur le chemin menant à la dernière maison, là où Michael serait le plus vulnérable. Elle attendrait. Il fallait compter sur la ruse. Il faudrait faire semblant emprunter une autre forme, quelque choses que la masse verte ne parviendrait à maintenir qu’un court instant, mais c’est tout ce qu’il fallait. 

gifs papillonsComme dans les maisons précédentes, Mike se leva et enfila les vêtements prévus à son intention. Propres et frais, ils étaient rouges. Michael se rappela encore une fois les paroles d’Orange qui lui avait dit qu’il n’y aurait pas de déchets humains reliés à ses raps sur cette terre. Mike se rendit également compte que sa barbe n’avait pas poussé depuis le début de son voyage. C’était en quelque sorte comme si le temps était suspendu, prévenant le fonctionnement et le vieillissement de ses cellules. Quel endroit ! Il se régala du petit déjeuner préparé pour lui dans la pièce attenant et songeait à son périple lorsqu’on frappa à la porte. Rouge enta. -       Je vois que tu es frais et dispo, Michael Thomas. 

-       Tout à fait, Merci de cette charmante hospitalité. Mike se sentait bien. Il était encore ébahi de l’apparence éblouissante de Rouge. -       Tu mérites tout cela, Michael Thomas de l’Intention pure, dit Rouge en souriant. 

Puis il fit signe à Mike de se lever et de la suivre dans la salle de formation de la Maison des relations. Rouge guida Mike vers des pièces qu’il n’avait pas vues la veille. Cette maison était très différente des autres. Tout ce rouge rendait Mike vivant et énergique c’était une sensation extraordinaire. Puis, ils arrivèrent dans une grande salle de spectacle dont la disposition ressemblait étrangement à celle de la maison violette, sans oublier le fauteuil moelleux, encore une fois trop près de l’écran. Rouge savait que, de cette place la projection risquait d’indisposer Michael à la suite de son expérience dans la maison précédente. 

-       N’est pas ce que tu crois, Michael, dit Rouge d’un ton rassurant. -       Merci, mon ami, dit Mike avec reconnaissance. Dois-je m’asseoir ? 

-       Oui. Rouge se dirigea vers l’arrière de la salle comme l’avait fait Volette avant li et entreprit de faire fonctionner l’équipement. Confortablement installé dans son fauteuil, Mike était prêt, et la projection commença. 

Cette fois, il n’y avait pas de son. Rouge expliquait ce qui se déroulait sur l’écran. Il avait eu raison. Les images étaient régénératrices formatrices, inspirantes et extraordinaires ! Il n’y avait ni tristesse ni repli sur soi, et les émotions de Mike n’étaient pas sollicitées. On avait plutôt l’impression d’assister une représentation de diapositives et non à des images animées. 

-       Tu vois, Mike tout ceci traite de la famille. Tu as déjà appris dans la maison précédente que tu joues plusieurs rôles sur la planète et il en va de même pour ceux qui sont autour de toi. Tu as aussi appris que tous les humains acceptent et planifient la direction de leur vie avant même de la commencer. Maintenant, le temps est venu pour toi de comprendre la relation entres acteurs. Nous allons bien définir la famille. 

Incrédule, Mike vit apparaître devant lui, vingt-sept beaux visages. Rouge leur attribua des noms très longs que Mike n’avait jamais entendus. Ils avaient tous une résonnance  angélique et Mike pensa qu’il devait être difficile de les écrie. Il entendit des noms comme Angenon, Aleeilou, Beaurifee, Vereeifon, Kooigre, et encre bien d’autres. Ensuite, Rouge lui présenta ce qui ressemblait à l’arbre généalogique de chacun. En tête du tableau, Mike vit des noms terrestres et des visages qu’il reconnaissait, mais aussi des noms et des visages inconnus. Michael reconnut d’abord ses parents, des amis de l’école ou de l’église, des confrères de travail et plusieurs personnes qu’il avait à peine connues. Il y avait même des étrangers. Mike prit le temps d’identifier chacun d’eux. Il revit des enseignants qui l’avaient influencé ; il revit Henry le Tyran et son premier amour, Carole ! Il vit son ami John, puis le voleur qui l’avait presque assassiné dans son appartement. Et, il revit Shirley, la femme qu’il avait aimée et perdue à Los Angeles. 

Il y avait d’autres images de gens qu’il ne connaissait absolument pas. Une femme attira particulièrement son attention. Elle arborait une magnifique chevelure rousse, des yeux verts et un sourire éclatant. Mike ressentait l’énergie de cette image, sans savoir pourquoi. L’image suivante lui fit dresser les cheveux sur la tête ! C’était la femme ivre dont la voiture avait percuté celle de ses parents et causé l’accident fatal. Elle avait été tuée sur le coup et Mike pensa qu’elle l’avait bien mérité. Mais qu’est-ce qu’elle faisait là ? Mais… sa propre image était là aussi. Sous la première rangée de photos reliées entre elles par des lignes, se trouvaient d’autres images de gens à leur tour reliées par des lignes horizontales. 

-       Tu vois, chaque ligne horizontale représente la durée d’une vie, Michael Thomas, dit Rouge pendant que Mike examinait l’ensemble. Ce sont toujours les mêmes acteurs. Les noms changent et les genres aussi, mais ce sont les mêmes entités et elles composent ta véritable famille. E groupe, vous voyagez à travers le temps ; certains s’ajoutent, d’autres se retirent mais vous formez tous une famille. Maintenant, tu vas entendre leur histoire. 

Ce qui se produisit ensuite fut l’un des phénomènes les plus extraordinaires et les plus révolutionnaires que Mike eut jamais expérimenté. Il fut totalement décontenancé par ce qu’il vécut dans la salle aux fauteuils rouges et en présence du magnifique ange de la même couleur. Il était immobile et bouche bée dans son fauteuil rouge, revêtu de ses vêtements rouges. 

La première image dans l’angle supérieur gauche du tableau se décupla soudain pour couvrir toutes les autres et s’anima. Puis, il y eut du son et Shirley, l’amour de Mike, apparut vivante sur l’écran, dont elle sortit pour se placer devant Mike. Elle était réelle et ne faisait plus partie d’un film ou d’une séance de diapositives. Elle s’adressa directement à Mike et se mit à lui raconter son histoire. 

-       Michael Thomas, je suis Reenuei de Quadril Cinq. Je fais partie de ta famille et je t’aime tendrement. Pour toi, dans cette vie, je Shirley. Au siècle dernier, j’étais Fred, ton frère. Puis avant, Cynthia, ton épouse. Michael Thomas de l’Intention pure, nous avons un contrat dont l’énergie s’appelle le karma. Nous avions prévu nous rencontrer encore dans cette vie, ce que nous avons fait. Nous avons conclu une relation entreprise il y a des siècles et nous l’avons bien fait. Nous avions convenu de générer en toi des sentiments qui te mèneraient à la croisée que tu franchis maintenant. C’est le présent que nous avons échangé. Nous avons accompli cette étape ensemble. 

Mike restait bouche bée. Elle n’était pas une image sur l’écran, mais bien réelle. Il écoutait une entité qu’il connaissait bien lui dire qu’elle était Shirley, qu’il l’avait connue avant , encore et encore. Quelle manifestation d’amour ! Chaque parole regorgeait de vérité et de signification. Chaque explication se révélait indéniablement complète. Quelle histoire ! Quel endroit ! Mike ne savait pas si Shirley pouvait l’entendre là où elle était, mais la silhouette incontestablement réelle qui se tenait devant lui méritait une réponse. -       Merci, chère Shirley ! Mike salua celle qu’il avait connue et aimée. Il avait capté la relation selon un angle tout nouveau. Elle était devenue une amie plus qu’une femme qui avait ruiné sa vie. Shirley disparut graduellement de l’espace occupé devant lui. 

L’image qui se présenta ensuite faisait référence à une relation d’amour complexe, à une intrigue. C’était le professeur de secondaire préféré de Mike, M.Bourroughs. il lui expliqua avoir fait partie de sa vie à plusieurs reprises, comme bien des gens d’ailleurs. Cette fois, ça avait été durant la formation scolaire de Mike. Le rôle le de celui-ci était évident. Ils s’étaient en fait aidés mutuellement de plusieurs façons, ce dont Mike n’était pas vraiment conscient. Ils avaient un contrat et l’énergie karmique de l’apprentissage, bien que très subtile. Mike le salua à haute vois, et l’image de son professeur s’évanouit également. 

Soudainement, grande comme la vie, apparut l’image de son père. Mike n’était pas triste : son père était vivant ! La forme de ce dernier se retira de l’écran pour prendre tout bonnement place devant Mike. Il commença à parler et Mike l’écouta avec grand plaisir. 

-       Michael Thomas, je ne suis pas qui tu crois, dit une entité source dont la voix résonnait différemment de ce que Mike avait connu. Je suis Anneehu de Quadril Cinq et je fais partie de ta véritable famille. Le visage que tu vois devant toi est celui de ton père et j’ai joué mon rôle dans la vie humaine exactement comme je l’avais planifié avec ta mère et toi avant même que nous n’arrivions sur terre. Tout ce qui s’est passé était pertinent et nous sommes partis rapidement pour accomplir encore plus dans d’autres domaines spirituels. En te quittant pour vaquer à d’autres occupations, nous t’avons laissé ton plus grand présent, Michael. Notre départ a servi de catalyseur à ton illumination. Nous étions nés à la vie et avions à enseigner la lourde leçon karmique de la mort et out s’est déroulé comme prévu. C’et la raison pour laquelle tu occupes ce fauteuil. Nous t’aimons tendrement pour le voyage que tu accomplis et pour le fait que tu reconnaisses maintenant le présent. 

Mike sentait la vie émanant de cette entité qui s’adressait à lui. Il mémorisa son nom Anneehu. Il voulait que sa reconnaissance soit désormais empreinte en lui. Comment la tristesse pouvait-elle entourer la mort de son père, maintenant qu’il savait la vérité à ce sujet ? La notion de présent prenait de plus en plus d’importance au fur et à mesure que l’entité qui avait été son père poursuivait son histoire. Elle l’entretenait des guerres qu’ils avaient faites ensembles, des frères et de soeurs qu’ils avaient été, il y avait bien longtemps, sur des continents qui n’existaient déjà plus sur la terre. 

Quand le père de Michal eut terminé, il sourit et s’évapora, comme les autres avant lui. Mike était ému, mais ni triste, ni replié sur lui-même. Tout était tellement énergisant ! Il parla à l’image de son père au moment où elle disparaissait. -       Je suis très reconnaissant de ce présent. Mike était convaincu de la véracité de ces faits et inclina la tête en signe de respect. 

Sa mère apparut ensuite et Mike écouta avidement, cloué sur sa chaise, son histoire sur la leçon karmique auprès de lui et des autres. 

-       Je suis Eleeuin, aussi de Quadril Cinq. Je t’aime tendrement et t’ai accompagné de nombreuses fois par le passé. Elle poursuivit son explication des rôles qu’elle avait joués dans ses vies. Elle l’avait même tué, alors qu’ils étaient deux sœurs. Elle parla de l’énergie créée par les actions d’une vie et qui se répercutait sur les suivantes et de la façon dont elle participait aux leçons d’interaction. Elle n’ébranla pas Mike sur le plan émotif e tne suscita pas en lui de mélancolie. Elle lui donna de l’information dans un style magnifique. Elle aussi était réelle, vivante. Lorsqu’elle commença à disparaître, il s’adressa aussi à elle. -       Merci du présent, Eleeuin. Mike tenait à se souvenir des véritables noms de ses parents. Se rappeler ceux de tous les autres était au-delà de ses compétences, mais il voulait conserver ces deux-là éternellement dans sa mémoire. 

Une à une, les images se manifestèrent devant Mike dans toute leur réalité. Elles se présentèrent et évoquèrent l’amour qu’elles avaient eu pour Michael Thomas. Elles parlaient souvent de la famille et toutes venaient de cette place au nom étrange de Quadril Cinq. 

Durant la journée, Mike ne rencontra que neuf des vingt-sept visages qui figuraient à l’écran, et les lumières furent rallumées. Silencieux, Mike constata encore une fois qu’il n’avait pas pris de repas du midi. Rouge quitta son poste de projectionniste et se planta devant lui. -       Fatigué ? 

-       Non, vivifié ! Faut-il arrêter ? Rouge rit de bon cœur et fit signe à Mike de la suivre vers la salle à manger. -       Nos avons des images pour deux autres journées encore. 

Presque toute la famille y passera ! Des millions de questions venaient à l’esprit de Mike se dirigent vers la salle à manger. -       Rouge, je t’invite à dîner. Je sais que vous ne mangez pas mais, j’ai tellement de questions à te poser. 

-       Oui, bien sûr. Rouge s’amusait. Mike pensa qu’il avait certainement autre chose à faire, oubliant qu’il était là pour lui et tous les autres qui empruntaient ce chemin. 

Ils pénétrèrent dans la salle à manger où deux places avaient été mises. Surpris, Mike regarda Rouge. 

-       Qui manque avec nous ? -       Je pensais que tu m’avais invité, dit Rouge d’un ton légèrement ironique. 

-       Mais tu ne t’alimentes pas ! -       Qui adit ça ? Rouge s’amusait vraiment et il s’installa à la table devant Mike avant de se verser un verre de jus de fruits. Mike était ébahi. 

-       Je n’ai jamais… enfin, les autres anges n’ont jamais mangé. J’ai conclu que… Rouge l’interrompit. -       Michael, les anges n’ont pas besoin de se nourrir, mais je vais me joindre à toi dans cette obligation humaine parce qu’il est agréable pour toi d’avoir de la compagnie pour dîner, n’est-ce pas ? 

-       Exact. Mike ne pouvait réfuter cet argument. Il  y avait des semaines qu’il ne s’était pas attablé en bonne compagnie. Il avait bien failli en avoir lorsqu’il était avec Vert. Au moins, il n’avait pas toujours été seul à l’heure des repas. Rouge était amusant. Il était peut-être le plus amusant d’eux tous. 

-       Je me sens honoré de cette pensée, lui dit Rouge en mangeant son pain, lisant dans ses pensées. Mike dînait en prenant de nombreuses poses pour faire place aux questions s’adressant à Rouge. -       Ce qui vient de se passer est-il réel ? quand ces gens me parlaient, le faisaient-ils par le biais d’un nouveau type de projection technique que je ne connais pas encore ? Rouge ne put s’empêcher de rire encore une fois, en s’essuyant le menton avec sa serviette. 

-       Pourquoi les humains veulent-ils absolument associer la réalité à l’illusion ? Même lorsque la vérité saute aux yeux, les humains la rejettent parce qu’elle leur semble irréelle. Décidément, je ne comprendrai jamais ! -       Et alors ? insista Mike. 

-       Absolument réel. Plus réel que la réalité sur terre, Michael. Ils sont ici, en personne, pour toi, dans cette maison. 

Sans véritablement comprendre, Mike continua quand même à interroger Rouge. -       Et tous ces noms aux consonances étranges ? J’ai remarqué que mon image n’en avait pas, seulement l’écriture bizarre que j’avais déjà vue. 

-       Tu en as un, Michael, mais il est dissimulé pour l’instant. T l’apprendras un jour, si nécessaire ; ou du moins la partie que tu parviendras à prononcer. Pour l’instant, c’est sans incidence sur ton illumination. Tu vois, tu ne sais pas mon nom et ça ne t’a pas empêché de profiter de ton temps ici. Rouge prit une autre bouchée. 

Michael ne s’était jamais arrêté au fait qu’il ne connaissait pas les noms des anges qu’il avait rencontrés dans les maisons. Il les nommait par leur couleur. Ça semblait plus facile ainsi, et tous l’y encourageaient. - rouge, quel est ton véritable nom ? Mike voulait vraiment le savoir. Il reprit encore un peu de salade en attenant la réponse de Rouge. 

Tu supposes qu’un nom est un son ? 

Mike remarqua que Rouge mangeait très maladroitement. C’était la première fois, de toute évidence ! La nourriture s’échappait de sa bouche et retombait dans son assiette. Il avait utilisé quatre serviettes jusqu’à maintenant et tentait de son mieux d’imiter les manières des humains en matière de consommation. C’était d’ailleurs très drôle mais Mike était trop préoccupé par ses questions pour s’arrêter à ce détail? Ce n’est que plus tard qu’il en rirait, mais pas aux dépens de Rouge bien sûr. Rouge poursuivit, après s’être encore une fois essuyé la bouche. 

