Pour bénéficier des fruits de l’Arbre Sacré

 

En chaque arbre, nos aïeux reconnaissaient l’Arbre Sacré, ancêtre de tous les arbres. Qu’il soit chêne, sapin ou tremble, ses caractéristiques leur rappelaient les enseignements des origines, Arbre-ami, Arbre-allié, Arbre-frère, les chamans des temps les plus reculés et ceux des villes actuelles ont tous une affinité avec certaines espèces particulières. Ils entrent en symbiose avec un Arbre-médecin, un Arbre-protecteur, un Arbre-professeur. Il en est de même pour les mythes de l’astrologie celtique ; à chaque histoire correspond un arbre qui en complète l’enseignement.

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Les bardes ont chanté la tradition celtique au fil des siècles, tout comme les griots africains ont transmis la leur, oralement et en musique. Il est inévitable et normal que plusieurs versions se soient forgées avec le temps. Ainsi, n recense plusieurs astrologies celtiques, notamment avec des Arbres différents pour une période donnée. Chaque arbre n’étant qu’un symbole du contenu du mythe et qu’un aspect de l’Arbre Sacré ancestral, on peut aisément concevoir qu’il est possible de choisir des arbres différents, sans pour autant trahir l’essence du mythe.

Si nous souhaitons bénéficier des fruits de l’Arbre Sacré, un échange doit avoir lieu : c’est à nous de le nourrir à notre tour. Nous pouvons lui rendre un peu de son infinie générosité en appliquant ses enseignements au quotidien, en respectant les lois sacrées transmises depuis la nuit des temps, celles que nos ancêtres se sont employés à pratiquer.

Elles sont toujours valables aujourd’hui. Au nombre de douze, voici comment elles ont été libellées dans la tradition amérindienne :

1.  Chaque matin en te levant et chaque soir en te couchant, sois reconnaissant ; la vie existe et tu existes dans la vie. Remercie le Créateur pour tous les dons et enseignements de l’Arbre Sacré qui te guide sur ton chemin. Fais un bilan de tes actions et pensées de la journée. Demande de recevoir force et courage pour t’améliorer pour servir ton peuple encore mieux.

2.   Sois généreux de ton temps, de tes gestes, de tes possessions et de tes idées. Lorsque tu donnes quelque chose, cela ne t’appartient plus. Un objet appartiendra à la personne à qui tu l’as donné ; elle en fera ce que bon lui semble ; Une idée appartiendra à la collectivité. Elle voyagera indépendamment de toi. Donne le meilleur de ce que tu as à tes visites.

3.   Respecte la vérité en toutes circonstances et à tout moment. sois enharmonie avec toi-même. ne marche jamais entre deux personnes en train de converser. Parle doucement et lorsque tu es en présence de personnes à qui tu dois le respect, ne parle pas à moins d’y être invité.

4.    Toutes les races et tous les peuples du monde sont comme autant de fleurs de couleurs différentes dans un même pré. Ils sont les enfants du Créateur et appartiennent à l’univers. Tous méritent le respect.

5.    En toutes circonstances, écoute les autres avec humilité ; écoute avec ton cœur. Respecte les décisions d’autrui. Si elles sont mauvaises cela apparaîtra en temps utile.

6.   La douleur d’une personne est la douleur de tous, de même que l’honneur d’une personne est l’honneur de tous. Comme tu évites un poison mortel, évite de faire souffrir les autres.

7.    Respecte tous les êtres humains, jeunes et vieux, tout ce qui vit : les animaux, les plantes, l’eau, la terre, l’air et le feu. Défends la Terre-Mère. A moins d’y être autorisé, ne touche pas ce qui ne t’appartient pas, surtout s’il s’agit d’objets sacrés. Respecte l’intimité, n’envahis pas l’espace des autres. Respecte leurs croyances religieuses. Ne dis jamais rien de négatif sur quelqu’un, que la personne soit présente ou non.

8.    Apprends à discerner entre ce qui t’apporte le bien-être et ce qui te détruit.

9.  Ecoute ce que ton cœur te dit. Attends-toi à ce que la guidance se manifeste sous n’importe quelle forme : la prière, le rêve, la solitude, l’exemple d’autrui.

10.   En toutes choses, sois modéré et équilibré.

11.   Rencontre les étrangers avec amour et considère-les comme des membres de ta famille.

12.   C’est en servant les autres que chaque être remplit sa mission sur terre et trouve le bonheur, et non en poursuivant les désirs personnels.

Ce code de conduite donne à réfléchir : si simple et évident à première vue, qui d’entre nous est capable de l’appliquer vraiment ? Pourtant, la physionomie du monde pourrait changer si….

Vous pouvez recopier ce texte à la condition d’en mentionner la source :

Francesca du forum La Vie Devant Soi  http://devantsoi.forumgratuit.org/

Un voyage extraordinaire

REVES ET EXPERIENCES DE MARYNA AVEC LES ETRES D’AUTRES GALAXIES

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12 avril 1994 :
Dominique me dit ; « Ne t’étonne pas si on te demande de monter dans une soucoupe volante ».

19 octobre 1994 :
Ce soir alors que je méditais, j’ai vu une étoile très lointaine qui venait me chercher et qui m’a redéposé à l’autre bout de la planète dans l’océan. Au fond de l’océan, et là j’ai vu les dauphins, mais près d’eux je voyais des êtres de lumière blonds qui les guidaient. C’est eux qui dirigeaient les dauphins et c’est grâce à eux que les dauphins aident les hommes et là j’ai entendu : « tu es des nôtres, tu peux nous entendre »
Le 10 octobre et 19 octobre j’ai ressenti un événement, j’ai prévenu Dominique par courrier le 10 oct que je voyais un objet lumineux qui survolait Tahiti. Le passage d’une boule de lumière, d’un OVNI a eu lieu le 19 oct (jour ou il recevait mon courrier).

10 décembre 1996
La nuit dernière, je me suis réveillée à 6 h du matin et là j’ai reçu le message suivant : « Prépare toi Maryna, élève les vibrations de ton corps, en ouvrant tous les canaux, pour cela demande à Gilles de t’aider. »

L’après-midi : expérience de perte de notion du temps. Alors que je venais de prendre un bain, 19 heures, je me suis allongée et je me suis sentie partir. Mais je me suis réveillée en sursaut. Puis, j’ai du brutalement sombrer dans le sommeil. Mais à 20H30, je me suis réveillée brutalement. Et là j’étais persuadée qu’il s’était écoulé 3 jours. Je regardais la pendule, en me disant qu’il ne pouvait pas être 20H30, puis à la télé je me disais mais non, ça ne peut pas être encore ce film, c’était mardi cela. Pendant 30 minutes, je n’étais pas bien.

6 Mars 1997 :
J’ai rêvé d’OVNIS.

20 mai 1997 : rêve
J’étais dans un ovni et je voyais des rayons lumineux de téléportation ; ils étaient en réunion et j’ai réentendu : « Maryna, tu es des nôtres » puis comme si on me fixait un RV.

Le 18 nov 1998 : rêve
Je me suis réveillée et je voyais la Terre de loin, elle était grise, je voulais m’en rapprocher mais je suffoquais. J’essayais de la nettoyer mais ce n’était pas possible. De là je me suis retrouvée au fond des océans et là les dauphins quittaient également les océans mais par des portes spatio-temporelles. Ils étaient toujours là mais sur un autre plan. Et ils me disaient qu’il y avait également des portes pour les humains.
De là, je me suis retrouvée à mon tour sur un autre plan de conscience et j’avais l’impression que ma colonne vertébrale s’étirait. et j’étais de nouveau totalement bien en pleine expansion et ouverture. J’étais sereine et je rayonnais.

Le 10 décembre 1998
5 h 30 du matin.
je ressens très fortement l’envie d’aller à Camon, d’aller méditer dans la petite pièce. et là j’entends et ressens Lucie (la grand-mère de Dominique, morte depuis quelques années qui était magnétiseuse et avec qui j’ai retrouvé une vie antérieure) qui me dit :
 » je te donne mon Alliance, porte là  » Puis je te vois Gilles, nous étions 3 dans la pièce. Et Lucie s’adresse à toi :  » Permets lui de franchir ces portes spatio-temporelles, guide là sur ces plans très élevés même si elle n’y reste que quelques instants afin qu’elle reçoive et prenne les informations. Elle est prête à les recevoir, à les entendre. »

ALLIANCE et PORTE SPATIO-TEMPORELLE SONT 2 MANDALAS

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Ceci est le récit de la séance de travail que j’ai eu avec Gilles le 15/12/1998 (5 jours après le rêve)
Alors là il me dit que l’on va tenter une expérience , il m’explique qu’il va se servir d’une cassette qui a servi à quelqu’un et sur laquelle sa voix s’est modifiée il y avait 4 voix de Gilles, que je vais entendre des sons en boucle qui vont me permettre de me relier à des plans qui ne sont pas d’ici.

Je m’assois au bout du canapé comme il me le demande. Puis là, j’écoute et au bout d’un moment je me vois dans un vaisseau qui se scratche. J’étais aux commandes, je me voyais assise avec d’autres êtres , j’étais responsable des cartes du ciel.

Je m’étais vu auparavant subissant une opération, l’ET m’introduisait un tout petit cylindre dans l’oreille. Je ne pouvais bouger , je n’étais pas attachée mais une force phénoménale m’empêchait de bouger, je voulais partir, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, j’avais peur. Puis j’ai vu d’autres personnes (hommes, femmes, enfants) qui avaient subi la même opération. ces gens me disaient de ne pas m’inquiéter.

Puis, j’ai pu voir ces disques ils rayonnaient une couleur différente. Il y en avait au centre, puis je me suis vue ailleurs les disques étaient enfouis, ils étaient dans une matière plus réelle, on aurait dit de l’argile, enfin une matière terreuse. je tâtais les sillons et à un certain moment Gilles m’a demandé si je pouvais en toucher un. J’ai choisi celui du centre et puis là je me suis sentie aspirée très fortement. Je ne pouvais résister et j’ai eu peur. Puis j’ai pu par rapport à ces disques distinguer qu’à chaque son correspondait une note et une couleur , c’est un moyen de communiquer et en l’utilisant à un certain moment un être est apparu en face de moi. nous étions séparés par une sorte de voile d’énergie très fluide. Je ne pouvais la traverser au début puis j’ai senti qu’il m’en donnait l’autorisation et qu’il me permettait de passer la main. Alors je l’ai passé, puis une fois la main de l’autre côté, j’ai senti que l’énergie montait jusqu’à l’épaule et que le reste du bras était comme tirée de l’autre côté. Alors Gilles m’a dit qu’on n’irait pas plus loin aujourd’hui .

Quand je suis revenue à moi, Gilles m’a dit qu’au moment où je me suis sentie aspirée , tous ces appareils électriques s’étaient plantés; Qu’un puissant courant d’énergie avait aspiré l’énergie électrique des appareils.
Puis il me demande s’il peut faire une copie car il aimerait faire écouter les informations à des ingénieurs de la NASA. il fait la copie. puis me donne ma cassette; Il me dit également il faut que l’on se revoie. En rentrant chez moi, je vais pour la réécouter et là dessus il n’y a que des messages téléphoniques. Alors je décide prévenir Gilles, son répondeur décroche, mais j’entends le message 2 fois c’est à dire qu’à quelques secondes d’intervalles le message redémarre.

Puis je commence à laisser mon message quand surprise Gilles décroche, je lui explique par rapport à la cassette; il me dit de lui renvoyer, de ne pas l’écouter car il se pourrait que des messages sur un plan plus subtil aient pu être enregistrés et qu’il allait la réécouter avec un autre appareil, qu’il allait me tenir au courant par rapport à sa copie.

16 décembre 1998
Ce matin , j’ai vu d’autres images d’une part qu’ils n’avaient pas besoin d’énergie que nous émettions notre propre énergie, qui nous permettait de déplacer nos engins. D’autre part lorsqu’on s’est scratché, nous n’étions pas morts, (lorsque nous mourrons, nous changeons d’énergie, de longueur d’onde , car pour être visibles à vos yeux, nous sommes obligés de maintenir nos fréquences sur les vôtres) et ce qui s’est passé c’est que comme nous n’étions pas morts nous n’avons pas changé de vibrations et nos corps blessés ont été retrouvés par les vôtres humains, et là nous avons subi des expériences, des chercheurs cherchaient à savoir comment fonctionnait notre « cerveau » car nous avons un 3ème cerveau qui s’est développé et qui nous sert de générateur d’énergie en se servant de nos deux cerveaux (comme les vôtres). Nous ne pouvions communiquer et nous ne voulions communiquer avec eux) mais nous pouvions continuer à émettre entre nous.

Ce matin je me pose la question de savoir si je n’ai pas rêvé, si je n’ai pas tout inventé si je n’ai pas lu ou vu trop de Xfiles.
Pourquoi moi ? Dans quel but , cela me ramène à une phrase Dominique qui me disait en avril 1994 ,de ne pas m’étonner si d’ici 5, 6 ans on me demandait de monter dans un vaisseau. Cela me fait peur Gilles ce matin et cette nuit c’est comme si je les sentais de nouveau travailler sur mon corps car hier soir j’avais tellement mal aux lombaires. En partant Gilles m’a dit que j’avais de la chance car nous étions très peu.

Le 30 mars 1999.
J’ai révé du scratch du vaisseau ET (de décembre) avec ces êtres que je voyais mourir. Je revoyais la table graphique avec une carte et des noms d’étoile : ORION et ANTHARIUS.

Le 27 octobre 1999.
La veille, j’avais fait une chute, je ne sais si c’est une conséquence, mais le fait est que j’étais très fatiguée ce soir là en rentrant du lycée. Par conséquent je me suis allongée et je me suis retrouvée dans un demi-sommeil. Là, j’ai revu ces êtres qui m’ont dit : « nous avons besoin de toi comme récepteur-émetteur » puis je me suis vue dans la rue et les voitures étaient devenues des particules, des petites sphères de lumière. On pouvait les traverser. L’expérience était forte. Je ressentais continuellement la présence de ces êtres. Et, j’avais extrêmement mal à la tête (3ème œil solaire et lunaire). Puis j’ai eu froid ensuite.

Et dans la nuit du 6 nov au 7 nov. 99
J’étais réveillée et je tentais de me rendormir. C’est alors que me vint l’idée suivante. Je me répétais que j’étais une particule de Lumière, et au bout de quelques instants, je suis devenue cette particule d’énergie le mot positron se présenta à mon esprit ;
Et cette particule se déplaçait à très grande vitesse dans une sorte de tunnel. Je me disais qu’au sein de nos cellules corporelles, on pouvait avoir une action dessus afin de rester en bonne santé, voire même avoir une influence sur le phénomène de vieillissement.
Puis le terme d’éon est venue à moi. Ce matin je regardais dans le dictionnaire la signification des mots

Eon : chez les néoplatoniciens et les gnostiques, ensemble de puissances éternelles émanées de l’être et rendant possible son action sur les choses.

Positron : antiparticule de l’électron possédant même masse et une charge égale et de signe contraire, c’est à dire positive.

Fin d’année 1999
1) dans la nuit du 22 au 23 décembre
je voyais une main se tendre, elle me demandait de la saisir et de passer de l’autre côté. Gilles était à côté de moi

2) dans la nuit du 23 au 24 décembre.
j’ai commencé à sentir le bas de mon corps se raidir et puis comme si on travaillait sur ma colonne vertébrale. Perte de notion du temps. A mon réveil, je ne savais plus où j’étais ni quel jour.

3) Dans la nuit du 24 au 25 décembre.
Rêve : Je revenais de je ne sais où en voiture. Dans la maison il y avait Chantal dans 1 pièce et Gilles dans une autre. Je suis passée voir Chantal, puis j’arrive dans la pièce où Gilles se tient.

Là, je me souviens avoir reçu un enseignement sur le thème de l’infiniment grand et l’infiniment petit ( mais le contenu je l’ai oublié). Cet enseignement ne provenait pas de Gilles il venait d’ailleurs.
Avant ce rêve, je me souviens avoir fait des compréhensions sur le « Un », tous les éléments qui s’emboîtent pour ne former que le « Un ».
D’autre part que tout n’était qu’illusion, que mon corps n’était qu’une enveloppe, et que je pouvais m’en détacher complètement, qu’il fallait que j’en prenne soin comme on prend soin de son véhicule (voiture) mais sans plus, sans s’y attacher en tout cas.
Et je sais aussi, qu’on peut se nourrir uniquement de prana, et que nous pourrions si nous étions plus ouverts. Mais nous pourrons un jour, nous passer de nourriture terrestre.
Quand je dis je sais c’est parce qu’au plus profond de moi je le ressentais comme si je le vivais en même temps;

4) Dans la nuit du 27 au 28 décembre.
J’étais réveillée depuis 4H30 du matin. Et là, j’ai revécu la même expérience que la fois précédente. C’est à dire que j’ai commencé à sentir le bas de mon corps se raidir et puis comme si on travaillait sur ma colonne vertébrale, j’avais l’impression qu’en plus on rebranchait des connexions nerveuses (cela également au niveau du cerveau).
Puis j’ai fait plein de compréhensions.

– d’abord que j’étais un Etre de Lumière, que je faisais partie de cette famille (famille de Lumière) et c’est comme si je l’avais retrouvée en moi après des années de séparation. C’était comme lorsque l’on retrouve les siens , les grandes embrassades etc…Elle est là bien présente en moi, au fond de mon coeur.
– le tableau « arbre de Vie » que l’on me demande de repeindre sur les chakras (j’en avais représenté 8, à la lecture du livre « Terre » je comprends mieux pourquoi)car je suis moi-même en train de travailler sur mes chakras et de les développer.
– puis je sais au fond de moi que je peux voir le Mandala Intérieur d’une personne, comme je te vois toi lorsque tu es en face de moi, et lui peindre (même si pour le moment je ne vois rien, peut être faut-il là aussi que j’accepte de voir cela) car le mandala d’une personne c’est comme un thème astrologique, je dirais c’est même plus qu’un thème.
Puis je pouvais entrer en contact avec tout élément de la nature, dialoguer avec.
C’est comme si tous ces branchements que l’on me faisait, allait me permettre de développer de nouvelles capacités, de m’ouvrir et de me connecter à de nouvelles longueurs d’onde.
Tout cela parce que j’acceptais enfin qui j’étais vraiment.

Et puis je recevais l’autorisation de pouvoir traverser, franchir la Porte. J’ai entendu « tu peux traverser ».
J’ai entendu également cela.  »Tu viens d’effacer 20 ans de ta vie sur la 13ème Lune ». je comprends pas trop ce que cela signifie.

Et enfin dans la nuit du 28 au 29 décembre.
Je me voyais partir à l’Ile de Pâques avec Gilles, aller dans les grottes et découvrir un crâne de cristal.

depuis 3 semaines cela fait bien 6 fois que Gilles intervient dans mes rêves.

3 février 2000 :

Cette nuit je me suis réveillée à 4 H 30 du matin et alors que je pensais à tout autre chose. Il m’est revenu à l’esprit ce que j’ai vécu par nuit. Mais cela est assez difficile de décrire avec des mots. Pourquoi ? parce que j’ai l’impression que cela n’était pas un rêve, c’est comme si j’avais vécu la scène, et surtout cela mettait en relation des personnes appartenant à différents plans de conscience puisque je voyais une scène avec des indiens (au sol, le passé) et au dessus (dans le ciel, le futur) mais appartenant à un autre plan de conscience les Pléïades et entre les 2 les Hommes et les dauphins. C’est comme si ces différentes personnes voulaient me laisser le message et surtout faire en sorte que je m’en souvienne.

Le message qui me reste est le suivant :
« si dans 22 ans, la situation sur Terre ne s’est pas améliorée, alors la planète basculera sur son axe » Je distinguais une réunion d’indiens autour du feu, c’était quelque chose de sacré et de très sérieux qui se tenait. Les indiens parlaient de l’avenir de la planète Terre et au dessus je pouvais distinguer cette même réunion qui se tenait entre les êtres de Lumière des Pléiades dans leur vaisseau. Les indiens ne les voyaient pas eux. C’est cela qui était bizarre car j’étais capable de distinguer ce qui se passait j’ai l’impression sur plusieurs niveaux. I
D’autre part, je ne sais si tu as entendu mais de nombreux dauphins (plus d’une centaine) ont été retrouvés morts sur les côtes françaises.
Dans le message il m’a été dit également que : « les dauphins quittent la planète Terre pour aller sur d’autres plans en empruntant ces fameux couloirs spatio-temporelles, mais quand ils quittent notre plan, ils ferment derrière eux la porte. Donc de nombreuses portes se referment et au fur et à mesure qu’elles se ferment et nos chances d’améliorer la situation sur Terre diminuent également. » Alors je me souviens qu’inconsciemment j’ai fait la remarque suivante : « cela signifie donc que nous sommes tous amenés à disparaître ? » et là la réponse a été « non, certaines personnes seront téléportés, emprunteront les « portes de secours » au moment voulu, et qu’il ne fallait pas craindre la situation, que nous pouvons avoir confiance ; qu’au moment opportun, nous serons enlevés ».

Il y avait également un schéma. D’autre part, je m’aperçois que depuis quelques semaines je passe beaucoup de temps avec l’outil ordinateur.

Sur le coup je me suis dit que je devenais folle mais au fond de moi, tout cela résonnait vrai.

En tenant depuis quelques années un journal et en regroupant les différentes infos reçues en rêves, en méditation ou autre sur le sujet des Pléiades, extra-terrestres, je me suis aperçue que depuis décembre 1998, il y avait une accélération de la fréquence des messages reçus et là surtout depuis décembre 1999.

Décembre 2000

Canalisation : Depuis le jour de Noël, je reçois de nouveau des messages des Pléïades
Avant-hier, vers 6 h du matin aujourd’hui, j’ai été réveillée afin que comme d’habitude dans un état entre la veille et le sommeil, je puisse recevoir le message.
Et voilà ce que j’ai vu et ressenti :
D’abord j’avais l’impression d’être comme aspirée et j’ai eu peur, puis la sensation qu’on travaillait sur ma colonne vertébrale (voir journal). Puis qu’on m’opérait. J’ai vu des vaisseaux sortir de terre, et j’ai vu une immense vague qui recouvrait les terres
Puis le fait que le volcan Popocatepetl se réveillait pour laisser émerger de nouvelles choses (découvertes)

Cette nuit, vers 4 heures du matin :
Le message « tu es des nôtres, Maryna, tu dois l’accepter maintenant . Nous avons besoin de toi comme récepteur et nous te demandons de transmettre ces messages à un maximum de personnes. »

Dans la nuit du 1 au 2 janvier :
Se peut-il qu’un mandala puisse ouvrir un vortex, une porte spatio-temporelle ? car je voyais le mandala sur lequel je travaille (celui avec le symbole de l’oiseau de l’île de Pâques) ouvrir ce vortex.Canalisation : « En élevant et en accélérant la fréquence vibratoire de nos cellules qui sont composées de particules électriques, nous pourrions avoir accès à d’autres dimensions (c’est effectivement comme pour les chaînes de télévision, je peux regarder mais si je ne règle pas le canal pour obtenir la 2 je ne l’aurais jamais alors qu’elle existe) pour cela, il est nécessaire que l’Homme change de fréquence, de canal.
Comment ? me direz-vous.
Tout d’abord, en reprenant le contrôle de sa vie, en prenant conscience de sa vie, en comprenant et en intégrant qu’il est le co-créateur de son existence. En prenant conscience de l’énergie de l’AMOUR (kundalini = co-création sur tous les plans).En s’exerçant par la méditation : pour cela, visualisez les cellules de votre corps devenir des particules électriques, particules de lumière, et visualisez l’ensemble de toutes ces cellules devenir de plus en plus lumineuses et portez votre attention sur l’ensemble de votre corps qui est lui même devenu une particule de Lumière, vous pourrez ainsi vous aligner sur d’autres fréquences »

source http://www.lumieresdelaudela.com

La culture du peuple Koori : Contacts avec les Pléiadiens

 

 

images (3)Il y a longtemps, dans ce que nous appelons « Le Temps du Rêve », de grands esprits erraient sur la Terre, prenant la forme d’animaux gigantesques. Woolloombin est notre créateur, le Dieu mère/père, celui qui est à l’origine des montagnes, des vallées, des océans, des plaines, des rivières et des ruisseaux, du bush et des forêts de gommiers rouges. Il créa aussi les nuages, le ciel, les animaux … 

Ainsi, depuis les montagnes jusqu’à la mer, les cours d’eau, les torrents et les rivières regorgeaient d’une vie foisonnante avec une multitude de poissons, de tortues et d’échassiers. La Terre était alors luxuriante et verte. Son sol riche et fertile était couvert de forêts vierges où les plantes médicinales croissaient en abondance. Il s’y s’épanouissait librement de majestueux eucalyptus, des pins Bunya et des cèdres … 

Puis Woolloombin créa les jeunes esprits, nos ancêtres. Il leur permit de s’occuper d’eux-mêmes et confia la Terre à leurs bons soins. Les jeunes esprits donnèrent ensuite naissance à de nombreuses tribus et, malgré certaines divergences comme il en existe dans toutes les familles, ils n’oublièrent jamais la nature sacrée de la planète et leur promesse de veiller sur elle. En échange, Woolloombin donna à notre peuple ses totems et ses croyances. C’est ainsi qu’il nous enseigna ce que sont les animaux. Nous apprîmes leurs coutumes quand ils s’abreuvent, découvrîmes ceux que nous pouvions manger et ceux qu’il ne fallait pas consommer. Il nous montra où trouver de l’eau pendant la saison sèche et comment la purifier quand elle était saumâtre. Nous vivions en harmonie avec les papillons de nuit des hautes plaines, les fourmis sucrées, les kangourous et les wallabies, les witchetties et les cobras. 

Une infinité de graines, de fruits, de légumes et de racines comestibles était à notre disposition. Nous avions aussi des remèdes, et quand nous ignorions lequel prendre nous interrogions tout simplement Woolloombin qui ne manquait jamais de nous répondre. 

Dans notre société, il y avait les chasseurs et les cueilleurs et tous vivaient en harmonie. Nous ne nous déplacions jamais sans raison. C’était soit dans le but d’assister à une cérémonie, de rencontrer et partager avec une autre tribu, soit dans celui de guider nos jeunes dans les initiations de la maturité. Nous voyagions le long des pistes du Rêve, en suivant le chemin que nous désignait Woolloombin. Chaque montagne et vallée, chaque sommet et plaine, tout était connecté à un événement du Rêve. 

Si une montagne avait la forme de la patte arrière d’un chien, nous inventions une histoire illustrant les circonstances dans lesquelles le chien avait perdu sa patte. Au sein de certaines peuplades, les histoires du Rêve, les histoires de famille, et les frontières tribales étaient gravées dans de gros rochers ou peintes sur nos corps à l’occasion d’un rituel, ou bien encore sur les murs des cavernes de certains sites. D’autres tribus le faisaient tout simplement sur le sable ou l’écorce des arbres. Ceux d’entre nous qui sont originaires d’Australie de l’Est, les Bundjalung et les autres, inscrivions ces symboles sur nos capes en peau d’opossum. Et quand nous avions des divergences avec un autre groupe, nous étalions nos capes sur le sol pour les régler, comme des gens raisonnables. La particularité de notre culture était que les femmes avaient leurs propres rituels. 

 Il y avait, sur le sentier du Rêve, des endroits qui revêtaient un caractère sacré tant pour les hommes que pour les femmes, mais où elles seules étaient autorisées à mener des cérémonies. Les jeunes filles y recevaient l’enseignement des plus âgées sur leur rôle au sein de la tribu et de la famille, auprès de leur futur fiancé ou comment être une bonne mère. Elles y apprenaient la danse et les chants sacrés réservés aux femmes. 

On leur inculquait la manière de prendre soin de leur santé et le régime alimentaire approprié pendant la gestation pour que les enfants soient sains et forts et enfin comment éviter des naissances trop nombreuses. On montrait aux jeunes filles l’art de la préparation des fruits, des légumes et des plantes de guérison. On leur expliquait comment composer des poisons qui étaient toujours utilisés d’une manière juste. Par exemple, elles ramassaient l’écorce d’un arbre spécifique et la frappaient contre les rochers, sur le bord d’une crique ou d’un cours d’eau, puis ensuite, elles jetaient la pulpe ainsi obtenue dans le courant. 

Rapidement, les poissons flottaient à la surface et nous n’avions plus qu’à les recueillir. Le poison ne servait qu’à les anesthésier, ne tuant jamais rien dans l’eau. Elles apprenaient aussi à coudre. Quand les groupes de chasseurs revenaient au camp avec leur gibier, ils prélevaient les tendons des kangourous qu’elles utilisaient en guise de fil à coudre. A titre d’aiguilles, elles se servaient d’os qu’elles limaient jusqu’à obtenir la forme désirée. Woolloombin, le Grand Esprit, nous a enseigné ces leçons et beaucoup d’autres encore. Réunis en un seul peuple, nous avons vécu en harmonie avec la Terre depuis qu’il nous a créés. 

Mais le temps de la transition est venu, nous le savons et Margaret souhaiterait interroger Alcheringa si vous le voulez bien. Elle me regarda intensément. Je fermai les yeux et j’appelai Alcheringa. Il entra en moi et s’exprima:- Je suis avec vous, ma chère, et très heureux de votre appel. Je suis accompagné de l’esprit aborigène australien. Le peuple qui a pris soin de l’énergie de ce continent y est installé depuis des centaines de milliers d’années mais il reste des choses que lui-même ignore encore. Nous avons communiqué des informations à ceux qui travaillent avec nous et leur compréhension commence à s’élargir à propos de leur race, de ses débuts et de l’endroit dont elle est originaire. 

Avez-vous une question ? 

Margaret prit la parole :- Pouvez-vous nous parler des transformations à venir sur la Terre? 

- On prétend beaucoup de choses au sujet des mutations de cette planète. Le peuple aborigène n’est pas le seul à collaborer à cette fin. Il est vrai que plus il y aura de gens conscients de ce qui se prépare, plus nombreux seront ceux en mesure d’accompagner la transition. Le but est donc que les humains s’imprègnent d’une énergie nouvelle en provenance de la Source Universelle. Telle est la nature de l’évolution. Ceux qui l’assisteront auront un  » voyage plus aisé », si je peux le formuler ainsi. 

Vous assisterez à des tremblements de terre et autres perturbations dans la nature. Ce n’est pas nouveau mais le processus va s’accélérer. La plupart de vos semblables seront cependant protégés. C’est ainsi que certains de ceux qui habitent des régions sensibles seront conduits à s’installer ailleurs. 

Je n’affirme pas que vous devrez tous déménager, mais il serait bon que chacun se mette à l’écoute de sa guidance intérieure. Et surtout, il est important de ne pas avoir peur pour éviter d’alimenter d’avantage la négativité, ce qui serait un frein à l’élévation prévue. 

Je me frayai un chemin dans la présence d’Alcheringa pour intervenir : 

- Si j’éprouve une puissante impulsion à demeurer à l’endroit où j’habite et qu’en même temps on me signale une forte possibilité d’événements telluriques ou autre dans ma région, que dois-je faire? 