-       Tous les noms des entités de l’univers constituent de l’énergie, y compris le tien et le mien. Ils ont des couleurs, des vibrations, des sons et même… une intention ! On ne peut les attribuer simplement comme un son résonnant dans l’air, comme un nom terrestre. Tous les noms que tu as entendus ou lus aujourd’hui ne représentant qu’une partie de l’énergie du nom entier de l’entité. Tu les as entendus ou lus du mieux que tu le pouvais, en fonction de tes capacités. Lorsque les entités spirituelles se rencontrent, elles peuvent « voie » les noms. Chaque entité porte avec elle sa lignée entière et ses réalisations dans les couleurs et les vibrations de son Mer-Ka-Ba, le nom du corps angélique. C’et beaucoup plus complexe que ce que tu peux saisir maintenant, Michael, parce que c’est interdimensionnel. -       Rouge, dit Mike, comptant en apprendre plus long, aujourd’hui, dans la salle de cinéma, pourquoi certaines images de la rangée du haut n’ont-elles pas présenté leur histoire alors que ç’aurait dû être leur tour ? 

Mike pensait surtout à la femme à la chevelure rousse dont l’énergie l’avait frappé. Elle était dans la première rangée, mais n’avait pas pris la parole. -       Ce sont des humains que tu n’as pas encore rencontrés, Michael. Rouge but une gorgée de jus et tenta sans succès d’éviter que le liquide ne coule de chaque côté de sa bouche. Il dut avoir recours à une autre serviette, la septième ! 

-       Alors, ceux que je n’ai pas connus, ils ne comptent pas ? -       Les contrats non remplis ne sont normalement pas montrés ici, Michael. Ça ne signifierait rien pour toi puisque tu n’as pas rencontré ces personnes. Ceux qui se présenteront à toi sont ceux que tu connais déjà. 

Mike s’appuya sur le dossier de sa chaise pour mieux réfléchir à une pensée qu’il n’avait pas eue depuis quelque temps. Il s’interrogea sur la pertinence de ce voyage au pas des sept maisons. S’il était resté à Los Angeles, il aurait pu connaître les personnes dont les plans spirituels correspondaient aux siens. Avait-il mis fin à quelque plan cosmique ? Quelles en seraient les conséquences ? Rouge « écoutait » et répondit à la question non formulée. 

-       Michael, écoute-moi bien. Certaines choses qui s’offrent à toi sont incompréhensibles sur le plan des trois dimensions. Ton esprit n’est pas celui de Dieu ici. Tu ne peux pas savoir ce que nous savons déjà. Tu es encore humain et nous t’aimons beaucoup pour ce que tu es. Il se passe plus de choses ici que tu ne le crois. Tu as choisi de quitter le chemin, et c’est un accomplissement. Il n’y arien d’inapproprié dans ce que tu as chois de faire. Nous ne t’apporterions pas toute notre aide s’il n’était pas sacré que tu sois ici au moment présent. Mike n’avait jamais perçu son choix de faire ce voyage comme une décision sacrée. Il continuait à le percevoir telle une fuite. Il apprenait à rentrer chez lui et, pour une raison quelconque, c’était un geste honoré et béni de ces êtres angéliques. Rouge avait raison. Mike ne voyait pas la situation dans son ensemble. 

-       Vais-je comprendre un jour ? -       Lorsque tu seras devant la porte du but et que tu l’ouvriras, tu comprendras. 

Rouge se leva et quitta gracieusement la pièce. Après son départ, Mike se leva et alla se placer près de la chaise qu’il avait occupée. On aurait cru qu’un enfant de trois ans avait mangé là. Les miettes de nourriture et le jus étaient répandus partout. Mike éclata de rire. 

-       Rouge, je t’aime, s’exclama-t-il. Mike réalisa la générosité de Rouge, qui avait accepté de partager son repas. Il avait essayé ! Même les anges ne sont pas doués dans certains domaines, je suppose. Puis, il se mit à réfléchir et se demanda s’il y avait des choses que Dieu ne pouvait pas faire ! Une voix se fit immédiatement entendre à son esprit… celle de Violette ! -       Oui, Dieu ne peut pas mentir. Dieu est incapable de détester. Dieu ne peut prendre de décision partiale dans on champ d’amour. C’est essentiellement la raison pour laquelle il y a toutes ces leçons sur la terre, pour que Dieu puisse subir un test d’impartialité. 

Oh là là ! Mike savait que quelque chose de profond venait d’être divulgué, mais il n’y comprenait rien. Sans doute qu’en temps et lieu, ces choses prendront leur véritable sens, pensa-t-il. Que c’était bon d’entendre la voix de Violette encore une fois. Quel endroit magnifique ! 

Durant son sommeil, Mike revit les deux entités angéliques Aneehu et Eleeuin entourées de couleurs vives et de motifs géométriques. Une vraie merveille ! En dépit du spectacle de lumières, il dormit très bien. 

gifs papillonsMichael était impatient de recommencer le lendemain. Il engouffra son petit déjeuner et suivit Rouge dans la salle de spectacle. Il se rua littéralement vers son fauteuil moelleux et attendit les exposés et les paroles éclairées de sa nouvelle famille. Tout était parfait. 

Henry le Tyran, se présenta à lui. Il parla du contrat qui les liait et de sa lourdeur. Mike et Henry avaient navigué ensemble autrefois et leurs vies d’alors avaient dicté les leçons à tirer dans celle qu’ils venaient de franchir. C’était fascinant et surtout plein de sens. Ils étaient associés dans une danse d’énergie éternelle. Il disparut, et Mike le remercia d’avoir si bien joué son rôle. 

Ensuite, la femme qui avait provoqué l’accident de ses parents s’adressa à lui. Elle prenait plaisir à s’exprimer. Elle se qualifiait de « catalyseur final » un autre langage spirituel que Mike ne captait pas encore. Elle laissait entendre que ce soir-là elle avait rendez-vous avec les parents de Mike sur cette route de campagne sombre et qu’elle s’était présentée à l’heure prévue. Elle parla des sessions de planification et de la façon dont les entités avaient applaudi lorsque tout fut joué. La mort offrait une énergie tout à fait différente pour ceux qui étaient  de l’autre côté. Une vraie pièce de théâtre ! 

La femme ne s’excusa nullement pour ce qu’elle avait fait. Elle n’avait pas à le faire puisque tout était dans l’ordre des choses. Mike ne portait plus de jugement. Il abonda même dans son sens. -       Merci du précieux présent, dit-il. Il avait prononcé ces paroles sincèrement. 

Le défilé des membres de la famille était terminé pour la journée. Mike se leva pour aller dîner. Il avait rencontré neuf autres personnes. Cette fois, il n’invita pas Rouge à manger, mais lui demanda tout de même de rester avec lui pendant le repas. Il avait d’autres questions à poser et ne voulait pas être distrait par la nourriture éparpillée ici et là et le jus renversé ! 

-       Rouge, plusieurs de ces entités vient encore sur la Terre. Comment peuvent-elles alors se présenter à moi et me parler ? -       Tu fais encore appel à l’expérience humaine pour comprendre la réalité du retour chez toi. Le véritable Michael Thomas peut être à plusieurs endroits à la fois. L’aspect de Dieu qui constitue la partie la plus élevée de ton âme n’est pas entièrement présent lorsque tu es sur la terre. Il est ailleurs, vaquant à d’autres occupations comme la conception d ‘autres plans d’énergie avec la famille puisque tu as décidé de changer de route. Rouge  souriait pendant que Mike prenait le temps de saisir ce qu’il venait d’entendre. 

-       De nouveaux plans ? -       Oui, de nouveaux plans. 

Mike était estomaqué. Les pièces du casse-tête commençaient à se placer. Les séances de planification se déroulaient non seulement au début, avant son arrivée, mais il devait y en avoir de nouvelles, à cause des choix éclairés qu’il avait faits. Elles faisaient appel à des parties de lui qu’l n’avait même pas conscience qu’elles existaient ! 

-       Cela veut-il signifier que j’ai une personnalité multiple ? -       Michael, ferme les yeux. Concentre-toi. Rappelle-toi les événements de la journée. Imagine-toi de nouveau dans la salle rouge… Où es-tu maintenant ? 

-       Dans la salle rouge. -       Je croyais que tu étais ici en train de manger ? 

Mike ouvrit les yeux et regarda Rouge d’un air découragé. -       Attends un peu. C’est dans mon imagination. Ce n’est pas plus important que mes rêves. Mon corps réel est ici. Mes pensées sont dans la salle rouge. 

-       Bien. Qu’est-ce qui est le plus réel : ton corps ou tes pensées ? -       Mon corps… enfin je pense. Mike était incertain de sa réponse. Rouge ne dit rien. Il se pencha plutôt vers Mike et lui donna matière à réflexion. 

-       Michaêl, la nuit dernière… tu as rencontré tes parents encore une fois. Et cette fois, ils t’ont montré leur énergie réelle et tu les as appelés de leurs noms véritables. Tu as voyagé avec eux et tu t’es bien amusé. 

Mike cessa de manger. -       Es-tu en train de me dire que c’était réel ? 

-       Oui. -       Mais je dormais, c’était un rêve. 

-       Ta nature humaine ne te permet pas de saisir la réalité de l’esprit, Michael. Seule ta conscience forme la réalité. L’aspect physique est temporaire. Ta structure cellulaire, bien qu’elle soit un véhicule sacré, n’est que la résidence de ta conscience, et tu peux amener ton esprit où tu veux. Crois-moi, c’est ainsi. 

Rouge souriait. -       Je peux quitter mon corps ? 

-       Tu le fais régulièrement, Michael. Par conséquent, tu peux être à deux endroits à la fois, comme tu dis toi-même. Ce n’est pas aussi inhabituel que ti le crois. Dans la mesure où tu n’oublies pas de revenir à ton véhicule humain, tant est bien. Tu t’es engagé à mouvoir ta conscience dans ce véhicule, tant et aussi longtemps que tu seras sur terre. Mais tu peux quand même voyager. -       Tu dis qu’il y a des parties de moi qui ne sont pas ici ? 

-       Oui. Rouge connaissait la question qui suivrait. -       Où sont-elles 

Rouge se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte, comptant laisser Mike se reposer pour la nuit. Il se retourna pour répondre à la dernière question. 

-       Dans le lieu le plus sacré qui soit. Avec tous les autres. Dans le temple de la physique. Avec Dieu. 

Sur ce, Rouge se retira. Mike venait d’entendre une somme importante d’informations et ne parvenait pas à la comprendre. Le temps de la physique ? Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Un projet à la fois physique et religieux ? Ça ressemblait à un film de Harrison Ford ! Qu’est-ce que ça pouvait bien signifier ? Chaque nouvelle question semblait en soulever d’autres. 

Mike se mit au lit. Tout juste avant de s’endormir, il se rappela ce que Rouge lui avait dit sur la réalité de ses rêves. S’était-il vraiment déplacé la veille, avec ses parents ? C’était tellement nouveau, si étonnant ! Mike y pensait encore lorsqu’il s’enfonça dans cet état où l’esprit humain perd toute conscience claire de ce qui se passe vraiment. Il se dirigea encore une fois vers son endroit préféré, là où il s’était rendu plusieurs fois : le point de jonction entre l’amour et la réalité où les membres de la famille se réunissent pour s’entretenir du passé, du présent et du futur. Là où les lois de la physique sont en apparence violées mais où, en fait, elles se créent. Bien sûr, il oublierait tout par la suite. 

gifs papillonsIl en était à sa dernière journée dans la maison rouge. Il ne lui restait que quelques entités astrales à rencontrer, puisqu’on avait passé par-dessus cinq d’entre elles qui ne faisaient pas partie de l’expérience de Mike jusqu’à maintenant. Il revit le professeur qu’il avait signalé à l’administration et le voleur qui avait apparemment tout déclenché en pénétrant dans son appartement. Tout ça semblait si loin ! 

Mike les écouta tous. Il respectait le fait qu’ils fassent partie de sa famille et qu’ils soient reliés de diverses façons à sa vie actuelle et à ses vies passées. Lorsque tout fut terminé, il possédait une vision d’ensemble comme très peu d’êtres humains en ont. Il comprenait plus clairement le sens de la vie. Encore une fois, il regratta de ne rien pouvoir ramener de tout cela à Los Angeles ou de n’en rien avoir su plutôt. 

S’il avait saisi la notion de contrat et d’énergie karmique  plus tôt, il aurait pu comprendre beaucoup mieux la moindre expérience émotive, ce qui aurait fait de lui l’être humain le plus accompli à avoir vécu sur la planète ! Mais peut-être ces choses ne devaient-elles jamais être connues des humains de la terre ? Peut-être était-ce là une partie des leçons dont on parlait si souvent ? C’était comme être dans la noirceur et tenter de voir la lumière à tout prix. C’était un casse-tête immense. Mike se sentait Reconnaissant devant la connaissance et l’illumination que lui apportait son périple. 

Ce soir-là, Michael célébra son corps, comme Vert le lui avait appris. Il sentit une autre transition et se comporta exactement comme le lui avait appris Vert. En moins de quelques heures, tout fut terminé, et Mike sut hors de tout doute qu’il avait franchi une autre étape où, d’une certaine manière, la biologie avait fusionné avec son esprit. Il semblait que l’acceptation des connaissances acquises ici et dans les autres maisons avait produit une réaction psychologique de ses cellules. Puis, il se rappela l’explication de Vert sur la façon dont son esprit se manifestait dans chacune de ses cellules. Tout se tenait, décidément. 

Il dormit profondément, encore une fois,  sans tenir compte de ses voyages astraux et de ses réunions de famille et se réveilla reposé. Après le petit déjeuner, il revêtit son armure, se para de son épée et de son bouclier et partit à la recherche de Rouge. Il était là, prêt à le raccompagner à la porte. Il fut touché à l’approche de Mike. -       Michael Thomas de l’Intention pure, tu as changé. 

-       Je sais. Mike était timide à la pensée de la cérémonie et du changement qu’il avait vécu la veille. « Comment peux-tu le savoir ? Comment un ange peut-il déterminer qu’un humain a subi une transformation de vibration ? » 

Rouge regardait Mike avec une expression d’ébahissement. 

-       Tes couleurs te trahissent. Je n’ai jamais vu un humain se transformer si profondément, si rapidement. Tu es un cas unique ici. Tu as tout accueilli et saisi rapidement ce qui t’a été offert. Tu es un être humain vraiment spécial 

Rouge se retourna et guida Mike dans le dédale de corridors, vers la porte d’entrée de la maison rouge. Mike commença à mettre ses chaussures, qu’il trouva là où il les avait laissées. Il n’avait rien compris à propos des couleurs, mais  c’était sans importance. -       Je n’oublierai jamais cette maison, mon cher Rouge. C’est ici que j’a rencontré ma famille pour la première fois. 

Rouge souriait. Il savait la vérité. Michael avait rencontré sa véritable famille pour la première fois en tant que Michael Thomas, l’être humain. Mais Michael la connaissait en fait très bien. -       Michael Thomas, tu n’es pas au bout de tes surprises. Il te reste encore deux maisons. Ta nouvelle maison te permettra de percevoir de façon  encore plus intense ce qui t’attend. Te sens-tu prêt ? 

Etait-ce un avertissement ? -       Y a-t-il un problème qui m’attend ? demanda Mike d’un ton inquiet. 

-       Tu devras affronter certains défis. Spirituels, physiques et d’autres, qui feront appel à tes émotions humaines avant que tu ne franchisses la porte du but. Ce seront sans doute les plus grands que tu auras rencontrés sur cette terre. Certains pourraient même remettre en question tout ce chemin et sa réalité. D’autres t’étonneront par leur ampleur. Tu pourrais même avoir peur. 

Mike réagit en entendant cela. Il savait qu’une épreuve l’attendait. Mais il restait déterminé, jugeant qu’il ne pouvait abandonnera près avoir parcouru tout ce chemin. -       Je comprends, dit-il. Je suis prêt. 

-       Oui, je sais que tu l’es, cher ami humain. Rouge regardait Mike comme s’il le voyait pour la première fois. « Jai une question à te poser. Tu l’entendras ce matin, puis deux autres fois seulement. La dernière fois sera la plus importante. » 

Enfin ! Mike était heureux qu’un ange lui donne des renseignements sur la raison de cette question qu’on lui posait à chacune des maisons. Il devait y avoir un lien avec la septième maison et avec ce qu’il trouverait. -       Je suis prêt à entendre la question, Rouge. Bien sûr, Mike connaissait la question, mais voulait laisser à Rouge l’honneur de la poser. Rouge savait que Mike lui laissait savourer ce moment et l’appréciait. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, est-ce que tu aimes Dieu ? -       Tout comme je t’aime et aime tous les autres, oui, j’aime Dieu. 