- Faites ce qu’Egarina vous a déjà indiqué, ne prêtez pas trop d’attention aux rumeurs qui circulent 

Agissez selon la voix de votre cœur, et s’il vous indique de demeurer là où vous êtes, écoutez-le. Sachez que beaucoup ont pour mission d’être des phares dans la nuit dans les endroits qui connaîtront des situations difficiles, des flambeaux qui permettront que les soubresauts de la planète s’effectuent sans trop de dommage. Quand il y a des blocages en un point de la Terre, ceux-ci peuvent être soulagés de la même manière que dans le corps humain. C’est un travail de guérison que beaucoup, avec la connaissance et la conscience, peuvent exécuter pour accompagner la Terre-Mère. 

Il est important que l’homme n’interfère pas avec le corps de la Terre-Mère sous peine de provoquer des paralysies qui feraient obstacle à la respiration énergétique libre et équilibrée dont elle a besoin. Je vous invite à ne pas vous préoccuper trop à ce sujet : vous serez tous informés à temps de la mission que vous êtes venus accomplir; vous êtes des travailleurs de la lumière et vous vous êtes offerts pour cela. 

Margaret acquiesça, en signe de compréhension, tandis qu’Alcheringa poursuivait :

- Je me suis engagé à vous assister dans cette mutation. Si vous pouviez consacrer un peu de temps à y réfléchir et à me soutenir, j’apprécierais énormément. La seule chose que je vous demande est de diriger vos prières vers Uluru et l’énergie y sera reçue avec reconnaissance, amour et compassion. Je vous remercie, mes amis, je vous remercie. Je dois maintenant vous quitter. 

Il partit si vite que je n’eus pas le temps de l’interroger sur mon rôle une fois que j’aurais rendu la pierre. Margaret se rapprocha de moi et me fixa intensément pendant un très long moment. Puis elle ramassa une brindille et dessina sur le sable le rocher Uluru dont seule une petite portion émergeait au-dessus du sol.- Ecoutez attentivement, déclara-t-elle pendant qu’elle esquissait un serpent. 

La première création de Baiame – nom qui signifie Dieu – fut le serpent arc-en-ciel qui demeure sous Uluru. Après cette première naissance, beaucoup d’autres ont suivi. Vous devez savoir que la partie la plus massive du rocher est souterraine. Baiame a prélevé sur Lui et en Lui pour se reproduire ainsi. Il a répandu son souffle de vie et d’amour sur la Terre, nous permettant de naître de la Terre-Mère. Puis, après avoir créé la Terre et les hommes, il est retourné aux Rivières du Rêve. 

Baiame avait huit sœurs qui consacrèrent leur vie à s’occuper de son temple au pied d’Uluru, ou Ayer’s Rock, comme l’homme blanc l’appelle. On y accédait par une cavité que l’on nomme aujourd’hui la Caverne des Sept Sœurs, toujours au pied d’Uluru. Au centre d’un vortex au cœur du temple, il y avait deux cristaux qui permettaient à Baiame d’aller et venir sans encombre entre les rivières du Rêve et le plan physique.

Extrait de « Contacts Avec Les Pléiadiens : La Mission Du Rexégéna » recopié par Francesca     paru aux éditions Hélios par Valérie J. Barrow

Nos souvenirs

 

Gif geographie turquieDes souvenirs sont scellés dans vos cellules, et vous n’êtes pas tout à fait sûr de ce qui est là. Sentez votre corps et imaginez votre colonne vertébrale, vos chakras et les douze chaînes d’ADN comme un arbre de vie qui pousse vers le haut. Au pied de l’arbre, il y a un serpent, comme une racine vous reliant à la Terre. La visualisation vous aidera à venir en contact avec votre ascendance reptilienne afin que vous puissiez avoir un regard neutre sans rien étiqueter. Visualisez l’énergie du serpent qui monte le long de votre corps, vous électrise. Comme vous êtes membre de la famille reptilienne, les images de serpent déclenchent des souvenirs cellulaires des dieux qui vous ont fait, vous montrant que vous avez surgi du serpent et que le serpent vous apporte la vie.

Les indices de votre ascendance reptilienne abondent. On peut les voir, sculpter dans la pierre, sous forme de symboles dans de nombreux sites sacrés et à des endroits le long des grandes lignes sacrées de la Terre. Le serpent, le dragon et les mythes et légendes reptiliens reposent au coeur des concepts intimes et des enseignements principaux de presque chaque religion indigène. Le serpent, le reptile et le dragon évoquent des influences puissantes sous forme de totems. Souvent mécompris, ils sont néanmoins vénérés en tant que symboles rituels révélant le pouvoir et l’origine des gens. Dans le monde moderne, votre profession médicale utilise le caducée, un symbole ancien montrant des serpents entrelacés autour d’un bâton, pour indiquer les racines de son héritage.

Parfois, les reptiles anciens que vos mythes appellent dragons ont thésaurisé des cristaux. Les cristaux servent à envoyer et à recevoir de l’information. Nombre de civilisations parmi les plus élevées étaient ancrées par des énergies reptiliennes qui avaient accès au plan humain et qui ont transporté ce plan humain d’un autre système à celui-ci. Les reptiliens ont fait cela en apportant une immense quantité d’énergie cristalline, en la thésaurisant, en la recueillant et en l’accumulant dans des repaires ou cavernes qui leur servaient de bases d’opération souterraines. Ils ont ensuite envoyé des versions d’eux-mêmes pour les représenter dans le monde extérieur et très souvent sous la forme de serpents. C’était leur seule façon d’entrer dans le monde extérieur sans se faire blesser. S’ils étaient venus sous leur nature de dragon, la conscience des humains existant à l’époque n’aurait pu supporter la rencontre.

Aujourd’hui, vous êtes en train d’explorer des points de vue plus vastes et des systèmes de croyances plus grandioses. A mesure que vous considérer la réalité, elle se révèle de plus en plus à vous. La vitalité de la Terre attend que vous la découvriez. Elle peut vous fournir une plus grande abondance dans la vie si vous pouvez comprendre qui elle est. On peut la concevoir sous la forme de la Déesse Mère – comme un aspect de l’existence qui pourvoit à vos besoins, vous nourrit et vous niche. Elle est votre maison et votre mère, la source d’où vous venez.

 

Extrait de Terre, clés pléiadiennes de la Bibliothèque vivante – Les Pléiadiens canalisés par Barbara Marciniack page 85.

 

La septième Maison

La septième Maison dans LE RETOUR mini_2_gif  Le temps ne s’était pas vraiment gâté, mais il aurait pu être plus agréable. Mike s’était habitué à un merveilleux ensoleillement accompagné de températures modérées ou à un assaut violent des éléments au point de transformer une pastèque en raison en moins de dix minutes. Mais aujourd’hui, le ciel était couvert et gris et donnait aux choses une apparence uniforme. La journée était fraîche et une brise légère rôdait telle une menace avec une irrégularité semblant vouloir communiquer un message mystérieux. Les nuages ne s’accumulaient pas, mais ne se dissipaient pas non plus. Mike marchait depuis une heure. Le temps ne le préoccupait pas, mais il en était tout de même conscient. 

 

Son allure était réglée. En se dirigeant vers la prochaine maison, il demeurait vigilant, jetant un coup d’œil derrière lui de temps à autre, mais son esprit était envahi par la décision qu’il avait prise. En avançant vers la dernière maison, il avait le sentiment puissant qu’il venait de franchir une étape spirituelle subtile et un point déterminant de son périple. Il ne parvenait pas à oublier la vision de sa vie sur terre avec Anolee et les enfants à leurs côtés, tous souriants. Lorsqu’il y repensait, son cœur planait et il se sentait bien. Devant lui, le sentier ondulé menant à un défi inconnu le rendait triste et plein d’un immense sentiment de perte. La mort n’avait pas frappé, mais un coin de son cœur était en deuil. Il poursuivit sa route, ne se rendant pas compte que le paysage se modifiait graduellement. Mike aborda un angle particulièrement prononcé. Il remarqua qu’il venait de franchir un bout de chemin très étroit dont les côtés abrupts descendaient vers une sorte de canyon. Il remarqua pour le première fois que les collines arrondies et les plaines luxuriantes qu’il avait traversées jusque-là avant été remplacées par un paysage plutôt désertique parsemé de gros rocs et de falaises  et agrémenté à l’occasion d’un arbre majestueux qui en accentuait la nudité. Il s’aperçut que le changement topographique lui avait complètement échappé tant il était absorbé par ses pensées. Le sentier s’engageait dans une gorge aux abords très escarpés, ce qui, ajouté aux nuages gris, diminuait l’intensité de la lumière à un point tel qu’on aurait pu se croire au crépuscule et non au petit matin. L’intuition de Mike se faisait sentir. Les objets devant lui n’étaient pas clairs. Etait-ce des roches ou… ? 

 

Sois plus alerte. Attention au danger ! 

Mike réalisa soudain qu’il avait passé la dernière heure dans un état d’hébétude. Il s’arrêta pour prendre quelques bonnes respirations afin de clarifier son esprit. Il se sentait étrange. Mais pourquoi donc ? Obéissant à son instinct, Mike se mit à chercher des signes de danger. Il fouilla du regard le sentier derrière lui, pensant y trouver peut-être la sombre entité qui l’avait suivi chaque fois qu’il était à l’extérieur. Rien. Aucun mouvement. L’uniformité grise qui sévissait depuis une heure avait contribué à la léthargie de son esprit. Mis à part le changement de température et du paysage, il ne distinguait rien d’inhabituel ni de menaçant mais son instinct l’incitait tout de même à se préparer à quelque chose. Mike remercia intérieurement son nouveau pouvoir, qui jouait bien son rôle. Il sortit sa carte. Peut-être l’informerait-elle ? 

 

Il l’examina. Etrange. Elle indiquait le passage étroit dans lequel il se trouvait et les environs, mais il y avait quelque chose de différent. Il regarda de plus près. Là ! A cent mètres devant lui, un point qu’il ne pouvait apercevoir de l’endroit où il se tenait était complètement vierge. Habituellement, la carte indiquait ce qui se situait autour de VOUS ETES ICI. Elle ne donnait que peu d’indices sur le passé ou le futur mais elle était en général précise et éloquente. Alors, que pouvait bien signifier ce point vierge vers l’avant, comme si l’endroit avait été effacé ? 

-       Bleu, que signifie un point vierge sur la carte ? demanda Mike à haute voix. 

Bleu ne répondit pas, mais l’intuition de Mike s’exprima. La réponse lui vint presque immédiatement. Il lui revint en mémoire que la « chose » qui le suivait s’était toujours tenue en dehors des limites de la carte. Peut-être se montrait-elle sous la forme d’un point vierge ! Bleu lui avait dit que la carte se comparait au présent. Elle représentait l’énergie en présence au cours d’un déplacement sacré et reflétait un type de vibration particulier. Devant lui se trouvait un élément qui ne relevait pas du présent, quelque chose au détour du chemin que la puissante vibration de la carte ne pouvait lire. Ce point vierge résultait d’une vibration non-conforme à celle de la terre sacrée qui l’entourait. 

Mike sentait que ses conclusions étaient justes. Quelque chose l’attendait au détour du chemin. Il aurait dû se montrer plus alerte. Que serait-il advenu si sa nouvelle intuition ne l’avait pas prévenu ? Il maudit faiblement son esprit romantique en apparence démuni et se concentra plutôt sur le nouveau guerrier en lui. Il anima chacune de ses cellules avec le message d’un événement imminent, de quelque chose d’important. 

-       réveillez-vous ! Mike souriait à la pensée de s’adresser à son système biologique et crut encore une fois entendre le rire de Vert. Ce dernier lui manquait. L’humour s’avérait un excellent remède en ce temps de préparation. Préparation ? A quoi ? Au combat ? 

 

Soudain, Mike eut une révélation. Comme une énorme vague de compréhension, un amas de pensées et d’images l’envahirent, entraînant avec elles tout le poids d’une terrible prise de conscience. Il était figé. Il verbalisa sa peur pour quiconque pouvait l’entendre. 

-       MON DIEU ! ET SI J’AVAIS EFFECTIVEMENT A ME SERVIR DE CES ARMES ? 

Il en tremblait. Il sentait l’anxiété lui traverser le corps. Ça n’avait aucun sens. 

-       Ce sont des symboles des Guerriers de la Lumière du Nouvel Age. DES SYMBOLES ! cria-t-il en regardant vers le ciel 

Tout en pivotant sur lui-même, s’attendant peut-être à voir ses amis angéliques tapis sur les parois de la gorge à peine éclairée. Sa voix se fit entendre encore une fois : 

-       Orange, tu ne m’as pas appris à me battre ! J’ai cru que les armes ne serviraient à rien… 

Il s’arrêta au milieu de sa phrase en se rendant compte qu’il criait. Il entendit le rebondissement de sa voix sur les murs du canyon. D’autres pensées traversaient son esprit. Les paroles de ceux qu’il avait rencontrés le long de son parcours lui revenaient en tête. Il se rappela les propos de Rouge à l’effet que certaines épreuves l’effraieraient, mais il avait alors présumé de celui-ci faisant allusion à la tempête croisée sur sa route. Il se rendait maintenant compte que Rouge parlait des événements à venir et non de ceux du passé. Qu’est-ce qui l’attendait ? Il se souvint des paroles récentes de Blanc, qui décrivait Marie dans la chambre d’hôpital. 

-       Ne te laisse pas tromper par les apparences, Mickael. Elle est une Guerrière de la Lumière. Elle a vaincu le géant et elle est tout puissante. 

Vaincu le géant ? Puis il se rappela les paroles de Blanc au moment où il quittait la maison blanche. 

-       Ce n’est pas terminé mon ami. 

Tant d’avertissements et de nuances. Y a-t-il une bataille à l’horizon ? Une vraie ? Une où je devrai effectivement UTILISER l’épée ? Mike s’assit sur le chemin. Ses genoux tremblaient tellement il avait peur. Il ne se sentait pas guerrier, en tout cas pas dans le véritable sens du terme. 

-       Hé ! les anges ! Vous ne m’avez pas préparé à ça ! lança-t-il au ciel gris et aux parois menaçantes du canyon. Je ne me bats pas. Ç a n’a aucun sens. Les batailles et les armes correspondent à des anciennes vibrations. Voilà une façon désuète de penser. Ce n’est pas de cette terre. 

Un calme étrange s’installa. Le vent tomba. Un silence de mort régnait. Puis des voix se firent entendre. 

-       Sauf si tu combats une ancienne énergie. Il avait entendu clairement la vois d’orange. Mike se leva brusquement et regarda autour de lui, cherchant à déceler l’origine de la voix. 

-       Et sauf si tu te prépares à combattre un élément biologique qui n’a pas une vibration aussi élevée que la tienne. C’était la voix de Vert. Les voix angéliques émanaient de son propre intérieur. 

-       Et sauf s’il n’y a pas d’amour, Mickael, dit la voix douce et rassurante de Blanc. 

-       JE N’AVAIS PAS CONSCIENCE DE TOUT ÇA ! dit Mike d’un ton anxieux. Blanc, je ne suis pas un véritable guerrier ! 

-       Marie ne l’était pas non plus, dit Blanc d’une voix réconfortante. 

-       L’énergie ancienne réagit à un vieux paradigme. C’est ce qu’elle comprend, dit la charmante vois de Violette. 

-       Orange apprends-moi à combattre, implora Mike d’un ton laissant percer le découragement. 

-       Je l’ai déjà fait. Tu es prêt, Michael Thomas de l’Intention pure, tu es prêt, lui dit Orange d’une voix encourageante. 

-       Que dois-je faire ? hurla Mike aux parois du canyon. 

Silence. Puis il entendit la voix de Bleu. 

-       N’oublie pas, Michael Thomas, les apparences sont parfois trompeuses ! 

Les mots résonnèrent comme jamais auparavant. Ils portaient un avertissement et des conseils qui pouvaient se révéler utiles sur-le-champ. Tous les anges l’entouraient. Pour qu’une telle puissance soit en place, il doit y avoir un danger réel au prochain détour ! 

 

Mike était nerveux. Il savait qu’il ne possédait aucune qualité de guerrier. Pourtant, les anges lui affirmaient le contraire. Il devait leur faire confiance. De toute façon, il n’avait pas le choix. Il était au front. Il regarda autour de lui et acquiesça de manière sarcastique. Aucune échappée. La chose ou la personne qui l’attendait avait vraiment bien choisi son point d’attaque. Les parois étaient trop hautes et la fuite n’était possible que par un canal étroit où la poursuite serait un jeu d’enfant. Tout avait été bien calculé. Michael savait au moins où se trouvait l’horrible créature. Il n’y aurait pas d’effet surprise. Plus il examinait la situation, plus il devenait confiant devant la menace. Sa nouvelle vibration l’aidait ; il en était conscient. Une paix l’envahit, illogique mais spirituelle. Il sentait son habileté augmenter, même s’il ne savait pas trop ce qu’il allait affronter ni comment il allait le faire. C’était bien ainsi, pensa-t-il. Après tout, ce sont les règles du jeu de l’endroit. Je n’ai pas accès au futur mais il s’est déjà produit dans l’esprit de Dieu. La solution à ma situation s’est donc déjà manifestée, même si je ne la connais pas encore. Je le saurai en temps voulu. Je détiens la connaissance, le pouvoir, et je suis en terrain connu. J’ai l’avantage d’être chez moi ! 

-       D’accord, dit Mike à haute voix. J’ai été attaqué par une tempête, piétiné par un ange ; j’ai perdu tous mes biens personnels ; mes émotions ont été passées au crible ; mon système biologique a été modifié et élevé ; et mon cœur a été brisé et examiné avant de m’être rendu. Quoi d’autre ? J’ai les outils, je suis prêt. Mais, j’aimerais bien savoir me battre, ajouta-t-il en soupirant et en regardant dans la direction du défi qui s’annonçait. 

Mika décida de faire quelque chose qui lui aurait semblé ridicule quelques semaines auparavant. Il s’agenouilla et fit une courte cérémonie à l’égard des événements qui se préparaient. Il toucha chacune de ses armes et mentionna leur utilité. Il se rappela les mouvements d’équilibre qu’Orange lui avait appris. Il passa vingt minutes en état de gratitude, remerciant d’avoir été choisi pour le combat présagé. Il loua le sol sur lequel il se trouvait. Il remémora sa place au sien de sa famille spirituelle. Puis il se leva, prêt à combattre, dans toute la mesure du possible.Mike reprit sa route. Il franchit un bout de sentier après lequel apparut un long chemin devant lui. Les murs escarpés du canyon lui donnaient l’impression d’être au seuil du sombre tunnel du destin. Il savait que l’entité malveillante se trouvait devant lui. La carte l’indiquait clairement. Le corps de Mike aurait normalement d’y entrer en état de choc. Son système d’alarme intérieur aurait dû se déclencher et il aurait dû être une masse tremblante. Après tout, il n’était qu’un vendeur et non un guerrier sue le point de rencontrer un énorme vampire noir ! Mais tous ses sens étaient en alerte et il était rempli de détermination et non pas de crainte. Tous ses pouvoirs de vibration et ses nouveaux présents entraient graduellement en jeu. Son intuition se faisait rassurante et il l’écoutait à chaque instant, sachant qu’elle ne le trahirait pas. 

Rien. 

Puis, un mouvement sur la gauche ! 

Michael se retourna rapidement et vit un immense arbre à trente mètres devant lui sur la gauche. D’où venait le mouvement ? Bon sang ! et toute cette noirceur en plein jour ! Cela faisait-il partie du test ? Pourquoi pas plus de lumière à cette heure du jour ? 

Un autre mouvement ! Mike réalisa qu’il provenait du dessous des branches de l’arbre. 

-       QUI EST LA ? MONTRE-TOI ! La voix de Mike était puissante et autoritaire. SI TU NE TE MONTRES PAS, J’APPROCHE ! Il se tenait en attente, toutes les cellules de son corps en éveil. 

Lentement, un homme à l’air tout à fait normal s’avança et s’arrêta sous les branches extérieures. Il était vêtu comme un fermier, excepté qu’il ne portait pas de chaussures. Il leva les mains en signe d’arrêt, les paumes tournées vers Mike. 

-       Mike, je t’en prie, ne me frappe pas. Je vais me montrer. 

L’homme se dégagea lentement des branches de l’arbre et se dirigea vers Michael. Comme il avançait, Mike crut reconnaître sa démarche. Non ! Pas possible ! Maintenant, il voyait clairement son visage. 

-       Papa ? Le père de Mike s’avança vers le sentier. Il se tenait à deux mètres de Mike. Celui-ci aurait juré qu’il pouvait sentir l’odeur de la ferme émerger de l’homme. 

-       - oui, Mike. C’est moi. Je t’en prie, ne me frappe pas. Mike ne se leurrait pas. Il savait parfaitement que tout ça pouvait être faux. Après tout, les apparences sont parfois trompeuses. L’homme qui se présentait sous les traits de son père pouvait très bien être quelqu’un d’autre. En fait, il y avait de fortes chances que ce soit le cas. Mike restait sur ses gardes et en état d’alerte. 

-       - monsieur, vous êtes exactement à l’endroit où je m’attendais à rencontrer un ennemi. Ne vous approchez pas. 

-       Je sais Mike. C’est droit devant toi. Ne te laisse pas tromper. La chose qui t’attend compte capturer ton âme. Je t’en prie, crois-moi. 

Mais Mike n’y arrivait pas. 

-       Faits-u ici ? 

-       Par la grâce de Dieu, je suis ici pour t’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. On m’a permis d’être ici pour t’avertir. Je t’attends depuis plusieurs jours, sachant que tu finirais par passer. Tout ce qui s’aventurera plus avant sera anéanti par la bête. Plusieurs sont venus et ils ont tous péri. C’est une terre maudite et on te trompe. Mike ne croyait toujours pas être en présence de son père. C’était trop facile. 

-       Pardonne-moi, mais il me faut des preuves. Dis-moi quel était mon surnom quand j’étais enfant. 

L’homme répondit sur-le-champ. 

-       Mykee-Wykee. 

Mike grimaça à la vérité. 

-       Que s’est-il passé dans la grange des Connel en 1964? 

-       Une grande fête pour célébrer la naissance des jumelles Sarah et Helen. 

Mike scrutait à la loupe les paroles de l’homme. La voix et le corps étaient parfaitement ressemblants. Il continua son interrogatoire et lui demanda des détails sur son enfance – ses écoles, ses amis, ses vêtements et certains événements. Les deux hommes se faisaient face sur la route. Là, le père débita pendant une demi-heure des fragments du passé de Mike avec une précision parfaitement rigoureuse. Mike commençait à se détendre. Cet homme savait tout. Aucune entité maligne n’aurait pu mémoriser tous ces détails connus de Mike seulement. Son intuition était toujours en alerte, mais il se tenait vraiment devant son père. Celui-ci commençait à transpirer abondamment. 

-       Papa, qu’est-ce qui se passe ? 

-       Oh ! Michael, je t’aime tellement ! présentement, tu reposes sur un lit d’hôpital et tu as de graves blessures au cou. Rappelle-toi. Tu te souviens de ce qui s’est passé dans ton appartement ? 

Depuis cet instant, tu flottes dans un coma, sensible aux manipulations du démon lui-même. Et tout ce que tu vois ici… Le père de Mike montra de la main les montagnes qui els encerclaient … « tout ça est un conte de fée. C’est irréel. Tout ce qu’on t’a appris et toutes mignonnes maisons que tu as visitées, tout est faux, c’est un truc pour s’emparer de ton âme ! » La respiration de l’homme devenait laborieuse. 

 

Mike savait quelles paroles de son père ne pouvaient être vraies. Quelle confusion ! Il s’avait qui il était et ce qu’il avait expérimenté. Pourtant les paroles de son père étaient pleines d’autorité. Et cet homme en savait long ! Mais pourquoi expérimentait-il des difficultés respiratoires tout à coup ? N’était-il pas lui-même un esprit ? Après tout, il était mort et venait d’un autre monde. Il n’aurait pas dû éprouver de problèmes physiques. 

-       Papa, est-ce que ça va ? 

-       Oui, mon fils, mais je ne peux pas rester encore très longtemps. Cette place est maudite et je viens d’une terre céleste. 

Les deux ne sont pas compatibles, tu sais. 

-       oui, c’est ce qu’on m’a dit. 

-       Mike, viens avec moi. Cet arbre abrite un portail céleste. Je peux te ramener. Tu reprendras conscience sur la terre et sortira de ton coma. Ta vie et ton âme seront sauves. Je t’en prie, accompagne-moi ! l’homme s’affaiblissait à vue d’œil et Mike crut voir s’embrouiller la silhouette devant lui. 

Mike était torturé par l’indécision. Il devait se montrer avisé. Tout dans on corps le mettait en garde, mais il se trouvait confronté à un père aimant aux paroles crédibles. Et si ce pays était faux ? NON. Il ne l’était pas. Son être intérieur en était convaincu. Il voulut essayer autre choses. Quel était le nom ? Il avait fait un effort pour le retenir. Le nom lui revint en mémoire et il le prononça. 

-       Annehu ! dit Mike en dévisageant son père. Celui-ci le regarda droit dans les yeux. 

-       Que dis-tu ? 

-       Anneehu, répéta-t-il, en commençant à reculer. 

-       Est-ce là un terme de fée que tu as appris ici, mon fils ? 

L’homme se montrait de plus en plus nerveux ; ses vêtements se mouillaient de sueur. 

Mike demeura immobile. Un frisson lui parcourut l’échine. Son père ne l’avait jamais appelé « mon fils ». Mike se redressa. L’heure  était venue. Il commença à sentir la vibration de son armure. Son bouclier commençait à osciller, comme s’il avait voulu qu’on le saisisse. Il donna la réponse qu’il fallait. 

-       Non, pas du tout. Anneehu est ton nom céleste, et tu ne le savais pas. 

Les deux regards s’affrontèrent dans un éclair qui sembla durer une éternité mais qui, en réalité, n’avait pris qu’une seconde. Le jeu était fini. Le truc n’avait pas marché et la masse difforme et répugnante n’était plus capable de maintenir l’énergie pour le prolonger. Elle se préparait à combattre. 

-       ASSEZ ! dans un cri qui semblait avoir été poussé par dis hommes, la 

silhouette qui avait été le père de Mike se transforma peu à peu. Le fermier en sueur se modifia graduellement en une énorme forme vampirique et menaçante. Mike recula au fur et à mesure de la transformation ; il demeurait alerte et prêt. L’horrible entité avait au moins cinq mètres de hauteur ; ses yeux étaient rouges et agressifs. Sa peau, couverte de verrues, était d’un vert repoussant. On aurait dit une créature qui ne s’était pas lavée depuis des milliards de siècles. Elle avait des mains énormes aux ongles sales et des bras beaucoup trop longs, disproportionnés par rapport au reste du corps, et… cette épouvantable odeur : des jambes trapues et arquées venaient ajouter à l’étrangeté de l’apparence, mais Mike savait combien elle pouvait être agile. Il l’avait vu plusieurs fois se dissiper derrière lui. La distance entre Mike et la créature hideuse devait atteindre environs six mètres et Michael essayerai de la maintenir ainsi sinon de l’agrandir. 

 

Mike trouvait repoussante la chose qui se développait devant ses yeux. La forme malveillante n’était ni un humain ni une bête. Elle n’était pas naturelle et ne relevait d’aucune réalité connue de Mike. L’odeur que cette entité négative dégageait était infecte. Le visage de l’énorme tête chauve passait constamment d’une forme horrible à une autre. Lorsqu’elle ouvrait la bouche, Mike pouvait voir ses terribles dents aiguisées. Lorsqu’elle la refermait, la cavité  menaçante disparaissait sous un amas de verrues et de peau. La masse verte avait un gros nez manifestement incapable de sentir, sinon il n’aurait pu vivre avec soi-même. Tout ce qu’un humain pouvait imaginer de plus répugnant et de plus repoussant se manifestait dans cette créature. Etait-ce réel ou une illusion ? Mike ne le savait pas. Choses certaine, elle représentait une expression révoltante d’énergies anciennes. Cette bête sombre et laide représentait l’antithèse de la paix et de l’amour et sentait la mort. La haine et la méchanceté de sa conscience envahissaient l’espace. Elle regardait Mike avec satisfaction comme s’il avait été une fourmi qu’on se préparait à faire disparaître sans pensée ni remords. La haine du monde auquel Mike appartenait animait cette créature. Elle projetait directement son énergie sur Michaël qui était devenu le point de convergence de son courroux. 

 

Mike supportait mal cette créature qui le révoltait et le rebutait. Il sentait la haine qu’elle projetait. Mais lorsqu’il se rendit compte que sa réaction correspondait à ce que la créature attendait de lui, il étouffa ses vagues de nausée. Les apparences sont parfois trompeuses, se répéta-t-il. Il constata soudain que la forme dégoûtante jouait un jeu, qu’elle créait l’illusion d’un ogre malin dans le seul but de produire un certain effet. Le corps de Mike réagit instinctivement à la situation. Le niveau vibratoire de son nouvel être était en plein éveil. Tel un soldat aguerri ou un vétéran de nombreuses batailles, Mike se sentait prêt à prêt à réagir au moindre mouvement de l’horreur verte devant lui. Même si son corps vibrait de force et de vitalité, Mike demeurait immobile. Son épée commençait à vibrer. Ill l’entendait ! Il entendait un bourdonnement subtil. Même là, il ne bougeait pas. Il était trop curieux. Il voulait en savoir davantage. C’était à lui maintenant d’user de ruse. 

-       Tu es tellement gigantesque. Mike feignait la peur. Il leva les bras pour protéger son visage et fit trembler sa voix de façon convaincante. « Est-u la bête venue s’emparer de mon âme ? » 

Des plis de peau verte et de verrues s’écartèrent pour permettre à la créature d’ouvrir la bouche et de parler. Mike entendit sa véritable voix pour la première fois. 

-       Tellement faible, cracha la voix. Je m’en doutais bien. La voix caverneuse rappelait à Mike celles que l’on entendait dans les mauvais films d’horreur. 

-       S’il te plaît, je ferai tout ce que tu voudras, risqua Mike. 

Veux-tu que j’aille à l’arbre, sous le portail ? 

Mike sentait son épée bouger dans le fourreau. Il espérait que la créature n’entendrait pas le bruit du métal. 

-       Ne sois pas ridicule ; je suis venu te tuer. La forme semblait continuer de grandir ! Mike pensa qu’elle avait sans doute la faculté de prendre la taille qu’elle voulait. 

-       Qui es-tu ? demanda Mike dans un cri aigu. Il espérait que son jeu n’était pas trop gauche, mais la créature malveillante semblait le croire complètement. Quel ego ! 

-       Mykee-Wykee, je suis la partie de toi, qui est le véritable Michael Thomas ! Je suis la partie forte ! Regarde ton pouvoir ! Je suis l’essence de ton intellect et la base de ta logique. La forme de ton père était peut-être un déguisement mais les paroles prononcées étaient vraies. Tu es présentement dans un lit d’hôpital, dans le coma, et je suis venu te tirer de cette fausse terre peuplée d’entités insensées et de bons sorciers pour te ramener à la vie. Mais pour cela, je dois détruire le petit esprit ridicule que tu es devenu

Mike savait que, dans une certaine mesure, l’horrible créature n’avait pas tout à fait tort. Elle faisait partie de lui ; c’était la partie dont il voulait se débarrasser pour toujours, un aspect vieilli, détestable, qu’il ne souhaitait montrer à personne. Il se recroquevilla un peu. Tout de même, n’exagère pas ! lui dit une voix intérieure. 

-       Et tu dois me tuer ? Son épée bougeait violemment contre le fourreau, mais Mike estimait que ce tremblement s’ajoutait à l’illusion qu’il voulait créer. 

-       Au sens figuré, oui. Ton départ de cette terre de bêtises mettra fin à ton illusion et te ramènera directement dans le monde réel. J’ai pris conscience de ta stupidité dès que tu as franchi la porte d’entrée. Heureusement, je suis parvenu à me glisser à l’intérieur  à ta suite. Depuis lors, j’essaie de te ramener à la réalité. 

La chose se déplaçait tranquillement vers lui. 

-       Suis-je si mauvais ? Fais-le parler. Epée, continue à bouger ! L’illusion est parfaite. 

-       Dans ta faiblesse physique, tu t’es fait prendre à leur verbiage, à leur discours creux. Il n’y a rien de réel ici. Tu es tellement pris par l’illusion que je dois complètement détruire une partie de toi pour sauver ton esprit et ton âme. Je déteste tout ce que tu es devenu ! 

Mike devait agir rapidement. 

-       Avant de me tuer, peux-tu prouver que tu dis la vérité ? Si tu es logique et intellectuel, aide-moi à voir la logique de la situation. 

Mike savait que l’horrible chose passerait bientôt à l’action. En faisant appel à son ego monstrueux, il pensait gagner un peu de temps. Mike fit la poule mouillée encore un peu, y ajoutant un peu de tremblements. La vibration de son épée ajoutait à l’image. 

-       Bien sûr ! Elle savait qu’elle avait la maîtrise de la situation et qu’elle allait anéantir cette terre de Nouvel Age pour toujours. 

L’horrible silhouette détestait cet endroit et toutes ses prétentions. Elle provenait d’un monde réel où il n’y avait pas de ces faibles et pathétiques créatures comme Michael Thomas. La masse sombre et répugnante prônait la logique et le pragmatisme, un système de croyances reposant sur l’expérience et la justification d’historiens et de scientifiques réputés. 

 

La créature se leva et déclara : 

-       CELUI QUI EST CONFORME DETIENT UN POUVOIR ABSOLU, SEULES LA LOGIQUE ET LA RAISON CONSTITUENT LA VERITE. VOILA POURQUOI JE PEUX EXISTER DANS CE MONDE SANS SUBSTANCE. PARCE QUE JE SUIS LA VERITE. RIEN NE PEUT AVOIR D’EMPRISE SUR MOI ! 

Elle laissa sortir un cri qui perça les oreilles de Mike et qui coucha l’herbe à ses pieds, la rendant brun-vert et l’assortissant à la peau de l’horrible créature. 

-       Vraiment : dit Mike avec un sourire affecté. Puis, il laissa tomber son rôle et se planta bien droit devant le monstre. 

-       Eh bien, que la preuve soit faite ! hurla-t-il. 

Mike n’avait jamais cru qu’il pouvait se déplacer si vite. Grâce à l’équilibre et à l’expérience qu’il avait acquis dans la maison d’Orange, il se retrouva rapidement sur un rocher de deux mètres à moins de cinq mètres du monstre. Il était déjà en position de supériorité. Son épée s’échappa littéralement de son fourreau et commença à chantonner la note fa, émettant même des accords d’accompagnement. Mike l’avait empoignée solidement. Elle lançait un son mystérieux, mais rempli de force et de promesses. Mike pointait l’épée vers le ciel et non vers l’entité négative. Il se rendit compte qu’il tenait son bouclier dans la main gauche. Dès l’instant qu’il   s’était élancé vers le rocher, le bouclier s’était retrouvé dans sa main. Il le brandissait et ses incrustations d’argent faisaient face à la sombre masse. Le guerrier Mickael Thomas était prêt. Il serait bien au-dessous de la vérité d’affirmer que la créature fut surprise. Elle examinait la situation lorsque soudain la proie frivole et craintive devint une menace au comportement transformé. Michael se préparait-il à attaquer ? C’était d’un ridicule. Elle pouvait l’écraser comme une mouche ; c’était presque trop facile. La proximité de Mike obligea l’horrible forme à reculer pour être en mesure d’utiliser ses longs bras monstrueux. Elle recula, refermant ses poings puissants, prête au combat. Alors que la créature se mettait en positon d’attaque, la voix de Mike résonna : 

-       VOICI L’EPEE DE LA VERITE. QU’ELLE DETERMINE QUI POSSEDE LE POUVOIR ! 

Mike n’avait pas fini de parler lorsque la bête attaqua. Mickael avait l’impression de se trouver devant un navire s’approchant à toute vapeur. Il dut faire un effort pour ne pas fermer les yeux. A l’instant même, une lumière d’une intensité incroyable sembla émerger de l’épée de Mike et frapper le monstre d’une force indicible. La portée de l’éclair n’arrêta pas le mouvement de la bête, mais fit dévier son attaque sur le côté et servit à la déséquilibrer. Malgré tout, le monstre parvint à lancer un poing dans la direction de Mike mais celui-ci éleva son bouclier pour se protéger, craignant toutefois que le coup ne l’emporte avec son bouclier.Mais encore une fois, le bouclier et l’armure jouèrent leur rôle tout comme ils l’avaient fait durant la tempête, à l’insu de Michal Thomas. L’armure entourait instantanément Michael Thomas d’une bulle de lumière protectrice. Le bouclier lança une série d’intenses pulsations vers le bras du monstre. Une sorte de lumière surgissait de Mike et volait dans toutes les directions. L’odeur d’ozone émanant de l’air ionisé et de l’interaction de la matière et de l’antimatière était saisissante. Au lieu de recevoir un coup asséné par le bras monstrueux, Mike vit l’extrémité aussitôt repoussée par la lumière protectrice. La force en était tellement puissante qu’elle souleva la créature pour la faire retomber à une certaine distance, vers l’arrière. Sain et sauf, Mike se tenait toujours au même endroit. La lumière était magnifique. Michael Thomas était ébahi par les présents qu’il tenait dans ses mains. Ils avaient travaillé de concert pour repousser l’attaque du géant. Mike constata que la lumière de la bataille lui était agréable, mais que la monstrueuse bête devait se protéger les yeux contre son intensité. Elle continuait à jouer en sa faveur. Habitué à l’éclat atténué du jour gris, le monstre avait peine à s’adapter à la lumière. Mike souriait de reconnaissance envers ce cadeau de la nature. Il se sentait chez lui ! Il s’adressa en tout confiance à la bête, lui répétant des paroles d’Orange. 

-       Est-ce que le bouclier de la connaissance t’irrite, mon ennemi verdâtre ? La noirceur ne peut cohabiter avec la connaissance. Les secrets ne résistent pas à la lumière et celle-ci jaillit lorsque la vérité se manifeste ! 

Sur ces mots, le montre se redressa sur ses pieds et attaqua Mike encore une fois, avec une détermination encore plus menaçante. Mike ne croyait pas pouvoir résister à l’attaque cette fois-ci. Il avait pu tenir à un bras, mais que pouvait-il faire contre toute cette masse ? Il attendit jusqu’à la dernière minute puis s’élança en bas de son rocher au moment où la créature l’atteignait. Encore  une fois, il avançait au lieu de reculer et encore une fois, il créa une situation imprévue où il se trouvait trop près pour être saisi ou maîtrisé facilement. La taille et le poids de la bête jouaient contre elle.  Mike se retrouva entre les jambes énormes du géant. Se glissant vers l’arrière, il étendit son bras et planta son épée dans l’entrejambe de la bête dans un éclat de lumière resplendissante. En même temps, il balança son bouclier pour qu’il frappe une des jambes, et encore une fois, une forte puissance repoussa la masse de peau verdâtre dans un mouvement semblable à celui de deux aimants de polarité contraires. Un autre éclat de lumière provenant du bouclier projeta la bête dans les airs. Le bond qu’il fit aurait pu se comparer au mouvement d’un plongeur effectuant une double boucle. L’horrible créature se retrouva au sol, en état d’agonie et dépourvue de dignité. Elle roula sur le sol dans un cri de protestation, et la fumée s’échappait de cette blessure grouillante. Des étincelles jaillissaient entre ses jambes, là où l’épée de Mike avait frappé. 

-       Pas de descendants pour toi ! Mike avait prononcé sa phrase d’un ton calme et détaché. Il avança vers la forme hideuse et éleva son épée dans les airs en s’approchant lentement et avec précaution de la bête monstrueuse étendue au sol. Il s’arrêta, hors d’atteinte de son bras maléfique. 

-       Vas-tu capituler ? Qui détient la vérité ? Qui a le pouvoir ? 

-       PLUTOT MOURIR ! marmonna la vile créature. Sa voix ébréchée était à peine audible. 

-       Qu’il en soit ainsi ! proclama Mike sans peur, sans tenir compte de la puanteur de la bête blessée. 

Mais la créature malodorante allait frapper un autre coup. Elle n’était pas un être spirituel. Comme Mike, c’était une entité biologique circulant au pax des anges colorés et des épées foudroyantes. Elle saignait des suites de ses blessures. Mike voyait très bien la plaie que lui avait infligée son épée magique pendant la dernière altercation et il grimaça à sa vue. Une substance noire et collante s’échappait de la blessure et souillait la peau déjà vilaine. Ses jambes devenaient toutes noires et Mike croyait que la créature souffrait terriblement, mais voilà qu’elle se relevait ! Une fois debout, elle vacilla légèrement. Ses yeux étaient devenus des fentes étroites, la lumière qui l’entourait étant trop forte. Mike savait qu’il avait gagné. 

 

Tuer n’entrait pas dans ses intentions. Il n’avait jamais tué personne ou quoi que ce soit intentionnellement. Même jà la ferme, il refusait de tuer les poulets. Mais il savait que tout assassinat sur cette terre était symbolique. La chose détestable qui se trouvait devant lui n’allait pas mourir. Elle serait tout simplement et douloureusement vaincue.  La scène créée par les deux combattants était classique. L’éclat continuait à jaillir des armes de Mike. Les étincelles surgissaient du corps fumant du monstre blessé alors qu’il se redressait pour se préparer à une nouvelle attaque. Mais l’armure de Mike commençait à chanter une mélodie de victoire. Les ombres parfaitement délimitées provenant de la lumière, de la vérité, de la connaissance et de la sagesse laissaient voir le corps blessé massif, mais vacillant, de la vile créature qui s’apprêtait désespérément à se sacrifier au pouvoir des armes menues de Mike. David et Goliath dans une mise en scène surréaliste avec, pour décor, les parois d’un étroit canyon sans issue. Les deux guerriers de force inégale se tenaient à six mètres l’un de l’autre, chacun défendant ardemment son territoire. Une fois de plus, Mike fit le premier mouvement.

 

 Michael était beaucoup trop agile pour cette masse blessée. Il se concentra sur ses parties les plus faibles et avant que la bête puisse réagir, l’éclair de l’épée et la polarité inversée de son bouclier faisaient leur travail. Dans une tentative ridicule et désespérée pour éliminer son agresseur, la bête commença à agiter vigoureusement les bras, ce qui lui attira d’autres difficultés de la part des armes invincibles de la lumière, de la vérité et de la connaissance. Le spectacle en valait la peine. Non seulement les éclats de lumière présentaient-ils des proportions incroyables, mais les effets sonores étaient surprenants. Les armes spirituelles unirent leurs voix en un chant de victoire éclatant et harmonieux. Orange n’avait jamais dit que toutes les armes pouvaient chanter ! Le combat prit fin en peu de temps. L’énergie lancée par l’épée et le bouclier eurent rapidement raison de l’ennemi. L’entité négative s’étendit dans toute sa longueur nauséabonde devant le regard de Mike en une masse putride et écoeurante. La puanteur du sang qui jaillissait des blessures envahit les narines de Mike. Puis tout à coup, les armes mirent fin à leurs chants. La chose puante et verdâtre étendue sur le sol commença à se dissiper ! 

-       Je n’en ai pas terminé avec toi, Michael Thomas. Nous nous reverrons un jour ! 

La créature grognait en disparaissant. 

-       Je sais, répondit Mike en regardant dans les yeux rouges du géant repoussant. 

Il savait que sa mort était symbolique, mais il savait aussi que la bataille avait été réelle. Il trembla à la pensée que le combat aurait pu résulter en une issue différente. Michael aurait pu être blessé et périr. Il aurait pu se dissiper dans l’obscurité, n’eut été de ses armes spirituelles. 

Il était heureux que ce soit terminé. Il rengaina sa magnifique épée de vérité, mais pas avant de l’avoir remerciée à haute voix. Il en fit de même avec le bouclier avant de la replacer sur son dos. Il serra son armure et loua son bon travail. Et puis, un phénomène étrange se produisit !  Mike sentit que les trois présents le quittaient. Ils disparaissaient, tout comme le monstre. 

-       NON ! hurla-t-il. Ne partez pas. J’ai besoin de vous. 

Mais les armes de Michael Thomas étaient absorbées par sa biologie. Une  fusion se produisait, qui n’était rendue possible que par l’intention de sa propre cérémonie, et à cause de la victoire qu’elles venaient d’accomplir. Ebahi, Mike exigea une explication : 

-       Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi partez-vous ? 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, tes présents merveilleux sont toujours là mais, dorénavant ils sont à l’intérieur ! lui dit la voix rassurante d’orange. C’est Orange qui lui avait d’abord offert ces présents. L’ange continua : « Tu t’es mérité le droit de les assimiler. Ils font maintenant partie de toi, Michael Thomas et sont intégrés à même tes cellules« . 

Mike s’assit sur une roche à proximité. 

-       Et le prochain combat ? 

-       Tu le remporteras de la même manière, mais sans la présence tangible des armes. La vérité se trouve maintenant à l’intérieur de toi, tout comme le pouvoir de la connaissance et de la sagesse. Aucun monstre ne pourra te les enlever

Mike réfléchit aux propos d’Orange puis invoqua un autre ange : 

-       Vert, ai-je subi une autre transformation ? 

-       Oui, Michael. L’absorption des présents t’a rendu complet. Tu n’as plus que l’un de nous à rencontrer. Quel réconfort d’entendre la voix de Vert encore une fois ! 

-       Qui est-ce ? demanda Mike, ne pouvant supporter d’attendre à la prochaine maison. 

-       Le plus grand de nous tous, tu verras, répondit Vert. 

Mike se leva. Il se sentait étrange. Tout s’était passé si vite ; la rencontre de la forme de son père, la constatation du combat qui se préparait, la victoire sur le monstre et enfin, l’apparente disparition des présents auxquels il était devenu si habitué. Il se rassit et repassa dans sa mémoire les événements des vingt dernières minutes. 

-       Blanc, qui était vraiment cette bête ? 

Mike s’adressa à Blanc parce qu’il sentait que sa réponse serait la plus inspirante. Il ne fut pas déçu. 

-       C’était la partie de toi dépourvue d’amour, Michael. C’était la partie humaine qui est toujours là et dont il faut toujours tenir compte. L’humanité sans amour crée la noirceur. La voix de Blanc était magnifique et elle mit immédiatement Mike à l’aise. 

-       - reviendra-t-elle ? 

-       Tant et aussi longtemps que tu seras humain, elle sera toujours en arrière-plan, prête à bondir. Mais l’amour la tiendra à distance

Mike devin songeur. Il me reste une seule leçon à apprendre et je pourrai me départir de mon enveloppe humaine. Mike était impatient d’arriver chez lui. La porte magique qui l’y mènerait était son but ultime. Il essayait d’imaginer à quoi l’existence ressemblerait alors ; paisible, remplie d’amour et de spiritualité. Mike se rendit soudain compte que le temps s’était complètement éclairci. Il regarda le champ de bataille éclairé par les chauds rayons du soleil. Il pouvait encore voir les marques laissées par ses armes puissantes. Il porta la main à sa taille, là où l’épée avait été suspendue, puis à sa poitrine, où il avait porté l’armure. Ses outils lui manquaient, mais il savait que les anges lui avaient dit la vérité. Il ne se sentait ni différent ni plus léger. Il portait sa puissance à l’intérieur, ce qui faisait de lui un guerrier accompli de l’amour, tout comme Marie. Il sourit en pensant à la force qu’elle dégageait et la remercia mentalement pour la vision. Puis il porta de nouveau la main à sa poitrine et constata que la carte était disparue, elle aussi ! 

-       La carte ! s’écria-t-il déçu. 

-       Elle est aussi en toi, lui dit Bleu. Ton intuition sera tout aussi valable

Mike se sentit dépouillé. Ça va, pensa-t-il, je ne serai pas humain encore longtemps. Je n’aurai pas besoin de ces outils lorsque j’irai au paradis. Il ne me reste plus qu’une seule maison ! 

Il ne mit pas longtemps à sortir du canyon et une vue grandiose l’attendait à la sortie du sentier escarpé. Il vit soudain un paysage serein au loin devant lui. Un arc-en-ciel glorieux était suspendu au-dessus du ravin. Il brillait clairement sur un fond de ciel bleu clair. Il marquait à la fois la limite du canyon et la fin de son périple. Michael avança, figé par la majesté de l’arc-en-ciel, regardant le sol de temps à autre avant d’y poser le pied.Puis il vit l’origine de l’arc-en-ciel. Ses six énormes amis resplendissants de lumière se tenaient dans les cieux devant lui. Dans leur magnificence et leur grandeur, ils se tenaient par la main et formaient un arc-en-ciel pour célébrer l’être humain qu’ils avaient appelé Michael Thomas de l’Intention pure. Il passa devant eux, mentionnant chacun de leurs noms et les remerciant avec émotion. Il vit Bleu, qui lui avait remis sa carte et lui avait indiqué le route à suivre ; Orange, responsable des présents qui lui avaient permis d’abattre le géant ; Vert, son ami au sens de l’humour, qui lui avait enseigné la biologie, écrasé l’orteil et fait expérimenter sa première transformation de vibration : Violette, la mère, qui lui avait fait revivre sa vie et lui avait appris la responsabilité qu’il détenait dans chaque cas ; Rouge et ses mauvaises manières à table, qui lui avait présenté sa famille spirituelle et enfin, l’aimable Blanc, l’essence de la pureté, de qui Mike avait appris l’amour véritable en observant une femme d’une force extraordinaire et avec lequel il avait ressenti la brisure produite par une occasion ratée. Mike savait que tous célébraient sa victoire à leur façon puisqu’il se rendait à la dernière maison et qu’il n’aurait désormais plus besoin d’eux. A formation était presque terminée. Il avait bien appris et avait réussi un grand test en conquérant lui-même la bête monstrueuse. Il savait qu’ils lui disaient adieu. 

-       Je vous bénis mes amis, leur cria Mike. Et il regarda les glorieuses couleurs s’estomper lentement pour faire place à nouveau au ciel tout bleu. 

 

 

ppp Ange-Decor-3 dans LE RETOUR 

Mike n’eut pas à marcher bien longtemps avant d’apercevoir la prochaine maison. Mais cette fois, il ne s’agissait pas d’une maison ; c’était plutôt un énorme manoir !  En s’approchant davantage. Mike réalisa qu’en plus de sa taille inhabituelle, la demeure qui lui avait d’abord semblé brune était en réalité dorée ! puis, de plus près encore, ce qui  lui avait paru une veste résidence à un seul étage se révéla être une habitation gigantesque à plusieurs étages. Et elle n’était pas seulement dorée, elle avait l’air faite d’or ! 

La demeure surplombait des pelouses bien entretenues et l’on pouvait voir plusieurs ruisseaux et fontaines qui coulaient ou lançaient leur jet dans un décor splendide. On avait semé des fleurs d’espèces variées dissociées par couleurs dans un effet à couper le souffle. Puis Mike remarqua autre chose qui le laissa momentanément bouche bée. Le sentier prenait fi à la porte de la demeure ! Le but doit être à l’intérieur. Ce n’était pas simplement une maison ; c’était le portail des cieux. C’était la porte qui le menait chez lui ! Mike se rendit compte de son anxiété et du fait qu’il respirait difficilement lorsqu’il quitta le sentier pour prendre la petite allée qui ondulait vers la porte du palais doré. Lorsqu’il se trouva finalement devant l’imposante porte ouvragée d’or, il se demanda comment il allait parvenir à l’ouvrir tant elle semblait lourde. Il s’arrêta pour retirer ses chaussures et les placer dans l’endroit qui leur était manifestement réservé, puis il attendit. Il savait qu’il ne les reverrait plus jamais. 

 

Aucun ange ne se montra. 

Il se demanda s’il était convenable d’essayer d’ouvrir la porte et d’entrer en se souvenant que ç a s’était passé ainsi dans la sixième maison puisque Blanc ne sortait jamais à l’extérieur. Il décida donc d’entrer et lorsqu’il tira l’immense porte dorée, inutilement vaste, elle s’ouvrit d’un mouvement léger. Il franchit le seuil et demeura immobile de stupeur. Tout était fait d’or ; les murs, les colonnes, les planchers ! Un décor grandiose ! Epoustouflant ! Et puis, encore cette odeur de fleurs. L’odeur de milliers de lilas chatouilla ses narines, portant avec elle un merveilleux sentiment d’amour ! Il venait indéniablement de franchir le seuil d’un endroit sacré. Tout à coup, il perçut l’ironie de la situation. Alors que les autres maisons de l’endroit lui avaient paru petites de l’extérieur et s’étaient révélées immenses à l’intérieur, celle-ci présentait un intérieur restreint elle ne comportait pas de corridors sans fin comme les autres maisons. Tous les corridors et les portes menaient à un seul point. Elle n’offrait aucun autre choix que de se diriger vers une seule pièce. Elle était la sobriété même ; élégante, grandiose, magnifique et superbe, mais simple. Elle ne comportait aucune annexe ; aucune pièce n’était réservée à Mike rien ici n’était semblable à ce que l’on pouvait voir dans les maisons précédentes. Même l’atmosphère était différente. Mike essayait de qualifier l’impression que la demeure dégageait tout en se dirigeant là où elle conduisait. Et puis, il comprit ; c’était le sentiment qui régnait dans les grands lieux du culte. Il se sentit envahi de respect par ce lieu majestueux qui lui rappelait les endroits sacrés. 

 

Il ne savait à quoi s’atteindre; il n’avait pas encore rencontré d’ange. C’était la première fois qu’il franchissait le seuil d’une  maison sans être accueilli par l’un d’eux. Après son important combat et toute l’agitation qui l’avait entouré, il aurait dû avoir faim, mais il n’en était rien. Il était trop agité. Michael continua à circuler dans la maison et se trouva soudain devant une porte différente des autres. Elle portait un nom. Toujours cet étrange caractère de style arabe qu’il avait vu dans la maison des cartes, puis dans les diagrammes de Violette. Il se dit que ce devait être le nom de l’ange doré. Mike ouvrit la porte et en franchit le seuil. Ce qu’il y trouva ne pourrait s’oublier. Il se retrouva dans une pièce d’un éclat majestueux. C’était une véritable salle de dévotion ou quelque chose d’approchant. On aurait dit une cathédrale aux verrières lumineuses, laissant pénétrer la lumière extérieure dont les rayons aux couleurs d’arc-en-ciel ondulaient sur le plancher d’or. En portant le regard plus haut, Mike put distinguer un espace d’or qui s’étirait sans fin. La pièce était circulaire et la porte qu’il avait traversée était la seule issue qui en permettait l’accès. Un léger nuage d’or régnait dans la pièce, produisant une atmosphère qui rappelait celle d’un étang au petit matin, quand la fraîcheur embaume encore l’air. La rencontre du nuage et de la lumière créaient une ambiance punique. Chaque fois que la nuage bougeait sur l’éclat de lumière, il l’absorbait et transformait l’air humide en un autre arc-en-ciel qui venait se mêler à toutes les couleurs du spectre déjà en place. Mike dut faire un effort pour reprendre son souffle.

 

 

Puis, il se rendit compte que la lumière et le décor de la pièce étaient centrés sur le cœur du sanctuaire ovale. Des grands escaliers limitaient l’espace ovale mais ils menaient à des balcons qui surplombaient le centre de la pièce. Mike se concentra sur la pièce. Le centre en était rempli de brouillard d’or, mais il y avait là quelque chose d’autre. Mike s’avança avec a certitude que son périple achevait. Lorsqu’il fut plus près du centre de la pièce, il constata que celle-ci était beaucoup plus vaste qu’il ne l’avait d’abord cru. L’or et la configuration de la pièce se prêtaient au jeu de l’illusion pour l’œil humain. Michal se dirigeait toujours vers le centre, constatant qu’il fallait beaucoup plus de temps que prévu. Puis, il fut à quelques centimètres du centre et s’arrêta. Qu’y avait-il là, à travers le nuage ? Une autre structure ?

 

 Il était presque au centre lorsqu’il se senti frappé par un immense éclat d’énergie. Il se retrouva sur ses genoux. Un incroyable sentiment de sacré et de sainteté l’avait atteint et sa puissance le forçait à s’agenouiller. Il avait le souffle coupé et gardait les yeux baissés, de peur de violer une règle sacrée non exprimée. Son corps tremblait au rythme d’une vibration animée qui ne pouvait que surgir de la présence de Dieu. Ça y était ; il approchait de la dernière porte qui le mènerait chez lui, au paradis. Peut-être qu’il ne rencontrerait pas d’ange. Mais pourtant, tous les autres anges lui avaient dit qu’il allait rencontrer la plus importe entité de tous. Mike sentait une présence majestueuse, la présence bénie et miraculeuse de Dieu lui-même. Il respirait de plus en plus difficilement. Michael leva les yeux et vit le nuage se dissiper. Il resta à genoux, mais se redressa pour observer ce qui se déroulait. La disparition du nuage laissa voir une imposante structure massive et dorée. Puis il vit que le bloc comportait des marches. Cet escalier menait peut-être vers… la porte du paradis ? L’énergie croissait et Mike ne se sentait pas digne d’être à. En tant qu’être humain et malgré toutes les expériences qu’il avait vécues, il ne se trouvait pas à la hauteur de la sainteté et de la grandeur de ce qui l’entourait. Il était à la porte du paradis et se sentait telle une marionnette. Il se sentait immobilisé par le pouvoir de l’esprit et le resplendissement de Dieu. Il savait qu’à quelques pas de lui se trouvait la plus grande puissance qu’il ait jamais rencontrée, un élément d’amour si intense et d’une beauté si spectaculaire qu’on y décelait la création même !  Mike manquait d’oxygène, mais gardait la tête haute. Il voulait bien coir. Il comprit qu’il lui restait bien une entité à rencontrer, la plus imposante d’entre toutes. Ce devait être vrai sinon, comment expliquer toute l’énergie qui se dégageait de ces lieux ? Il espérait pouvoir résister à l’intensité de la vibration suffisamment longtemps pour rencontrer l’entité. Même s’il pouvait, d’un instant à l’autre, être vaporisé dans un éclat de lumière paradisiaque multidimensionnelle, il tenait à cette rencontre ! Il se rappelait ce qui était advenu à ceux qui avaient touché l’arche d’alliance. Ils s’étaient évanouis dans un nuage de vapeur puisqu’il avait touché Dieu. Il avait l’impression que le même phénomène pouvait se reproduire ici, si l’énergie continuait à augmenter. Il pensait que ses cellules allaient éclater tant elles voulaient toutes célébrer à la fois. Il ressentait un sentiment d’expansion provenant de l’intérieur. Mike commençait à s’inquiéter non pas pour sa vie, mais de peur de ne pas rencontrer l’entité qui régnait dans cette incroyable demeure. Le brouillard continuait à se dissiper. 

 

Le bloc d’or qui se manifestait à sa vue ne comportait pas seulement des marches mais…un trône ! Magnifiquement ouvré, d’une splendeur indescriptible, majestueusement conçu et tout en or, il irradiait de son propre caractère sacré. L’ange devait s’y trouver. Qui pouvait-il être ? 

Mike s’aperçut soudain qu’il sanglotait. Toute sa biologie éclatait sous l’effet de la magnitude de cette énergie sainte et il sentait des vagues de gratitude et d’amour émerger de son cœur. Il ne parvenait pas à maîtriser ses émotions. Une énergie dense se déversait sur lui et il savait que l’entité d’or qu’il attendait était en train de descendre les marches. Le plus grand ange de tous allait bientôt émerger du brouillard doré qui masquait le trône. Il en était sûr. Il allait sans doute rencontrer le gardien de la porte qui menait chez lui, celui qu’il souhait voir depuis le début, celui qui savait tout !  Mike se sentait terriblement mal. il ne voulait pas qu’on le voie ainsi. Il aurait voulu être fort, mais il ne pouvait même pas se tenir debout. Il voulait que l’être d’or sache qu’il avait réussi toutes les épreuves et qu’il avait vaincu le géant, mais il ne parvenait même pas à ouvrir la bouche. Il se sentait un enfant incapable de maîtriser ses émotions. Sa poitrine vibrait de gratitude et… d’un manque d’oxygène. Sa tête lui faisait mal; qui pouvait donc manifester tant de pouvoir. Quelle entité de l’univers représentait la force divine d’une façon si intense ? 

-       Ne crains rien, Michael Thomas de l’Intention pure, nous t’attendions, dit le grand ange dont le torse commençait à poindre alors qu’il descendait les marches. 

Cette voix lui é tait familière. Qui était-ce ? La voix, même si elle portait un caractère immensément sacré, était douce et paisible. L’entité qui se présentait était peut-être la plus élevée de toutes mais la rencontre s’amorçait doucement et sobrement par un mot rassurant. Malgré tout, Mike ne parvenait pas à parler et l’émotion qu’il ressentait ne semblait pas vouloir s’apaiser. En observant la scène, il plaça sa main sur son cœur pour éviter qu’il sorte de sa poitrine devant le maître doré de l’amour qui lui adressait la parole. Michael ne voulait rien rater et espérait ne pas s’évanouir, mais sa vue s’embrouillait peu à peu. Le magnifique ange céleste flotta au-dessus des marches d’or, s’approchant doucement de Mikael Thomas toujours tremblant et agenouillé. Même dans son état de ravissement, Mike parvint à s’interroger sur l’utilité des marches pour une entité qui n’en avait aucunement besoin. Mike vit d’abord l’imposant corps brillant. Sa tête était toujours voilée par le brouillard d’or. L’ange s’arrêta. Mike vit qu’il était énorme, plus grand que tous els autres rencontrés précédemment. La couleur d’or de ses vêtements était tellement brillante que les plis en semblaient électrifiés. Il pouvait voir le bas de ses ailes. Il savait qu’il aurait des ailes ! Elles vibraient comme dis mille papillons, mais sans émettre un son. Mike était certain que, lorsqu’il verrait sa tête, elle serait coiffée d’un somptueux halo, élément approprié à une si magnifique créature. Mike ne s’habituait pas vraiment à cette énergie, mais il réalisa qu’une transformation s’opérait en lui lorsque l’ange s’arrêta. On lui offrait un présent, il en était certain. Il se formait autour de lui une bulle de lumière douce, blanche et caressante qui lui procurait un sentiment de paix intérieure.il soupira de soulagement car il savait qu’il n’aurait pu supporter cette énergie intense beaucoup plus longtemps. Il recommença peu à peu à respirer normalement, toujours agenouillé sur le plancher. La vague envahissante d’amour qui l’avait submergé devint une vague de paix et il recouvra lentement son équilibre humain normal. Dix minutes s’écoulèrent sans que l’ange bouge. Mike retrouvait ses forces. Il savait que l’ange lui avait ménagé de l’espace en le protégeant par cette bulle de lumière. Ainsi, sa vibration pourrait exister auprès de la vibration divine d’une prodigieuse créature du paradis. Pus, il parla sans toutefois se lever. 