 Mike s’avança et posa un geste qu’il risquait pour la première fois. Il serra Rouge dans ses bras. Il n’était pas facile d’encercler cet immense ange rouge de ses bras, mais Mike fit de son mieux. Rouge accepta gracieusement la salutation physique et se pencha même pour permettre à Mike de le voir dans les yeux. Rouge enlaça Mike complètement, l’enrobant dans le tissu léger des vêtements rouges. -       Ce geste est très significatif, dit Rouge en s’éloignant de Mike. Comme Vert et Violette me l’ont dit, tu es le premier dont la vibration permet le contact physique avec un ange. Rouge était ému. « Nous n’avons jamais pu serrer un humain dans nos bras jusqu’à maintenant. Jamais je ne l’oublierai. 

Mike considéra cette remarque comme un compliment et s’engagea sur le sentier le menant à son parcours. Il devait choisir entre la route toute tracée ou l’autre. Oui, cette fois il emprunterait le chemin tracé jusqu’à la prochaine maison, blanche selon ses renseignements. Il se retourna une dernière fois pour saluer Rouge de la main. Rouge était sur le palier et regardait Mike s’éloigner. Il était émerveillé de ses progrès. Il était fier que les présents de Mike et ses armes s’harmonisent si bien à lui en tant qu’être humain. Il ne l’avait jamais vu à un tel degré. 

Il ne fallut que quelques instants avant que la répugnante créature imprégnée de mort ne surgisse des arbres et se mette en route derrière l’être humain qui se dirigeait vers la prochaine maison. L’horrible créature ne laissait aucune trace de pas en  marchant. Elle passa tout près de Rouge en le regardant de ses yeux féroces. Pour la première fois, l’ange lui adressa la parole. 

-       Fantôme, tu n’as aucune chance.  Sur ce, Rouge se retourna et se retira dans sa maison rouge. 

La quatrième maison

 La quatrième maison dans LE RETOUR 01Poursuivant nonchalamment sa route, Mike se sentait au mieux de sa forme. Il ne pensait pas avoir été aussi bien depuis le début de son voyage. Ses nouveaux vêtements et son armure se mariaient parfaitement à l’endroit imposant qu’il traversait. Il se sentait tout à fait à l’aise dans ce décor. Bien qu’il ait passé la majeure partie de son temps depuis le départ à l’intérieur de l’une ou l’autre des maisons rencontrées sur son chemin, il lui semblait avoir fréquenté cette route depuis toujours. L’odeur et l’apparence des choses lui semblaient de plus en plus familières, comme si ses souvenirs de l’ancien Mike commençaient à s’estomper pour faire place aux attributs peu communs de cette nouvelle terre. Il avait l’impression de plus en plus forte que ce qui l’entourait maintenant faisait partie du connu, mais il savait pertinemment que ce n’était pas tout à fait vrai puisqu’il visitait l’endroit pour la première fois. 

 

Il avait la sensation aiguë d’être habité par une autre puissance et un fort sentiment d’appartenance. Il savait que ce sentiment récent était né des événements survenus dans la Maison de la biologie, et le simple souvenir de Vert le faisait largement sourire. Tout en marchant, il pensait à l’étape qu’il avait franchie pendant son séjour dans cette maison. Que pouvait-il survenir encore ? Il avait traversé le seuil de trois maisons seulement et se demandait quelles autres leçons il allait apprendre. 

 

Un bruit derrière lui attira son attention. 

Rapide comme l’éclair, Mike se retourna vivement, se plaçant en positon de défense. Il fut lui-même surpris de la rapidité de sa réaction. Il était penché vers l’avant, la main sur la poignée de l’épée de la vérité. Etait-ce son imagination ou l’épée vibrait-elle ? Toute son attention se concentra sur son ouïe pendant qu’il se tenait là immobile, prêt à bondir au moindre signal. 

 

Rien. 

Le vent avait pu l’induire en erreur, mais il remarqua qu’aucune feuille ne vibrait dans les arbres environnants. Ne bougeant que les yeux, le reste du corps parfaitement immobile, Michael scrutait les alentours. Il réalisa tout à coup que sa vue était très aiguisée. Elle n’avait jamais été d’une telle acuité depuis son départ, comme si, soudainement quelqu’un avait allumé une ampoule très brillante. 

 

Mike se concentra alors sur ce qu’il voyait afin de mieux examiner une immense pierre. 

Rien. 

Il comprit soudain que même s’il se sentait très à l’aise dans son nouvel environnement peuplé de maisons colorées, l’endroit demeurait dangereux. La forme sombre qui avait hanté ses rêves pendant son séjour dans la Maison de la biologie pouvait très bien se retrouver sur son chemin. Il devait se montrer prudent. Fait étrange, il n’avait pas peur. Il demeura figé, en état d’aller, les  sens affûtés à la limite. 

 

Dans cet état de conscience avivée, il découvrait un autre élément de ses aptitudes. Bien qu’il ne put ni voir ni entendre quoi que ce soit d’inhabituel, il sentait une présence. Son âme ressentait un inconfort, un sentiment de danger et d’avertissement. Pourtant….. 

Rien. 

Lentement, il se retourna et poursuivit sa route, tournant sa tête de gauche à droite pour mieux entendre tout bruit émis derrière lui, tâchant de percevoir quoi que ce soit d’inusité. Tout en marchant, il s’interrogeait sur cette énigme. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Sur cette terre si pleine d’amour et de découvertes spirituelles, comment pouvait-on expliquer l’existence d’une entité si négative ? Pourquoi le poursuivait-elle ? Pourquoi aucun des anges n’avait-il accepté d’en parler ? Un véritable mystère, mais Mike était prévenu et ne laisserait pas cette sombre créature l’atteindre encore une fois. Il restait alerte avec le sentiment de danger toujours présent. 

 

Il marcha jusqu’à une heure avancée de l’après-midi. Le crépuscule approchait et il n’avait pas encore vu la prochaine maison. Il décida de ralentir le pas et, se tournant pour mesurer le chemin parcouru, il sortit sa carte tout en demeurant attentif aux bruits et aux mouvements autour de lui. Il fut soulagé de constater que sa précieuse carte fonctionnait de nouveau et qu’elle était « à jour ». Il repéra le VOUS ETES ICI et, tout près, la prochaine maison. Elle était au détour suivant.  Avec un sourire de satisfaction, il replia sa carte et reprit sa route. 

 

Le voyage entre les deux maisons lui avait pris presque une journée. Il comprit que les maisons étaient séparées par une distance suffisante pour exiger un certain effort de la part du voyageur sans nécessiter toutefois une nuit en plein air. Il en était ravi. Il sentait une fatigue légère et savait qu’elle n’était pas simplement d’ordre physique. L’état d’alerte qu’il avait connu au cours des dernières heures l’avait privé d’une partie de son énergie. 

 

Dans cette lumière mystérieuse où les choses semblant toutes emprunter la même couleur, Mike aperçut la prochaine maison au détour du chemin. Elle baignait dans cette lumière rouge et orange propre à la tombée du jour. La maison, de style campagnard, rayonnait d’un pur violet, comme si la lueur environnante ne l’atteignait nullement. Mike s’arrêta, ébahi. Il n’avait jamais vu de plus magnifique teinte ! C’était un violet à la fois intense, serein et puissant. La maison donnait l’impression d’une structure parfaitement translucide dont la lumière luisait de l’intérieur. Il poursuivit sa route, se rappelant qu’un arrêt prolongé n’était pas prudent, même s’il était tout près du but. 

 

En matière de beauté, Michaël était loin d’avoir tout vu encore ! Lorsque l’ange qui serait son hôte ouvrit la porte, Mike ne parvint pas à prononcer une seule parole. Il n’avait jamais rencontré d’aussi belle créature. Il pensa même à s’agenouiller en signe de respect devant tant de beauté. Que se passait-il ? Sa perception des couleurs avait-elle augmenté ? Il n’avait même jamais vu de couleur pareille ! Il resta muet, tel un enfant qui aurait observé un coucher de soleil pour la première fois, se demandant s’il s’agissait là de magie. Puis il entendit sa voix, et quelle voix ! 

 

Des profondeurs de la tranquillité se fit entendre une voix de velours qui apaisait tout l’air ambiant qu’elle faisait vibrer. Et c’était indéniablement une voix féminine ! 

-       Salut à toi, Michaël Thomas de l’Intention pure, dit la douce voix. Nous t’attendions. 

 

Toujours abasourdi, Mike n’arrivait pas à répondre. Il n’avait même pas une pensée à offrir à l’ange ! Confondu, il prit conscience d’avoir cessé de respirer. L’ange se mit à rire et ajouta : 

-       Je ne suis pas une femme, pas plus que ne l’était Vert. Les anges portent tous les attributs du genre biologique humain. Ma voix et mon apparence visent à rendre ton séjour ici plus confortable. 

 

Mike ne comprenait rien de ce que lui disait Violette. Il avait retrouvé son souffle, mais en savait toujours pas quoi dire. Les paroles qu’il réussit à prononcer résonnèrent horriblement à ses oreilles. 

-       Quelle apparence ! Non seulement le son, mais les paroles, étaient ridicules. Quelle stupidité à prononcer devant une si belle entité ! Il revécut l’embarras qu’il avait connu, enfant, alors qu’on attendait de lui, sans succès, qu’il dise des paroles sensées à un adulte. Sa stupeur était en partie provoquée par l’être devant lui. Mike se trouvait devant une créature angélique immense qui présentait toute la délicatesse du genre féminin, mais sans aucune distinction physique par rapport aux autres anges. Ils portaient tous ces mêmes vêtements flous de la couleur de leur maison qui cachaient toute caractéristique propre au genre. Ils étaient tous immenses, mais son visage… celui de Violette était indéniablement féminin. Il avait la douceur du visage de sa grand-mère et de sa mère et s’apparentait à la sainteté. Mike soupira avant d’essayer à nouveau de parler. 

-     Je m’excuse, Violette… il avait même l’impression qu’il lui manquait de respect en l’appelant par ce nom de couleur… trop familier. Il poursuivit : « Je ne m’attendais pas… enfin, je ne savais pas que les anges pouvaient aussi être des femmes ». Il regretta aussitôt d’avoir ouvert la bouche ! Quelle sottise ! Bien sûr, les anges étaient des femmes. Chaque ange représenté dans des tableaux n’était-il pas une femme ? Violette se tenait là, sans rien dire. Michaël reprit à nouveau : 

 

-       C’est que tous les autres avaient l’apparence d’un homme. Mike aurait voulu effacer tout ça et recommencer encore une fois. 

Ses capacités de communiquer et son éloquence avaient disparus. Il avait complètement échoué à saluer cet ange de façon décente. Il soupira encore et haussa les épaules. Violette lui souriait. 

-       Je comprends parfaitement, Michaël Thomas. 

 

Le regard qu’elle lui jeta aurait pu faire fondre son armure. Il ne présentait rien de romantique, mais bien plutôt un incroyable amour essentiellement maternel. Voilà qui  avait dérouté Mike. Comme s’il revoyait sa mère ! Il avait l’impression d’être réuni à sa famille disparue, se sentant à la fois heureux et incrédule. Il y avait si longtemps qu’on ne l’avait pas regardé de cette façon. Il aurait voulu se faire tout petit et être cajolé. Ses pensées l’embarrassèrent, car il savait que Violette pouvait les percevoir. Elle poursuivit : 

-       Tu t’habitueras très vite, Michaël. Mon apparence s’explique. Ce n’est pas ainsi pour tous les voyageurs, mais pour toi, c’est différent. 

 

Mike comprit. L’apparence et l’attitude de Violette devaient le servir. Mais il se demanda tout de même pourquoi il avait besoin de « voir » un ange maternel. 

-       Parce que tu l’as mérité, dis sagement Violette. Les événements d’ici ne servent pas toujours à l’enseignement. Plusieurs constituent des présents orientés vers la croissance. Tu as visité seulement trois maisons, et déjà, tu te démarques en tant que voyageur très spécial. 

 

Mike saisissait le sens de ces paroles mais, avant qu’il ne trouve à répondre au  compliment, Violette lui fit une demande qu’il n’était pas prêt d’oublier. 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, dit-elle doucement, aurais-tu l’obligeance d’enlever tes chaussures ? 

Mika obéit. Il remarqua, près de la porte, un espace prêt à recevoir une paire de chaussures et les plaça là. Elles se fondaient parfaitement au décor. 

-       Mike, sais-tu pourquoi je t’ai demandé cela ? Michael réfléchit. 

-       Parce que je suis en terrain sacré à l’intérieur ? Il se rappelait Moïse et le buisson ardent, et le dialogue de cette histoire. 

-       Alors, pourquoi els autres n’ont-ils pas eu la même exigence ? Mike continua à réfléchir et risqua une autre réponse. 

-       Parce tu es un ange très spécial ? Violette s’amusait et se mit à rire. Perplexe, Mike savait qu’il n’avait pas donné la bonne réponse. 

-       Allons, entre. Violette se retourna pour pénétrer dans la maison. Mike la suivait mais s’inquiétait du manque d’intimité de leur conversation. Il l’interpella une fois à l’intérieur. 

-       Violette, dis-moi, pourquoi m’as-tu demandé de retirer mes chaussures ? 

-       C’est à toi de ME le dire, Michael, avant de repartir. 

Violette le guidait dans la maison. 

 

Mike n’appréciait pas que les anges le fassent attendra avant de lui donner les réponses, encore moins qu’on lui demande de les fournir lui-même. Trop exigeant, se dit-il. 

-       C’est la raison pour laquelle tu es ici, lui dit l’ange en continuant de le guider dans la maison violette. Encore une fois, il eut honte de ses pensées. 

 

La maison n’avait aucun éclat, l’opposé de son hôtesse. Mike constata que son ébahissement l’avait empêché de lire la pancarte à l’entrée. 

-       Violette, comment s’appelle la maison ? Le regardant fixement dans les yeux, elle lui dit : 

-       C’est la MAISON DES RESPONSABILITES, Michael Thomas. Elle attendait sa réponse, un air inquisiteur sur son beau visage. Mike sut que des difficultés l’attendaient ! 

 

Oh ! dit-il, tâchant de ne rien laisser paraître sur son visage. Il n’avait pas donné à Violette la réponse qu’elle espérait. Elle se retourna et continuer la visite. Le nom de la maison l’avait troublé. Il avait déjà imaginé le déroulement de plusieurs types de scénarios sous son toit. Quel vilain mot que la responsabilité ! Il lui rappelait ses parents le pressant de faire ceci ou cela. C’était un terme qui s’accompagnait d’un jugement. Par la suite, il l’entendit de la bouche des femmes qu’il fréquentait, toujours dans un esprit critique à l’égard de ses actions. Pourquoi, se demanda-t-il, les femmes essayaient-elles toujours de le « modeler » à leur goût. Il eut alors une pensée terrible. Peut-être était-ce le rôle de Violette ? Une autre envoyée de Dieu pour me changer. Et si Dieu était une femme ? Ce ne serait pas sérieux ! Puis, il se prit à sourire devant ces pensées humaines si « viriles », sachant très bien qu’elles n’avaient aucun sens. Dieu n’était ni homme, ni femme, mais le scénario qu’il imaginait l’amusait néanmoins. A quoi pouvait bien servir la Maison des responsabilités ? 

 

Violette le guidait par une série de petites pièces vers une salle à manger. 

-       Qu’y-t-il  ici ? demanda Mike alors qu’ils passaient devant deux immenses portes. 

-       Un cinéma. 

 

Un cinéma ? Les réflexions de Mike se succédaient à un rythme fou pendant qu’il marchait derrière Violette. Pourquoi une salle de cinéma dans une demeure d’ange ? Il eu une autre pensée étrange. Peut-être préparait-on une séance de cinéma ? L’idée d’assister à un film en compagnie de Violette l’amusait. Il se dit qu’ils verraient sans doute un de ces films sur les anges très à la mode. Il faillit en éclater de rire. Violette, percevant  les pensées de Mike, s’amusait aussi beaucoup mais pour d’autres motifs. 