-       Merci magnifique ange d’or, dit-il en reprenant son souffle. 

Je n’a pas peur. 

-       Je sais exactement ce que t u ressens, Michael, et je sais que tu n’as pas peu. 

L’ange ne bougeait toujours pas. Mike essayait encore d’identifier cette voix. Elle avait la même énergie paisible que celle de Blanc et elle se faisait rassurante pour l’âme. La voix était pleine nourrissant tout l’espace, mais elle était aussi calme. Il savait qu’il l’avait déjà entendue, mais où ? En quel autre coin de cette terre spirituelle l’avait-il entendue ? Lorsqu’il fut certain de pouvoir parler, il se risqua. 

-       Est-ce que je te connais, Ô ! Être sacré ? 

-       Oh oui ! répondit l’ange partiellement caché ! Nous nous connaissons bien. 

La majesté de la voix était puissante, remplie de gloire et de splendeur. Mike ne comprenait pas, mais n’insista aucunement. La situation était cérémonieuse. Elle exigeait que l’on se soumette et qu’on attende d’être invité à parler. Mike respectait la différence de vibration entre son hôte et lui. Celui-ci parla de nouveau. 

-       Le temps que nous passerons ensemble dans cette maison sera de très courte durée, Michael Thomas. Il sera rempli de révélations et de grands accomplissements. La différence de vibration entre nous est tellement grande que nous ne pourrons pas supporter la présence l’un de l’autre très longtemps, mais ce sera suffisant. 

Suffisant pour quoi ? s’interrogea Mike. L’ange poursuivit et, encore une fois, la force glorieuse de sa voix adoucit les molécules du corps de Mike. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, est-ce que tu aimes Dieu ? 

Les cellules de Mike s’animèrent. Toujours cette question ! Des frissons de clarté parcoururent son échine. Il avait cru que Blanc était le dernier à lui poser cette question, mais il s’était trompé. On la lui posait encore une fois. Cette fois devait être la bonne ! Toutes ses cellules voulaient répondre en même temps. Dis-lui OUI ! La réponse qu’il donnerait à l’ange d’or constituerait la clé de la porte le menant chez lui. C’était la dernière fois qu’on lui posait la question et sûrement la plus importante. Il voulait que ce moment soit intense. Il fit une pause mais ne put trouver de réponse éloquente. Son esprit ne vibrait à rien d’autre qu’à l’honneur de se trouver dans un tel endroit, devant cette entité divine. 

-       Oui, j’aime Dieu, dit-il d’une voix directe et claire, sans tremblement. 

-       Et Michael Thomas de l’Intention pure, ajouta la merveilleuse voix émergeant du visage toujours dans l’ombre dansante, désires-tu voir le visage de Dieu, celui que tu déclares aimer ? 

Mike était figé par les possibilités qui jaillissaient de ces paroles. Qu’est-ce que ça signifiait ? Qu’est-ce qui serait révélé ? Où cela le mènerait-il ? Encore une fois, les cellules de Mike le pressaient de répondre dans l’affirmative, ce qu’il fit spontanément et simplement. 

-       Oui, je le veux. Cette fois-ci sa voix tremblait et il savait que l’ange s’en était aperçu. 

-       Alors, Michael Thomas de l’Intention pure, poursuivit l’ange en reprenant sa descente des marches, voici le visage de Dieu, celui que tu nous as dit aimer – à huit reprises. 

Dans sa brillante magnificence, l’entité la plus sacrée d’entre toutes s’approcha de Mike. Malgré la bulle de protection qu’on lui avait fournie, Mike sentit monter le niveau d’énergie au moment où l’entité commença à émerger de l’épais nuage d’or et à descendre l’escalier doré pour rejoindre Mike. Lorsqu’il fut enfin près de celui-ci, le nuage qui entourait son visage n’était pas encore tout à fait dissipé. 

-       Lève-toi, Michael, tu dois être debout dans les circonstances. 

Mickael savait que quelque chose de grand se préparait. Il se leva avec peine, ses jambes le portant difficilement, et fouilla le nuage d’or de tous ses yeux et de tout son esprit, fixant l’endroit d’où le visage devait surgir. Lorsqu’il le vit enfin, Michael Thomas de l’Intention pure, l’être humain qui avait presque tout expérimenté sur sa route, qui avait rencontré et vaincu l’entité négative, qui avait réalisé la transition mieux que tout autre humain ne l’avait fait jusqu’à présent dans cet endroit spirituel, se retrouva dépourvu de tous ses moyens devant la révélation qui lui fut faite. L’abasourdissement se lisait dans ses yeux remplis de larmes. La compréhension basculait entre la logique et la spiritualité de son esprit tout en essayant de distinguer ce qu’il voyait et sa signification. Ses émotions étaient suspendues et ne pouvaient l’aider à traiter l’information que ses yeux lui révélaient subitement. Ses jambes faiblirent et il se retrouva involontairement sur ses genoux pour la deuxième fois depuis son entrée dans cet enceinte d’or sacré. 

Le visage de la grande entité spirituelle qui avait descendu les marches ciselées du trône imposant était celui de Michael Thomas ! Et ce n’était pas une illusion. Le visage appartenait à l’ange. C »était l’ange. L’ange était Mickael. 

-       Donc, si tu aimes Dieu, tu m’aimes. 

L’être doré savait que Mike n’écoutait pas vraiment. Son esprit était trop confus. Un état de choc avait envahi l’ensemble de ses cellules et Mike faisait encore des efforts de compréhension. Qu’est-ce que ça signifiait ? Tout cela est-il réel ? Pendant que Mike demeurait immobile sur le plancher, toujours figé, l’ange poursuivit : 

-       Voici un autre présent, dit-il d’une voix qui se voulait rassurante et apaisante et qui imprégnait Mike de paix et d’intelligence. Je t’offre le présent du discernement pendant que tu écoutes mes explications. 

L’esprit de Mike commença à s’éclaircir. Il s’aperçut encore une fois que l’ange lui apportait une aide directe. Cette fois, ce soutien lui permettait de libérer son esprit humain de tout préjugé. L’ange reprit la parole. 

-       Chez tout être humain, un élément existe qui lui permet de combattre de façon acharnée – en utilisant jusqu’à la dernière synapse de son cerveau –l’idée qu’il puisse être autre chose qu’un être humain. 

L’ange sourit et Mike crut se voir dans un miroir, s’adressant l’ébauche d’un sourire. La voix était la sienne, mais il ne l’avait pas reconnue. La seule occasion qu’ont les humains d’entendre leur propre voix avec précision est lorsqu’elle provient d’un enregistrement. Dans son cas, l’occasion s’était rarement présentée. Il devait écouter ce que l’ange avait à dire et son esprit s’y préparait. 

-       JE SUIS ton moi supérieur, Michael Thomas, le fragment de toi qui réside en toi pendant ton séjour sur la planète terre. Ceci est ta dernière leçon et ta dernière révélation avant que tu n’atteignes ton but. C’est la dernière pièce d’information que tu dois absorber. C’est la vérité la plus élevée et la plus puissante pour l’humanité, celle qui est la mieux préservée et la plus difficile à accepter. 

Les paroles de l’ange s’avéraient fascinantes, mais Mike trouvait très difficile de se concentrer parce qu’il avait son visage ! Mike était tout de même attiré par l’information et souhaitait en comprendre la portée. Il devait progresser. Il devait en savoir davantage. L’ange flotta un peu sur le côté, révélant une plus grande part du décor qui s’était jusqu’là trouvé derrière lui. 

-       Tu es dans la MAISON D’OR DE LA CONFIANCE, Mickael; rien ne peut t’arrêter plus sûrement sur le chemin de l’illumination que le sentiment que tu ne la mérites pas; voilà pourquoi nous avons choisi de te révéler qui tu es vraiment. TU es une partie de moi, Michael. Tu es un ange de niveau supérieur, comme tous les humains. Nous faisons partie de ceux qui ont choisi de visiter la terre, de faire l’expérience de la vie humaine et d’élever la vibration de la planète par les leçons et les expériences de notre séjour. Nous sommes ceux qui peuvent transformer l’humanité et même l’univers. Crois-moi, Michael Thomas, tes actions sur terre ont modifié fortement d’autres secteurs. 

-       Mais je ne suis pas resté ! 

Mike avait presque hurlé ce qu’il avait à l’esprit et, en entendant ses paroles, il senti qu’encore une fois il avait abandonné trop facilement. « En plus, je n’ai rien appris ». 

-       Ça n’a aucune importance, lui dit l’ange; c’est l’intention d’entreprendre le voyage et l’acceptation première de participer au sacrifice qui sont les plus précieuses. Ta seule présence sur la planète est respectée et appropriée. Tu ne t’es jamais rendu compte de cela ! As-tu déjà entendu l’histoire de l ‘enfant prodigue. Elle fait partie de toutes les cultures, tu sais. 

Mike la connaissait, bien sûr, mais il n’y avait vu aucun lien avec sa situation. Il se souvenait que le fils de l’histoire avait été aimé et accueilli par son père, même s’il n’avait pas respecté les traditions familiales. L’ange se déplaça encore avant de poursuivre ses explications. 

-       Michael, les autres anges t’aimaient beaucoup. Ne t’es-tu jamais demandé ce que tu avais fait pour mériter un tel amour ? maintenant, tu le sais. Nous – toi et moi – faisons partie d’une élite. Nous sommes parties intégrante de ceux qui sont chèrement aimés et respectés parce qu’ils ont choisi de venir sur la terre, de vivre avec un système biologique inférieur, alors que toute cette réalité leur est cachée. TU est en fait un fragment de Dieu circulant sur la planète dans un objectif de grandeur et tu vois cette manifestation devant toi à l’instant même. 

Totalement impressionné, Mike fit un survol de ses dernières semaines. Tout ce qu’il avait découvert sur la famille et les contrats dans la maison de Violette l’avait laissé atterré. Mais là, la révélation que lui, l’être humain Michael Thomas, comptait parmi les anges les plus évolués ! Et les autres humains également ! Se pouvait-il qu’il soit si grand ? 

-       Oui, Michael, tu l’es. NOUS le sommes tous. Il est maintenant temps que tu comprennes et que tu te rendes compte que tu as mérité ton passage sur terre. Tu l’as même planifié et tu as dû attendre ton tour ! Tu es une entité respectée pour l’avoir fait et tu es maintenant prêt à franchir une autre étape. Dans la même mesure où tu as affirmé aimer Dieu à plusieurs reprises durant ton voyage, TU DOIS DORENAVANT T’AIMER TOI-MÊME. Pensez-y bien, Michael Thomas, parce que cette vérité doit changer ta perspective et l’essence même de ton objectif en tant qu’être humain. 

Mike était maintenant plus ouvert à l’information puisque l’ange lui avait accordé la paix et le discernement. Il avait l’esprit clair. L’information n’était pas facile à assimiler. L’ange allait ajouter autre chose. 

-       L’étape finale – et elle aurait été la même si tu étais resté sur terre – consiste à assumer ce « partenariat ». Il faut que tu saches qu’il est réel. Ressens la valeur et la divinité de ton humanité. Sache que tu es une entité sacrée du paradis. Sache aussi que tu relèves de ce monde et que tu est éternel ! Assume l’insigne d’or qui te revient, Michael Thomas. 

Mike se remémora son séjour dans la maison blanche, alors que Blanc lui avait montré l’image de Marie dans la chambre d’hôpital. Il réalisa un point qui lui avait jusque-là échappé. Blanc avait prononcé des paroles qu’il n’avait pas comprises à ce moment-là. Selon lui, Marie avait accepté l’insigne d’or. 

-       Marie te connaissait-elle ? demanda Mike. 

-       Marie connaissait le grand Soi, Michael, si c’est ce que tu veux dire. Elle y était associée tout ce temps où tu l’observais. C’est cela que tu ressentais. Elle savait qui elle était. Elle connaissait la salle d’or et son trône. Elle savait qu’elle était sacrée et qu’elle avait mérité son passage sur terre. Elle maîtrisait son caractère sacré. 

Mike ressentit une nouvelle fois une immense admiration à l’égard de Marie, cette petite femme qui lui avait tant appris sans même qu’il la rencontre. 

-       Et puis, elle te connaît, Michael. 

-       Vraiment ? Comment est-ce possible ? 

-       Tout comme nous nous connaissons tous, répondit l’ange. 

Elle était très consciente des effets profonds que produisait sur les autres le présent qu’elle offrait à son père au moment de sa mort. Elle le savait par intuition. Elle savait même qu’on l’observait. Comme toi, elle avait tous les présents, les outils et les cartes à l’intérieur d’elle-même et elle avait le don précieux du discernement divin que je te transmets maintenant. Tel est le pouvoir d’un être humain illuminé sur terre. 

-       Merveilleux ! 

Mickael en apprenait toujours plus et son respect pour Marie dépassait tout ce qu’il avait été jusqu’à présent. Elle savait ! Son intuition lui disait que son geste était observé et qu’il m’aidait. 

-       Le moment de l’épreuve est arrivé, Mickael Thomas. 

L’ange passait aux choses sérieuses. Mickael savait qu’il devait subir une épreuve quelconque. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Comment l’entité, avec son visage et son âme pouvait-elle savoir si l’être humain Michael Thomas avait accepté lé réalité de sa valeur personnelle ou non ? 

-       Il n’y a qu’une seule façon de le savoir, dit l’ange en se déplaçant de côté. Ne crains rien, Mickael, mais je dois enlever la bulle qui te mets à l’abri des vibrations pour le temps qu’il nous reste à passer ensemble. Tu as absorbé la vérité ou non. Le test est simple, mais il est impossible de le réussir sans être pur et sans avoir accepté la vérité du partenariat. 

-       Je l’ai acceptée, di Mike d’un ton anxieux. Qu’allait faire l’ange d’or ? La bulle blanche qui l’entourait se dissipait peu à peu et Mickael se sentait de nouveau envahi par la vibration de sainteté de la force divine qui l’entourait. Il ressentait la présence d’un grand amour, d’une forte énergie et l’attention de millions d’entités. Mais un élément nouveau s’ajouta. Il avait le sentiment, quoique très mince, de faire partie de l’ensemble. Peut-être était-ce là l’épreuve ? 

-       Oui, je vois dit Mickael. Il espérait avoir réussi. L’épreuve était-elle terminée ? Pas de chance puisque l’immense ange d’or au visage de Mikael Thomas s’approchait. 

-       Mickael Thomas de l’Intention pure, viens t’asseoir sur la troisième marche. 

Mike recommençait à respirer difficilement. Ses cellules ne saisissaient pas la forte vibration qui l’entourait. Mike s’adressa à haute voix à son corps, ayant oublié la présence de l’ange d’or. Il devait reprendre la maîtrise de sa biologie, sans plus attendre. 

-       NOUS sommes en sécurité, dit-il à ses cellules. N’ayez pas peur ! NOUS avons mérité ce qui nous arrive. 

Mike s’exprimait à très haute voix et il le savait. Il suivait spontanément l’enseignement de Vert et les résultats étaient immédiats. Il s’assit sur la troisième marche du grand trône d’or et commença à se calmer. Puis, il se rendit compte que le grand ange d’or l’observait attentivement, affichant un sourire des plus radieux ! 

-       Tu sais vraiment comment agir, mon frère humain. Ce sont là des éléments que je ne pouvais pas t’enseigner, mais tu les as bien appris des autres. Voyons maintenant si tu as assimilé de la même façon ce que je t’ai remis. 

Ce qui se produisit alors surprit Mike d’une manière encore plus importante que le dévoilement du visage de l’ange quelques instants plus tôt. Le grand ange d’or qui, jusque là, avait représenté l’incarnation de la force divine, s’agenouilla devant Mickael Thomas. Ses superbes ailes d’or se déployèrent dans un mouvement royal, telle une cape accompagnant l’ange vers le sol. Leurs extrémités magnifiques s’étalèrent, sans toutefois toucher le sol pour permettre au corps majestueux de se pencher gracieusement. Le corps de Mike réagit fortement encore une fois mais cette fois-ci, il n’en fut pas désemparé. Mike fut plutôt envahi d’amour et il pu continuer à observer les mouvements de l’ange. 

En s’agenouillant, le grand ange fit apparaître un bol doré qu’il déposa cérémonieusement devant lui. Il regarda Mike directement et lui prononça des paroles où se lisait un grand amour. 

-       Ce bol contient le symbole des larmes de joie que je ressens pour TOI, Mickael Thomas. Je veux oindre et laver tes pieds puisque tu as grandement mérité cet honneur. 

Oh non ! Cette entité divine se prépare effectivement à me toucher ! Maintenant, Mickael comprenait l’épreuve. Le contact avec l’ange d’or allait déterminer si les cellules de Mike avaient vraiment compris la valeur de l’enjeu et si son corps avait pris conscience de son origine sacrée. Les résultats ne pouvaient tromper. C’était l’épreuve véritable. L’ange fit une pause avant de toucher le pied gauche de Mickael Thomas et de répondre aux questions que ce dernier avait à l’esprit. 

-       Ce n’est pas là un test de changement vibratoire, Mickael. 

Toi et moi n’aurons la même vibration que lorsque nous nous fusionnerons de nouveau à la fin. L’épreuve s’adresse à ta croyance humaine. NOUS devons posséder le fait que NOUS, en tant que Dieu, avons mérité de devenir humains. Le geste que je m’apprête à poser vérifiera si tu comprends vraiment que tu mérites d’avoir les pieds lavés par l’Esprit même et si ton amour de Dieu se reflète dans ton amour de toi-même. 

 

Mike soupira d’aise. Il connaissait son esprit et savait qu’il avait accepté cette notion et cet enseignement de la Grandeur même. Il se rendait compte que l’épreuve communiquerait cette certitude à l’ange. Il se sentait prêt. Il se trouvait devant le grand des grands. L’ange, malgré son range, s’était placé en deçà du regard de Mike. Mike avait perçu cet écart au protocole et se sentit immensément ému devant ce qui se préparait. La noble entité prit délicatement son pied et une sensation de chatouillement incroyable parcourut le corps de Mike et atteignit même son cœur et son esprit. Il débordait de compassion et des larmes coulaient sur son visage. Il ne dit rien pendant que l’ange lavait doucement son pied. Mike se sentit aimé au-delà de tout. Il ne disparut pas. Il ne s’évanouit pas dans un éclat d’énergie. Même s’il sentait la pression de l’énergie qui vibrait entre eux et qu’il la supportait avec peine, il savait en être digne. Mais il restait silencieux, sachant que l’amour est silencieux. Il savait que l’amour véritable n’a pas d’exigences et que l’ange glorieux n’allait rien lui demander en retour. Il savait que l’amour ne s’enorgueillit pas et que l’ange n’allait pas subitement se trouver entouré par une légion d’habitants du paradis. L’échange était personnel et l’ange demandait silencieusement à Mickael Thomas de simplement accepter l’honneur et d’ETRE. Aucun mot n’aurait pu décrire ce que Mickael Thomas ressentait. Des larmes de joie et de gratitude coulaient toujours sur son visage, mais il n’en éprouvait aucune honte. Il savait que l’ange comprenait que c’était là la façon humaine d’exprimer les remerciements, aussi étrange que cela puisse paraître. Puis, l’ange s’exprima encore une fois, dans une vois remplie de fierté à l’égard de Mickael. 

-       Mickael Thomas de l’Intention pure, tu as réussi cette grande épreuve, une des plus grandes. Je vais te montrer quelque chose de plus grand encore. Même si tu as réussi toutes les épreuves et même si tu te sens prêt à franchir la porte qui te mènera chez toi, je vais laver ton autre pied. Je considère ce geste comme un honneur et un témoignage de l’amour de Dieu pour toi. Les épreuves sont terminées. Je n’ai rien à en tirer. Je le fait parce que je t’aime. N’oublie jamais ce moment. 

Mike ne se rappelait pas avoir vécu de moment plus sacré que celui-ci de toute sa vie. Ses larmes coulaient sans cesse et un flot d’amour circulait entre les deux entités dont les forces d’âme se rapprochaient pendant que le grand ange d’or lavait doucement le pied de Mike. Celui-ci avait l’air tout petit dans l’immense main de l’ange. Puis, le geste prit fin, le bol disparut comme par magie et l’ange se releva, ses ailes se repliant contre son corps. 

-       Si tu veux bien te lever, Mickael Thomas. Ton intention est manifestement pure et tu es prêt à rentrer chez toi. 

Mickael se leva, promena sn regard dans la pièce, puis de nouveau sur l’ange. Comme s’il lisait dans son esprit, l’ange pris sa main et lui indiqua la voie. 

-       Tu peux monter les marches, dit-il en souriant. 

Mike se retourna et regarda le nuage d’or ondulant. Les marches vers le trône d’or l’invitaient vers un autre endroit inconnu. Il regarda de nouveau l’ange, cherchant son approbation avant de grimper l’escalier. 

-       La porte que tu cherches est là, Mickael. Et n’oublie pas : les apparences sont parfois trompeuses. 

Cette fois, Mike ne s’interrogea pas sur le sens de la petite phrase. Elle était devenue le mantra de l’endroit. Il se rendait compte qu’il ne pouvait séjourner dans ce lieu plus longtemps. L’ange le savait aussi et c’est pourquoi il le poussa doucement, entourant cette fois ses épaules de son bras. D’une voix douce et rassurante, il prononça ces dernières paroles. 

-       J’arrive de là, moi aussi. Ça ira. Tu dois partir maintenant. Le but est à portée de ta main. Je t’y rejoindrai très bientôt. Nous ne disons jamais au revoir puisque nous ne formons qu’un. 

Mike savait qu’il devait se soustraire à cette énergie puissante. Il se retourna et entreprit aussitôt l’ascension des marches. Il comprenait maintenant leur présence. Elles étaient destinées aux humains, et non pas aux anges et leur  disposition était parfaitement adaptée aux pieds de Mike. Tout se reliait, mais Mike n’avait plus envie d’analyser les éléments. Il était temps de recevoir son diplôme ! Il était temps de franchir le seuil de sa demeure. Il continua à grimper les marches menant au grand trône ouvré. Il s’arrêta pour regarder une dernière fois le grand ange d’or, le fragment de Dieu qu’il était lui-même ; celui-ci se tenait majestueusement, les mains jointes, souriant à Mickael Thomas du pied de l’escalier. L’ange avait raison. Il n’y avait pas de sentiment d’adieu. Tout constituait une partie de lui-même. D’ailleurs, au cours de la dernière journée, il avait rencontré deux de ces parties : celle qui ne comportait pas d’amour et l’autre qui en était remplie. Entre les deux se situait la conscience humaine et il devait choisir entre les deux. Tout un concept ! 

 

Mike se retourna et poursuivit son ascension. Un brouillard épais obstruait ce qui se trouvait sur son chemin immédiat et il pouvait voir seulement dix marches à la fois. Il montait avec précaution. Il ne voulait surtout pas chuter alors qu’il se trouvait si près du but de son périple sacré. Il s’amusait à la pensée d’une malencontreuse chute qui l’aurait stupidement ramené au pied de l’escalier et l’aurait amené à se confondre en excuses devant son grand Soi. Cet état d’humour l’aida à se détendre.  Il savait conscience d’avoir grimpé au moins deux étages et il entrevoyait un palier devant lui. Quel magnifique trône, se dit-il ! E t d’une immensité ! Et c’était le sien ! Une fois au sommet, Mickael ne fut pas déjà. Près d’un fauteuil d’or immense et somptueusement ouvragé, il trouva la porte qu’il avait imaginée durant toutes ces semaines. La vision se transformait en réalité devant ses yeux. Elle était bien éclairée et bien visible, tout près du fauteuil. Elle semblait suspendue, sans murs de soutien et les limites qui la distinguaient du trôle d’or n’étaient pas bien déterminées. Mike constata qu’elle ne faisait pas partie de la Maison de la confiance ni de la structure dans laquelle il se tenait. C’était un portail présentant des attributs dimensionnels autres. La porte portait de nombreuses écritures, certaines que Mickael ne parvenait pas à lire, mais il vit aussi la mention ACCUEIL. Mike attendait cet instant depuis si longtemps. Il avait vécu de nombreuses expériences, appris énormément et avait modifié sa structure cellulaire en préparation à ce qui l’attendait derrière cette porte. L’action était sur le point de se dénouer. Il se tenait sur le seuil se rappelant tout ce qui s’était passé et le magnifique ange d’or au pied de l’escalier. Il pensa de nouveau à ce qui venait de se produire quelques instants auparavant. En fait, cette dernière expérience l’avait encore une fois transformé. Mike regarda cérémonieusement la porte. 

-       Je mérite ce qui m’arrive dit-il, d’un ton confiant. Et je rends hommage à l’univers pour ce geste que je m’apprête à poser. Dans un amour  total, j’entre là où j’ai demandé à être. 

La cérémonie achevée, Mickael Thomas prit une grande respiration humaine et ouvrit courageusement la porte où le mot ACCUEIL était inscrit. 

 

************ 

 

Mike vomissait…. 

 

 

LE RETOUR – histoire de Michael Thomas – Livre de la série Kryeon – Editions Ariane 1998– Kryeon canalisé par Lee Carroll.  

La sixième Maison

  

 

La sixième Maison dans LE RETOUR maisonLa marche vers la maison suivante se déroula pratiquement sans incident. Mike savait de façon certaine qu’on le suivait. Même s’il n’avait pas peur, il se tenait sur ses gardes. Il pouvait en fait sentir l’énergie sombre de l’entité qui le suivant à courte distance. Il ne l’avait pas sentie auparavant. C’était arrivé soudainement. Michael Thomas avait-il reçu un nouveau don, un sixième sens ? Il était convaincu de l’existence de cette énergie. Comment était-ce possible ? Quelle était cette chose ? Que voulait-elle ? Pourquoi ne se manifestait-elle pas ? Pourquoi le suivait-elle tout le temps ? 

 

Mike se rappelait la tempête et comment la sombre créature avait surgi de sa cachette pour l’attaquer au moment om il était très vulnérable avant de disparaître quand l’éclair, avait frappé. L’entité avait-elle peur de Michal ? Dans ce cas, il n’avait rien à craindre. Il lui suffisait simplement de garder le fantôme à distance durant le trajet qu’il lui restait à parcourir vers les deux dernières maisons. 

 

Cependant, Mike sentait intuitivement qu’l aurait probablement un moment d’affrontement avec la sinistre chose qui le suivait d’une maison à l’autre. Rouge avait déjà laissé entendre une telle possibilité et la nouvelle intuition de Mike lui faisait appréhender la même chose. Sois prudent, Mike ! entendait-il encore et encore à ce sujet. Son esprit lui parlait… vraiment ? Il commençait à réaliser que les voix des anges se mêlaient en quelque sorte à la sienne. C’est ainsi qu’il recevait des conseils sur son voyage. Tout était si nouveau. 

 

Et poursuivant sa route, il aperçut la chose à deux reprises en  jetant un coup d’œil derrière lui. Au moins, c’est à que se trouvait l’entité. Michael pensa que si elle était brillante,  elle le devancerait durant son étape menant de la sixième à la septième maison. Mieux voudrait surveiller ça, lui murmura une voix à l’esprit. Mike sortit sa carte pour vérifier si la sombre entité dégageait une énergie qui y figurerait. La carte était normale, montrant tout ce qui se trouvait à deux cents mètres du point rouge VOUS ETES ICI. Mike se retourna pour voir s’où veniat le mouvement qu’il avait senti et constata que la chose se tenait en dehors des limites de la carte, donc assez loin. Il ne faudrait pas oublier cet élément d’information précieux. Mike trouva la maison blanche en début d’après-midi. Elle était petite et toute simple, comme les autres. Il s’approcha, cherchant du regard la pancarte qui lui indiquerait ce qu’il y apprendrait. Sa curiosité fut bientôt satisfaite : il se tenait devant la MAISON DE L’AMOUR. Etrange. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Il avait trouvé de l’amour dans chacune des maisons. Il avait visité la Maison des relations et en plus, il trouvait sur son chemin une maison consacrée à l’amour. 

 

Il se dirigea vers la porte d’entrée. Aucun ange ne vint l’accueillir. Il chercha l’endroit réservé aux chaussures et le trouve rapidement. Mike se demanda s’il devait attendre un ange blanc mais il décida d’enlever ses souliers et de pénétrer dans la maison. Il fut envahi par l’odeur de fleurs ! Il se rappelait avoir ressenti quelque chose de semblable. Il se tenait dans le hall d’entrée menant à une vaste pièce blanche et indéfinie. Il s’engagea plus avant dans la maison jusqu’à ce qu’il atteigne un grand espace blanc. Il avait déjà vu cette place : c’était là qu’il avait eu sa première vision ! Tout à coup, le grand ange blanc déjà rencontré dans sa vision se trouva devant lui. 

 

-       Salut à toi Michael Thomas de l’Intention pure ! Nous voici de nouveau face à face. 

 

L’ange arborait un sourire radieux et… quelle voix ! Mike était ravi de le revoir. La superbe qualité de ses vêtements le frappa une fois de plus. L’ange semblait se fondre dans la maison. Mike reconnu immédiatement que Blanc était différent des autres. Il flottait ! Les autres marchaient. Blanc avait une contenance qui lui conférait presque une distinction divine plus élevée, si la chose était possible. Les autres anges qu’il avait rencontrés étaient devenus ses amis, ses frères. Celui-ci était plutôt comme un prêtre. Il irradiait ! Mike sentait qu’il ne fallait pas le toucher et que son énergie était immense. Les nouvelles forces intuitives de Mike le servaient bien. 

-       Tu as un visage cette fois, lui dit Mike en clignant de l’œil. Il se souvenait que tous ses traits étaient flous la dernière fois qu’ils s’étaient rencontrés. 

-       Et oui, et c’est parce que tu ‘es rendu jusqu’ici que tu peux les voir. Tu as bien réussi, Mickael. Ta vibration est plus élevée que celle de tous les humains qui sont passés ici avant toi. Ton nom affiche déjà des couleurs qui en témoignent, des couleurs que tu conserveras, peu importe ton degré de succès ici, que tu te rendes à la prochaine maison ou non. 

 

Tiens, encore cette insinuation. Voulait-on le prévenir qu’il ne réussirait pas ? Est-ce qu’on en doutait ? Rouge lui avait laissé entendre la même chose, avait supposé que peut-être, il flancherait dans les derniers moments de son périple sacré. Qu’est-ce qui l’attendait de si ardu ? 

-       C’est dans cette maison que ton désir de poursuivre sera mis à l’épreuve, dit Blanc, qui captait l’énergie de Mike. Les apparences sont parfois trompeuses. Sers-toi de cette phrase comme guide et tu réussiras ce qui t’attend. 

 

Mike se tenait devant l’ange qui avait exprimé cette idée le premier, une idée qui s’était révélées si vraie ! Elle le prévenait contre les suppositions, le mettait en garde et l’aiderait. Mike souhaitait mieux connaître Blanc. 

-       Blanc, tu es différent. 

-       Oui, Michael. Je le SUIS. Tu es dans la Maison de l’amour. Elle vient au dixième rang de la pureté dans toutes les maisons que tu auras visitées. Ce n’est pas une maison de formation comme les autres. Elle est la source des maisons. Elle est le centre. 

-       Mais, elle est la sixième ou la septième d’une série de maisons ! s’exclama Mike. 

-       C’est que les apparences sont parfois trompeuses, dit l’ange en souriant. Crois-moi, elle est le centre. La disposition des maisons ne sert qu’à ton enseignement ; elle ne fait que se conformer à des exigences humaines. 

 

Mike voulus aussitôt en savoir plus sur la maison. 

-       Que va-t-il se passer ici ? 

-       La révélation. 

L’ange flotta plus près de Mike. Quel beau visage il avait ! Il servait sûrement à témoigner de l’amour. Magnifique, frappant et si paisible. Blanc continua à répondre aux questions. 

-       Une percée au pays des choix. Un réexamen de tout ce qui est. Un autre changement de vibration, si tu le désires. 

-       Qui es-tu vraiment ? Tu n’es pas seulement l’ange blanc de la sixième maison, j’en suis certain. 

-       Je SUIS connu de tous, Michael Thomas, et parce que je suis connu de tous, j’existe. 

 

C’était la même réponse que Mike avait reçue la première fois qu’il avait posé la question. Il n’y comprenait rien. 

-       Je ne comprends pas vraiment ta réponse, Blanc, mais je suis sûr qu’un jour j’y arriverai. De tous les anges que j’ai rencontrés jusqu’à maintenant, tu es incontestablement le plus grand. 

Mike était sincère. Il commençait à réaliser que l’entité devant lui portait une importance spirituelle indéniable et une énergie puissante. 

-       c’est peut-être vrai, mais il y en a un autre encore plus grand que nous tous. 

 

Blanc attendit pendant que Mike réfléchissait à cette phrase. Puis il tourna en flottant, faisant signe à Mike de le suivre. Il le guida à travers un dédale de corridors flous et indescriptibles. Mike ne distinguait aucun détail ! Les pièces et les corridors, dans la mesure où on pouvait vraiment leur attribuer ces noms, aurait pu avoir n’importe quelle forme. 

-       Est-ce que j’ai des problèmes de vision ? Tout s’entremêle. 

-       Presque tout ce que tu vois ici appartient à une dimension plus élevée, Michael Thomas, et ton esprit est incapable de bien le percevoir. C’est pourquoi je ne suis pas allé t’accueillir à la porte ; je peux difficilement sortir de la maison car les lois de la physique à l’extérieur n’acceptent pas ma dimension. 

Mike savait qu’on l’entraînait sur un terrain de connaissance qui lui est encore inconnu et il ne poursuivit pas le sujet. Blanc le guida vers une porte familière qu’il pouvait distinguer clairement et il lui dit : 

-       Tes appartements sont à ta mesure. Tu dois y entrer seul. Je t’attendrai ici, demain, après ton petit déjeuner. 

Dans toute son élégance, Blanc montrait un sourire radieux, ce qui rendait Mike très à l’aise. Quelque chose dans sa voie portait Mike à vouloir l’entendre encore et encore. Elle était magnifique. Michael se rappela l’impression que lui avait faite son rire la première fois qu’il l’avait entendu. Il aimait sa compagnie. 

-       dois-tu vraiment partir ? 

-       Oui, mais je serai là demain matin. 

-       Tu me manqueras. 

 

Mike avait le sentiment de dire au revoir à un membre de la famille perdu de vue depuis longtemps. Il ne voulait pas vraiment qu’il s’en aille. Il ne pouvait se passer de l’énergie qui circulait entre eux. Le phénomène était hors du commun. Il parvint à la verbaliser en quelques mots dans une question que Blanc avait d’ailleurs devinée. 

-       Blanc, qu’est-ce que je ressens ? Peux-tu me l’expliquer dans des termes que je pourrais comprendre. 

-       Non. Mais je vais quand même te répondre. 

L’ange magnifique était prêt à répondre à tout, même si ses propos dépassaient l’entendement spirituel de Mike. Il dit : 

-       Je représente la source de la matière. Mon existence est la raison d’être de l’univers. Je vis sur le plan du paradoxe scientifique le plus élevé qui soit, mais je suis responsable des émotions du cœur humain. Je suis le plus petit fragment de la matière et la plus grande partie de l’univers. Je représente l’ensemble de la lumière. Je suis l’espace entre le noyau de l’atome et la brume de l’électron. Je suis la force la plus puissante de l’univers et la plus grande source d’énergie. Je viens de la plus lointaine et la plus puissante force de l’univers. Je suis le sable du sablier et je suis le centre, là où le temps n’existe pas. Je suis la force créatrice qui permet à la matière de réagir à la conscience. Je suis un miracle. Je SUIS l’amour. 

 

Mike ne comprit rien à ce qui venait de se dire, mais il n’en demeurait pas moins ébahi par le message. Une impression de sacré et de sainteté se dégageait de Blanc. Mike se tenait devant un aspect de Dieu sacré et béni. Il n’était pas devant un professeur, mais devant une personnalité, une célébrité à la voix incomparable. Mike avait d’ailleurs eut la même impression la première fois qu’il l’avait rencontré. 

-       Merci Blanc, lui dit-il, merci beaucoup. 

Blanc regarda longue Mike avant de reprendre la parole. Sa voix soyeuse coula aux oreilles de Mike comme la rosée du matin sur les pétales d’une fleur. 

-       Tu ne passeras pas beaucoup de temps ici, Michaël Thomas. Demain, je t’expliquerai les quatre attributs de l’amour et je te ferai rencontrer quelqu’un. 

 

A la façon dont le regard de Blanc se posait sur lui, Mike savait que quelque chose d’important se préparait. Il ressentit tout l’amour et la compassion de l’ange. Blanc se retira, laissant Mike sur son appétit ; il aurait voulu entendre cette merveilleuse voix plus longtemps, il aurait voulu plus de connaissances, plus de paix. Mais ce qui se dégageait de Blanc c’était la paix ! Malgré son départ, la paix demeurait. Quelle extraordinaire sensation ! 

 

Mika avait oublié la faim qui le tenaillait jusqu’à ce qu’il sente l’odeur de nourriture provenant de la pièce voisine. Comme chaque fois, il déposa rapidement ses effets dans le placard et se rafraîchit avant de passer à table. Après le repas, il dormit mieux qu’il ne l’avait fait de toute sa vie. La qualité de son sommeil surpassa de beaucoup tout ce qu’il avait expérimenté dans les maisons précédentes. Le sentiment de paix était si dense qu’on aurait pu le trancher au couteau. Une sérénité imposante lui apporta un repos profond et complet. 

 

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Lorsque la vilaine entité aux yeux rouges atteignit la maison blanche, elle ne s’arrêta pas pour grimper à un arbre ou se cacher derrière une pierre et faire le guet. Mike venait d’entrer dans la maison et elle savait que son passage devant la demeure serait inaperçu. La sombre créature poursuivit sa route avec son vil but comme guide. Pendant une heure environ, elle se déplaça rapidement sur la route en direction de la maison suivante et trouva la place parfaite pour l’embûche. Elle examina les environs et tenta de voir tous les points de fuite possibles que Michael Thomas pourrait essayer. Puis elle s’installa et commença son attente, revoyant tous les points de son plan. La ruse était parfaite. Michael n’avait  aucune chance ; il serait pris par surprise. 

 

Toute personne ayant cheminé sur le sentier au crépuscule de ce soir-là, où la silhouette difforme s’était embusquée, aurait vu un homme seul, debout sous un arbre, se répétant les mêmes mots encore et encore, comme s’il se préparait à faire un discours. En approchant de cette âme, toute simple en apparence, le voyageur aurait vu les traits d’un honnête fermier et entendu la voix d’un père bienveillant, le père de Michael Thomas. 

 

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Mike se réveilla tôt et se prépara. Les appartements qui l’avaient logé étaient semblables à ceux des autres maisons, sauf qu’ils étaient tout blancs. Il avait toujours trouvé que le blanc ton sur ton donnait une allure féminine aux pièces, mais il était en train d e changer d’avis. Ici, le blanc apportait la paix et la sérénité. Dans le placard, il trouve des vêtements blancs et les pantoufles assorties. Il mangea – un délicieux repas d’ailleurs. En plus d’avoir un goût exquis, la nourriture avait une apparence des plus attrayantes. La table avait été dressée sur une nappe blanche et la vaisselle, les verres et même les ustensiles étaient blancs. La couleur des aliments contrastait fortement avec le blanc et donnait l’impression d’un tableau de maître. Mike mangea lentement, se donnant le temps d’admirer l’élégance qui l’entourait. Tout ce blanc lui donnait l’impression d’être dans un château, parmi les membres d’une famille royale. 

 

Après le repas, Mike prit une longue inspiration. Il avait la certitude que le magnifique grand ange blanc l’attendait de l’autre côté de la porte. Qu’allait-il se passer ici ? Si l’amour constituait la plus grande puissance de l’univers et que Mike s’en approchait en augmentant sa vibration, que pouvait-il se produire qui parvienne à l’éloigner du sentier ? 

Mike ouvrit la porte et se glissa dans le corridor flou de la maison blanche. Il avait raison. L’ange blanc l’attendait à l’endroit où ils s’étaient séparés la veille. 

-       Bonjour Michael Thomas, lui dit l’ange d’un ton enjoué. Mike sentit immédiatement l’immensité de l’énergie qui se dégageait de Blanc. 

-       Bonjour Blanc ! 

-       Es-tu prêt à franchir la prochaine étape ? 

-       Oui. 

 

Mike aimait l’atmosphère du lieu malgré la légère appréhension qui le tenaillait. Blanc le mena dans une pièce où il pouvait s’asseoir. La pièce ne disposait pas de matériel d’enseignement ni d’écrans ni de diagramme ; ce n’était qu’une salle blanche agrémentée d’un fauteuil où Mike fut invité à s’asseoir. L’ange s’installa devant lui et commença son exposé. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, je dois te présenter les quatre attributs de l’amour. Lorsque l’amour divin pur transpercera ton être, toutes tes cellules vivront de son intensité. Ta perception se transformera. Ton comportement auprès des autres se modifiera. Ton discernement sera puissant. C’est le fondement de toute la création, mais phénomène curieux, votre langage ne possède qu’un seul mot pour désigner cette réalité. Je veux t’en montrer le fonctionnement. Viens, suis-moi. 

L’ange souriait. Mike fut surpris par ce qui suivit. Il pensait avoir tout vu dans les cinq premières maisons, mais tout à coup, l’ange l’amenait en voyage. Dans son fauteuil, il fut projeté dans une réalité interdimensionnelle. Blanc et lui avaient toujours l’air réel mais tout ce qui les entourait avait pris l’apparence d’un rêve. Il était emporté dans un mouvement mais il ne se sentait pas étourdi. La pièce blanche et floue se transforma en une gamme de couleurs et de sons qui évoluaient rapidement devant ses yeux. Toujours dans son fauteuil, Mike fut transporté ailleurs et bien qu’en état de surprise, il n’eut pas peur. Tout était merveilleux ! 

 

Peu de temps après, Mike et Blanc atteignirent une « destination » quelconque, choisie par l’ange. Le caractère indistinct de la nouvelle dimension s’estompa soudain et ils se retrouvèrent dans un décor d’hôpital. Mike fut surpris. Il croyait que Blanc l’amenait dans un endroit paradisiaque pour observer l’amour divin. Mais non, il était dans une chambre d’hôpital de dimensions moyennes et un patient était couché sur un lit. Il était branché à de nombreux tubes et Mike s’aperçut qu’il était dans une salle de soins intensifs. Tout était si réel ! Il entendait tout ce qui se passait et sentait l’odeur des produits antiseptiques que les hôpitaux utilisent sur les planchers et les murs. Il avait passé tellement de temps sur une terre spirituelle et sur un sentier sacré que ces bruits et ces odeurs agressaient ses sens et le faisaient tressaillir. C’était à la fois différent et connu. Les deux voyageurs s’installèrent de façon à bien observer ce qui se déroulait dans la chambre. Ils flottaient en quelque sorte dans un coin de la pièce. L’atmosphère était tranquille et Mike était calme. Seuls les sons des différents appareils médicaux se faisaient entendre. Mike regarda partout. L’homme étendu dans le lit était d’un âge avancé. Il avait le visage terreux et l’air très mal en point. Il avait les yeux fermés. 

 

-       Qu’est-ce qu’il a, demanda doucement Mike à Blanc, comme si le patient pouvait l’entendre. 

-       Il est en train de mourir. 

Mike allait poser une autre question lorsqu’une femme au début de la quarantaine pénétra dans la chambre, seule. Elle se tint immobile quelques instants, fixant l’homme sur son lit. Mike comprit qu’elle était unique. L’intuition de Mike demeurait alerte malgré ce cadre qui s’apparentait à une vision/ 

-       Qui est-elle ? demanda Mike. 

-       Elle est la fille de l’homme qui se meurt. Mais ce que tu vas voir la concerne directement. Elle se prénomme Marie et elle a toutes les raisons du monde de détester cet homme. 

-       Pourquoi devrait-elle détester son père ? 

-       Parce qu’il a abusé d’elle alors qu’elle n’était qu’une enfant. 

Elle en a gardé des séquelles émotives et physiques. Sa vie en a été ruinée. 

 

Blanc se tut pendant qu’ils regardaient Marie s’approcher du lit. L’ange poursuivit : 

Sa mère n’en a jamais rien su parce Marie avait trop peur de lui en parler. Leur relation en a été affectée et Marie a quitté la maison très tôt pour s’éloigner de son père. Sa mère a cru que sa fille s’éloignait d’elle et toutes deux n’ont jamais pu communiquer en tant qu’adultes. Marie n’a jamais rien dit et sa mère est morte en pensant que sa fille ne l’aimait pas. 

-       C’est terrible. Mike était sincèrement désolé. Il sentait l’injustice de la situation et se sentait triste pour Marie. L’ange regarda Mike, surpris. 

-       Ils font partie de la même famille, Michaël. Aurais-tu oublié les leçons de la maison rouge ? Mike eut honte. 

Non, il n’avait pas oublié, mais c’était la première fois qu’il essayait de relier ce qu’il avait appris à propos de sa propre famille spirituelle à un autre humain. Il comprit que Blanc faisait allusion au fait que le père et la fille étaient liés par un contrat karmique, tout comme ceux qui le liaient à sa propre famille spirituelle. 

-       Les choses se sont gâtées plus tard. Lorsque Marie a voulu vivre des relations humaines normales et se marier, les souvenir de ses expériences passées avec son père lui gâchèrent sa vie. Elle n’a jamais pu vivre un mariage heureux et avoir des enfants. 

Mike soupira et di t : 

-       Tout un contrat ! 

Il était touché par la lourdeur de ce qu’avait dû vivre Marie. L’ange jetait un regard d’admiration sur Mike. Il n’avait pas à prononcer une seule parole. C’était sa façon de faire un compliment. Il le savait maintenant. 

-       Vois-tu, Michael Thomas, que ce qui s’est passé entre Marie et son père constituaient un contrat d’amour incomparable ? 

-       Oui, je le vois. Mais, en tant qu’humain, c’est un concept que je trouve difficile à comprendre et à accepter. 

-       C’est ta dualité qui fonctionne ici. En tant qu’être humain, tu ne comprendras peut-être jamais complètement certaines choses et c’est parfaitement normal. 

 

Mike continuait à observer la scène dans la chambre. Marie regardait doucement son père, attendant peut-être qu’il se réveille. Elle déposa certaines de ses choses sur la table de chevet. 

-       Elle doit le détester horriblement, dit Mike d’une voix à la fois douce et triste. 

-       Non, Mike, elle l’aime tendrement. 

Mike n’en croyait pas ses oreilles. 

-       Après tout ce qu’il a fait ? 

Marie possède des caractéristiques communes aux tiennes et des traits différents aussi. L’ange arrêta et se retourna pour bien voir la réaction de Mike. « Contrairement à toi, elle est sur la terre maintenant mais, comme toi, elle a pleinement pris conscience de tout l’enseignement reçu dans les six premières maisons ». 

 

Mike était éberlué ! Il avait cru que la transformation spirituelle qu’il avait subie n’était accordée qu’aux humains ayant accompli le même périple que lui. Il ne savait que dire. Comment était-ce possible ? L’ange vit l’anxiété et la confusion de Mike et poursuivit : 

-       Marie a initié sn propre changement de vibration ; elle a mis neuf ans à le faire. Tu as effectué le tien en quelques semaines ! Tu es vraiment unique. Les renseignements que tu as recueillis dans les cinq premières maisons tout comme ceux des deux dernières, circulent sur la terre depuis les temps immémoriaux. Pour qu’un humain les obtienne, il doit prendre conscience de sa dualité et avoir l’intention de découvrir la vérité à propos de son existence. On a beaucoup écrit sur le fonctionnement des choses et il existe plusieurs humains qui enseignent à obtenir cette compréhension. 

 

Mike demeurait calme. Toute cette information était nouvelle et il devait en prendre note lentement pour bien la comprendre. Il commença à s’agiter. S’était-il trompé au moment de la première vision en demandant à Blanc de lui permettre de quitter la terre et de rentrer chez lui ? Il se rendait compte que tout ce qu’il était en train d’apprendre, il aurait pu le faire sans se déplacer. 

-       Blanc, pourquoi lui a-t-il fallu neuf ans ? 

-       Elle a obéi à son propre rythme, Michaël, et nous lui en accordons tout le mérite. Elle n’a pas eu, comme toi, l’avantage de recevoir l’enseignement directement des anges. Elle n’a pas eu l’honneur de rencontrer les membres de sa famille face à face comme tu l’as fait. Elle ne connaît pas leurs noms angéliques comme toi. Elle a mis plus de temps parce qu’elle vit toujours dans la vibration trois et dans une énergie inférieure. Voilà pourquoi sa dualité est plus forte et qu’il a fallu plus de temps à sa conscience pour se développer et à l’illumination pour s’installer. 

 

Mika s’assit et regarda Marie. Sa vibration était élevée. Pourtant, elle avait l’air si petite et si délicate. 

-       Ne te laisse pas tromper par les apparences, Michaël, elles sont parfois trompeuses. L’ange blanc avait encore une fois lu l’énergie de Mike. « Elle est une Guerrière de la Lumière. Elle a vaincu le géant et elle est toute puissante ». 

Mike se sentait de plus en plus mal à l’aise. Qu’est-ce que ça voulait dire exactement ? Il allait le demander lorsque Blanc reprit la parole. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, nous sommes ici pour regarder cette femme t’enseigner les quatre attributs de l’amour. Mike n’osait pas bouger. Il sentait qu’il allait recevoir une leçon importante. Alors qu’il croyait s’approcher du but, les choses devenaient plus complexes. L’ange poursuivit : 

-       Soit bien attentif ; elle porte en elle le même pouvoir que moi. Elle comprend l’amour, Michael, et pour cette raison, une partie de moi réside en elle. Il n’y a pas de plus grand pouvoir. Elle a aussi accepté l’insigne d’or. 

 

Mike sut que ce n’était pas le moment de poser d’autres questions. Il regardait pendant que Blanc poursuivait son explication sur ce qui se passait. 

-       Michael Thomas, le premier attribut de l’amour est celui-ci : l’AMOUR EST SILENCIEUX. Tu vois que Marie est entrée dans la pièce sans tambour ni trompette ? Son père est très malade. Il n e peut se défendre dans sa faiblesse. Toutes les conditions propices à la vengeance sont en place. Marie aurait pu entrer dans la pièce bruyamment et susciter sa peur. Il est conscient de ce qu’il  a fait ; il a honte et se sent coupable. Sa vie aussi en a été affectée et il n’a pas su comment régler la situation. Mais il n’a pas le même niveau de connaissance spirituelle qu’elle. Il n’a pas sa puissance. Regarde comme elle est calme, Michael Thomas. 

 

Mike et Blanc observaient la scène en silence. Marie replaça les draps de son père. Elle s’assit près de cet homme frêle et appuya sa tête sur sa poitrine. Mike pouvait ressentir ce qu’elle sentait ! Blanc le permettait. Marie avait une attitude de paix et de sérénité. Aucune pensée aigrie n’habitait son cœur. Elle avait entièrement pardonné à son père et ni son esprit ni son cœur ne gardaient de rancœur ou le sentiment d’être victime de la situation. Quelle femme ! Mike sentait la compassion qu’elle éprouvait pour cet homme qui avait si bien rempli son contrat et qui avait imposé une si forte contrainte à la vie de sa fille. Après un long moment, le père ouvrit les yeux et s’aperçut de sa présence. Elle se leva à son réveil. Ses yeux s’agrandirent et on pouvait y lire la peur et la surprise. Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Il ne l’avait pas vue depuis des années. Allait-elle l’invectiver, ou pire encore ? Il réagissait car les appareils auxquels on l’avait branché commençaient à indiquer un rythme accéléré. 

-       Regarde Michael. Tu verras le deuxième attribut de l’amour : L’AMOUR N’A PAS D’EXIGENCES. Elle pourrait tout exiger de son père à l’instant même, car il est faible et se sent coupable. Il est riche ; elle pourrait revendiquer sa richesse, des compensations en raison de ce qu’il a fait ou même simplement lui demander d’admettre à haute voix ses gestes passés. Elle pourrait le menacer, le ruiner, ou les deux. Regarde bien Michael. 

 

Marie plaça sa main sur la tête de son père et lui murmura quelques mots à l’oreille. Aussitôt, le fonctionnement des appareils indiqua un ralentissement. Il soupira et Mike vit des larmes couler de ses yeux. 

-       Que lui a-t-elle dit, Blanc ? 

-       Elle a dit : Je t’aime, papa et je te pardonne complètement. 

Mike était bouche bée devant le scénario qui se déroulait sous ses yeux. Il se demandait s’il aurait eu la force et la sagesse d’en faire autant dans les mêmes circonstances. Il était rempli d’admiration pour Marie. 

-       Elle ne lui a rien demandé ? 

-       Non, Michael, elle se contente tout simplement d’être. 

Encore une fois, Mike ressentait les émotions de Marie. Tout le karma entre ces deux êtres était résolu. Elle était libre et accordait en quelque sorte la même liberté à son père sur cet aspect de leur vie à tous les deux. Elle venait de désamorcer un élément qui avait rempli cet homme d’amertume et de culpabilité pendants plus de trente-cinq ans. Son visage en témoignait. Au lieu de chercher vengeance, Marie avait fait un présent à son père. Les larmes coulaient maintenant abondamment sur les joues de ce dernier. Elle se rassit près de lui et encercla de ses bras cet être précieux qui avait été son père puis elle posa de nouveau sa tête sur sa poitrine. Il n’y avait eu aucun échange e paroles; ce n’était pas nécessaire. 

-       Michael Thomas, le troisième attribut de l’amour est le suivant : L’AMOUR NE S’ENORGUILLIT PAS. Après avoir établi toute la gloire de sa maturité, elle n’a rien à ajouter. Il lui doit beaucoup à cause de cette réconciliation divine, mais elle garde le silence. Elle aurait pu se réjouir de sa puissance et s’enorgueillir de son acte de pardon. Pourtant elle demeure silencieuse. Elle aurait amplement raison de se vanter des neuf années qu’elle a consacrées à atteindre son but, mais elle ne dit rien. 

 

Mike était en admiration devant cette femme. Elle était une guerrière accomplie et percevait des choses que Mike commençait tout juste à apprendre. Et elle était toujours sur la terre ! Quelle vie riche et paisible elle devait connaître ! Tourné vers lui-même, Mike demeurait tout de même ébahi de la scène qu’il venait de voir. Le père n’avait rien à ajouter. Tout avait été pardonné et chacune de ses fibres ressentait une inestimable paix et un immense soulagement. Marie n’avait posé aucun geste spirituel à l’égard de son père. Elle n’avait fait que s’améliorer elle-même, mais il en avait été atteint. C’était là un autre phénomène qui méritait qu’on s’y arrête. Mike savait que ce qu’il venait d’observer portait une signification importante. 

 

Le père regarda longuement sa magnifique fille et ferma doucement les yeux. Son visage s’éclairait d’un sourire de pure paix. Elle lui avait offert le meilleur présent qui soit, au moment opportun. Les appareils de mesure commencèrent à faire entendre des tonalités différentes pour finalement cesser. Mike sut que le père s’en était allé. Les préposés aux soins se précipitèrent à son chevet, mais il n’y avait plus rien à faire. Après s’être agités autour de lui pendant quelques minutes et avoir effectué les derniers gestes, ils lui recouvrirent la tête et le laissèrent seul avec Marie. Blanc s’adresse à Mike encore une fois : 

-       Michel Thomas, le quatrième attribut de l’amour est le suivant : L’AMOUR A LA SAGESSE D’UTILISER PARFAITEMENT LES TROIS PREMIERS ATTRIBUTS ! Elle a utilisé sa carte intuitive, ce qui lui a permis de se présenter exactement au bon moment. Regarde ce qu’elle fait maintenant. 

 

Mike porta son attention sur ce qui se passait dans la chambre. Marie ne pleurait pas sans retenue la mort de son père. Elle n’était pas envahie par la douleur, même si elle ressentait un amour illimité par cet homme. Elle avait demandé la permission de rester près de lui. Mike la vit poser la main sur la poitrine de l’homme qui avait été son père, la semence de sa propre existence. Elle leva la tète et regarda Blanc et Mike. Elle semblait s’adresser directement à eux. Ils purent entendre sa voix forte pour la première fois. 

-       Que la terre se rappelle cet homme que j’aime tendrement ! D’une vois assurée, elle poursuivit : « Il est venu accomplir son contrat de façon parfaite. J’accepte son présent ! Célébrez son retour chez lui ». 

Marie rebaissa les yeux, prit ses affaires et quitta la pièce. Mike était ébahi devant ce qu’il venait de voir. Il était rempli de l’émotion du moment. Il venait d’être témoin de l’accomplissement et de la conclusion d’un contrat. Et quelle conclusion ! 

 

-       C’est la sagesse de l’amour qui a permis à Marie de célébrer la mort de son père et non de la pleurer, dit Blanc dans toute sa propre sagesse. Puis il se tourna vers Mike, voulant susciter l’expression de sa réaction. 

-       Que ressens-tu devant tout ceci, Michael Thomas de l’Intention pure ? Avec une grande patience, Blanc attendit que Mike retrouve ses esprits. 

-       Je sens, dit Mike en avalant la boule qui lui serrait la gorge, je sens que je viens d’apprendre autant en ces quelques instants et par cette femme frêle, qu’auprès de tous les anges depuis le début de mon voyage. 

Prenant conscience de ce qu’il venait de dire, il se sentit ridicule et ajouta : 

-       Ce n’est pas que je n’apprécie pas… Blanc leva son bras flou pour empêcher Mike de continuer. 

-       Ta réponse était parfaite, Michael Thomas. Parfaite. C’est l’être humain qui a pu faire la différence. C’est ainsi que doivent être les choses et ainsi qu’elles seront lors des prochaines épreuves. 

 

Puis la scène devin floue et Mike eut encore une fois l’impression qu’il se déplaçait et qu’on le transportait. Ils furent rapidement de retour dans la salle blanche de la maison blanche, là où tout avait commencé. Mike était silencieux. 

-       As-tu d’autres questions Michael Thomas ? demanda Blanc. Mike réfléchissait sur ce qu’il aurait vraiment souhaité. Il savait ne pas avoir atteint la puissance de Marie. Il savait que même s’il en avait appris beaucoup et avait compris plus en profondeur le fonctionnement des choses, il n’avait rien de la force silencieuse de Marie. Il avait des outils, une carte magique et une importante somme de connaissances. Il avait atteint un niveau vibratoire élevé et vécu de nouvelles expériences, mais il ne possédait pas l’amour de Marie. Il demanda la question magique : 

-       - puis-je avoir cet amour puissant, Blanc ? 

-       Si telle est ton intention, Michael Thomas. 

-       C’est mon intention. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, aimes-tu Dieu ? 

 

Mike se redressa, se disant que ce devait être la raison pour laquelle tous les anges lui avaient posé la question – pour cet instant précieux, pour qu’il puisse se lever et répondre : 

-       Oui, j’aime Dieu, dit Mike d’une voix assurée. 

-       Alors, que ton intention pure crée la puissance. 

Mike ne sut pas très bien ce qui se passa ensuite. Il perdit sa conscience d’être humain et rêva… qu’on le transportait quelque part. Il assista à une cérémonie, à une célébration ; on lui remit quelque chose, un présent qui s’intégrerait à sa structure moléculaire. Il vit ses parents de nouveau. Tout était à la fois flou et merveilleux. Lorsqu’il revint à lui, il était dans le lit de sa chambre blanche. C’était le soir et il était épuisé. Il avait l’impression d’avoir vécu une cérémonie d’initiation quelconque. Son esprit était ombragé et il ne parvenait à se concentrer que s’était-il passé ? Il avait besoin de dormir. Il se glissa sous les ouvertures et s’endormit aussitôt. Comme toujours, il dormit profondément. 

 

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Dès son réveil, le lendemain, Mike sut qu’un autre changement biologique s’était produit en lui. Il resta longtemps assis sur le bord de son lit à réfléchir. Il se sentait reposé, en paix, presque rajeuni ! Même s’il lui était difficile de le définir de façon précise, il avait le sentiment d’être plus sage. C’et tout ce qu’il savait et ça brouillait tout. Il ne parvenait pas à chasser de son esprit l’image de marie et de on père. Elle vivait sur la terre et cependant, elle était un être spirituel remarquable. Elle avait accompli de grands changements de vibration et avait la maîtrise de sa vie. Elle était restée là; elle n’avait pas demandé à rentrer chez elle. Elle avait traversé toute l’étendue de la vie terrestre. Lui, il s’y était soustrait ! Avait-il été intègre ? Mike commençait à comprendre que sa nouvelle sagesse le menait à l’introspection d’une façon qu’il n’avait jamais connue auparavant. Bien sûr, il était honnête ; il était probablement l’un des hommes les plus honnêtes qui soient. Sa vie sur la ferme auprès de parents vertueux avait donné des résultats, mais il n’avait encore jamais éprouvé de sentiments tels que ceux qu’il ressentait maintenant. L’honnêteté terrestre ne se comparait en rien à l’honnêteté spirituelle. Celle-ci incluait la sagesse à plusieurs niveaux avant de se transformer en intégrité totale. 