 

Enfin, ils arrivèrent à destination. Les appartements de Michael et la salle à manger ressemblaient encore une fois aux autres. Dans le placard, il trouva des pantoufles et de magnifiques vêtements violets qui, de toute évidence, avaient été créés pour lui. L’odeur de la nourriture chatouillait ses narines. Encore une fois, on lui présenta un choix illimité d’aliments. Comment connaissait-on le moment de son arrivée ? En fait, il n’avait jamais rencontré de personnel de cuisine ou d’entretien ménager. Il se rappela le dégât que Vert et lui avaient créé après leur danse et les traces de fruits sur ses pieds pendant des jours. Ceux qui préparaient les plats savaient se déplacer sans se faire repérer, tels des lutins. Quel endroit ! 

 

Mike s’attendait à constater la disparition de Violette, comme avec les autres anges. Mais, elle était toujours là. 

-       L’ensemble te convient-il Michael ? Elle était vraiment magnifique. Mike était toujours sous le charme de ses qualités maternelles. 

-       Oui, merci. Il avait presque envie de s’incliner, en signe de respect. 

-       Nous commencerons demain matin. Bonne nuit, Michaël Thomas de l’Intention pure. Sur ce, elle quitta la pièce. 

Les choses changeaient. Tout comme Vert était demeuré sur le palier au moment où Mike avait quitté la Maison de la biologie, Violette avait quelque peu agit différemment ici. Les anges devenaient-ils plus polis ? Commençaient-ils à pratiquer l’étiquette des humains ? Mike constata la différence, mais décida de ne pas commenter. 

 

Il mangea, se mit au lit et tomba immédiatement endormi. Il se sentait en sécurité, au chand et aimé. Une autre aventure commencerait le lendemain et il savait que l’enseignement de Violette ajouterait à ses connaissances. Il rêva délicieusement de son enfance et de ses parents. 

 

01 dans LE RETOUR***** 

Aux abords de la maison, la forme sombre et fuyante exerçait une surveillance complète. Elle était à la fois aux aguets et en colère. Lorsque Mike avait quitté la maison verte en route vers celle-ci, l’horrible créature avait été estomaquée des transformations qu’il avait subies. Il avait acquis de la puissance, sans compter ces armes stupides. La vigilance de Mike ressemblait à celle d’un guerrier et il était sans peur ! Qu’avait-il bien pu se passer dans la dernière maison pour qu’il change à ce point ? La silhouette verte bouillait de colère à la pensée de l’occasion qu’elle avait ratée de le mettre au défi durant la tempête. 

 

Celle-ci commença à élaborer un meilleur plan pour mettre l’être humain en boîte. L’entité négative se dit d’abord que si Michael Thomas avait choisi de devenir un guerrier insaisissable, il aurait dû emprunter un chemin plus discret et non pas la route toute tracée comme il l’avait fait. Puis, elle réalisa que Mike suivait toujours le parcours. Il ne pouvait faire autrement puisqu’il ne savait pas où se trouvait la prochaine maison. La solution pour le piéger consistait donc à prendre les devants et à attendre sa proie à un détour du chemin. Si l’étrange créature avait pu sourire encore une fois, elle l’aurait fait. Sans sommeil, l’horrible forme avait des visions de la chute imminente de Michael Thomas de l’Intention pure

 

01****** 

 

 

Le matin suivant ressemblait à tous les autres. La journée s’annonçait magnifique. Le repas était splendide. Michael savoura un délicieux muffin aux bleuets, n’en finissant pas de s’extasier sur la fraîcheur et la saveur qu’il  y trouvait. 

-       Celui que j’ai déjà eu entre les orteils ne goûtait pas si bon. 

Il rit en se revoyant danser avec Vert dans la salle à manger de la dernière maison. 

 

Tout comme il finissait de revêtir ses nouveaux habits, on frappa à la porte. Tiens, les anges frappent aux portes maintenant ! 

-       Entrez, lança Mike d’une vois polie. Violette semblait flotter et Mike lui sourit. Il faudra voir à remercier les responsables de ce merveilleux petit déjeuner ! 

-       Je t’en prie, dit Violette. 

-       C’est toi ? 

-       C’est nous tous. nous ne formons qu’un. 

-       Oui, on m’en a déjà informé. Un jour, je comprendrai. D’ici là, je vous remercie tous. 

-       Es-u prêt ? 

-       Oui, bien sûr. 

Violette le guida dans des endroits qu’ils avaient traversés la veille. Les deux grandes portes étaient ouvertes, et Mike put entrer dans le cinéma aux teintes violettes. Il s’arrêta, ébahi et incrédule. Il n’arrivait plus à bouger et Violette ricanait. 

 

Devant eux, s’érigeait un écran géant. A l’arrière de la pièce, on pouvait voir un projecteur des plus modernes et des tas de bobines de film empilées prêtes à la projection. Il devait y en avoir des centaines ! 

-       Eh bien, Michaël Thomas, nous allons regarder des films, toi et moi ! 

-       Pas possible ! C’est une blague ! 

Devant la réponse, Violette cessa de sourire et le regarda sérieusement. 

-       Oh non ! Absolument pas ! Vraiment pas ! Si tu veux bien prendre place dans la première rangée. 

 

Violette se dirigea vers l’arrière de la salle et mit l’équipement en branle. Mike demeurait confus devant le paradoxe qu’il observait. Un ange qui actionne un projecteur de cinéma. Ce n’est pas là un jouet de lieu sacré. Comme c’est étrange ! Mais il obéit et s’installa au centre de la première rangée. A l’encontre des salles de cinéma qu’il connaissait, la première rangée se trouvait au centre de la pièce. Il y avait un autre élément étrange ; le fauteuil central de la première rangée était rembourré et velouté. Tous les autres ne l’étaient pas, comme s’ils avaient été placés là pour créer un effet seulement. Mike s’installa dans le fauteuil moelleux, devant l’écran géant. 

-       Alors, qu’allons-nous regarder Violette ? Mike se sentait un peu nerveux. 

-       Du cinéma familial, lui répondit-elle, trop occupée à préparer la première bobine pour se tourner vers lui. Mike n’aimait vraiment pas le ton de la réponse. 

Il avait l’estomac noué. Encore cette sensation étrange. Décidément, son intuition toute nouvelle faisait des heures supplémentaires, lui faisant savoir que ce qui s’annonçait risquait de se révéler désagréable. Il pensa à blaguer ; et demander du maïs soufflé peut-être ? Il n’en eut pas le temps. Les lumières se tamisèrent, comme dans une vraie salle. Mike entendit le bruit du projecteur et l’écran s’anima. Il eut le cœur serré dès la première image. 

 

Le premier film qu’il vit ce jour-là, comme tous ceux qui suivraient, était d’une qualité impeccable ; aucun soubresaut, une image en trois dimensions, sans avoir à porter de stupides lunettes ! le son provenait de l’endroit approprié sur l’écran, même lorsque les personnages se déplaçaient. Mike souhaita aussitôt que le film n’ait pas été si réel. Il était trop près. L’écran circulaire lui donnait l’impression de faire partie de chacune des scènes. Il aurait voulu reculer, mais il ne le pouvait pas. 

 

Sur l’écran, devant lui, il voyait Michaël Thomas ! S’il avait dû donner un titre au film, il l’aurait intitulé « Les choses désagréables de ma vie ». Le film débutait alors qu’il était enfant, et c’était là d’une réalité désarmante. Sa mère avait l’air toute jeune et son père, tellement beau ! Tous ces souvenirs l’émouvaient et ranimaient en lui de précieux moments. Il revivait tout encore une fois ! Chaque épisode remplissait une bobine entière et se déroulait en temps réel, comme les événements s’étaient vraiment passés, à l’exception du fait qu’on ne lui montrait que les expériences négatives. 

 

Les premières bobines étaient amusantes. On y voyait Mike, un petit garçon blond de trois ans, qui jouait avec les produits de maquillage de sa mère. Il avait fait tout un dégât dans la salle de bain et sa mère l’avait pris sur le fait. Elle était en colère et lui administrait sa première fessée. En tant qu’adulte revivant la scène, Mike fut étonné de la vividité de l’expéri0ince. Il revivait les émotions rattachées à toutes tes séquences. Il craignait maintenant que ce cinéma maison ne se transforme en film d’horreur lorsqu’il se verrait, plus âgé sur l’écran. Mike avait l’impression qu’on l’avait attaché à une voie ferrée et que le train approchait. 

 

Il revit d’autres scènes de son enfance, chacune lui rappelant un événement qu’il avait oublié depuis longtemps. Il se revit dans la salle de bain à l’âge de six ans, incapable de sortir. Il revécut l’émotion d’alors ; ce n’était pas sa faute. La poignée était restée coincée, et on avait dû faire revenir son père des champs pour qu’il démonte la porte ! Il  était furieux, et Mike avait eu droit à sa deuxième fessée. Il ressentait encore la trahison subie  ce jour-là. Il n’avait pourtant rien fait de mal, mais son père, en colère, l’avait frappé avec sa plus grosse ceinture. Il avait perdu un temps précieux aux champs et prit du retard dans les récoltes. En tant qu’adulte, Mike commençait à se sentir déprimé. 

 

Il regarda bien d’autres bobines encore. Subitement, il eut dix ans. Il devait prendre l’autobus pour se rendre à l’école du village. Il revit Henry, le tyran qui revenait le tourmenter à chaque semestre. Les autres semblaient aussi le détester, mais ne faisaient rien contre lui. Ils avaient tous peur. Parce que Mike venait de la ferme t d’un village au nom bizarre, les autres élèves riaient de lui. Le tyran, par contre, était sans pitié. Des enfants de tous les milieux fréquentaient l’école, mais ceux qui vivaient sur des fermes devenaient de plus en plus rares. Mike portait des vêtements qui trahissaient ses origines ; c’était sa mère qui les cousait. Il se distinguait ainsi des autres, et le tyran ne ratait pas une occasion de le lui rappeler. De concert avec les autres écoliers, il se moquait des vêtements de Mike, de son odeur et même du mode de vie de ses parents. 

 

Mike revit le jour où un groupe d’enfants l’avaient invité à se joindre à leurs jeux. Il en était heureux. Ils voulaient jouer avec lui ! Mais, c’était un piège. Au lieu d’être inclus dans leurs jeux, il devint la risée du groupe. Ils le placèrent à un certain endroit pendant qu’un autre se mit à quatre pattes derrière lui. Puis ils le firent tomber à la renverse, exactement sur l’autre garçon à quatre pattes. Ils en riaient à gorge déployée. Mike rit aussi, essayant d’être bon joueur, mais ils s’écartèrent de lui, le laissant seul. C’était douloureux. La vue de ces images ne lui plaisait décidément pas. Ça servait à quoi ? Il commençait à s’irriter de voir sa vie exposée ainsi et surtout, d’avoir à la revivre de nouveau. Une fois ne suffisait-il pas ? 

 

Dans une autre bobine, il avait quatorze ans. Il se revit le jour où on l’avait accusé d’avoir triché en classe alors que tel n’était pas le cas. Un élève s’était emparé de documents appartenant au professeur et les avait remis sur son bureau en désordre pour bien indiquer qu’ils avaient été consultés. Puis, il avait faussement dénoncé Mike, affirmant l’avoir vu faire. L’enseignant l’avait cru. Après tout, Mike était un enfant de fermier qui portait toujours des vêtements étranges, bien qu’il ait de très bonnes notes en classe. On le renvoya chez lui, et il fut exclu de la classe pour la journée. Dans l’autobus qui le ramenait à la maison, il se demandait comment il allait expliquer la situation à ses parents. Il se détendit un peu, sûr qu’ils le croiraient. Hélas, ce ne fut pas le cas et Mike se sentit complètement abandonné sur cette terre. Il savait que ses parents l’aimaient, mais il aurait voulu qu’ils lui accordent le bénéfice du doute au moment où il en avait tant besoin. Il était anéanti par la solitude. 

 

Michael était assis dans son fauteuil de cinéma depuis des heures, mais le Mike sur l’écran n’avait pas encore terminé sa croissance. Il pensa au temps qu’il allait encore s’écouler avant qu’il n’arrive à la fin de sa torture. Il lui semblait avoir perdu toute trace de spiritualité. Il avait l’impression qu’on le battait. Empreints d’une précision inouïe, les films ne lui laissaient pas de répit. Il n’y manquait aucun détail, aucun élément ; les voix et les personnages se révélaient tels qu’il les avait effectivement connus. Le processus l’ébahissait, mais le sujet le désarmait ! 

 

Ses premières fréquentations maintenant ! Embarrassant ! Il portait toujours ces vêtements étranges, qui provenaient maintenant des magasins, mais sa mère n’avait aucun sens de la mode et faisait des combinaisons pour le moins étranges, sans parler de choix des tissus. Les filles, à l’école ou à l’église, jugeaient Mike intéressant, mais il savait qu’elles se moquaient de ses vêtements. Il avait honte ! Il ne mit pas longtemps après avoir surpris quelques conversations à son sujet, à se décider à faire des économies et à acheter ses propres vêtements. A partir de là, il sentit croître sa confiance, ca ril avait un certain flair pour choisir ce qui lui allait. Il examina la question et il décida d’aller faire ses chats en compagnie d’une fille ou deux pour l’aider à mieux choisir. Les filles adoraient ça ! Imaginez ! un gars qui aime fréquenter les magasins ! Ce fut le début d’une importante métamorphose. De l’adolescent mal fagoté qu’il était, il devin un jeune homme attrayant et désirable, ce qui entraîna chez lui un changement de sa personnalité. Il prit énormément d’assurance. Il réussit à maintenir de bonnes notes et s’engageant activement dans plusieurs activité parascolaires. Et puis un jour, la jalousie poussa quelqu’un à mener contre lui une campagne de dénigrement, ce qui lui fit perdre le poste de président qu’il convoitait. La rumeur circula qu’on l’avait surpris à faire des obscénités dans les toilettes des filles. Tout le monde avait envie d’y croire ; c’était à la fois une nouvelle à sensation et… complètement faux. Il était le favori aux électrons puisqu’il avait occupé la présidence à plusieurs reprises mais la rumeur l’emporta et Mike subit une énorme perte. Du même coup, il perdit l’affection de sa première petite amie,, Carole. Elle refusa dès lors de lui adresser la parole. Sa peine le rongea pendant des semaines et il laissa tomber toutes ses fonctions à l’école. Il était victime, encore une fois. Et il revoyait tout, étape par étape, sur l’écran devant lui. L’événement s’étira, toujours en temps réel, découvrant chaque parcelle de cet incident malheureux. Il en sortit changé, et le poids pesait encore sur lui pendant qui’ le revivait. 

 

Le cinéma se poursuivit. On ne lui offrit pas de repas du midi. En effet, l’entité qui actionnait le projecteur savait que Mike n’aurait pas d’appétit. Elle avait raison. A chaque fin de bobine, on entendait le bruit du ruban frappant le métal, et la noirceur tombait sur la pièce. Puis, il y avait un silence étrange, rompu seulement par le bruit des engrenages de la bobine et des interrupteurs du projecteur. Ni Mike ni Violette ne prononçaient une seule parole. Puis, l’écran s’animait de nouveau des pires images de la vie de Mike ! Il savait, alors que les projections avançaient dans le temps, que l’événement majeur serait bientôt devant lui. Puis, il le vit… le jour de l’accident mortel de ses parents. 

 

Michael savait très bien qu’il n’avait pas à demeurer dans son fauteuil s’il ne le voulait pas. Tous les anges l’avaient entretenu de son libre choix. Il aurait voulu fuir, et dans son esprit, il formulait des pensées qu’il souhaitait transmettre à tous les anges. Dieu, s’il te plaît, ne me faits pas vivre tout ça encore une fois. Ça suffit ! Mais, il revit toute la scène, convaincu qu’un camion lui roulait sur le corps. 

 

Mike ne flancha ni ne pleura dans son fauteuil. Il attendrait à plus tard. Il resta la, impassible, regardant le théâtre de sa vie se dérouler devant lui en temps réel. Il revécut l’appel téléphonique, le choc, les funérailles, la douleur et la peine, la vente de la maison, de la grange et des terres ; la vente de l’équipement de la ferme, y compris celle du vieux tracteur. Il revit le triage qu’il fit des effets personnes de ses parents, les photos des jours meilleurs, leurs photos de mariage et même les lettres d’amour qu’ils s’écrivaient durant leurs fréquentations. Mike resta immobile, essayant de ne pas revivre toutes ces émotions. Il força son esprit à les refouler, mais se sentit victime dans son fauteuil. Il sentit les convulsions involontaires de la douleur qui surgissaient par vagues dans son corps. Il brûlait de l’envie de laisser sortir sa peine en pleurant. La présentation était en tous points semblables à la réalité. C’était la chose la plus cruelle qu’on lui eut jamais imposée. Tout ce qu’il voyait depuis des heures avait fait de lui l’objet d’une mauvaise blague. Et maintenant,…on le poursuivait jusque dans cette pièce pour le punir. Il jugeait la situation injuste et se demandait à quoi elle pouvait bien servir. 