 

Mike saisissait peu à peu ce que Rouge et Blanc avaient voulu dire à propos de son choix de poursuivre la route. Sa nouvelle vision des choses modifiait graduellement son mode de pensée. Empruntait-il la bonne voie ? Y avait-il une quête spirituelle plus élevée que celle qu’il avait entreprise ? Il continua à réfléchir à la question en s’habillant pour le petit déjeuner. Il se promettait de poser des questions bien précises à Blanc. Les murs, les planchers et les corridors présentaient à ses yeux une forme tout à fait définie maintenant. Il vit certains détails pour la première fois. C’était d’une beauté magnifique ! Mais ce n’était pas tout. Il était envahi par le sentiment de pénétrer dans le monde des anges. Il sentait qu’il faisait équipe avec la grande entité blanche. Il avait l’impression d’être une partie de la réalité de Blanc. Il l’aimait beaucoup. Cette simple pensée accéléra sa respiration. 

-       Ta vision s’est modifiée, Michael Thomas. C’est instauration d’un changement dimensionnel et biologique. C’est le même qua subi Marie. Tu le vis parce que tu l’as souhaité avec une pureté que nous avons rarement vue. Blanc avait parlé avant que Mike ne s’adresse à lui. 

-       Blanc, j’ai des questions importantes à te poser. 

 

Alors qu’il avait voulu s’exprimer doucement et respectueusement, Mike fut surpris par le son de sa propre voix. Elle était beaucoup plus pleine que d’habitude, ou plus forte, il ne savait trop. Elle était différente en tout cas, d’une manière étrange, et il n’était pas à l’aise devant ce changement. Comme si on abusait de lui. Il était tendu. 

-       Essaie de te calmer un peu, lui dit l’ange d’un ton rassurant. Qu’est-ce que tu entends quand ma voix te parle ? La paix et l’amour t’ont atteint depuis le début de notre relation. Tu as même posé des questions à ce sujet, tu te souviens ? Ton intention d’avancer peut sembler te priver de biens personnels précieux, mais c’est une étape de ton périple. Rappelle-toi les paroles de Bleu. Il t’a dit que tu étais à l’aise avec ton ancienne vibration et qu’il faudrait du temps pour t’ajuster à la nouvelle. Tu en as fait l’expérience près de la maison d’Orange lorsque tu as été dépouillé de tes biens. Tu as pleuré leur perte, mais elle était nécessaire à ta progression. Puis tu les as oubliés. Hier tu as exprimé l’intention de subir ta plus importante transformation, à la suite de quoi, tu as énormément changé. Tout prend un caractère plus personnel au fur et à mesure du progrès. Ta vue, ta voix et même tes pensées servent tes fins dans une plus vaste mesure. Tu te transformes en Guerrier de la Lumière, comme Marie ! 

 

Mike saisissait très bien ce que Blanc lui disait, mais l’information l’amenait à sentir davantage l’urgence de l’interroger sur sa quête spirituelle. Il fit un effort pour ne pas tenir compte du nouveau son étrange de sa voix. 

-       Merci Blanc, je comprends. Je te suis reconnaissant du présent et je vais m’y habituer, comme je l’ai fait auparavant. Mais j’ai besoin de conseils. 

Sachant ce qui préoccupait Mike, Blanc poursuivit : 

-       Je peux te dire beaucoup de choses et je vais le faire dans toute la mesure du possible. Il existe un domaine qui relève uniquement de ta sagesse. Ton intention t’a accordé le pouvoir de choisir et un discernement avisé. Ce sont des choix imprégnés de ta propre essence. Ils forment ton avenir et créent ta réalité. Ils touchent ceux qui t’entourent et c’est pourquoi ils t’appartiennent entièrement. 

Mike s’attendait à entendre de pareils propos. Il avait assez d’expérience de l’endroit pour savoir que les anges ne feraient pas le trajet qui lui était réservé. Il savait que les leçons s’dressaient uniquement à lui et que ces gestes devaient émerger de sa pensée. Mais il voulait obtenir des connaissances qui pourraient l’aider à mieux comprendre ce qui se passait vraiment et ce qu’il devait faire à partir de maintenant. 

-       Blanc, tu es un excellent professeur, dit Mike de sa nouvelle voix  qui le rendait fou ! ça lui rappelait la première fois qu’il l’avait entendu sur un enregistrement lorsqu’il était enfant. « C’est ma voix ? Impossible ! » 

 

Blanc se retourna rapidement avant que Mike ne puisse lui demander autre chose et s’élança dans le corridor. Mike suivit l’immense entité flottante. Il avait l’impression qu’on lui faisait faire un tour guidé d’une maison qu’il ne connaissait pas. Tout semblait tellement différent ! Elle était d’une beauté spectaculaire. On aurait dit un musée d’architecture et de sculptures. Des objets à couper le souffle s’offraient constamment à la vue du visiteur. Sa vision d’autrefois ne lui avait pas permis de out voir et il en vint à s’interroger sur ce qu’il ne parvenait pas à capter maintenant et sur ce qu’il verrait en atteignant une dimension encore plus élevée. 

-       Les couleurs  Michael, dit Blanc sans même se retourner. 

-       Quoi ? fit Mike sans comprendre et en suivant Blanc. 

-       Ce que tu ne vois pas, ce sont les couleurs. 

-       Mais nous sommes dans la maison blanche. L’ange laissa sortir un grand éclat de rire qui remplit tout l’espace et fit sourire Mike. 

-       Seulement pour l’œil humain, Michael. La véritable couleur de l’amour dépasse la vibration que tu parviens à percevoir. Elle n’a pas le blanc que tu perçois maintenant. Tu vois tout en blanc parce que tu ne disposes pas des vibrations appropriées. C’et une absence de couleur que tu vois mais, en réalité, la couleur reflète l’échelle du spectre. C’est la couleur de la lumière interdimensionnelle, tellement resplendissante qu’elle possède une substance et une épaisseur. Son éclat est des milliards de fois supérieure à la lumière de votre soleil. C’est la couleur de la vérité. Mais en tant qu’être humain, tu ne peux pas tout voir. 

-       J’adore cet endroit ! s’exclama Mike. 

-       Nous verrons si ton sentiment se maintient, lui dit Blanc. 

 

Encore une fois, Mike éprouva de la curiosité devant la supposition de Blanc concernant un autre changement en lui. D’autres questions lui venaient à l’esprit. Ils franchirent encore des corridors éclatants jusqu’à ce que Blanc conduise Mike dans une pièce qui contenait des fenêtres et un fauteuil. 

-       Un autre voyage, demande Mike ? 

-       Non, pas vraiment. Mais tu iras quelque part. 

Blanc s’installa devant Mike et se déclara prêt à poursuivre les activités. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, que désires-tu savoir ? 

Mika avait des tas de questions à l’esprit. 

-       Blanc, du fond de ta sagesse et dans des termes que je puisse comprendre, peux-tu me dire si ma quête spirituelle sur cette grande terre est appropriée. 

Mike sentait le besoin de savoir si sa démarche avait du sens. 

-       Oui, je le peux. Blanc demeura muet quelques instants, comme s’il se préparait à répondre par un oui ou par un non à la question. Puis il reprit la parole avant que Mike n’ait la chance de préciser son point. 

-       Je t’ai dit dès le début que tes actions correspondent à ta vie. Et d’ailleurs, nous n’appuierions jamais un geste qui ne te conviendrait pas. 

-       Mais Marie ? lança Mike avec des mots qui s’empêtraient dans sa nouvelle voix. Elle a reçu tous les présents et les outils et elle est toujours sur la terre. N’est-ce pas mieux ? Ne poursuit-elle pas ainsi un objectif spirituel plus élevé ? 

-       Pour elle, répondit sagement Blanc. 

-       Mais Blanc, je suis en train d’apprendre à me servir moi-même ! Je retourner chez moi, où se trouve l’amour. Mes prétentions sont égoïstes. Elles ne servent pas la terre. Je suis un chemin qui semble me fournir ce que je veux seulement. 

-       Semble, coupa Blanc ? 

-       Oui, ça semble, rétorqua Mike d’un ton exaspéré. Puis il se tut. 

-       Depuis quand te préoccupes-tu d’être au service de la terre, Michael ? Blanc s’amusait et Mike était surpris par cette question à laquelle il mit quelque temps à répondre. 

-       Je ne sais pas, avoua Mike, songeur. J’imagine que ça fait partie du nouveau moi. 

-       Qu’est-ce que je t’ai dit à propos de l’apparence des choses quand nous nous sommes rencontrés ? Blanc mettait Mike à l’épreuve. 

-       Que les apparences sont parfois trompeuses, répondit Mike. 

C’était le thème de son voyage. Même Bleu et Violette avaient utilisé ces termes. Avec Blanc, on arrivait à trois. 

-       Très bien, assura Blanc. Quoi d’autre ? Mike se tut. 

Il ne se rappelait pas. L’ange poursuivit : « ton désir de rentrer chez toi n’est pas égoïste, mais naturel, et n’entre pas en conflit avec ton désir de rendre grâce à ton rôle d’être humain. Maintenant que tu as accompli tout ce chemin, je vais ajouter quelque chose d’autre. Il y a une nouvelle énergie sur votre planète. Elle vibre en laissant entrevoir la possibilité d’un but merveilleux. Ton désir de rentrer chez toi s’insère dans la réalité de cette nouvelle énergie. Le voyage que tu as entrepris est réservé à quelques êtres humains seulement et n’est possible que depuis quelques temps. Michael Thomas, tu es un précurseur dans ce domaine. Voilà pourquoi nous célébrons ton succès et ta sagesse »‘. 

 

Mike réfléchit quelques instants avant de parler. Sa logique mesurait les faits qu’il avait devant lui. 

-       Bon d’accord, alors le voyage est approuvé. Mais dans mon cas, aurait-il pu être préférable que je demeure sur la terre et que je fasse ce que Marie a fait ? 

-       Pour toi ? Serais-tu égoïste ? 

-       Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. 

Mike se rendait compte que les arguments logiques ne fonctionneraient pas auprès du maître de l’amour. « Je me demande tout simplement où je devrais être, ce que je devrais faire pour accomplir le plus grand bien. C’est là ma véritable question ». 

La question remplit Blanc de fierté.il sourit à Mike et parla lentement. 

- Michael, le fait de soulever cette question démontre que tu commences vraiment à comprendre comment les choses se passent. Ta sagesse s’exprime peu à peu. 

- merci, mais quelle est la réponse ? Mike ne tient pas compte du compliment et grimaça en insistant pour obtenir une réponse de l’ange. 

 

Il ne se sentait pas à l’aise de se montrer un peu agressif envers une entité si douce. 

-       Le plus grand bien ? C’est ta propre réalité, Michael. Et, en tant qu’humain dont la vibration vient de s’intensifier, tu créeras pour toi-même. Aucune entité de l’univers ne peut le faire pour toi. 

Blanc s’était déplacé vers la porte et Mike comprit qu’il s’était engagé dans une discussion qui ne le mènerait nulle part. Il y avait des questions auxquelles les anges ne voulaient ou ne pouvaient répondre. Il essaya tout de même une autre tactique. 

-       Blanc, serais-je capable de distinguer le plus grand bien ? 

-       Le prochain événement sera un test à cet égard. Il ouvrir la porte, se préparant à sortir. 

Mike se demanda où il allait. Blanc continua à parler. « Tu ne possèdes pas encore tous les renseignements. Tu es dans la Maison de l’amour et il te reste des éléments à apprendre ici ». Sur ce, il se glissa dan le corridor. En refermant la porte, il ajouta ; « ça va devenir plus difficile à partir de maintenant ». Mike entendit le bruit de la porte qui se refermait et ce fut le silence total. 

 

Il savait que quelque chose se préparait, quelque chose de puissant. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Qu’est-ce qu’on pourrait bien lui enseigner qui lui causerait une détresse encore plus grande sur l’opportunité de son voyage ? Il se retourna face à l’emplacement qu’avait occupé Blanc. Il se sentait patient. Il savait maintenant que la prochaine étape s’accomplirait dans la solitude, sans Blanc, et que ce dernier l’avait voulu ainsi. La pièce se transforma lentement et la lumière qui l’enveloppait prit un aspect différent. Le blanc des murs s’estompa et un espace délimité d’environ cinq mètres devant Mike se mit à briller. Puis Michael vit graduellement apparaître une forme difficile à distinguer. Mike était très attentif. Il allait rencontrer quelqu’un. Il se rappela que Blanc avait mentionné cette rencontre. La silhouette continua à se préciser et la lumière qui l’entourait devint de plus en plus brillante. Mike pouvait voir la personne qui se présentait devant lui. Il n’était plus surpris par cette façon magique d e lui présenter les choses et c’est sur le bout de sa chaise qu’il regardait l’espace se modifier devant ses yeux. 

 

C’était une femme. Sa silhouette se précisa lentement. Il se mit à respirer plus intensément, avec un peu d’appréhension. Son intuition était très aiguisée. Toutes les cellules de son corps vibraient d’excitation, lui signalant qu’il voyait quelque chose d’extraordinaire. Son nouveau pouvoir de discernement l’incitait à se préparer à quelque chose d’unique et de puissant. L’image devint enfin complète. Son visiteur était arrivé ! La femme qui se trouvait devant lui le laissa sans souffle. Il ne s’agissait pas simplement de beauté. Il se sentit instantanément à l’aise, en terrain familier, et c’est ce qui émut tout son être. Elle était resplendissante. Mais qu’est-ce qu’il ressentait. Il lui semblait que son cœur était en état d’alerte. Sa chevelure rousse tombante encadrait un visage rempli de compassion et d’une beauté indescriptible. Elle souriait à Mike, dont le cœur battait la chamade. Comparables à des émeraudes, ses yeux contrastaient fortement avec son teint d’ivoire. Mike aurait juré qu’il sentait une odeur de violettes. Son esprit fut envahi d’une multitude de pensées. Peut-être était-il en présence de la déesse de l’amour, comme ces sirènes des légendes anciennes ? Il avait du mal à respirer jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il retenait son souffle ! Que se passait-il ? Il la regardait avec ravissement. Qu’est-ce qui le faisait se pâmer de la sorte ? Pourquoi son cœur s’emballait-il ? Son esprit s’embrouillait et il soupirait de désir devant cette créature de rêve. 

 

Mike avait déjà rencontré plusieurs anges, mais celui-ci était le plus merveilleux. C’était peut-être de lui que Blanc parlait quand il avait laissé entendre la possibilité d’un ange encore plus grand que les autres. Mike ne parvenait pas à prononcer une seule parole. Le lien qui unissait leurs deux cœurs était renversant. Il avait l’impression de se retrouver à une réunion d’anciens et d’être sur le point de revoir un amour perdu. Le brouillard avait complètement disparu et elle se tenait là dans toute sa grandeur. Mike était en état de choc. Toutes ses expériences ne l’avaient encore jamais amené à vibrer de cette façon? Il ne parvenait pas à se concentrer sur les paroles qu’il aurait voulu prononcer. Il ne savait pas quoi demander. Il la connaissait… mais la connaissait-il vraiment ? Pourquoi sa présence l’affectait-il à ce point ? Quel sentiment cela lui rappelait-il ? Puis il se rendit compte qu’il la connaissait. Elle était un des visages de la maison rouge sur le diagramme de la famille. Elle n’était pas venue alors lui parler comme les autres. Elle était l’image de cette femme à la chevelure rousse dont l’énergie l’avait attiré instantanément. Pourquoi ne l’avait-il pas rencontrée alors ? Qu’est-ce que Rouge lui avait dit à propos des visages qu’il n’avait pas rencontrés ? Ils correspondaient à des contrats non remplis. Qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? 

 

La révélation se déployait lentement à l’esprit de Mike pendant qu’ils continuaient à se regarder dans un silence lourd. Puisqu’elle se trouvait sur le diagramme dans la maison rouge, c’est qu’elle  n’est pas un ange. Elle était une partie de la famille karmique. Mike commençait à ressentir des sentiments étranges à l’égard de cette rencontre, même si son âme continuait à lui chanter un air tout nouveau, un chant qui traitait de joie, de vision et d’amour. C »état ç la fois chargé d’émotion et tellement paradoxal ! D’une part, son cerveau lui apprenait qu’il se préparait à des difficultés, et d’autre part, il était si heureux ! Son bonheur ressemblait à celui d’un enfant qui voit Disney land pour la première fois après avoir compté les jours qui le séparent de sa visite. Quant à son trouble, il provenait de son cœur ; on aurait dit qu’il était tordu ! 

 

Michael se sentit ridicule. Il constata encore une fois qu’il respirait mal. La silhouette qui se tenait devant lui affectait sa physiologie. La vue même de cette beauté faisait réagir son corps. Pourquoi ses mains transpiraient-elles ? Cette femme n’était pas un ange, mais elle touchait chacune des cellules de son corps. Il ne savait plus s’il était physiquement capable de parler. Il se sentait ému et au bord des larmes, comme devant un ami retrouvé qu’on avait cru mort depuis longtemps. C’était vraiment une expérience qu’il ne pourrait effacer. Heureusement, elle parla la première. 

-       Mike, c’est moi. 

La familiarité et la bonté de sa voix le renversèrent. Il était heureux d’être assis car ses genoux étaient mous et ses jambes n’auraient pu le supporter. Son corps entier réagissait à une voix indéniablement connue. Mais qui était-elle ? Ses yeux brillants et son expression le suppliaient de la reconnaître. Ce qu’il fit mais pas de la façon dont elle l’aurait souhaitée. Il devait dire quelque chose. Son adrénaline agissait comme celle d’un jeune garçon à qui la fille qu’il reluque depuis quelque temps déjà adresse enfin la parole. Elle avait un corps physique magnifique et ses vêtements lui allaient à ravir. Michael pouvait parfaitement l’imaginer dans ses bras. Mon Dieu ! Il se sentit embarrassé et dégoûté à l’idée qu’il commençait à ressentir du désir physique. Qu’est-ce que Vert avait dit à ce sujet ? Que la relation physique accompagnée d’amour véritable était un catalyseur d’illumination ? La nature humaine de Mike créait des pensées qu’il trouvait déplacées dans les circonstances, mais c’était la réalité et ses sentiments devaient être convenables et parfaits sur le plan spirituel. Soudain, il entendit le rire de Vert. Il n’en tint pas compte et, prenant son courage à deux mains, il dit, d’une voix tremblante : 

-       Ton costume est très beau. 

 

Pour l’amour du ciel, qu’est-ce qu’il avait dit ? Quelle sorte de phrase ridicule, insignifiante, déplacée, inepte et insipide venait-il d’exprimer ? Une créature éblouissante se présente devant lui dans la Maison de l’amour et, dans son ravissement béat, voilà tout ce qu’il a trouvé à dire. Il avait honte de sa stupidité. Elle sourit. Il craqua. 

-       Merci, Michael, répliqua-t-elle en un clin d’œil. Je suis Anolee, ta partenaire d’amour. 

Jusqu’à un certain point, il le savait déjà. Son cœur battait encore plus fort au son de sa voix.  Il essuya ses mains moites sur son pantalon puis se rendit compte qu’elle avait remarqué son geste. Elle s’avança vers lui. La lumière qui l’entourait la suivit. Il se cala dans son fauteuil, comme pour disparaître. C’est le bruit du coussin qui s’écrasait qui lui en fit prendre conscience. Il aurait voulu se lever, mais il craignait d’être incapable de se tenir debout et il n’aurait pas supporté qu’elle le voit vaciller ! Il s’était déjà montré assez ridicule. Elle s’amusait de sa timidité, mais ne fit aucune remarque à ce sujet. Il était envahi par sa présence. Lorsqu’elle s’était approchée, il l’avait regardée marcher et avait reconnu sa démarche. En fait, il y avait quelque chose en elle qu’il connaissait intimement. Sa présence ne faisait que rendre cette réalité plus intense. Elle poursuivit : 

 

-       Si tu étais resté sur la terre, Michael, l’énergie était favorable à notre rencontre. Nous l’avions planifiée ensemble, tu te souviens ? 

Mike ne s’en souvenait pas et il ne voulait pas l’entendre. Elle lut la douleur naissante sur son visage et la défaillance de son cœur. 

-       C’est sans importance, lui dit-elle. Je suis venue te dire que la voie que tu poursuis est respectée. La famille est fière et nous célébrons tous. Moi plus particulièrement. 

Mais Mike ne parvenait pas à fuir ce qui lui sautait aux yeux. Ça n’avait pas d’importance que tout soit bien. Il n’avait rien à faire des réjouissances de la famille. Tout ce qu’il voulait, c’était elle ! Toute sa vie, il avait cherché le véritable amour. Il savait que c’était possible et qu’il pouvait vivre une relation prévue et approuvée par Dieu. Il l’avait souhaité, enfant, en voyant l’amour qui unissait ses parents et le respect qu’ils se témoignaient. Il l’avait souhaité, adulte, et c’est pourquoi l’échec d’une relation amoureuse l’avait laissé si déprimé. C’était là la difficulté de sa quête sur la terre. C’était dans son contrat. Maintenant, la réalité était devant lui et il pouvait l’accueillir et prendre conscience qu’elle avait toujours été présente. La vérité le frappa de plain fouet : IL AVAIT QUITTE TROP TOT

 

Puis, une autre pensée l’envahit et il dut demander : 

-       Anolee, devions-nous avoir des enfants ? 

-       Oui… trois, lui répondit-elle. 

Il fut attristé par la réponse et demeura muet. Il la laissa lui donner les noms spirituels des enfants, mais chaque mot le faisait souffrir. Même si la présence d’Anolee devait le remplir d’amour, il se sentait torturé. Chaque mot déchirait son cœur et l’amenait à prendre conscience de ce qui lui avait manqué. Les enfants qui n’étaient pas nés, les expériences. Qu’est-ce qu’il avait fait ? Il commençait à perdre la maîtrise de ses émotions. Il voulait la tenir dans ses bras et lui dire combien il regrettait de n’être pas resté. Ce n’était pas la raison de sa présence devant lui, mais c’était tout de même ce qu’il aurait voulu faire. Les larmes coulaient sur ses joues et il se mit à trembler. Elle lui avait donné toute l’information qu’elle devait lui communiquer. 

 

Elle se tenait devant Michael Thomas sans parler. L’énergie en puissance qui les unissait était tellement forte qu’on aurait pu la trancher au couteau. Mike avait devant lui la plus belle créature qui soit et il ne parvenait qu’à pleurer. C’était pathétique. Tous ses sens étaient remplis d’un sentiment d’échec. L’ai était chargé d’électricité et d’une énergie d’intention spirituelle et d’amour, malgré le sentiment d’insatisfaction et de perte irréversible. Quelle amère ironie ! La seule rose qu’il aurait pu croiser sur son chemin lui avait échappé. Il ne pourrait jamais apprécier son parfum et elle finirait par se faner sans jamais avoir été tenue et aimée pour sa beauté parfaite et son élégance. Le contrat entre eux présentait une immense puissance et c’est pourquoi le cœur et l’esprit de Mike étaient rompus. La silhouette commençait à s’effacer et il réagit immédiatement. Il s’entendit presque crier : 

-       NON, s’il te plaît, ne t’en vas pas ! 

Mike avait l’impression qu’il ne la reverrait plus jamais. Il voulait encore quelques instants. Les mots qu’elle lui adressa en guide d’adieu résonnèrent comme du charabia d’ange à ses oreilles. 

 

-       Michael, les apparences sont parfois trompeuses. 

La femme radieuse et resplendissante qui aurait pu être le grand amour de sa vie s’évanouissait devant ses yeux en prononçant des banalités qu’il avait déjà entendues. Avec son départ disparaissaient tous les espoirs d’une vie. Il venait de voir et d’entendre ses rêves de bonheur s’anéantir pour des prétendues intentions spirituelles. 

 

Mike était au désespoir. Il ne pouvait pas bouger. Immobile telle une statue, il garda le regard fixe pendant des heures avec l’espoir que la précieuse entité reviendrait occuper l’espace qu’elle avait empli, espace que sa seule présence rendait sacré. Il supplia Dieu de lui accorder encore quelques instants avec sa partenaire disparue. La lumière de la pièce s’estompa et changea de couleur avec la tombée du jour. Puis ce fut la noirceur, qui s’apparentait à la nuit sans lune et au désespoir qui s’était installé dans le cœur de Mike. Il demeura assis dans le silence propre à ceux qui viennent de subir une défaite certaine et décisive. Il était dépourvu de toute joie. L’agonie de la douleur et un sentiment de perte pénible et sombre venaient de se substituer à la paix que son voyage spirituel lui avait apportée. Son énergie épuisée par l’intensité de la blessure et de la révélation, Mike finit par s’endormir. Il demeura immobile même dans son sommeil et ses rêves rejouèrent à maintes reprises l’angoisse de la rencontre ratée. Le coeur de Mike était déchiré. 

 

pppgifs étoiles 

 

L’aube ramena la lumière dans la pièce. Mike n’avait pas quitté son fauteuil. Il avait l’impression d’avoir participé à un marathon et ses articulations le faisaient souffrir puisqu’il avait passé un grand nombre d’heures dans la même position. Il avait besoin de manger, mais n’avait pas vraiment faim. Il se tira péniblement de son fauteuil et se dirigea vers ses appartements. Comme toujours, la nourriture était prête. Il mangea sans un regard d’appréciation pour la beauté qui l’entourait ni reconnaissance pour la saveur du repas. Lorsqu’il eut terminé, il se dirigea près du lit qui n’avait pas été touché. Il ouvrit le placard et retrouva les présents que les anges lui avaient remis avec amour lorsqu’il s’était arrêté dans leurs maisons. Il se senti envahi d’un sentiment de tristesse empreint de sagesse. Il se rappela sa question à Blanc ; serais-je capable de distinguer le geste destiné au plus grand bien ? Maintenant, il comprenait le test. Son essence même le poussait à retourner sur terre à l’instant. Tout ce qu’il avait à faire était de refermer le placard, de sortir de la maison et de prendre à gauche au lieu de continuer à droite. Il le savait très bien. Ce serait le signe qu’il souhaitait mettre fin à son périple et rebrousser chemin. Blanc lui avait bien dit qu’il ne serait alors pas jugé, qu’il ne serait pas coupable, mais qu’il ne serait pas non plus illuminé. 

 

Mike savait parfaitement quel geste poser. Même Anolee lui avait rappelé à quel point ils étaient tous fiers de lui et il pensa que le cœur de sa bien-aimée souffrait probablement autant que le sien. Et pourtant, elle l’avait incité à poursuivre sa route. Il distinguait le plus grand bien.  Tourner à gauche consistait à le servir et à répondre à ses désirs d’amour humain. Blanc lui avait expliqué que son discernement de la vérité serait perçant et c’était vrai. Il n’avait aucun doute sur le chemin à prendre ; il était seulement extrêmement tenté de dévier. Son cœur le suppliait de rebrousser chemin. Il n e détruirait rien, reprendrait sa vie humaine et rencontrerait Anolee. Sa vie terrestre serait agréable. Il saisit sa carte pour la tenir près de lui, fermant les yeux et revoyant le temps qu’il avait passé dans la maison bleue. Il revêtit lentement son armure et sentit le pouvoir qu’elle lui procurait. Il la loua et remercia Dieu du précieux symbole qu’elle représentait. Il prit son bouclier et le plaça contre sa poitrine, le tenant de ses deux mains, savourant toute sa signification. Puis il le mit sur son dos, pour mieux le transporter et le rendre prêt à l’utilisation au besoin. Comme un guerrier se préparant au combat, il saisit son épée et la brandit d’un geste majestueux qui la fit vibrer dans l’air. Il revit la cérémonie auprès d’Orange et la signification de l’épée. Puis, il la loua aussi et la glissa dans son fourreau, où elle était protégée mais prête à servir. Mike se redressa dans ses beaux habits de voyage et quitta la pièce d’un pas déterminé. 

 

Blanc l’attendait à la sortie de sa chambre. Il vit l’armure, le bouclier, l’épée et comprit aussitôt les intentions de Mike. Blanc sourit et salua Mike bien bas, ses mains réunis comme pour une prière, un geste de respect que Mike ne saisit pas. Puis, il parla : 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, comment te sens-tu ? 

-       Ce n’est pas facile, Blanc, tu avais raison. Je n’avais pas soupçonné combien se serait difficile. C’est la chose la plus difficile  que j’ai jamais eu à faire. Je ne suis pas complètement à l’aise… mais je sais que c’est ce qu’il faut faire. Si tu n’y vois pas d’inconvénient, j’aimerais partir maintenant puisque l’endroit ne produit pas de bons souvenirs. 

-       Qu’il en soit ainsi ! 

Blanc se tourna et accompagna Mike vers la porte en continuant à lui parler. « Ce n’est pas terminé, mon ami ». Blanc flottait dans le corridor qui menait vers la porte principale. 

-       Je sais. 

Sans connaître les détails, mais avec toute la force de son intuition, il savait qu’il lui restait beaucoup à voir et à faire durant ce voyage, même s’il n’avait plus qu’une seule maison à visiter. Une fois de plus, son intuition ne le trompait pas. 

 

Blanc se tint sur le pas de la porte pendant que Mike remettait ses chaussures. Somme toute, Michael n’avait pas tellement aimé la maison blanche. Blanc avait bien pressenti les sentiments de Mike, qui était heureux de partir. Blanc le sentait sans poser de jugement. D’ailleurs, il était en admiration devant cet humain. Les autres avaient raison. Mike était différent. Il réussirait s’il parvenait à franchir la dernière partie de son chemin. Il jouissait d’un excellent discernement d’une détermination encore plus forte. Après s’être chaussé, Mike s’avança sur le terrain de la maison. Il arrêta et se retourna vers la porte. Blanc lui parla de l’intérieur puisqu’il ne pouvait se risque à l’extérieur. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, il n’y pas de plus grand amour pour un homme que de sacrifier son cœur au bénéfice du tout. 

Il lui sourit en refermant la porte et Mike entendit à peine ses dernières paroles couvertes par le bruit de la porte. 

-       Apparences trompeuses. Tu verras, tu verras. Nous t’aimons tendrement. 

Mike franchit lentement et péniblement le trottoir de la maison qui menait au sentier. Il quittait la maison qu’l avait le moins aimée et commençait à en avoir assez de cette phrase qu’on lui avait servie à plusieurs reprises. Tout le monde l’avait citée. Il avait l’impression que cette maison lui avait tout pris, alors qu’en réalité il en avait retiré beaucoup. Il resta longtemps près de la barrière blanche qui menait à la maison, regardant à gauche et à droite. Puis, il franchit la barrière et se plaça au centre du sentier où il se tint longtemps immobile. Il était tourné vers la gauche, les yeux fermés, prenant bien soin de ne pas avancer. Il fit une petite cérémonie qui lui était propre et demanda aux anges qu’il avait rencontrés d’y assister. Puis il parla  à haute voix : 

-       Je ne fais pas de sacrifice parce que je vais te rencontrer un jour, Anolee. Et au moment opportun, je connaîtrai ces enfants qui ne me sont jamais nés lorsque je rentrerai chez moi. 

Il prenait à cœur l’enseignement des anges sur la nature temporaire de la terre et la réalité absolue de l’esprit. Sa déclaration portait la promesse d’un amour différent dans un autre lieu, mais d’une réunion néanmoins. Il s’accrochait résolument à la réalité d’une éventuelle réunion sacrée, où il retrouverait l’amour de sa vie, sa partenaire bien-aimée. Il pourrait alors consacrer son temps à l’aimer et elle le lui rendrait. Dans un soupir, Mike fit volte-face. Il reprit sa route à grands pas décidés. Son armure résonnait doucement sous le soleil. Il était conscient de laisser derrière lui une des plus grandes occasions de bonheur qui soient. Il  lui avait tourné le dos et même si sa décision le faisait souffrir, il se consolait à la pensée de la promesse d’amour de Dieu et à la conviction absolue qu’il reverrait Anolee. Il était pensif, résolu et sérieux. Michael Thomas venait d’en apprendre long sur l’amour. Cette maison lui avait donné la plus importante leçon sur lui-même et sur Dieu ; son âme avait été vidée jusqu’à ce qu’il parvienne à distinguer la moindre parcelle de vérité et de discernement pour les mettre à son service. 

 

Cette fois-ci, il ne regarda pas derrière lui. Il marchait d’un pas assuré. Bien que quelque peu tiraillé, il se sentait puissant et en sécurité. Cette terre lui appartenait. Il sentait qu’il la possédait. Il en avait payé le prix. Il découvrirait rapidement si tout cela était vrai puisque à une heure environ sur la route, une autre épreuve l’attendait. L’entité négative lui fournirait LA bataille de son âme

 

 

Le Retour – de Michael Thomas – Editions Ariane 1998– Kryeon canalisé par Lee Carroll. 

La quatrième maison

 La quatrième maison dans LE RETOUR 01Poursuivant nonchalamment sa route, Mike se sentait au mieux de sa forme. Il ne pensait pas avoir été aussi bien depuis le début de son voyage. Ses nouveaux vêtements et son armure se mariaient parfaitement à l’endroit imposant qu’il traversait. Il se sentait tout à fait à l’aise dans ce décor. Bien qu’il ait passé la majeure partie de son temps depuis le départ à l’intérieur de l’une ou l’autre des maisons rencontrées sur son chemin, il lui semblait avoir fréquenté cette route depuis toujours. L’odeur et l’apparence des choses lui semblaient de plus en plus familières, comme si ses souvenirs de l’ancien Mike commençaient à s’estomper pour faire place aux attributs peu communs de cette nouvelle terre. Il avait l’impression de plus en plus forte que ce qui l’entourait maintenant faisait partie du connu, mais il savait pertinemment que ce n’était pas tout à fait vrai puisqu’il visitait l’endroit pour la première fois. 

 

Il avait la sensation aiguë d’être habité par une autre puissance et un fort sentiment d’appartenance. Il savait que ce sentiment récent était né des événements survenus dans la Maison de la biologie, et le simple souvenir de Vert le faisait largement sourire. Tout en marchant, il pensait à l’étape qu’il avait franchie pendant son séjour dans cette maison. Que pouvait-il survenir encore ? Il avait traversé le seuil de trois maisons seulement et se demandait quelles autres leçons il allait apprendre. 

 

Un bruit derrière lui attira son attention. 

Rapide comme l’éclair, Mike se retourna vivement, se plaçant en positon de défense. Il fut lui-même surpris de la rapidité de sa réaction. Il était penché vers l’avant, la main sur la poignée de l’épée de la vérité. Etait-ce son imagination ou l’épée vibrait-elle ? Toute son attention se concentra sur son ouïe pendant qu’il se tenait là immobile, prêt à bondir au moindre signal. 

 

Rien. 

Le vent avait pu l’induire en erreur, mais il remarqua qu’aucune feuille ne vibrait dans les arbres environnants. Ne bougeant que les yeux, le reste du corps parfaitement immobile, Michael scrutait les alentours. Il réalisa tout à coup que sa vue était très aiguisée. Elle n’avait jamais été d’une telle acuité depuis son départ, comme si, soudainement quelqu’un avait allumé une ampoule très brillante. 

 

Mike se concentra alors sur ce qu’il voyait afin de mieux examiner une immense pierre. 

Rien. 

Il comprit soudain que même s’il se sentait très à l’aise dans son nouvel environnement peuplé de maisons colorées, l’endroit demeurait dangereux. La forme sombre qui avait hanté ses rêves pendant son séjour dans la Maison de la biologie pouvait très bien se retrouver sur son chemin. Il devait se montrer prudent. Fait étrange, il n’avait pas peur. Il demeura figé, en état d’aller, les  sens affûtés à la limite. 

 

Dans cet état de conscience avivée, il découvrait un autre élément de ses aptitudes. Bien qu’il ne put ni voir ni entendre quoi que ce soit d’inhabituel, il sentait une présence. Son âme ressentait un inconfort, un sentiment de danger et d’avertissement. Pourtant….. 

Rien. 

Lentement, il se retourna et poursuivit sa route, tournant sa tête de gauche à droite pour mieux entendre tout bruit émis derrière lui, tâchant de percevoir quoi que ce soit d’inusité. Tout en marchant, il s’interrogeait sur cette énigme. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Sur cette terre si pleine d’amour et de découvertes spirituelles, comment pouvait-on expliquer l’existence d’une entité si négative ? Pourquoi le poursuivait-elle ? Pourquoi aucun des anges n’avait-il accepté d’en parler ? Un véritable mystère, mais Mike était prévenu et ne laisserait pas cette sombre créature l’atteindre encore une fois. Il restait alerte avec le sentiment de danger toujours présent. 

 

Il marcha jusqu’à une heure avancée de l’après-midi. Le crépuscule approchait et il n’avait pas encore vu la prochaine maison. Il décida de ralentir le pas et, se tournant pour mesurer le chemin parcouru, il sortit sa carte tout en demeurant attentif aux bruits et aux mouvements autour de lui. Il fut soulagé de constater que sa précieuse carte fonctionnait de nouveau et qu’elle était « à jour ». Il repéra le VOUS ETES ICI et, tout près, la prochaine maison. Elle était au détour suivant.  Avec un sourire de satisfaction, il replia sa carte et reprit sa route. 

 

Le voyage entre les deux maisons lui avait pris presque une journée. Il comprit que les maisons étaient séparées par une distance suffisante pour exiger un certain effort de la part du voyageur sans nécessiter toutefois une nuit en plein air. Il en était ravi. Il sentait une fatigue légère et savait qu’elle n’était pas simplement d’ordre physique. L’état d’alerte qu’il avait connu au cours des dernières heures l’avait privé d’une partie de son énergie. 

 

Dans cette lumière mystérieuse où les choses semblant toutes emprunter la même couleur, Mike aperçut la prochaine maison au détour du chemin. Elle baignait dans cette lumière rouge et orange propre à la tombée du jour. La maison, de style campagnard, rayonnait d’un pur violet, comme si la lueur environnante ne l’atteignait nullement. Mike s’arrêta, ébahi. Il n’avait jamais vu de plus magnifique teinte ! C’était un violet à la fois intense, serein et puissant. La maison donnait l’impression d’une structure parfaitement translucide dont la lumière luisait de l’intérieur. Il poursuivit sa route, se rappelant qu’un arrêt prolongé n’était pas prudent, même s’il était tout près du but. 

 

En matière de beauté, Michaël était loin d’avoir tout vu encore ! Lorsque l’ange qui serait son hôte ouvrit la porte, Mike ne parvint pas à prononcer une seule parole. Il n’avait jamais rencontré d’aussi belle créature. Il pensa même à s’agenouiller en signe de respect devant tant de beauté. Que se passait-il ? Sa perception des couleurs avait-elle augmenté ? Il n’avait même jamais vu de couleur pareille ! Il resta muet, tel un enfant qui aurait observé un coucher de soleil pour la première fois, se demandant s’il s’agissait là de magie. Puis il entendit sa voix, et quelle voix ! 

 

Des profondeurs de la tranquillité se fit entendre une voix de velours qui apaisait tout l’air ambiant qu’elle faisait vibrer. Et c’était indéniablement une voix féminine ! 

-       Salut à toi, Michaël Thomas de l’Intention pure, dit la douce voix. Nous t’attendions. 

 

Toujours abasourdi, Mike n’arrivait pas à répondre. Il n’avait même pas une pensée à offrir à l’ange ! Confondu, il prit conscience d’avoir cessé de respirer. L’ange se mit à rire et ajouta : 

-       Je ne suis pas une femme, pas plus que ne l’était Vert. Les anges portent tous les attributs du genre biologique humain. Ma voix et mon apparence visent à rendre ton séjour ici plus confortable. 

 

Mike ne comprenait rien de ce que lui disait Violette. Il avait retrouvé son souffle, mais en savait toujours pas quoi dire. Les paroles qu’il réussit à prononcer résonnèrent horriblement à ses oreilles. 

-       Quelle apparence ! Non seulement le son, mais les paroles, étaient ridicules. Quelle stupidité à prononcer devant une si belle entité ! Il revécut l’embarras qu’il avait connu, enfant, alors qu’on attendait de lui, sans succès, qu’il dise des paroles sensées à un adulte. Sa stupeur était en partie provoquée par l’être devant lui. Mike se trouvait devant une créature angélique immense qui présentait toute la délicatesse du genre féminin, mais sans aucune distinction physique par rapport aux autres anges. Ils portaient tous ces mêmes vêtements flous de la couleur de leur maison qui cachaient toute caractéristique propre au genre. Ils étaient tous immenses, mais son visage… celui de Violette était indéniablement féminin. Il avait la douceur du visage de sa grand-mère et de sa mère et s’apparentait à la sainteté. Mike soupira avant d’essayer à nouveau de parler. 

-     Je m’excuse, Violette… il avait même l’impression qu’il lui manquait de respect en l’appelant par ce nom de couleur… trop familier. Il poursuivit : « Je ne m’attendais pas… enfin, je ne savais pas que les anges pouvaient aussi être des femmes ». Il regretta aussitôt d’avoir ouvert la bouche ! Quelle sottise ! Bien sûr, les anges étaient des femmes. Chaque ange représenté dans des tableaux n’était-il pas une femme ? Violette se tenait là, sans rien dire. Michaël reprit à nouveau : 

 

-       C’est que tous les autres avaient l’apparence d’un homme. Mike aurait voulu effacer tout ça et recommencer encore une fois. 

Ses capacités de communiquer et son éloquence avaient disparus. Il avait complètement échoué à saluer cet ange de façon décente. Il soupira encore et haussa les épaules. Violette lui souriait. 

-       Je comprends parfaitement, Michaël Thomas. 

 

Le regard qu’elle lui jeta aurait pu faire fondre son armure. Il ne présentait rien de romantique, mais bien plutôt un incroyable amour essentiellement maternel. Voilà qui  avait dérouté Mike. Comme s’il revoyait sa mère ! Il avait l’impression d’être réuni à sa famille disparue, se sentant à la fois heureux et incrédule. Il y avait si longtemps qu’on ne l’avait pas regardé de cette façon. Il aurait voulu se faire tout petit et être cajolé. Ses pensées l’embarrassèrent, car il savait que Violette pouvait les percevoir. Elle poursuivit : 

-       Tu t’habitueras très vite, Michaël. Mon apparence s’explique. Ce n’est pas ainsi pour tous les voyageurs, mais pour toi, c’est différent. 

 

Mike comprit. L’apparence et l’attitude de Violette devaient le servir. Mais il se demanda tout de même pourquoi il avait besoin de « voir » un ange maternel. 

-       Parce que tu l’as mérité, dis sagement Violette. Les événements d’ici ne servent pas toujours à l’enseignement. Plusieurs constituent des présents orientés vers la croissance. Tu as visité seulement trois maisons, et déjà, tu te démarques en tant que voyageur très spécial. 

 

Mike saisissait le sens de ces paroles mais, avant qu’il ne trouve à répondre au  compliment, Violette lui fit une demande qu’il n’était pas prêt d’oublier. 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, dit-elle doucement, aurais-tu l’obligeance d’enlever tes chaussures ? 

Mika obéit. Il remarqua, près de la porte, un espace prêt à recevoir une paire de chaussures et les plaça là. Elles se fondaient parfaitement au décor. 

-       Mike, sais-tu pourquoi je t’ai demandé cela ? Michael réfléchit. 

-       Parce que je suis en terrain sacré à l’intérieur ? Il se rappelait Moïse et le buisson ardent, et le dialogue de cette histoire. 

-       Alors, pourquoi els autres n’ont-ils pas eu la même exigence ? Mike continua à réfléchir et risqua une autre réponse. 

-       Parce tu es un ange très spécial ? Violette s’amusait et se mit à rire. Perplexe, Mike savait qu’il n’avait pas donné la bonne réponse. 

-       Allons, entre. Violette se retourna pour pénétrer dans la maison. Mike la suivait mais s’inquiétait du manque d’intimité de leur conversation. Il l’interpella une fois à l’intérieur. 

-       Violette, dis-moi, pourquoi m’as-tu demandé de retirer mes chaussures ? 

-       C’est à toi de ME le dire, Michael, avant de repartir. 

Violette le guidait dans la maison. 

 

Mike n’appréciait pas que les anges le fassent attendra avant de lui donner les réponses, encore moins qu’on lui demande de les fournir lui-même. Trop exigeant, se dit-il. 

-       C’est la raison pour laquelle tu es ici, lui dit l’ange en continuant de le guider dans la maison violette. Encore une fois, il eut honte de ses pensées. 

 

La maison n’avait aucun éclat, l’opposé de son hôtesse. Mike constata que son ébahissement l’avait empêché de lire la pancarte à l’entrée. 

-       Violette, comment s’appelle la maison ? Le regardant fixement dans les yeux, elle lui dit : 

-       C’est la MAISON DES RESPONSABILITES, Michael Thomas. Elle attendait sa réponse, un air inquisiteur sur son beau visage. Mike sut que des difficultés l’attendaient ! 

 

Oh ! dit-il, tâchant de ne rien laisser paraître sur son visage. Il n’avait pas donné à Violette la réponse qu’elle espérait. Elle se retourna et continuer la visite. Le nom de la maison l’avait troublé. Il avait déjà imaginé le déroulement de plusieurs types de scénarios sous son toit. Quel vilain mot que la responsabilité ! Il lui rappelait ses parents le pressant de faire ceci ou cela. C’était un terme qui s’accompagnait d’un jugement. Par la suite, il l’entendit de la bouche des femmes qu’il fréquentait, toujours dans un esprit critique à l’égard de ses actions. Pourquoi, se demanda-t-il, les femmes essayaient-elles toujours de le « modeler » à leur goût. Il eut alors une pensée terrible. Peut-être était-ce le rôle de Violette ? Une autre envoyée de Dieu pour me changer. Et si Dieu était une femme ? Ce ne serait pas sérieux ! Puis, il se prit à sourire devant ces pensées humaines si « viriles », sachant très bien qu’elles n’avaient aucun sens. Dieu n’était ni homme, ni femme, mais le scénario qu’il imaginait l’amusait néanmoins. A quoi pouvait bien servir la Maison des responsabilités ? 

 

Violette le guidait par une série de petites pièces vers une salle à manger. 

-       Qu’y-t-il  ici ? demanda Mike alors qu’ils passaient devant deux immenses portes. 

-       Un cinéma. 

 

Un cinéma ? Les réflexions de Mike se succédaient à un rythme fou pendant qu’il marchait derrière Violette. Pourquoi une salle de cinéma dans une demeure d’ange ? Il eu une autre pensée étrange. Peut-être préparait-on une séance de cinéma ? L’idée d’assister à un film en compagnie de Violette l’amusait. Il se dit qu’ils verraient sans doute un de ces films sur les anges très à la mode. Il faillit en éclater de rire. Violette, percevant  les pensées de Mike, s’amusait aussi beaucoup mais pour d’autres motifs. 

 

Enfin, ils arrivèrent à destination. Les appartements de Michael et la salle à manger ressemblaient encore une fois aux autres. Dans le placard, il trouva des pantoufles et de magnifiques vêtements violets qui, de toute évidence, avaient été créés pour lui. L’odeur de la nourriture chatouillait ses narines. Encore une fois, on lui présenta un choix illimité d’aliments. Comment connaissait-on le moment de son arrivée ? En fait, il n’avait jamais rencontré de personnel de cuisine ou d’entretien ménager. Il se rappela le dégât que Vert et lui avaient créé après leur danse et les traces de fruits sur ses pieds pendant des jours. Ceux qui préparaient les plats savaient se déplacer sans se faire repérer, tels des lutins. Quel endroit ! 

 

Mike s’attendait à constater la disparition de Violette, comme avec les autres anges. Mais, elle était toujours là. 

-       L’ensemble te convient-il Michael ? Elle était vraiment magnifique. Mike était toujours sous le charme de ses qualités maternelles. 

-       Oui, merci. Il avait presque envie de s’incliner, en signe de respect. 

-       Nous commencerons demain matin. Bonne nuit, Michaël Thomas de l’Intention pure. Sur ce, elle quitta la pièce. 

Les choses changeaient. Tout comme Vert était demeuré sur le palier au moment où Mike avait quitté la Maison de la biologie, Violette avait quelque peu agit différemment ici. Les anges devenaient-ils plus polis ? Commençaient-ils à pratiquer l’étiquette des humains ? Mike constata la différence, mais décida de ne pas commenter. 

 

Il mangea, se mit au lit et tomba immédiatement endormi. Il se sentait en sécurité, au chand et aimé. Une autre aventure commencerait le lendemain et il savait que l’enseignement de Violette ajouterait à ses connaissances. Il rêva délicieusement de son enfance et de ses parents. 

 

01 dans LE RETOUR***** 

Aux abords de la maison, la forme sombre et fuyante exerçait une surveillance complète. Elle était à la fois aux aguets et en colère. Lorsque Mike avait quitté la maison verte en route vers celle-ci, l’horrible créature avait été estomaquée des transformations qu’il avait subies. Il avait acquis de la puissance, sans compter ces armes stupides. La vigilance de Mike ressemblait à celle d’un guerrier et il était sans peur ! Qu’avait-il bien pu se passer dans la dernière maison pour qu’il change à ce point ? La silhouette verte bouillait de colère à la pensée de l’occasion qu’elle avait ratée de le mettre au défi durant la tempête. 

 

Celle-ci commença à élaborer un meilleur plan pour mettre l’être humain en boîte. L’entité négative se dit d’abord que si Michael Thomas avait choisi de devenir un guerrier insaisissable, il aurait dû emprunter un chemin plus discret et non pas la route toute tracée comme il l’avait fait. Puis, elle réalisa que Mike suivait toujours le parcours. Il ne pouvait faire autrement puisqu’il ne savait pas où se trouvait la prochaine maison. La solution pour le piéger consistait donc à prendre les devants et à attendre sa proie à un détour du chemin. Si l’étrange créature avait pu sourire encore une fois, elle l’aurait fait. Sans sommeil, l’horrible forme avait des visions de la chute imminente de Michael Thomas de l’Intention pure

 

01****** 

 

 

Le matin suivant ressemblait à tous les autres. La journée s’annonçait magnifique. Le repas était splendide. Michael savoura un délicieux muffin aux bleuets, n’en finissant pas de s’extasier sur la fraîcheur et la saveur qu’il  y trouvait. 

-       Celui que j’ai déjà eu entre les orteils ne goûtait pas si bon. 

Il rit en se revoyant danser avec Vert dans la salle à manger de la dernière maison. 

 

Tout comme il finissait de revêtir ses nouveaux habits, on frappa à la porte. Tiens, les anges frappent aux portes maintenant ! 

-       Entrez, lança Mike d’une vois polie. Violette semblait flotter et Mike lui sourit. Il faudra voir à remercier les responsables de ce merveilleux petit déjeuner ! 

-       Je t’en prie, dit Violette. 

-       C’est toi ? 

-       C’est nous tous. nous ne formons qu’un. 

-       Oui, on m’en a déjà informé. Un jour, je comprendrai. D’ici là, je vous remercie tous. 

-       Es-u prêt ? 

-       Oui, bien sûr. 

Violette le guida dans des endroits qu’ils avaient traversés la veille. Les deux grandes portes étaient ouvertes, et Mike put entrer dans le cinéma aux teintes violettes. Il s’arrêta, ébahi et incrédule. Il n’arrivait plus à bouger et Violette ricanait. 

 

Devant eux, s’érigeait un écran géant. A l’arrière de la pièce, on pouvait voir un projecteur des plus modernes et des tas de bobines de film empilées prêtes à la projection. Il devait y en avoir des centaines ! 

-       Eh bien, Michaël Thomas, nous allons regarder des films, toi et moi ! 

-       Pas possible ! C’est une blague ! 

Devant la réponse, Violette cessa de sourire et le regarda sérieusement. 

-       Oh non ! Absolument pas ! Vraiment pas ! Si tu veux bien prendre place dans la première rangée. 

 

Violette se dirigea vers l’arrière de la salle et mit l’équipement en branle. Mike demeurait confus devant le paradoxe qu’il observait. Un ange qui actionne un projecteur de cinéma. Ce n’est pas là un jouet de lieu sacré. Comme c’est étrange ! Mais il obéit et s’installa au centre de la première rangée. A l’encontre des salles de cinéma qu’il connaissait, la première rangée se trouvait au centre de la pièce. Il y avait un autre élément étrange ; le fauteuil central de la première rangée était rembourré et velouté. Tous les autres ne l’étaient pas, comme s’ils avaient été placés là pour créer un effet seulement. Mike s’installa dans le fauteuil moelleux, devant l’écran géant. 

-       Alors, qu’allons-nous regarder Violette ? Mike se sentait un peu nerveux. 

-       Du cinéma familial, lui répondit-elle, trop occupée à préparer la première bobine pour se tourner vers lui. Mike n’aimait vraiment pas le ton de la réponse. 

Il avait l’estomac noué. Encore cette sensation étrange. Décidément, son intuition toute nouvelle faisait des heures supplémentaires, lui faisant savoir que ce qui s’annonçait risquait de se révéler désagréable. Il pensa à blaguer ; et demander du maïs soufflé peut-être ? Il n’en eut pas le temps. Les lumières se tamisèrent, comme dans une vraie salle. Mike entendit le bruit du projecteur et l’écran s’anima. Il eut le cœur serré dès la première image. 

 

Le premier film qu’il vit ce jour-là, comme tous ceux qui suivraient, était d’une qualité impeccable ; aucun soubresaut, une image en trois dimensions, sans avoir à porter de stupides lunettes ! le son provenait de l’endroit approprié sur l’écran, même lorsque les personnages se déplaçaient. Mike souhaita aussitôt que le film n’ait pas été si réel. Il était trop près. L’écran circulaire lui donnait l’impression de faire partie de chacune des scènes. Il aurait voulu reculer, mais il ne le pouvait pas. 

 

Sur l’écran, devant lui, il voyait Michaël Thomas ! S’il avait dû donner un titre au film, il l’aurait intitulé « Les choses désagréables de ma vie ». Le film débutait alors qu’il était enfant, et c’était là d’une réalité désarmante. Sa mère avait l’air toute jeune et son père, tellement beau ! Tous ces souvenirs l’émouvaient et ranimaient en lui de précieux moments. Il revivait tout encore une fois ! Chaque épisode remplissait une bobine entière et se déroulait en temps réel, comme les événements s’étaient vraiment passés, à l’exception du fait qu’on ne lui montrait que les expériences négatives. 

 

Les premières bobines étaient amusantes. On y voyait Mike, un petit garçon blond de trois ans, qui jouait avec les produits de maquillage de sa mère. Il avait fait tout un dégât dans la salle de bain et sa mère l’avait pris sur le fait. Elle était en colère et lui administrait sa première fessée. En tant qu’adulte revivant la scène, Mike fut étonné de la vividité de l’expéri0ince. Il revivait les émotions rattachées à toutes tes séquences. Il craignait maintenant que ce cinéma maison ne se transforme en film d’horreur lorsqu’il se verrait, plus âgé sur l’écran. Mike avait l’impression qu’on l’avait attaché à une voie ferrée et que le train approchait. 

 

Il revit d’autres scènes de son enfance, chacune lui rappelant un événement qu’il avait oublié depuis longtemps. Il se revit dans la salle de bain à l’âge de six ans, incapable de sortir. Il revécut l’émotion d’alors ; ce n’était pas sa faute. La poignée était restée coincée, et on avait dû faire revenir son père des champs pour qu’il démonte la porte ! Il  était furieux, et Mike avait eu droit à sa deuxième fessée. Il ressentait encore la trahison subie  ce jour-là. Il n’avait pourtant rien fait de mal, mais son père, en colère, l’avait frappé avec sa plus grosse ceinture. Il avait perdu un temps précieux aux champs et prit du retard dans les récoltes. En tant qu’adulte, Mike commençait à se sentir déprimé. 

 

Il regarda bien d’autres bobines encore. Subitement, il eut dix ans. Il devait prendre l’autobus pour se rendre à l’école du village. Il revit Henry, le tyran qui revenait le tourmenter à chaque semestre. Les autres semblaient aussi le détester, mais ne faisaient rien contre lui. Ils avaient tous peur. Parce que Mike venait de la ferme t d’un village au nom bizarre, les autres élèves riaient de lui. Le tyran, par contre, était sans pitié. Des enfants de tous les milieux fréquentaient l’école, mais ceux qui vivaient sur des fermes devenaient de plus en plus rares. Mike portait des vêtements qui trahissaient ses origines ; c’était sa mère qui les cousait. Il se distinguait ainsi des autres, et le tyran ne ratait pas une occasion de le lui rappeler. De concert avec les autres écoliers, il se moquait des vêtements de Mike, de son odeur et même du mode de vie de ses parents. 

 

Mike revit le jour où un groupe d’enfants l’avaient invité à se joindre à leurs jeux. Il en était heureux. Ils voulaient jouer avec lui ! Mais, c’était un piège. Au lieu d’être inclus dans leurs jeux, il devint la risée du groupe. Ils le placèrent à un certain endroit pendant qu’un autre se mit à quatre pattes derrière lui. Puis ils le firent tomber à la renverse, exactement sur l’autre garçon à quatre pattes. Ils en riaient à gorge déployée. Mike rit aussi, essayant d’être bon joueur, mais ils s’écartèrent de lui, le laissant seul. C’était douloureux. La vue de ces images ne lui plaisait décidément pas. Ça servait à quoi ? Il commençait à s’irriter de voir sa vie exposée ainsi et surtout, d’avoir à la revivre de nouveau. Une fois ne suffisait-il pas ? 

 

Dans une autre bobine, il avait quatorze ans. Il se revit le jour où on l’avait accusé d’avoir triché en classe alors que tel n’était pas le cas. Un élève s’était emparé de documents appartenant au professeur et les avait remis sur son bureau en désordre pour bien indiquer qu’ils avaient été consultés. Puis, il avait faussement dénoncé Mike, affirmant l’avoir vu faire. L’enseignant l’avait cru. Après tout, Mike était un enfant de fermier qui portait toujours des vêtements étranges, bien qu’il ait de très bonnes notes en classe. On le renvoya chez lui, et il fut exclu de la classe pour la journée. Dans l’autobus qui le ramenait à la maison, il se demandait comment il allait expliquer la situation à ses parents. Il se détendit un peu, sûr qu’ils le croiraient. Hélas, ce ne fut pas le cas et Mike se sentit complètement abandonné sur cette terre. Il savait que ses parents l’aimaient, mais il aurait voulu qu’ils lui accordent le bénéfice du doute au moment où il en avait tant besoin. Il était anéanti par la solitude. 

 

Michael était assis dans son fauteuil de cinéma depuis des heures, mais le Mike sur l’écran n’avait pas encore terminé sa croissance. Il pensa au temps qu’il allait encore s’écouler avant qu’il n’arrive à la fin de sa torture. Il lui semblait avoir perdu toute trace de spiritualité. Il avait l’impression qu’on le battait. Empreints d’une précision inouïe, les films ne lui laissaient pas de répit. Il n’y manquait aucun détail, aucun élément ; les voix et les personnages se révélaient tels qu’il les avait effectivement connus. Le processus l’ébahissait, mais le sujet le désarmait ! 

 

Ses premières fréquentations maintenant ! Embarrassant ! Il portait toujours ces vêtements étranges, qui provenaient maintenant des magasins, mais sa mère n’avait aucun sens de la mode et faisait des combinaisons pour le moins étranges, sans parler de choix des tissus. Les filles, à l’école ou à l’église, jugeaient Mike intéressant, mais il savait qu’elles se moquaient de ses vêtements. Il avait honte ! Il ne mit pas longtemps après avoir surpris quelques conversations à son sujet, à se décider à faire des économies et à acheter ses propres vêtements. A partir de là, il sentit croître sa confiance, ca ril avait un certain flair pour choisir ce qui lui allait. Il examina la question et il décida d’aller faire ses chats en compagnie d’une fille ou deux pour l’aider à mieux choisir. Les filles adoraient ça ! Imaginez ! un gars qui aime fréquenter les magasins ! Ce fut le début d’une importante métamorphose. De l’adolescent mal fagoté qu’il était, il devin un jeune homme attrayant et désirable, ce qui entraîna chez lui un changement de sa personnalité. Il prit énormément d’assurance. Il réussit à maintenir de bonnes notes et s’engageant activement dans plusieurs activité parascolaires. Et puis un jour, la jalousie poussa quelqu’un à mener contre lui une campagne de dénigrement, ce qui lui fit perdre le poste de président qu’il convoitait. La rumeur circula qu’on l’avait surpris à faire des obscénités dans les toilettes des filles. Tout le monde avait envie d’y croire ; c’était à la fois une nouvelle à sensation et… complètement faux. Il était le favori aux électrons puisqu’il avait occupé la présidence à plusieurs reprises mais la rumeur l’emporta et Mike subit une énorme perte. Du même coup, il perdit l’affection de sa première petite amie,, Carole. Elle refusa dès lors de lui adresser la parole. Sa peine le rongea pendant des semaines et il laissa tomber toutes ses fonctions à l’école. Il était victime, encore une fois. Et il revoyait tout, étape par étape, sur l’écran devant lui. L’événement s’étira, toujours en temps réel, découvrant chaque parcelle de cet incident malheureux. Il en sortit changé, et le poids pesait encore sur lui pendant qui’ le revivait. 