 

Il respira de soulagement lorsque l’épisode du décès prit fin. Il ne pouvait rien imaginer de pire. Il était en sueur, épuisé et se sentait diminué. Le sujet était d’envergure et il ne pouvait détacher ses yeux de l’écran tellement la réalité était prenante. 

 

Lorsqu’il vit « Criquet », de son véritable prénom, Shirley, il sut encore une fois ce qui l’attendait. L’incident qu’il allait revoir correspondait à la fin de son histoire d’amour à Los Angeles et à la rapidité avec laquelle la situation s’était détériorée. Il s’était jeté dans cette aventure à corps perdu alors que Criquet avait pris la chose avec une telle légèreté. Cela n’avait pas été une aventure mortelle, mais cela aurait pu l’être. En tout cas, cela avait été la mort dans son cœur, très certainement. Mike essaya encore une fois de s’endurcir pendant que la scène se déroulait devant lui. Qu’elle était belle ! Une voix inoubliable ! L’événement était encore tout frais et avait d’ailleurs été à l’origine de sa récente dépression, de son manque de confiance et du statu quo quant à son emploi minable. Devant lui s’étalaient en fait les scènes du deuxième grand malheur de sa vie. Puis le film lui montra son lieu de travail, des images de son patron maniant habilement la violence verbale et l’espace restreint dans lequel il avait accepté de travailler à Los Angeles. 

 

La séance prit fin à seize heures. Les dernières scènes se déroulaient dans son appartement, lorsqu’il avait été attaqué puis transport à l’hôpital. Puis, l’écran redevint vierge et il entendit le bruit du ruban signalant la fin d’une autre bobine. Le bruit continuait, mais la salle restait dans le noir. Mike se leva et, plaçant ses mains en forme de visière au-dessus de ses yeux, se retourna en direction de la lumière crue du projecteur pour essayer de voir Violette. Elle n’était pas là. La conclusion du film marquait sûrement la fin de la leçon d’aujourd’hui, et, comme dans le fils, Mike se retrouvait seul. 

 

La fin du ruban continuait de frapper la bobine de métal et Mike sortit de la salle pour se diriger vers ses appartements. Il n’avait toujours pas faim. Il était déprimé. On avait agité ses émotions jusqu’à la moelle et il se mit immédiatement au lit, sans se dévêtir. Violette ne vint jamais lui souhaiter une bonne nuit. Il appréciait son tact, car il n’avait absolument pas envie de parler. Cette nuit-là, il continua à voir les films dans ses rêves. Il revit le tyran de ses jeunes années, ses parents et Criquet. Décidément, ils ne le quittaient plus : n’en pouvant plus, il se laissa finalement aller, pleurant à chaudes larmes. Le fait d’avoir revu ses parents, tellement vivants, renforça sa peine. C’était la deuxième fois, depuis son arrivée sur cette terre sacrée, bénie et angélique, que Michael se sentait complètement seul et dans une noirceur totale, une véritable victime de la vie. Et maintenant, les scènes de film l’avaient prouvé ! 

 

 

01

**************** 

 

Le lendemain matin, Mike se sentit un peu reposé, mais resta songeur. Et il avait faim. Il ne se fit pas prier pour engouffrer un copieux petit déjeuner. La menace de la veille passait encore sur lui mais il avait l’impression que le pire était derrière lui. Il se sentait fort et même s’il ne comprenait pas encore l’utilité de tout cela, il était déterminé à ne pas se laisser glisser à nouveau dans la noirceur et la dépression. Aujourd’hui, il ne pouvait arriver que quelque chose de mieux. 

 

Après le petit déjeuner, Mike s’habilla. Comme par magie, on lui avait laissé de nouveaux vêtements violets, pour remplacer ceux dans lesquels il avait dormi. Lorsqu’il fut prêt, Violette se montra dans l’entrebâillement de la porte, sans dire un mot. On aurait dit qu’elle voulait lui offrir un moment pour s’exprimer et se « vider le cœur » ou simplement l’occasion de lui reprocher l’expérience douloureuse vécue la veille. Mike était conscient de sa présence. Elle le surveilla pendant quelques instants et finalement s’adressa à lui. 

 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, as-tu quelque choses à dire ? 

-       Oui. Y a-t-il d’autres films ? 

-       Oui, répondit doucement Violette. 

-       Bon, alors, allons-y ! dit Mike, attendant qu’elle bouge. Violette était surprise. Dans cette maison, l’expérience des anges avec les humains n’avait jamais été telle. Vert avait raison. Ils avaient affaire à un être à part. il réussirait peut-être. Il ferait peut-être partie des rares élus. Elle n’avait jamais vu tant de détermination et un changement si rapide. Elle se sentait privilégiée de prendre part à sa formation et ressentit un grand amour pour lui. Elle se retourna et se dirigea vers la salle de cinéma. 

Mike connaissait la routine. Il s’installa dans son imposant fauteuil violet et bien rembourré de la première rangée, tel un prisonnier sur sa chaise électrique, attendant le courant ou plutôt, dans son cas, la fermeture des lumières et le début de la projection. Il était plus résolu que jamais. Rien ne l’empêcherait d’atteindre son but. RIEN ! 

 

Encore une fois, sa vie se déroula devant lui, depuis son enfance. Mais il comprit aussitôt que cette fois, ce serait différent. Le sujet avait changé. Le titre aurait pu être « Les mauvaises actions de ma vie ». Les épisodes de l’enfance étaient amusants, et Mike rit de bon cœur à plusieurs reprises. Il était bon de rire, même s’il avait encore les côtes endolories de ses pleurs de la nuit précédente. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, certaines des choses qu’il revoyait commençaient à l’embarrasser. Violette les connaissait sûrement toutes et il ne tenait pas à les revivre. Plus le temps passait, plus il se faisait petit dans son fauteuil. En fait, il se sentait de plus en plus mal à l’aise. 

 

Il avait dix ans et se trouvait dans l’église. Il s’amusait à faire circuler les dessins obscènes qu’il avait conçus avec ses petits copains. Ils les glissaient dans les enveloppes de l’église, puis dans la corbeille qui circulait parmi les fidèles pour recueillir les dons de la semaine. Ensemble, ils riaient en imaginant l’expression des dames patronnesses qui dépouillaient les enveloppes de la quête pour compter les fonds. Vraiment, ils s’amusaient beaucoup ! 

 

A l’âge de douze ans, Mike s’était faufilé dans la cour et avait fait démarrer le tracteur de son père pendant que ses parents étaient à l’église. Il avait feint d’être malade pour rester à la maison. Le tracteur démarra sans problème, mais Mike ne savait pas comment le faire avancer. Il essaya chaque manette et chaque pédale, de plus en plus frustré>. Il ne comprenait pas le fonctionnement de la pédale d’embrayage et pensait que, comme pour la voiture familiale, une pédale servait à avancer et une autre à arrêter. Il entendit plusieurs bruits étranges et, bien sûr, il brisa le mécanisme d’embrayage. Lorsque son père découvrit le problème, il demanda à Mike de lui dire la vérité. 

-       Mike, as-tu essayé de démarrer et de faire avancer le tracteur ? 

-       Mais non, voyons ! 

Mike eut aussitôt honte et se sentait encore honteux aujourd’hui. Son père savait la vérité ; Mike le voyait dans ses yeux. Ce jour-là, Mike comprit ce que signifiait rompre l’unité familiale. Le sentiment était affreux et l’avait poursuivi toute sa vie. La facture de réparation faramineuse avait fait prendre conscience à Mike de sa stupidité et les avait tous contraints à se priver de nourriture décente pendant plusieurs semaines. Chaque fois qu’ils se mettaient à table, Mike dégustait le résultat de son geste. Il lui fallait en plus le revivre en couleurs et en trois dimensions ! Il ne fit menu dans son fauteuil. Quelle vraisemblance ! 

 

En grandissant, Mike devint plus fort. A l’époque, les élèves se suivaient d’une école à l’autre tant et aussi longtemps que leurs parents respectifs habitaient au même endroit. C’est ainsi que le tyran Henry et Mike continuèrent de fréquenter les mêmes écoles. S’il menait le bal au primaire, il en fut autrement au secondaire. Il ne dépassait plus les autres d’une tête comme autrefois et les règles du jeune devinrent plus équilibrées. Henry ne réussissait pas bien en classe et il obtint difficilement son diplôme. Michael profita de chaque occasion qui s’offrait de lui rendre la vie impossible. Il se servit de sa taille et de sa popularité pour l’intimider, l’injurier ou le menacer. 

 

Au cours des premières années du secondaire, il se servit de son pouvoir de président pour l’exclure de tout ce qui pouvait être bon. Il utilisa habilement son influence pour éloigner l’ancien tyran d’événements agréables, comme la remise des diplômes et de domaines où il excellait. Mike agissait toujours sans demander l’avis de personne et se réjouissait de chaque occasion qui s’offrait de ruiner ses années au secondaire. Même si Henry savait ce qui se tramais, il n’y pouvait rien. Il fut éventuellement en mesure de se venger, mais Mike n’en sut rien avant de se retrouver dans on fauteuil violet pour avoir toute la situation se dérouler devant lui. C’était Henry qui lui avait fait perdre son poste de président : c’était lui qui avait lancé les rumeurs qui l’avaient empêché de conserver son poste. 

 

Plus tard, Mike avait appris que Henry avait mal tourné et qu’il s’était retrouvé en prison. Il s’était souvent demandé si les choses se  seraient passées autrement si Henry savait pu faire tranquillement son chemin durant ses années de secondaire. Mike avait honte de ce qu’il avait fait et se voyait de nouveau confronté à ses actions passées. 

 

Il se trouvait vraiment stupide. Le film montrant ses mauvais coups était plutôt long, et l’aspect immoral ressortait avec le temps. Michael avait peut-être même détruit toutes les chances d’un homme. Il se sentait tout à fait nul mais continua de regarder l’écran. A cours de sa dernière année au secondaire, il avait triché à un examen. Sa moyenne générale était bonne, mais sa note était faible en histoire des Etats-Unis. Il en imputait la faute à un professeur ennuyant et réussit, en utilisant la clé conservée d’un ex-président de classe, à se procurer une copie de l’examen. Il estimait que c’était une douce vengeance puisqu’on l’avait injustement accusé et puni quelques années auparavant. A son esprit, son geste était tout à fait justifié. Mais la situation se gâta. Le sort voulut que l’enseignant remarque immédiatement le progrès subit de Mike et l’accuse du geste qu’il avait commis. Mike, mettant à profit sa forte personnalité et s’appuyant sur ses bonnes notes dans les autres matières et sur sa réputation, dénonça le professeur à l’administration. Ce dernier vit inscrire à  son dossier une remarque qui ruina sans doute la progression de sa carrière; Mike n’en avait jamais eu conscience avant de s’installer dans le fauteuil moelleux de la salle violette. 

 

Oh ! Quelle horreur ! Etre victime de la vie est déjà difficile mais se regarder mentir et tricher est horrible. Mike ne désirait plus voir ces images et aurait souhaité qu’on y mette fin. Son vœu se réalisa. Il n’y avait pas d’incidents intéressants à observer à l’âge adulte. Toute sa vie avait été chavirée par le décès de ses parents. Il avait mûri rapidement, et une intégrité ferme s’était développée en lui. Il portait fièrement le nom de sa famille, et le travail ardu de ses parents lui servait de modèle. Il soupira d’aise lorsqu’il entendit encore une fois le bruit de la pellicule sur la bobine indiquant la fin du film. Cette fois, le projecteur s’arrêta et les lumières revinrent graduellement. Violette s’approcha près de lui. 

-       Michael, voudrais-tu me suivre ? 

Sans dire un mot, Mike obéit en se tirant lourdement du fauteuil où il avait passé tant d’heures. Il espérait ne plus jamais le revoir et détesta cet endroit où on lui avait déroulé le film de sa vie. En sortant, il jeta un coup d’œil au projecteur, s’attendant à  voir tous les films qu’on lui avait montré depuis les deux derniers jours, mais l’endroit était propre et dégagé. 

 

Villette était l’entité la plus prévenante qu’il ait rencontrée. Elle n’était pas pour autant meilleur que Bleu, Orange ou Vert, mais elle était différente. Chaque ange avait manifesté des qualités que Mike avait appréciées. Violette dégageait de la bienveillance et de l’affabilité. Mike aurait voulu s’installer dans la maison violette pour y vivre sous cette tutelle parentale apaisante. C’était merveilleux d’écouter sa conversation. Tout était si facile quand elle était là. Ce sentiment était familier à Mike ; il réalisa que c’était le le sentiment d’être un enfant sans responsabilité. Il était donc normal qu’il l’ait rencontrée dans la Maison des responsabilités. Elle représentait un parent, et Mike sentait comme un petit enfant, dégagé à la vie. 

 

Violette le guida vers une grande pièce. On aurait pu croire que c’était une salle de conférences, mais on n’y trouvait que deux fauteuils. Il y avait un tableau d’affichage sur un des murs et plusieurs symboles et graphiques sur les autres. 

Dans les premières maisons, les anges ne s’étaient jamais assis si longtemps. Puisqu’ils ne se fatiguaient pas et n’avaient pas besoin de dormir, ils n’avaient pas besoin non plus de s’asseoir comme les humains. Ils le faisaient uniquement pour les mettre à l’aise, comme maintenant. Violette avait pris place devant Michaël. 

 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, comment te sens-tu ? 

Elle avait entamé la conversation par une question qui permettrait à Mike d’exprimer ses émotions au sujet du dernier jour de projection, ce qu’il fit, y ajoutant une pensée qui avait accaparé son esprit au cours de la soirée précédente. 

-       Ma chère Violette – Mike l’aimait vraiment beaucoup – je sais que tu ne peux intentionnellement blesser un humain ; je sais que ta conscience angélique ne te permet pas de causer de la douleur, de la souffrance, du doute ou de la peur. Mais en me montrant ces films, tu as produit tout cela et je suppose qu’il y a une explication. Comment je me sens ? 

Mike s’arrêta un peu pour réfléchir, car il voulait exprimer ses émotions des derniers jours, le plus honnêtement possible. 

-       Agressé, dit-il, horrible, attaqué, triste de mes propres échecs, coupable de mes actions, en colère contre ceux qui m’ont assailli, dévasté par la peine produite par des circonstances indépendantes da ma volonté, abattu, tourné vers l’intérieur. 

Mike ouvrait totalement son cœur à Violette. Il le faisait sans trop d’émotions puisqu’il le savait toutes exprimées la nuit précédente. Il essayait de décrie ce qu’il ressentait à Violette. Les mots vinrent d’abord aisément, puis il commença à répéter. Violette le laissa tout de même poursuivre. Le processus de libération était en cours. Michaël s’était exprimé, s’était plaint de plaint encore. Il ne demanda jamais pourquoi on lui avait montré ces films. Intuitivement, il savait que Violette allait répondre à cette question… et il avait raison. 

 

Quand il eut fini, il eut soif. Il but l’eau qu’on avait laissée à sa portée et indiqua par un geste de la main qu’il avait terminé. Violette se redressa et commença son enseignement. 

-       Michaël, lui dit-elle en le regardant droit dans les yeux avec une intensité dont l’origine devait être divine, il en était certains. 

« En tant qu’humain préparant son retour chez lui, c’est la dernière fois que tu ressens quelque chose du genre ». Elle le laissa réfléchir quelques instants et se leva pour se diriger vers un mur en apparence tout blanc. Elle déroula un parchemin fixé à l’extrémité du mur, près du plafond, ce qui rappela à Mike les cartes géographiques fixées aux murs des classes au-dessus des tableaux noirs. Le parchemin portait les mêmes étranges caractères de style arabe déjà vus dans la Maison des cartes. Il ne parvenait pas à les lire. 

-        mon rôle consiste à t’expliquer que toi, ainsi que tous ceux qui se sont retrouvés dans  ta vie, avez soigneusement planifié ce que tu as vu se dérouler sur l’écran du « cinéma de la vie » au cours des deux derniers jours. Mike écoutait attentivement, sans vraiment comprendre comment c’était possible. 

-       Planifié ? 

-       Oui. 

-       C’est impossible. Il y avait des accidents, des coïncidences, des faits divers, plusieurs facteurs dus au hasard. 

-       Tu as tout planifié avec les autres. 

-       Mais, comment ? 

-       Michaêl Thomas tu sais déjà que tu es une entité éternelle. Tu es ici pour obtenir l’autorisation et la formation nécessaires pour rentrer chez toi, pour retourner sur cette terre sacré où tu crois trouver des réponses, la paix, un sens à ta vie, selon ta propre définition des choses. Ce que tu ne sais pas encore, c’est que tu  as fait en tant qu’humain sur la terre plusieurs séjours. Cette fois, tu es Michael Thomas. 

 

Mike avait déjà entendu parler des vies antérieures, et une personne de confiance qui confirmait encore cette notion qu’l accepta avec émerveillement. Violette continua. 

-       Lorsque tu n’es pas sur la terre, tu planifies les leçons de ta prochaine vie, car tu es le seul à connaître tes besoins. En collaboration avec les autres, tu prépares tes leçons de vie. Certains acceptent de te mettre au défi. D’autres consentent à être le sable de ton huitre pendant des années ! D’autres encore acceptent d’être plus près de toi et certains même mourront pour t’aider à réaliser tes besoins et les leurs. Cela fait partie de leur contrat ! Ebahi par cette information, Mike demanda : 

-       Mes parents, savaient-ils ? 

-       Vous le saviez TOUS, Michael, et c’est le plus grand présent que tu aies reçu de toute ta vie. Les yeux de Violette laissaient voir une compassion comme Mike n’en avait jamais vu. Elle le connaissait à un tel point § Elle était prête à tout lui expliquer s’attendait à de fortes émotions et pouvait répondre à toutes ses questions. Elle était formidable. 

-       C’est assez complexe, vois-tu Michael. Chaque incarnation humaine est reliée aux autres. Des contrats sont établis avant ton arrivée, prévoyant ta puissance d’apprentissage et de croissance. Tu es l’épine de quelqu’un d’autre et une perle d’une valeur inestimable. Ce que tu appelles accident ou coïncidence est soigneusement planifié. 

-       C’est la prédestination ? 

-       Non, tu choisis tout. Le chemin est tracé et tu peux décider de le suivre ou non. Tu peux même en créer un nouveau si tu le désires. C’est d’ailleurs exactement ce que tu es en train de faire. Lorsque tu as exprimé l’intention d’emprunter ce chemin, tu as balancé le contrat que tu avais conclu avec les autres. Tu es allé au-delà des événements planifiés pour l’apprentissage de tes leçons et tu as plutôt choisi la mine d’or. Maintenant, tu as une véritable vision d’ensemble de toute la situation. 

-       Mais pourquoi les films, alors ? 

-       Pour que tu puisses revoir chaque détail de ta vie qui te semble négatif et comprendre que tu as participé à sa création. Tu as pris part à sa planification et u l’as accomplie selon un plan établi>. En d’autres termes, tu es responsable de tout. 

 

Mike était étonné par toutes ces idées. Il n’en comprenait pas encore le mécanisme 

-       Et si j’avais voulu tout changer ? Pourquoi ai-je chois des expériences si difficiles et si tragiques ? Violette était prête à répondre. 

-       Lorsque tu n’es pas ici, Michaêl, tu possèdes l’esprit de Dieu. Tu n’en es pas conscient maintenant, mais c’est ainsi. La mort et les circonstances émotives sont de l’énergie vers Dieu. Tu es éternel, et les allées et venues des humains sont destinées à des objectifs beaucoup plus élevés que tu ne le crois, un but que tu comprendras un jour quand tu prendras ma forme. Pour l’instant, qu’il te suffise de savoir que ce que tu appelles tragédie, malgré toute l’horreur que tu y perçois dans ton état d’esprit actuel, peut être le catalyseur d’un changement planétaire, d’une augmentation de la vibration et d’un présent au-delà de toute imagination. C’est la vision d’ensemble qui compte, et non pas l’événement réel. Malgré la confusion qui peut s’en dégager pour l’instant, c’est ainsi. Violette arrêta quelques instants pour permettre à Mike de réfléchir. Puis, elle reprit. 

-       Pour ce qui est de changer les événements, c’est un choix que tu as toujours eu, mais qui est caché à la plupart des humains. C’est le test de la vie, Michaël. Tu pourrais regarder la situation de cette façon : lorsque tu quitteras la maison, tu auras tendance à suivre la route. C’est la solution la plus naturelle. C’est facile et tu n’as pas à penser à ta direction. Le chemin est là et t’indique la voie ; alors, pourquoi ne pas le suivre ? Mais, en vérité, sur la terre des sept maisons, le chemin mène toujours dans la même direction, ondulant légèrement. Voilà pourquoi, tu pourrais atteindre la maison suivante sans doute plus rapidement si tu te dirigeais dans sa direction, sans emprunter le chemin. Tu pourrais même découvrir des merveilles sur ta route, hors des sentiers battus. Le chemin ondule mais conduit toujours dans la même direction, vers l’avenir. La plupart des humains restent sur la route, ne réalisant  jamais qu’ils peuvent la quitter s’ils le désirent. C’est lorsqu’ils font autrement que tout change pour eux, surtout leur avenir. Ils commencent en fait à s’écrie un nouveau futur dès qu’ils expriment l’intention e quitter la voie. Ils trouvent la paix lorsqu’ils parviennent à mieux maîtriser leur vie. Ils découvrent leur but. Certains passent même par ici ! Violette avait un sourire entendu. 

 

-       Et la Maison des responsabilités ? interrogea Michael. 

-       C’est ici que tu apprends que TOI, Michaël Thomas de l’Intention pure est directement responsable de tout ce qui constitue ta vie. La tristesse, la peine, les présumés accidents, les pertes, ce que les autres t’on fait, la douleur et, oui, même la mort. Tu savais qu’elle serait là, tu l’avais planifiée avec les autres et tu as joué le jeu jusqu’à maintenant. 

-       Dans quel but ? 

-       Dans un but d’amour, Michael. L’amour le plus élevé. Tu connaîtras le plan d’ensemble au moment opportun. Pour l’instant, tu dois saisir que tout est important et fait partie d’un amour que tu connais déjà et auquel tu participes dès à présent. Les apparences sont parfois trompeuses. 

 

Les mots résonnaient aux oreilles de Michael. Les apparences sont parfois trompeuses. C’était les paroles du premier ange, celui de la vision qui avait suivi le vol. Puis les autres les avaient aussi prononcées. L’esprit de Mike se récitait ces nouveaux concepts. Puis, il se rappela les paroles de Bleu dans la Maison des cartes. Ce sont les contrats de tous les êtres humains de la planète. Dans les petites cavités que Bleu gérait, et il y en avait des millions, se trouvaient les plans éventuels de toute l’humanité, établis par les individus eux-mêmes et prêts à être altérés par ceux qui le souhaitaient. 

 

La vérité du message frappa soudain Mike comme une masse. Si seulement il avait su ça lorsqu’il était jeune. Il aurait tellement mieux compris la vie. Il aurait pu changer son futur. Il aurait pu trouver la paix. Les décès, les amours perdus, la dépression, quels éléments d’espoir et de sagesse ils auraient pu constituer ! la pensée du choix lui permettant de modifier sa vie l’éblouissait. Violette avait raison. Mike avait suivi le chemin de sa vie sans broncher, permettant à tout ce qu’il avait planifié de se produire. Il avait du mal à saisir cette notion de planification. Elle le rendait responsable de tout ce qui s’était passé. Il se retrouvait devant une perspective totalement différente. Ça lui aurait été si utile ! Sa vie aurait été complètement différente. Aucun membre de l’église ne lui avait appris une chose pareille. Il aimait Dieu et il avait toujours accepté le caractère sacré de sa demeure, mais on lui avait  toujours appris qu’il était un mouton qui suivait un berger. Aucun enseignant spirituel ne lui avait dit qu’il avait tant de pouvoir. 

 

-       Violette, s’il en est ainsi, pourquoi ne m’a-t-il pas appris ça à l’église ? 

-       L’église n’enseigne pas tout sur Dieu, Michael. Il arrive même qu’on t’y  apprenne beaucoup de choses sur les humains et sur ce qu’ils pensent de Dieu. Violette ne portait pas de jugement et ne critiquait pas les humains ; elle rapportait simplement les faits. 

-       L’église a-t-elle eu tort ? 

-       Michal, la vérité est la vérité, et tu en trouveras des parties dans l’ensemble de tous les systèmes spirituels. Tu es hautement respecté pour ta recherche de la vérité à propos de Dieu. L’amour, les miracles et le mécanisme du fonctionnement des choses sont tous présents à un certain degré dans ton lieu de dévotion. Voilà pourquoi  tu y ressentais l’esprit de Dieu. L’esprit honore la quête, même en présence d’une connaissance partielle. N’oublie pas que ton existence véritable t’est inconnue même maintenant, au moment où tu entends la vérité. Ton église et toutes les quêtes spirituelles de ta planète sont grandement respectées parce qu’elles représentent la recherche de Dieu et de la vérité spirituelle. Mais il est triste que les humains exercent un contrôle sur cette quête et l’empêchent de se développer en la limitant et en maintenant ceux qu’ils dirigent dans la peur. 

 

Le mérite se trouve dans la recherche et non dans la découverte. Le caractère sacré de la planète réside donc chez celui ou celle qui foule son sol et non dans ses édifices aux nombreux clochers. Violette s’approcha du parchemin qu’elle avait déroulé. « Tu penses que tes Saintes Ecritures sont sacrées. Regarde bien ceci, dit-elle en lui indiquant l’écriture cryptique du papier. Ce sont les dossiers akashiques de l’humanité. Ils contiennent les dossiers de toutes les vies et des contrats potentiels ». Elle fit une pause pour marquer son respect. « Michal, ce sont là les écrits les plus sacrés de l’univers et ils ont été écrits et réalisés par ceux qui ont décidé d’être des humains ». 

 

Elle le regarda fixement, ce qu’elle n’avait pas fait depuis quelque temps. Il saisissait le message. Tout à coup, il se rendit compte qu’elle avait adopté une attitude respect à son égard, de respect spirituel. Le renversement des rôles le mettait mal à l’aise. Il voulait en apprendre plus et elle répondait à sa demande. 

 

Les jours qui suivirent dans la Maison des responsabilités s’écoulèrent dans la découverte de messages profonds sur l’humanité et la vie. Non seulement Mike en apprit-il davantage sur ce qu’il était, mais il sut qui il avait été. Toutes les pièces du casse-tête s’imbriquaient les uns dans les autres. Violette lui fit voir les dossiers et les contrats de ses parents et d’autres qui avaient traversé sa vie. Tout ce qui lui était transmis était parfaitement approprié et il ne vit rien qui aurait pu changer son avenir. Toutefois, une image beaucoup plus étendue de sa vie commençait à prendre forme. Le détail le plus impressionnant ? Que les humains sont en fait des parties de Dieu qui errent sur la planète sans le savoir, ce qui leur permet de transformer les caractéristiques spirituelles et la vibration de la terre même ! Violette faisait constamment référence aux humains comme à des personnages haut placés. Les humains étaient des entités qui devaient changer le fondement même de la réalité sur une très vaste échelle ; et tout tournait autour des leçons apprises sur la terre, leçons qu’ils avaient planifiées ensemble ! 

 

Puis, il fut temps de repartir. Mike se sentait une nouvelle créature. Sa connaissance du déroulement des choses avait décuplé. Il avait tout assimilé et sentait qu’on l’avait induit en vérité. Au moment où il revêtait son armure pour entreprendre le voyage qui le mènerait à la prochaine maison, il entendit les paroles d’Orange résonner à ses oreilles. L’épée de la vérité, le bouclier de la connaissance, l’armure de la sagesse. Les éléments s’assemblaient pour former un tout spirituel serré. Il comprenait que les armes présentaient un caractère cérémonial et un but. Les paroles lui étaient répétées, expliquées et il parvenait finalement à les comprendre. 

 

Violette raccompagna Mike au seuil de la porte. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, tu me manqueras. 

-       Violette, j’ai l’impression de quitter la maison et non d’être en route pour m’y rendre. Mike se sentait près d’elle et elle était devenue en quelque sorte un membre de la famille. Jusqu’à présent, il avait rencontré trois anges frères et, maintenant un ange mère ! Qu’est-ce qui m’attend maintenant ? 

-       D’autres membres de la famille, lui dit Violette, saisissant ses pensées. 

 

A la porte, Mike retrouva ses chaussures où il les avait déposées. Il se rappela aussi qu’on n’avait pas répondu à sa question sur ce point. Il regarda tour à tour ses chaussures et Violette. 

-       Encore une chose, dit-il, souhaitant savoir pourquoi on lui avait demandé de les enlever. 

-       Oui, Michaël, je n’ai pas oublié. Mais tu peux me répondre maintenant. Elle souriait, attendant patiemment la réponse. Mike le savait, mais hésitait à la verbaliser. C’était tellement grandiose, tellement flatteur ! 

-       Dis-le Michaël. Violette reprenait son rôle d’enseignante. 

-       Parce que l’humain est sacré. Et parce que dans cette maison, les humains foulent une vibration plus élevée. Visiblement émue, Violette répondit : 

-       Je n’aurais pu espérer de meilleure réponse, Michael Thomas de l’Intention pure. C’est en réalité la présence de l’humain et non celle de l’ange qui rend cette place sacrée. Michael, tu es vraiment un être humain extraordinaire. Je rends hommage au Dieu en toi. J’ai une question à te poser. Mike connaissait la question, mais permit tout de même à Violette de la poser. 

-       Mickael, est-ce que tu aimes Dieu ? 

-       Oui, Violette, j’aime Dieu. 

Il était sur le point d’éclater. Il ne craignait pas de montrer ses émotions à Violette. Il était triste de quitter l’endroit où il avait retrouvé l’énergie qu’il croyait avoir perdue à tout jamais à la mort de ses parents. Il se retourna et descendit quelques marches, et puis se retourna encore. 

 

-       Tu me manqueras, mais tu resteras dans mon cœur. 

Il se lança sur le chemin qui le mènerait à la prochaine maison et se retourna une fois de plus pour ajouter une dernière chose à l’ange qui le regardait s’éloigner. 

-       Regarde Violette ! 

Dans un style théâtral et avec des mouvements d’enfant, Michal Thomas quitta le chemin tracé dans un grand envol et s’aventura dans la plaine luxuriante. Il se retourna et s’écria : 

-       Regarde, j’ai décidé de tracer mon propre chemin ! Il riait et sautait et continua ainsi jusqu’à ce qu’i ne puisse plus apercevoir la maison violette. 

 

Violette demeura sur le seuil jusqu’à ce qu’il disparaisse. Telle un mère, elle était remplie de fierté. Puis elle rentra et referma la porte. Elle reprit sa forme naturelle, qui n’était pas humaine, mais tout de même magnifique et s’adressa aux autres. 

-       Si c’est là un spécimen de la nouvelle génération d’humains, toute une étape spirituelle nous attend ! 

 

 

01************ 

 

Sur le sentier, quelques mètres plus loin, une créature horrible attendait. La forme répugnante avait soigneusement préparé son piège et elle était convaincue que Michaël Thomas ne pourrait soupçonner ce piège. L’entité négative savait que Mike avait quitté la maison et avait repris sa route. Elle le sentait et était ravie ! 

Il ne faudra pas longtemps, maintenant. Alors que Michael Thomas me croira derrière lui, je l’attaquerai par devant. Il ne saura pas ce qui se passe ! Elle s’amusait de l’astuce qu’elle avait réussi à imaginer dans cette terre de rêve. A tout instant maintenant…. 

 

L’horrible forme attendit longtemps. Michael Thomas avait quitté le sentier

La grande tempête

  

 

gif lune Mike avançait depuis deux heures à peine lorsqu’il constata que le vent se levait et que le ciel s’assombrissait. Exactement ce dont j’avais besoin, se dit-il, une tempête au paradis ! 

 

Depuis une heure environ, il cheminait péniblement, accablé par sa charge, et devait s’arrêter de plus en plus souvent pour se reposer. Non seulement sa charge était-elle très lourde, mais elle était encombrante. Mike en était irrité au plus haut point, et voilà qu’à son inconfort venait s’ajouter une tempête. Il devait rapidement trouver un abri pour se protéger de la pluie. Il ne voulait pas abîmer ses bagages et craignait que son armure ne soit attaquée par la rouille. 

 

Il s’arrêta encore et regarda derrière lui une première fois. Elle était là ! La forme verte se précipita derrière un amis de roches. Cette fois, Mike l’avait aperçue. Elle était évidente et énorme ! Son corps fatigué fut envahi d’appréhension en constatant que la forme ne l’avait pas abandonné depuis qu’il s’était arrêté à la dernière maison. Il se rappela qu’Orange lui avait indiqué le danger et le mal qui le guettaient. Tout en se reposant, il ne cessait de surveiller la route derrière lui. Il se devait de rester alerte, sans savoir encore jusqu’à quel point. 

 

Le vent s’éleva, rendant sa progression encore plus pénible. Un voyageur moins encombré n’aurait pas eu la moindre difficulté à se déplacer dans ces conditions, mais le bouclier avait presque l’effet d’une voile dans son dos. S’il n’avait pas transporté tant de bagages, Mike n’aurait eu qu’à le garder en équilibre comme il l’avait appris et se serait déplacé sans doute plus vite, se servant du bouclier pour assurer sa stabilité dans le vent. Mais, avec tous ses sacs, il n’y arrivait pas. Mike comprit qu’il devait se mettre rapidement à l’abri jusqu’à ce que le temps se calme et redevienne tel qu’il l’avait connu depuis son départ. 

 

Michaël n’avait jamais rien vu de semblable. La température changea remarquablement dans un très court laps de temps. Toujours sur le qui-vive à cause de son poursuivant, il découvrit avec horreur que la chose se rapprochait de lui malgré le vent et la pluie battante. Elle était rapide. Comment pouvait-elle se déplacer si vite par un tel vent ? 

 

De plus en plus inclémente, la température poussa Mike à prendre des mesures appropriées. Les choses se gâtaient à vive allure. Il continua d’avancer, légèrement courbé, espérant ainsi offrir moins de résistance au vent. Finalement, il dut s’arrêter et s’allonger au sol, tout mouvement vers l’avant étant devenu absolument impossible. 

 

La tempête devenait de plus en plus forte et mugissait sous le vent, dont la violence croissait. Là où l’armure ne le protégeait pas, la pluie l’attaquait comme des aiguilles violemment plantées dans la chair. Mike se sentait en danger. Il regarda prestement derrière lui, mais la vision était en grande partie obstruée par la pluie battante et le brouillard. Il pouvait tout de même voir la silhouette vert foncé, maintenant droite comme un fil et dont les yeux rouges flamboyaient. Elle commença à avancer, nullement retardée par la tempête. Comment était-ce possible ? Mike était terrifié. 

 

La voix de bleu, claire, s’adressa à Mike. 

-       SERS-TOI DE LA CARTE ! Quelle clarté ! se dit Mike. 

Il est vraiment avec moi. La furie de la tempête égalait maintenant tout ce qu’il n’avait jamais connu au Minnesota. Il aurait aussi bien pu se trouver au cœur d’une tornade. Etendu sur le sol, il déployait d’immenses efforts pour éviter d’être balayé par la force incroyable de la tempête. Plus il pouvait s’aplatir, mieux c’était. Le bourdonnement des éléments déchaînés était devenu assourdissant ! La peur de Mike aurait pu le déstabiliser et le faire basculer dans la terreur mais, d’une façon manifeste, la situation présentait un certain sens. Si seulement, il pouvait sortir sa carte ! 

 

Malheureusement, Mike ne parvenait pas à extraire sa carte de son sac, trop préoccupé par sa survie. La férocité des éléments attaquait son être le plus profond. D’une main, il s’agrippait littéralement aux plantes, à même le sol, tandis qu’il tenait sa précieuse cargaison de livres et de photos de l’autre main. Le sac contenant la carte était suspendu à son cou et tout froissé – en sécurité, mais tout à fait inaccessible. Michaël sentit soudain son corps soulevé par la force violente du vent et le bouclier sur son dos qui la découplait. Telle une brute, la tempête féroce l’attisait et l’incitait à l’action. Mike s’enfonça encore plus dan le sol et, par la force de sa volonté, enfonça ses orteils dans la boue, s’agrippant encore plus solidement d’une main à une racine tenace. 

 

Le temps était devenu très sombre. Les amas de nuages qui s’étaient accumulés dans le ciel étaient suspendus juste au-dessus de l’endroit où Mike gisait, et sa vue s’en trouvait limitée. Il pouvait à peine ouvrir les yeux puisqu’il devait les protéger du vent et de la pluie mais, de toute façon, il n’y avait rien à voir. Il arrivait à peine à percevoir le sol sous lui. Où la silhouette sombre se trouvait-elle ? Venait-elle vers lui ? Devait-il bouger ou serait-il emporté par la tempête ? Tout comme l’alarme d’un exercice d’incendie, chacune des cellules de son corps vibrait à un point qu’il n’avait jamais connu auparavant. De peur ? Non, sa volonté de survivre et de combattre la situation dominait tout. Il était déterminé à trouver une façon de s’emparer de sa carte. 

 

La voie d’orange se fit entendre en lui comme un immense soulagement. Comment peut-on entendre un son si doux dans un tel vacarme ? se demanda-t-il. 

 

-       Michaël Thomas, abandonne tes bagages ! 

 

Mike savait qu’il devait le faire, sinon la mort l’attendait. Sous son armure, ses vêtements étaient entièrement trempés, et il commençait à grelotter. Par-dessus le hurlement du vent déchaîné, il entendit et sentit un lourd bruit de chute. Qu’était-ce donc ? Le sol en vibrait. Cette chose se rapprochait-elle ? Il devait suivre le conseil d’Orange. Mike savait qu’elle se rapprochait vraiment. 

 

Un à un, Michaël se débarrassa méthodiquement des sacs renfermant les précieux souvenirs qu’il avait emballés si minutieusement. Ce furent d’abord les livres qui volèrent. Avec deux doigts, il dégagea la courroie du premier sac. Le vent l’emporta tel un véritable déchiqueteur. Le mouvement brusque poussa Mike à regarder ses doigts, croyant qu’ils avaient été fracturés. Il entendait le bruit des coutures du sac qui se fendaient et le déchirement de centaines de pages de souvenirs qui s’éparpillaient à quelques centimètres de lui. C’était le son le plus horrible qu’il lui fut donné d’entendre : ses livres si chers à son cœur. Sans s’attarder, il dégagea l’autre sac de la même façon. Ce fut encore pire. La tempête avait pris l’aspect d’un combattant acharné et lui arracha le sac des mains, le clouant encore davantage au sol. Il se prit même à se demander si la chose sombre ne l’avait pas finalement rattrapé et n’avait pas entrepris de le déchiqueter. La force de la tempête s’acharnait contre lui telle une armée de soldats faisant les cent pas sur son dos ! 

 

A l’encontre des livres, les photos disparurent dans un bruit. Subitement, elles n’étaient plus là, ce qui mit Mike en colère. Ses racines mêmes, les souvenirs précieux de ses parents disparus, étaient disséminées par une tempête ingrate qui, d’autre part, persistait à s’acharner contre lui. 

 

Il aurait pu croire que l’enfer se déchaînait autour de lui. Il essaya de soulever légèrement afin de glisser sa main livre sous lui dans l’espoir d’atteindre la carte. Il faillit lâcher prise alors qu’encore une fois la force du vent prenant dans son bouclier le souleva légèrement. Mais il avait réussi à saisir sa carte. En se servant de son pouce et de son index, il parvint à la dérouler et à repérer le point rouge. Instinctivement, il remonta le parchemin sur sa poitrine, ramenant du même coup un peu de terre humide et de saleté collées au métal sur de son armure. Il était en équilibre précaire ; il pressait son corps fortement sur le sol boueux tout en ramenant vers le torse la main qui tenait la carte. Il frôla sa main sur un petit caillou en essayant de remonter la carte au niveau de ses yeux. Il se demandait bien comment il allait parvenir à la lire. Il faisait tellement noir qu’il n’y voyait rien ! Et même s’il réussissait, le parchemin serait sans doute détrempé. L’autre main qui s’agrippait toujours à cette racine commençait à lâcher prise sous le bombardement de la pluie et du vent. Le bras de Mike s’engourdissait, et il avait du mal à maintenir sa position. 

 

 

 

La tempête ne l’affectait aucunement. En tant que visiteur aux vibrations inférieures dans un milieu supérieur, la misérable créature n’était pas atteinte par le vent, la pluie et le déchaînement de la tempête qui s’abattait autour d’elle. Debout, Elle poursuivait lentement son chemin au centre du sentier vers Michaël Thomas qui, menacé et rampant, arrivait à peine à résister aux mêmes éléments. 

 

L’entité négative n’était pas déséquilibrée par l’incroyable force du vent mugissant. Rien ne semblait toucher la sombre silhouette, sinon peut-être le manque de visibilité. En approchant de Mike, au rythme dégagé d’un marcheur dans un parc, elle commença à croire que le sort lui était favorable aujourd’hui. Mais il fallait compter avec la noirceur et, bientôt, elle ne pourrait mieux voir que sa proie. Elle était tout de même déterminée à achever le travail entrepris par la tempête et se préparait à éparpiller me corps de Mike en mille miettes sur cette terre de conte de fées insensée et tellement détestée. 

 

L’intuition de Mike ne l’avait pas trompé. Cette chose approchait. La noirceur avait envahi l’espace, comme si les entités de l’endroit avaient demandé que ses yeux soient bandés. La masse sombre avançait instinctivement et semblait savoir où Mike se trouvait. Elle attaqua avec force et détermination, mais rata son but et déchira le sol tout près de Mike. Celui-ci l’avait entendu, mais avait aussi entendu quelque chose d’autre : le bruit des pages de livres qu’il avait laissé aller. L’horrible forme se retourna rapidement vers ce nouveau bruit. Maintenant, elle savait où Mike était et s’en trouvait ravie ! 

 

Elle se rapprocha puis, dans la noirceur de la grande tempête en colère contre laquelle il ne pouvait rien, elle repéra Michaël Thomas qui gisait, une main sous lui et l’autre agrippée à cette racine entêtée. Si elle avait pu sourire, elle l’aurait fait avec plaisir à l’instant. 

 

Elle s’abattit sur le dos de Michaël Thomas avec la force de douze hommes musclés. Aussitôt, ce fut comme si un million de dars lui perçaient la carcasse verruqueuse. Dans un éclair aveuglant de pure lumière blanche et argent, l’entité négative fut repoussée par une force terrible, comme expulsée de la bouche d’un canon. Elle suivi tune longue trajectoire avant d’atterrir sans façons à son point de départ ou presque. Extérieurement, elle dégageait une fumée qui semblait avoir été produire par un contact avec un élément extrêmement chaud. Elle essayait de saisir ce qui s’était passé. A tout le moins sidérée, l’horrible forme était pour l’instant affaiblie par la force qui l’avait projetée avec tant de puissance. 

 

Le bouclier de Michaël Thomas était fermement attaché à son dos et couvrait la majeure partie de son corps. L’objet qu’il croyait destructeur, son bouclier, était soudain devenu son protecteur. Il avait fait son travail sans directives de la part de Mike il faisait partie de lui. La rencontre de la sombre créature aux vibrations inférieures et de la haute vibration du bouclier avait immédiatement causé une puissante réaction physique. Le bouclier da la connaissance avait repoussé l’attaque d’une force opposée à la sienne. 

 

 

 

Michaël Thomas avait réussi à remonter la carte jusqu’à sa gorge. Il regarda vers le bas, espérant y voir malgré cette noirceur intense. Soudain, la lumière fut ! Il sembla à Mike qu’une poussée de vent particulièrement violente l’avait assailli, mais elle s’accompagnait d’un miracle : une lumière si brillante qu’il importait peu que ses yeux soient complètement fermés pour se protéger du vent et de la pluie. La lumière fut tellement intense qu’elle éclaira tout autour de lui et suffisamment longtemps pour qu’il puisse voir clairement par ses yeux à demi fermés. La section de la carte qu’il avait déroulée avec précaution pendant que la tempête faisait rage se trouvait là, devant lui ! Fouillant vivement la carte, ses yeux y décelèrent le VOUS ETES ICI. Mike ne tenait pas compte de l’odeur de fumée et d’ozone qui se dégageait autour de lui. La carte lui indiquait la voie. En fait, au prochain détour se trouvait une grotte. A quelques mètres à  l’est, il serait en sécurité ! 

 

En y repensant, Michaël Thomas se dit que Dieu lui avait envoyé un éclair au moment opportun. Il ne comprit pas que seule la force négative déterminée à le détruire avait été responsable de ce miracle d’illumination au moment nécessaire. Sans le savoir, Michaël Thomas de l’Intention pure venait d’expérimenter sa première cocréation. Orange lui avait appris à utiliser le présent qui l’aiderait « à l’endroit approprié et au moment opportun » mais il n’avait pas pensé que ce moment était déjà venu. 

 

Pour un geste de force et de courage, Mike réussit à ramper à pas de tortue d’une racine à l’autre, d’une pierre à l’autre, utilisant ses orteils plantés fermement dans le sol pour se maintenir et changer de direction. Il lui fallu vingt minutes pour se rendre, toujours aplati sur le sol humide et luttant contre la force de la tempête. Tant d’efforts pour franchir seulement quelques mètres ! Mais il fallait le faire. Malgré la noirceur presque totale, il trouva l’entrée de la petite grotte qui le protégerait d’une mort certaine. A chaque mouvement pénible qu’il parvenait à effectuer il remerciait Dieu que la sombre entité ne l’ait pas rattrapé. Lorsqu’il se glissa enfin dans l’entrée, la tempête s’intensifia, et il fut ébahi par le bruit assourdissant autour de lui. Cette terre magique n’est pas à l’abri des difficultés, se dit-il. 

 

La grotte respirait la tranquillité, mais Mike était plutôt en mauvais état. Sa main, égratignée par la pierre, saignait. Ses vêtements étaient couverts de boue et de saleté, mais il faisait trop froid dans ce lieu pour les enlever. Il se leva lentement pour mieux évaluer son position. 

 

On aurait pu croire que Michaël Thomas serait envahi de reconnaissance à l’idée d’avoir pu échapper à la tempête et au mystérieux ennemi qui l’avait presque vaincu. En réalité, il était furieux ! Il ne tremblait pas de froid, mais de rage. Il avait été dépouillé de ses précieux biens. Il savait qui avait la maîtrise des éléments et il cria sa fureur à qui voulait l’entendre. 

 

-       Vous m’avez eu ! Il  se dirigea vers l’entrée de ce refus et hurla devant le vent mugissant. 

« M’entendez-vous ? » Son visage se tordait de colère. Son indignation devant le fait d’avoir été tenu d’abandonner ses biens si chers dominait toute sa pensée. Il avait été la victime de ceux qui régnaient sur cette prétendue terre sacrée. 

 

-       Je vois comment ça fonctionne maintenant, continua-t-il en hurlant toujours. Si je n’accepte pas les suggestions des anges, ils FONT CE QU’ILS VEULENT DE MOI ! 

Mike tremblait de froid et de rage, debout à l’entrée de la grotte. Il ressentit la peine reliée à la perte des photos laissant voir ses parents. Il se mit à pleurer à chaudes larmes, tordu de douleur, jusqu’au bout de sa peine. Il se sentit violé et dépouillé. 

Mike ressentit soudain une chaleur derrière lui et put voir le vacillement subtil d’une flamme discrète sur les murs de la grotte. Il se retourna, et une douce voix s’adressa à lui. 

 

-       Je t’ai donné de bons conseils, Michaël Thomas de l’Intention pure. 

Orange se tenait au fond de la grotte. Devant lui brûlait un petit feu invitant Michaël Thomas à partager sa chaleur. Calmé, Mike s’approcha lentement du feu devant lequel il s’assit, tête penchée et songeur. Puis, les larmes inondant toujours ses yeux, il se résolut enfin à regarder Orange et à l’interroger. 

-       Etait-ce vraiment nécessaire ? 

-       Non. C’est bien évident. 

-       Pourquoi m’avez-vous enlevé mes choses ? 

-       Nous sommes sur une terre de libre choix. Michaël Thomas. En dépit de ce que tu penses, l’être humain en est le point central et il est honoré plus que toute autre créature qui s’y trouve. 

-       Libre choix ! Si je n’avais pas laissé aller mes sacs, je serais mort ! 

 

-       Exactement. Tu avais chois de ne pas abandonner tes sacs au moment où tu en avais l’occasion. Si tu avais suivi mon conseil, tu en aurais appris beaucoup plus. Les sacs auraient été en sécurité. Tu ne peux avoir une vision d’ensemble de cet endroit. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici et ce pour quoi ces présents et ces outils t’on été remis. 

 

-       Je ne comprends toujours pas. Pourquoi ne pouvais-je pas garder quelques-unes des choses que j’aime ? ça n’aurait fait de mal à personne. C’était tellement important pour moi ! 

-       Elles ne servaient pas les fins de ton voyage, dit Orange en s’assoyant sur une pierre près du feu. Les choses que tu transportais représentaient la partie terrestre en toi. Elles constituaient ton ancien soi et te gardaient en un point incompatible avec la nouvelle vibration que tu découvres et que tu acceptes. Tout en toi se transforme et nous savons que tu le sens. 

-       Tu aurais pu simplement me le dire. Je me serais épargné plusieurs ennuis. Mike regardait sa main blessée et ses vêtements souillés. 

 

-       Tu as rejeté une occasion, Michaël Thomas. Et tu devais apprendre ta leçon. Mike admettait la sagesse des paroles d’orange. 

 

-       Si je n’avais pas laissé aller mes choses, que ce serait-il passé ? 

 

-       Tu ne pouvais poursuivre ta route en transportant des objets empreints d’une ancienne énergie. Le vent t’aurait replacé dans un centre de ta conscience d’avant. Tu t’en serais éventuellement tiré, mais tu aurais perdu tout ce que tu avais appris et acquis sur cette voie sacrée. Ç’aurait été la mort du nouveau Michaël Thomas, et tu aurais quitté cette place. Orange fit une pause pour mieux marquer ce qu’il venait de dire et poursuivit : 

 

-       C’est à un point important, Michaël Thomas de l’Intention pure. Tu ne peux pas embrasser ton ancienne énergie, même dans ce que tu estimes de plus précieux, et progresser vers la nouvelle. Elles ne sont pas compatibles. Tu es en train de passer dans une nouvelle dimension, et la physique de l’ancienne ne correspond pas à la physique de la nouvelle. Permet-moi de t’interroger : une partie de toi aime-t-elle toujours ses parents et s’en souvient-elle malgré que tu aies laissé filer les souvenirs que tu en gardais ? Ton sentiment a-t-il disparu dans la tempête ? 

 

-       Je l’ai toujours, répondit Mike, sachant très bien où ce dialogue allait le mener. 

 

-       Alors, où est la perte ? demanda Orange. 

Mike ne parlait pas. Il était conscient d el ‘enseignement qu’il recevait. Orange poursuivit, comme un père transmettant une sagesse toute simple à son enfant curieux. 

-       Les souvenirs des êtres que tu as aimés se situent dans l’énergie de ton expérience de vie et non dans les objets. Lorsque tu désires te rappeler d’eux, fais-le en utilisant la conscience d’amour et les présents du nouveau Michaël Thomas. Tu constateras alors que tes perceptions sont différentes de ce que tu croyais par le passé. Tu gagnes une nouvelle sagesse à propos de tes parents et de toi-même. Les nouveaux outils et les présents vont en fait clarifier tes souvenirs. Les événements du passé ne font que t’entraîner vers une époque où tu étais incapable de saisir la vision d’ensemble des choses. 

-        

Mike ne comprenait toujours pas ce langage et ce discours spirituel. Orange percevait ses pensées et ajouta : 

-       Lorsque tu auras visité les sept maisons, tu comprendras tout. 

 

Mike ne saisit qu’en partie les paroles d’Orange, mais il lui semblait que les choses s’éclaircissaient un peu. Tout comme il n’avait pu conserver la nourriture, il réalisait qu’il ne pouvait rien conserver ayant appartenu au Mike d’autrefois. Il pleurait cette perte et se sentait encore trahi par ses amis les anges qui n’avaient pas été plus précis. Toutefois, il se rendait compte de la métamorphose qu’on exigeait de lui et constatait qu’on lui avait déjà adressé deux suggestions sur la route. Bleu lui avait recommandé de ne prendre aucune nourriture avec lui et Orange, de laisser ses sacs derrière. Chaque fois, il n’en avait pas tenu compte et avait dû en subir les conséquences désagréables. 

 

Michaël se promit d’écouter dorénavant les conseils des anges. Il se trouvait en une terre étrange aux multiples facettes et, alors qu’il détenait les données biologiques, les anges possédaient la connaissance spirituelle. Son voyage deviendrait beaucoup plus facile s’il écoutait sans rien supposer. Même s’il ne comprenait pas tout leur langage et plusieurs de leurs concepts, il devait faire confiance à leur vision d’une terre qu’ils connaissaient tout en accomplissant lui-même le périple qui le mènerait à son but. 

 

-       Orange, pourquoi y a-t-il des tempêtes ici ? 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, je vais encore te donner une réponse que tu ne comprendras pas, mais qui est vraie. 

Orange se dirigea vers l’entrée de la grotte avant de se retourner et d’jouter : « Lorsqu’il  n’y a pas d’humains ici, il n’y  a pas de tempêtes. » Mike n’avait pas la moindre idée de ce pour quoi ce devait être ainsi et se préparait à interroger sur la sombre silhouette qui le poursuivait, lorsqu’il se rendit compte… que l’ange était parti ! 

-       Au revoir mon ami orangé, dit Mike à l’espace vide où se trouvait l’esprit d’Orange quelques instants auparavant. Pour la première fois, il reçut une réponse à son adieu. Dans son esprit, entendit clairement la voix apaisante, sage et aimante d’Orange. 

-       Quand tu comprendras pourquoi nous ne disons pas au revoir, tu sauras que tu fais partie de notre dimension. Encore des paroles compliquées, mais tout de même rassurantes? songea Mike. 

Il se rapprocha du feu en quelque sorte fourni par Orange pour se chauffer et sécher ses vêtements, qui’l enleva avant de les déposer sur une pierre près de la flamme. Il constata que l’armure et le bouclier n’avaient subi aucun dommage et les plaça avec précaution près de ses vêtements. Il s’assoupit doucement, ne sachant plus si c’était le jour ou la nuit et dormit plusieurs heures durant. La tempête persista, mais elle avait totalement disparu lorsque Mike se réveilla. 

 

Michaël jeta un coup d’œil à l’extérieur et observa le crépuscule du soir. Il avait sommeillé tout l’après-midi pendant que la tempête prenait fin et se sentait maintenant plein d’énergie. Lentement, et  en y mettant un grand soin, il rassembla ses outils de combat, les enfila comme on le lui avait appris, mit le sac contenant sa carte sur son épaule et sortit. Tout était si paisible ! Il regarda derrière lui et ne sentit aucun danger ni ne vit d’ombre courant se cacher derrière un buisson ou une pierre. Il était en pleine forme ! 

 

Même s’il faisait presque noir, Mike savait que la prochaine maison serait là sous peu. Il avait raison. Il descendit bientôt une pente et la vit, dans le haut d’une colline. Il se sentait si léger ! Il avait les deux mains libres et, dépourvu de ses cas, il n’avait pas à subir le bruit clinquant de ses habits de combat. Il oubliait presque qu’il en était vêtu. Il avançait d’un pas agile. Michaël Thomas avait accepté la perte de ses effets comme appropriée à son voyage et avait laissé cette expérience derrière lui. Il essaya de revoir les photos de ses parents dans son esprit et fut récompensé par un souvenir intégral. Il ressentait de l’amour et les mêmes émotions qui surgissaient lorsqu’il regardait ces photos. Orange avait raison. Ce qui lui appartenait vraiment était dans son esprit. C’était là tout ce dont il avait besoin. 

 

 

 

Plusieurs mètres derrière lui, une silhouette sombre et révoltée se remettait d’une expérience pénible? Chaque fois que la forme verte bougeait, une douleur cuisante lui rappelait la brûlure subie, une blessure qui ne guérirait jamais. Elle se sentait perplexe, mais était toujours déterminée à barrer la route à Michaël Thomas. Tout comme si la vie même était en jeu. L’horrible forme savait que même, si elle devait se sacrifier au combat, il y aurait bientôt un instant où Michaël Thomas fixerait ses yeux rouges et flamboyants, sentirait son haleine chaude et connaîtrait la véritable peur avant même de pouvoir faire un autre pas en direction de chez lui

 

 

 

Kreyon, canalisé par Lee Carroll 

L’histoire de Michaël Thomas

 L'histoire de Michaël Thomas  dans LE RETOUR ISABELLISA122875426830_gros                ISABELLISA122875426830_gros dans LE RETOUR

 Mike (Michaël Thomas) poussa sa corbeille de documents avec un peu trop de vigueur sur la cloison de son bureau. Des morceaux de plastique éclatèrent ici et là. Encore une fois, un objet à portée de sa main subissait l’expression de sa colère. La situation qu’il vivait lui semblait de plus en plus exaspérante. Tout à coup, une tête se pointa à travers les feuilles vertes d’une plante artificielle trônant à sa gauche.  

- Tout va bien ? demanda John, du module voisin.  

Les cloisons de chaque module étaient juste assez hautes pour donner l’impression que chacun disposait d’un bureau privé.  

Mike avait placé plusieurs articles en hauteur sur sa table de travail. Ainsi, il avait l’illusion d’être à plus de deux mètres de ses collègues. D’ailleurs, tous partageaient ce leurre d’être seuls et de pouvoir converser sans oreilles indiscrètes autour. Le reflet blanc des tubes fluorescents suspendus au-dessus des modules baignait Mike et les autres d’un éclairage artificiel que l’on ne trouve que dans les grands établissements ou les usines. La lumière absorbait tout le rouge du spectre et pâlissait tout ce qu’elle touchait, même sur le territoire de la Californie ensoleillée.  

Des années sans soleil direct avaient donné à Mike un teint blafard.  

- Un petit saut aux Bahamas pourrait tout régler rapidement, répondit Mike sans même se tourner vers John, qui reprit sa conversation téléphonique en haussant les épaules. 

 

 Tout en prononçant ces paroles, Mike savait pertinemment qu’il n’irait pas aux Bahamas avec le salaire de commis aux commandes qu’il gagnait dans ce “ trou ”, ce moulin à ventes dans lequel tous les employés travaillaient. Il commença à ramasser les morceaux de plastique éparpillés et soupira… comme il le faisait de plus en plus souvent depuis quelque temps. Que faisait-il ici ? Pourquoi n’avait-il ni l’énergie ni la volonté de rendre sa vie plus intéressante ? Son regard se posa sur le stupide ourson en peluche qu’il s’était offert. Au cou du petit animal, on pouvait lire : “ Serre-moi ”. Tout près, Mike avait déposé sa caricature préférée : une illustration montrant un oiseau qui s’échappait d’un personnage qui le faisait toujours rire.  

Quant à lui, il se sentait plutôt habité par un oiseau de malheur. Mike avait beau épingler des visages souriants et des blagues autour de lui, il se sentait coincé. Son existence ressemblait à la reproduction répétée d’une même photocopie. Chaque journée se répétait inlassablement et semblait dépourvue de sens. La frustration et l’inutilité qu’il ressentait le mettaient en colère et le déprimaient. De plus, on commençait à le remarquer. Son supérieur y avait même fait allusion.  

Michaël Thomas était dans la mi-trentaine. Comme plusieurs de ses collègues, il était en “ mode de survie ”. Il occupait le seul poste qu’il avait pu trouver où il n’avait pas vraiment à se préoccuper de son rendement. Il n’avait qu’à être là pendant huit heures durant, puis à retourner chez lui, dormir, régler ses factures durant ses jours de congé et retourner au travail chaque lundi.  

Mike se rendit compte qu’il connaissait les noms de quatre personnes seulement dans ce bureau de Los Angeles, qui en comptait un peu plus de trente. Il s’en fichait. Pourtant, il était là depuis plus d’un an, depuis la rupture qui avait détruit sa vie pour toujours. Il n’en parlait jamais, mais ses souvenirs le hantaient presque toutes les nuits.  

Mike vivait seul, avec son poisson. Il aurait aimé avoir un chat, mais son propriétaire l’interdisait. Il se savait en train de jouer le rôle de la victime, mais son estime personnelle était nulle. Il continuait d’entretenir cette blessure, qui était toute sa vie, la gardant intentionnellement ouverte et vive de façon à pouvoir la ressentir à volonté. Il croyait ne pouvoir rien faire d’autre et n’était pas certain d’avoir l’énergie de changer quoi que ce soit, même en le souhaitant ardemment. Trouvant l’idée amusante, il avait appelé son poisson “ Le Chat ” et lui parlait chaque fois qu’il quittait l’appartement ou il y entrait.  

- Aie confiance, Le Chat, lui disait-il avant de partir. Bien sûr, le poisson ne répondait jamais.  

Mesurant plus d’un mètre quatre-vingt, Mike en imposait, jusqu’à ce qu’il sourie. Aussitôt, il faisait fondre tous les préjugés des gens d’abord impressionnés par sa stature. Ce n’était pas un hasard si son principal outil de travail était le téléphone. Ainsi, les clients ne pouvaient le voir. C’était là une façon commode de renier son meilleur attribut. En fait, il s’était emmuré pour mieux se donner le loisir de se délecter du mélodrame à l’image de sa situation actuelle. Il excellait en relations humaines, mais il utilisait rarement ses talents, sauf en cas de nécessité absolue dans le cadre de son travail. Mike n’entretenait pas facilement d’amitiés, et le sexe opposé n’avait aucune place dans son champ d’intérêt actuel, même si certaines de ses représentantes auraient souhaité le contraire !  

- Mike, lui disaient parfois ses collègues masculins, quand as-tu été chanceux la dernière fois ? Tu as besoin d’une femme ; cesse de te ronger les sangs !  Puis, ils rentraient chez eux retrouver leur famille, leur chien, leurs enfants… parfois même un poisson! Mais Mike ne pouvait envisager l’idée de reconstruire sa vie affective. Ça n’en valait pas la peine, se disait-il. J’avais déjà trouvé ma compagne, mais elle ne le savait pas. Il avait été très amoureux et avait misé gros sur cet amour. Pour elle, ça n’avait été qu’un jeu. Quand Mike en avait finalement pris conscience, son avenir s’était en quelque sorte effondré. Il avait aimé cette femme d’une passion qu’il ne croyait jamais pouvoir revivre un jour. Il lui avait tout donné, mais elle avait tout rejeté.  

[……..] 

Mike avait le souffle coupé et souffrait terriblement. Au moment où il essayait de se ressaisir et de soulager ses poumons brûlants à cause d’un manque d’air, il aperçut une botte d’une ampleur qui lui sembla démesurée s’abattant sur lui. Son assaillant grimaçait. Tout se passa très vite. La botte trouva son chemin.  

  Mike sentit et entendit le bruit des os de sa gorge et de son cou qui se rompaient d’une façon abominable. Il respira d’horreur, sachant très bien que l’air ne pouvait plus entrer et que sa colonne était sans doute broyée. Son corps entier réagit au bruit du choc de son cou mutilé. Sa conscience ressentit la situation dont l’horreur commençait à prendre forme. Ça y était… la mort approchait. Il essaya de crier, mais en vain. Il était sans voix. Il ne lui restait plus d’air et les choses commençaient à s’assombrir.  

  Tout était calme. Le voleur se dépêchait de finir son oeuvre sans se préoccuper du sort de l’homme étendu sur le plancher. Mais il fut interrompu par un bruit provenant de la porte. – Qu’est-ce qui se passe ici ? Est-ce que ça va ? clamait un voisin en frappant violemment la porte de son poing. Le voleur maudit son sort et se dirigea en maugréant vers la fenêtre fracassée. Pour faciliter sa sortie, il enleva les pièces encore accrochées au cadre et se glissa habilement vers l’extérieur. Le voisin de Mike, qui ne l’avait en fait jamais rencontré, entendit les bruits de verre cassé à l’intérieur et décida de tourner la poignée. La porte n’étant pas verrouillée, il entra et trouva l’appartement sens dessus dessous et un homme qui s’échappait par la fenêtre brisée. Avançant silencieusement dans la noirceur presque totale pour éviter le téléviseur et la chaîne stéréo étrange et une ampoule nue s’alluma au plafond.  

   - Oh mon Dieu ! s’entendit-il prononcer avec stupeur.  

En moins d’une seconde, il prit le combiné du téléphone, composa un numéro et demanda de l’aide. Michaël Thomas gisait sur le plancher, inconscient et grièvement blessé. La pièce était redevenue silencieuse. On entendait seulement le bruit d’un poisson qui se débattait à un mètre de la tête de Mike. Le Chat avait rejoint la laitue et les nouilles précuites sur le plancher, un mélange peu alléchant qui se teintait lentement du sang des blessures de Mike. 

Kryeon, canalisé par Lee Carroll

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