 

Le cinéma se poursuivit. On ne lui offrit pas de repas du midi. En effet, l’entité qui actionnait le projecteur savait que Mike n’aurait pas d’appétit. Elle avait raison. A chaque fin de bobine, on entendait le bruit du ruban frappant le métal, et la noirceur tombait sur la pièce. Puis, il y avait un silence étrange, rompu seulement par le bruit des engrenages de la bobine et des interrupteurs du projecteur. Ni Mike ni Violette ne prononçaient une seule parole. Puis, l’écran s’animait de nouveau des pires images de la vie de Mike ! Il savait, alors que les projections avançaient dans le temps, que l’événement majeur serait bientôt devant lui. Puis, il le vit… le jour de l’accident mortel de ses parents. 

 

Michael savait très bien qu’il n’avait pas à demeurer dans son fauteuil s’il ne le voulait pas. Tous les anges l’avaient entretenu de son libre choix. Il aurait voulu fuir, et dans son esprit, il formulait des pensées qu’il souhaitait transmettre à tous les anges. Dieu, s’il te plaît, ne me faits pas vivre tout ça encore une fois. Ça suffit ! Mais, il revit toute la scène, convaincu qu’un camion lui roulait sur le corps. 

 

Mike ne flancha ni ne pleura dans son fauteuil. Il attendrait à plus tard. Il resta la, impassible, regardant le théâtre de sa vie se dérouler devant lui en temps réel. Il revécut l’appel téléphonique, le choc, les funérailles, la douleur et la peine, la vente de la maison, de la grange et des terres ; la vente de l’équipement de la ferme, y compris celle du vieux tracteur. Il revit le triage qu’il fit des effets personnes de ses parents, les photos des jours meilleurs, leurs photos de mariage et même les lettres d’amour qu’ils s’écrivaient durant leurs fréquentations. Mike resta immobile, essayant de ne pas revivre toutes ces émotions. Il força son esprit à les refouler, mais se sentit victime dans son fauteuil. Il sentit les convulsions involontaires de la douleur qui surgissaient par vagues dans son corps. Il brûlait de l’envie de laisser sortir sa peine en pleurant. La présentation était en tous points semblables à la réalité. C’était la chose la plus cruelle qu’on lui eut jamais imposée. Tout ce qu’il voyait depuis des heures avait fait de lui l’objet d’une mauvaise blague. Et maintenant,…on le poursuivait jusque dans cette pièce pour le punir. Il jugeait la situation injuste et se demandait à quoi elle pouvait bien servir. 

 

Il respira de soulagement lorsque l’épisode du décès prit fin. Il ne pouvait rien imaginer de pire. Il était en sueur, épuisé et se sentait diminué. Le sujet était d’envergure et il ne pouvait détacher ses yeux de l’écran tellement la réalité était prenante. 

 

Lorsqu’il vit « Criquet », de son véritable prénom, Shirley, il sut encore une fois ce qui l’attendait. L’incident qu’il allait revoir correspondait à la fin de son histoire d’amour à Los Angeles et à la rapidité avec laquelle la situation s’était détériorée. Il s’était jeté dans cette aventure à corps perdu alors que Criquet avait pris la chose avec une telle légèreté. Cela n’avait pas été une aventure mortelle, mais cela aurait pu l’être. En tout cas, cela avait été la mort dans son cœur, très certainement. Mike essaya encore une fois de s’endurcir pendant que la scène se déroulait devant lui. Qu’elle était belle ! Une voix inoubliable ! L’événement était encore tout frais et avait d’ailleurs été à l’origine de sa récente dépression, de son manque de confiance et du statu quo quant à son emploi minable. Devant lui s’étalaient en fait les scènes du deuxième grand malheur de sa vie. Puis le film lui montra son lieu de travail, des images de son patron maniant habilement la violence verbale et l’espace restreint dans lequel il avait accepté de travailler à Los Angeles. 

 

La séance prit fin à seize heures. Les dernières scènes se déroulaient dans son appartement, lorsqu’il avait été attaqué puis transport à l’hôpital. Puis, l’écran redevint vierge et il entendit le bruit du ruban signalant la fin d’une autre bobine. Le bruit continuait, mais la salle restait dans le noir. Mike se leva et, plaçant ses mains en forme de visière au-dessus de ses yeux, se retourna en direction de la lumière crue du projecteur pour essayer de voir Violette. Elle n’était pas là. La conclusion du film marquait sûrement la fin de la leçon d’aujourd’hui, et, comme dans le fils, Mike se retrouvait seul. 

 

La fin du ruban continuait de frapper la bobine de métal et Mike sortit de la salle pour se diriger vers ses appartements. Il n’avait toujours pas faim. Il était déprimé. On avait agité ses émotions jusqu’à la moelle et il se mit immédiatement au lit, sans se dévêtir. Violette ne vint jamais lui souhaiter une bonne nuit. Il appréciait son tact, car il n’avait absolument pas envie de parler. Cette nuit-là, il continua à voir les films dans ses rêves. Il revit le tyran de ses jeunes années, ses parents et Criquet. Décidément, ils ne le quittaient plus : n’en pouvant plus, il se laissa finalement aller, pleurant à chaudes larmes. Le fait d’avoir revu ses parents, tellement vivants, renforça sa peine. C’était la deuxième fois, depuis son arrivée sur cette terre sacrée, bénie et angélique, que Michael se sentait complètement seul et dans une noirceur totale, une véritable victime de la vie. Et maintenant, les scènes de film l’avaient prouvé ! 

 

 

01

**************** 

 

Le lendemain matin, Mike se sentit un peu reposé, mais resta songeur. Et il avait faim. Il ne se fit pas prier pour engouffrer un copieux petit déjeuner. La menace de la veille passait encore sur lui mais il avait l’impression que le pire était derrière lui. Il se sentait fort et même s’il ne comprenait pas encore l’utilité de tout cela, il était déterminé à ne pas se laisser glisser à nouveau dans la noirceur et la dépression. Aujourd’hui, il ne pouvait arriver que quelque chose de mieux. 

 

Après le petit déjeuner, Mike s’habilla. Comme par magie, on lui avait laissé de nouveaux vêtements violets, pour remplacer ceux dans lesquels il avait dormi. Lorsqu’il fut prêt, Violette se montra dans l’entrebâillement de la porte, sans dire un mot. On aurait dit qu’elle voulait lui offrir un moment pour s’exprimer et se « vider le cœur » ou simplement l’occasion de lui reprocher l’expérience douloureuse vécue la veille. Mike était conscient de sa présence. Elle le surveilla pendant quelques instants et finalement s’adressa à lui. 

 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, as-tu quelque choses à dire ? 

-       Oui. Y a-t-il d’autres films ? 

-       Oui, répondit doucement Violette. 

-       Bon, alors, allons-y ! dit Mike, attendant qu’elle bouge. Violette était surprise. Dans cette maison, l’expérience des anges avec les humains n’avait jamais été telle. Vert avait raison. Ils avaient affaire à un être à part. il réussirait peut-être. Il ferait peut-être partie des rares élus. Elle n’avait jamais vu tant de détermination et un changement si rapide. Elle se sentait privilégiée de prendre part à sa formation et ressentit un grand amour pour lui. Elle se retourna et se dirigea vers la salle de cinéma. 

Mike connaissait la routine. Il s’installa dans son imposant fauteuil violet et bien rembourré de la première rangée, tel un prisonnier sur sa chaise électrique, attendant le courant ou plutôt, dans son cas, la fermeture des lumières et le début de la projection. Il était plus résolu que jamais. Rien ne l’empêcherait d’atteindre son but. RIEN ! 

 

Encore une fois, sa vie se déroula devant lui, depuis son enfance. Mais il comprit aussitôt que cette fois, ce serait différent. Le sujet avait changé. Le titre aurait pu être « Les mauvaises actions de ma vie ». Les épisodes de l’enfance étaient amusants, et Mike rit de bon cœur à plusieurs reprises. Il était bon de rire, même s’il avait encore les côtes endolories de ses pleurs de la nuit précédente. Au fur et à mesure que le temps s’écoulait, certaines des choses qu’il revoyait commençaient à l’embarrasser. Violette les connaissait sûrement toutes et il ne tenait pas à les revivre. Plus le temps passait, plus il se faisait petit dans son fauteuil. En fait, il se sentait de plus en plus mal à l’aise. 

 

Il avait dix ans et se trouvait dans l’église. Il s’amusait à faire circuler les dessins obscènes qu’il avait conçus avec ses petits copains. Ils les glissaient dans les enveloppes de l’église, puis dans la corbeille qui circulait parmi les fidèles pour recueillir les dons de la semaine. Ensemble, ils riaient en imaginant l’expression des dames patronnesses qui dépouillaient les enveloppes de la quête pour compter les fonds. Vraiment, ils s’amusaient beaucoup ! 

 

A l’âge de douze ans, Mike s’était faufilé dans la cour et avait fait démarrer le tracteur de son père pendant que ses parents étaient à l’église. Il avait feint d’être malade pour rester à la maison. Le tracteur démarra sans problème, mais Mike ne savait pas comment le faire avancer. Il essaya chaque manette et chaque pédale, de plus en plus frustré>. Il ne comprenait pas le fonctionnement de la pédale d’embrayage et pensait que, comme pour la voiture familiale, une pédale servait à avancer et une autre à arrêter. Il entendit plusieurs bruits étranges et, bien sûr, il brisa le mécanisme d’embrayage. Lorsque son père découvrit le problème, il demanda à Mike de lui dire la vérité. 

-       Mike, as-tu essayé de démarrer et de faire avancer le tracteur ? 

-       Mais non, voyons ! 

Mike eut aussitôt honte et se sentait encore honteux aujourd’hui. Son père savait la vérité ; Mike le voyait dans ses yeux. Ce jour-là, Mike comprit ce que signifiait rompre l’unité familiale. Le sentiment était affreux et l’avait poursuivi toute sa vie. La facture de réparation faramineuse avait fait prendre conscience à Mike de sa stupidité et les avait tous contraints à se priver de nourriture décente pendant plusieurs semaines. Chaque fois qu’ils se mettaient à table, Mike dégustait le résultat de son geste. Il lui fallait en plus le revivre en couleurs et en trois dimensions ! Il ne fit menu dans son fauteuil. Quelle vraisemblance ! 

 

En grandissant, Mike devint plus fort. A l’époque, les élèves se suivaient d’une école à l’autre tant et aussi longtemps que leurs parents respectifs habitaient au même endroit. C’est ainsi que le tyran Henry et Mike continuèrent de fréquenter les mêmes écoles. S’il menait le bal au primaire, il en fut autrement au secondaire. Il ne dépassait plus les autres d’une tête comme autrefois et les règles du jeune devinrent plus équilibrées. Henry ne réussissait pas bien en classe et il obtint difficilement son diplôme. Michael profita de chaque occasion qui s’offrait de lui rendre la vie impossible. Il se servit de sa taille et de sa popularité pour l’intimider, l’injurier ou le menacer. 

 

Au cours des premières années du secondaire, il se servit de son pouvoir de président pour l’exclure de tout ce qui pouvait être bon. Il utilisa habilement son influence pour éloigner l’ancien tyran d’événements agréables, comme la remise des diplômes et de domaines où il excellait. Mike agissait toujours sans demander l’avis de personne et se réjouissait de chaque occasion qui s’offrait de ruiner ses années au secondaire. Même si Henry savait ce qui se tramais, il n’y pouvait rien. Il fut éventuellement en mesure de se venger, mais Mike n’en sut rien avant de se retrouver dans on fauteuil violet pour avoir toute la situation se dérouler devant lui. C’était Henry qui lui avait fait perdre son poste de président : c’était lui qui avait lancé les rumeurs qui l’avaient empêché de conserver son poste. 

 

Plus tard, Mike avait appris que Henry avait mal tourné et qu’il s’était retrouvé en prison. Il s’était souvent demandé si les choses se  seraient passées autrement si Henry savait pu faire tranquillement son chemin durant ses années de secondaire. Mike avait honte de ce qu’il avait fait et se voyait de nouveau confronté à ses actions passées. 

 

Il se trouvait vraiment stupide. Le film montrant ses mauvais coups était plutôt long, et l’aspect immoral ressortait avec le temps. Michael avait peut-être même détruit toutes les chances d’un homme. Il se sentait tout à fait nul mais continua de regarder l’écran. A cours de sa dernière année au secondaire, il avait triché à un examen. Sa moyenne générale était bonne, mais sa note était faible en histoire des Etats-Unis. Il en imputait la faute à un professeur ennuyant et réussit, en utilisant la clé conservée d’un ex-président de classe, à se procurer une copie de l’examen. Il estimait que c’était une douce vengeance puisqu’on l’avait injustement accusé et puni quelques années auparavant. A son esprit, son geste était tout à fait justifié. Mais la situation se gâta. Le sort voulut que l’enseignant remarque immédiatement le progrès subit de Mike et l’accuse du geste qu’il avait commis. Mike, mettant à profit sa forte personnalité et s’appuyant sur ses bonnes notes dans les autres matières et sur sa réputation, dénonça le professeur à l’administration. Ce dernier vit inscrire à  son dossier une remarque qui ruina sans doute la progression de sa carrière; Mike n’en avait jamais eu conscience avant de s’installer dans le fauteuil moelleux de la salle violette. 

 

Oh ! Quelle horreur ! Etre victime de la vie est déjà difficile mais se regarder mentir et tricher est horrible. Mike ne désirait plus voir ces images et aurait souhaité qu’on y mette fin. Son vœu se réalisa. Il n’y avait pas d’incidents intéressants à observer à l’âge adulte. Toute sa vie avait été chavirée par le décès de ses parents. Il avait mûri rapidement, et une intégrité ferme s’était développée en lui. Il portait fièrement le nom de sa famille, et le travail ardu de ses parents lui servait de modèle. Il soupira d’aise lorsqu’il entendit encore une fois le bruit de la pellicule sur la bobine indiquant la fin du film. Cette fois, le projecteur s’arrêta et les lumières revinrent graduellement. Violette s’approcha près de lui. 

-       Michael, voudrais-tu me suivre ? 

Sans dire un mot, Mike obéit en se tirant lourdement du fauteuil où il avait passé tant d’heures. Il espérait ne plus jamais le revoir et détesta cet endroit où on lui avait déroulé le film de sa vie. En sortant, il jeta un coup d’œil au projecteur, s’attendant à  voir tous les films qu’on lui avait montré depuis les deux derniers jours, mais l’endroit était propre et dégagé. 

 

Villette était l’entité la plus prévenante qu’il ait rencontrée. Elle n’était pas pour autant meilleur que Bleu, Orange ou Vert, mais elle était différente. Chaque ange avait manifesté des qualités que Mike avait appréciées. Violette dégageait de la bienveillance et de l’affabilité. Mike aurait voulu s’installer dans la maison violette pour y vivre sous cette tutelle parentale apaisante. C’était merveilleux d’écouter sa conversation. Tout était si facile quand elle était là. Ce sentiment était familier à Mike ; il réalisa que c’était le le sentiment d’être un enfant sans responsabilité. Il était donc normal qu’il l’ait rencontrée dans la Maison des responsabilités. Elle représentait un parent, et Mike sentait comme un petit enfant, dégagé à la vie. 

 

Violette le guida vers une grande pièce. On aurait pu croire que c’était une salle de conférences, mais on n’y trouvait que deux fauteuils. Il y avait un tableau d’affichage sur un des murs et plusieurs symboles et graphiques sur les autres. 

Dans les premières maisons, les anges ne s’étaient jamais assis si longtemps. Puisqu’ils ne se fatiguaient pas et n’avaient pas besoin de dormir, ils n’avaient pas besoin non plus de s’asseoir comme les humains. Ils le faisaient uniquement pour les mettre à l’aise, comme maintenant. Violette avait pris place devant Michaël. 

 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, comment te sens-tu ? 

Elle avait entamé la conversation par une question qui permettrait à Mike d’exprimer ses émotions au sujet du dernier jour de projection, ce qu’il fit, y ajoutant une pensée qui avait accaparé son esprit au cours de la soirée précédente. 

-       Ma chère Violette – Mike l’aimait vraiment beaucoup – je sais que tu ne peux intentionnellement blesser un humain ; je sais que ta conscience angélique ne te permet pas de causer de la douleur, de la souffrance, du doute ou de la peur. Mais en me montrant ces films, tu as produit tout cela et je suppose qu’il y a une explication. Comment je me sens ? 

Mike s’arrêta un peu pour réfléchir, car il voulait exprimer ses émotions des derniers jours, le plus honnêtement possible. 

-       Agressé, dit-il, horrible, attaqué, triste de mes propres échecs, coupable de mes actions, en colère contre ceux qui m’ont assailli, dévasté par la peine produite par des circonstances indépendantes da ma volonté, abattu, tourné vers l’intérieur. 

Mike ouvrait totalement son cœur à Violette. Il le faisait sans trop d’émotions puisqu’il le savait toutes exprimées la nuit précédente. Il essayait de décrie ce qu’il ressentait à Violette. Les mots vinrent d’abord aisément, puis il commença à répéter. Violette le laissa tout de même poursuivre. Le processus de libération était en cours. Michaël s’était exprimé, s’était plaint de plaint encore. Il ne demanda jamais pourquoi on lui avait montré ces films. Intuitivement, il savait que Violette allait répondre à cette question… et il avait raison. 

 

Quand il eut fini, il eut soif. Il but l’eau qu’on avait laissée à sa portée et indiqua par un geste de la main qu’il avait terminé. Violette se redressa et commença son enseignement. 

-       Michaël, lui dit-elle en le regardant droit dans les yeux avec une intensité dont l’origine devait être divine, il en était certains. 

« En tant qu’humain préparant son retour chez lui, c’est la dernière fois que tu ressens quelque chose du genre ». Elle le laissa réfléchir quelques instants et se leva pour se diriger vers un mur en apparence tout blanc. Elle déroula un parchemin fixé à l’extrémité du mur, près du plafond, ce qui rappela à Mike les cartes géographiques fixées aux murs des classes au-dessus des tableaux noirs. Le parchemin portait les mêmes étranges caractères de style arabe déjà vus dans la Maison des cartes. Il ne parvenait pas à les lire. 

-        mon rôle consiste à t’expliquer que toi, ainsi que tous ceux qui se sont retrouvés dans  ta vie, avez soigneusement planifié ce que tu as vu se dérouler sur l’écran du « cinéma de la vie » au cours des deux derniers jours. Mike écoutait attentivement, sans vraiment comprendre comment c’était possible. 

-       Planifié ? 

-       Oui. 

-       C’est impossible. Il y avait des accidents, des coïncidences, des faits divers, plusieurs facteurs dus au hasard. 

-       Tu as tout planifié avec les autres. 

-       Mais, comment ? 

-       Michaêl Thomas tu sais déjà que tu es une entité éternelle. Tu es ici pour obtenir l’autorisation et la formation nécessaires pour rentrer chez toi, pour retourner sur cette terre sacré où tu crois trouver des réponses, la paix, un sens à ta vie, selon ta propre définition des choses. Ce que tu ne sais pas encore, c’est que tu  as fait en tant qu’humain sur la terre plusieurs séjours. Cette fois, tu es Michael Thomas. 

 

Mike avait déjà entendu parler des vies antérieures, et une personne de confiance qui confirmait encore cette notion qu’l accepta avec émerveillement. Violette continua. 

-       Lorsque tu n’es pas sur la terre, tu planifies les leçons de ta prochaine vie, car tu es le seul à connaître tes besoins. En collaboration avec les autres, tu prépares tes leçons de vie. Certains acceptent de te mettre au défi. D’autres consentent à être le sable de ton huitre pendant des années ! D’autres encore acceptent d’être plus près de toi et certains même mourront pour t’aider à réaliser tes besoins et les leurs. Cela fait partie de leur contrat ! Ebahi par cette information, Mike demanda : 

-       Mes parents, savaient-ils ? 

-       Vous le saviez TOUS, Michael, et c’est le plus grand présent que tu aies reçu de toute ta vie. Les yeux de Violette laissaient voir une compassion comme Mike n’en avait jamais vu. Elle le connaissait à un tel point § Elle était prête à tout lui expliquer s’attendait à de fortes émotions et pouvait répondre à toutes ses questions. Elle était formidable. 

-       C’est assez complexe, vois-tu Michael. Chaque incarnation humaine est reliée aux autres. Des contrats sont établis avant ton arrivée, prévoyant ta puissance d’apprentissage et de croissance. Tu es l’épine de quelqu’un d’autre et une perle d’une valeur inestimable. Ce que tu appelles accident ou coïncidence est soigneusement planifié. 

-       C’est la prédestination ? 

-       Non, tu choisis tout. Le chemin est tracé et tu peux décider de le suivre ou non. Tu peux même en créer un nouveau si tu le désires. C’est d’ailleurs exactement ce que tu es en train de faire. Lorsque tu as exprimé l’intention d’emprunter ce chemin, tu as balancé le contrat que tu avais conclu avec les autres. Tu es allé au-delà des événements planifiés pour l’apprentissage de tes leçons et tu as plutôt choisi la mine d’or. Maintenant, tu as une véritable vision d’ensemble de toute la situation. 

-       Mais pourquoi les films, alors ? 

-       Pour que tu puisses revoir chaque détail de ta vie qui te semble négatif et comprendre que tu as participé à sa création. Tu as pris part à sa planification et u l’as accomplie selon un plan établi>. En d’autres termes, tu es responsable de tout. 

 

Mike était étonné par toutes ces idées. Il n’en comprenait pas encore le mécanisme 

-       Et si j’avais voulu tout changer ? Pourquoi ai-je chois des expériences si difficiles et si tragiques ? Violette était prête à répondre. 

-       Lorsque tu n’es pas ici, Michaêl, tu possèdes l’esprit de Dieu. Tu n’en es pas conscient maintenant, mais c’est ainsi. La mort et les circonstances émotives sont de l’énergie vers Dieu. Tu es éternel, et les allées et venues des humains sont destinées à des objectifs beaucoup plus élevés que tu ne le crois, un but que tu comprendras un jour quand tu prendras ma forme. Pour l’instant, qu’il te suffise de savoir que ce que tu appelles tragédie, malgré toute l’horreur que tu y perçois dans ton état d’esprit actuel, peut être le catalyseur d’un changement planétaire, d’une augmentation de la vibration et d’un présent au-delà de toute imagination. C’est la vision d’ensemble qui compte, et non pas l’événement réel. Malgré la confusion qui peut s’en dégager pour l’instant, c’est ainsi. Violette arrêta quelques instants pour permettre à Mike de réfléchir. Puis, elle reprit. 

-       Pour ce qui est de changer les événements, c’est un choix que tu as toujours eu, mais qui est caché à la plupart des humains. C’est le test de la vie, Michaël. Tu pourrais regarder la situation de cette façon : lorsque tu quitteras la maison, tu auras tendance à suivre la route. C’est la solution la plus naturelle. C’est facile et tu n’as pas à penser à ta direction. Le chemin est là et t’indique la voie ; alors, pourquoi ne pas le suivre ? Mais, en vérité, sur la terre des sept maisons, le chemin mène toujours dans la même direction, ondulant légèrement. Voilà pourquoi, tu pourrais atteindre la maison suivante sans doute plus rapidement si tu te dirigeais dans sa direction, sans emprunter le chemin. Tu pourrais même découvrir des merveilles sur ta route, hors des sentiers battus. Le chemin ondule mais conduit toujours dans la même direction, vers l’avenir. La plupart des humains restent sur la route, ne réalisant  jamais qu’ils peuvent la quitter s’ils le désirent. C’est lorsqu’ils font autrement que tout change pour eux, surtout leur avenir. Ils commencent en fait à s’écrie un nouveau futur dès qu’ils expriment l’intention e quitter la voie. Ils trouvent la paix lorsqu’ils parviennent à mieux maîtriser leur vie. Ils découvrent leur but. Certains passent même par ici ! Violette avait un sourire entendu. 

 

-       Et la Maison des responsabilités ? interrogea Michael. 

-       C’est ici que tu apprends que TOI, Michaël Thomas de l’Intention pure est directement responsable de tout ce qui constitue ta vie. La tristesse, la peine, les présumés accidents, les pertes, ce que les autres t’on fait, la douleur et, oui, même la mort. Tu savais qu’elle serait là, tu l’avais planifiée avec les autres et tu as joué le jeu jusqu’à maintenant. 

-       Dans quel but ? 

-       Dans un but d’amour, Michael. L’amour le plus élevé. Tu connaîtras le plan d’ensemble au moment opportun. Pour l’instant, tu dois saisir que tout est important et fait partie d’un amour que tu connais déjà et auquel tu participes dès à présent. Les apparences sont parfois trompeuses. 

 

Les mots résonnaient aux oreilles de Michael. Les apparences sont parfois trompeuses. C’était les paroles du premier ange, celui de la vision qui avait suivi le vol. Puis les autres les avaient aussi prononcées. L’esprit de Mike se récitait ces nouveaux concepts. Puis, il se rappela les paroles de Bleu dans la Maison des cartes. Ce sont les contrats de tous les êtres humains de la planète. Dans les petites cavités que Bleu gérait, et il y en avait des millions, se trouvaient les plans éventuels de toute l’humanité, établis par les individus eux-mêmes et prêts à être altérés par ceux qui le souhaitaient. 

 

La vérité du message frappa soudain Mike comme une masse. Si seulement il avait su ça lorsqu’il était jeune. Il aurait tellement mieux compris la vie. Il aurait pu changer son futur. Il aurait pu trouver la paix. Les décès, les amours perdus, la dépression, quels éléments d’espoir et de sagesse ils auraient pu constituer ! la pensée du choix lui permettant de modifier sa vie l’éblouissait. Violette avait raison. Mike avait suivi le chemin de sa vie sans broncher, permettant à tout ce qu’il avait planifié de se produire. Il avait du mal à saisir cette notion de planification. Elle le rendait responsable de tout ce qui s’était passé. Il se retrouvait devant une perspective totalement différente. Ça lui aurait été si utile ! Sa vie aurait été complètement différente. Aucun membre de l’église ne lui avait appris une chose pareille. Il aimait Dieu et il avait toujours accepté le caractère sacré de sa demeure, mais on lui avait  toujours appris qu’il était un mouton qui suivait un berger. Aucun enseignant spirituel ne lui avait dit qu’il avait tant de pouvoir. 

 

-       Violette, s’il en est ainsi, pourquoi ne m’a-t-il pas appris ça à l’église ? 

-       L’église n’enseigne pas tout sur Dieu, Michael. Il arrive même qu’on t’y  apprenne beaucoup de choses sur les humains et sur ce qu’ils pensent de Dieu. Violette ne portait pas de jugement et ne critiquait pas les humains ; elle rapportait simplement les faits. 

-       L’église a-t-elle eu tort ? 

-       Michal, la vérité est la vérité, et tu en trouveras des parties dans l’ensemble de tous les systèmes spirituels. Tu es hautement respecté pour ta recherche de la vérité à propos de Dieu. L’amour, les miracles et le mécanisme du fonctionnement des choses sont tous présents à un certain degré dans ton lieu de dévotion. Voilà pourquoi  tu y ressentais l’esprit de Dieu. L’esprit honore la quête, même en présence d’une connaissance partielle. N’oublie pas que ton existence véritable t’est inconnue même maintenant, au moment où tu entends la vérité. Ton église et toutes les quêtes spirituelles de ta planète sont grandement respectées parce qu’elles représentent la recherche de Dieu et de la vérité spirituelle. Mais il est triste que les humains exercent un contrôle sur cette quête et l’empêchent de se développer en la limitant et en maintenant ceux qu’ils dirigent dans la peur. 

 

Le mérite se trouve dans la recherche et non dans la découverte. Le caractère sacré de la planète réside donc chez celui ou celle qui foule son sol et non dans ses édifices aux nombreux clochers. Violette s’approcha du parchemin qu’elle avait déroulé. « Tu penses que tes Saintes Ecritures sont sacrées. Regarde bien ceci, dit-elle en lui indiquant l’écriture cryptique du papier. Ce sont les dossiers akashiques de l’humanité. Ils contiennent les dossiers de toutes les vies et des contrats potentiels ». Elle fit une pause pour marquer son respect. « Michal, ce sont là les écrits les plus sacrés de l’univers et ils ont été écrits et réalisés par ceux qui ont décidé d’être des humains ». 

 

Elle le regarda fixement, ce qu’elle n’avait pas fait depuis quelque temps. Il saisissait le message. Tout à coup, il se rendit compte qu’elle avait adopté une attitude respect à son égard, de respect spirituel. Le renversement des rôles le mettait mal à l’aise. Il voulait en apprendre plus et elle répondait à sa demande. 

 

Les jours qui suivirent dans la Maison des responsabilités s’écoulèrent dans la découverte de messages profonds sur l’humanité et la vie. Non seulement Mike en apprit-il davantage sur ce qu’il était, mais il sut qui il avait été. Toutes les pièces du casse-tête s’imbriquaient les uns dans les autres. Violette lui fit voir les dossiers et les contrats de ses parents et d’autres qui avaient traversé sa vie. Tout ce qui lui était transmis était parfaitement approprié et il ne vit rien qui aurait pu changer son avenir. Toutefois, une image beaucoup plus étendue de sa vie commençait à prendre forme. Le détail le plus impressionnant ? Que les humains sont en fait des parties de Dieu qui errent sur la planète sans le savoir, ce qui leur permet de transformer les caractéristiques spirituelles et la vibration de la terre même ! Violette faisait constamment référence aux humains comme à des personnages haut placés. Les humains étaient des entités qui devaient changer le fondement même de la réalité sur une très vaste échelle ; et tout tournait autour des leçons apprises sur la terre, leçons qu’ils avaient planifiées ensemble ! 

 

Puis, il fut temps de repartir. Mike se sentait une nouvelle créature. Sa connaissance du déroulement des choses avait décuplé. Il avait tout assimilé et sentait qu’on l’avait induit en vérité. Au moment où il revêtait son armure pour entreprendre le voyage qui le mènerait à la prochaine maison, il entendit les paroles d’Orange résonner à ses oreilles. L’épée de la vérité, le bouclier de la connaissance, l’armure de la sagesse. Les éléments s’assemblaient pour former un tout spirituel serré. Il comprenait que les armes présentaient un caractère cérémonial et un but. Les paroles lui étaient répétées, expliquées et il parvenait finalement à les comprendre. 

 

Violette raccompagna Mike au seuil de la porte. 

-       Michael Thomas de l’Intention pure, tu me manqueras. 

-       Violette, j’ai l’impression de quitter la maison et non d’être en route pour m’y rendre. Mike se sentait près d’elle et elle était devenue en quelque sorte un membre de la famille. Jusqu’à présent, il avait rencontré trois anges frères et, maintenant un ange mère ! Qu’est-ce qui m’attend maintenant ? 

-       D’autres membres de la famille, lui dit Violette, saisissant ses pensées. 

 

A la porte, Mike retrouva ses chaussures où il les avait déposées. Il se rappela aussi qu’on n’avait pas répondu à sa question sur ce point. Il regarda tour à tour ses chaussures et Violette. 

-       Encore une chose, dit-il, souhaitant savoir pourquoi on lui avait demandé de les enlever. 

-       Oui, Michaël, je n’ai pas oublié. Mais tu peux me répondre maintenant. Elle souriait, attendant patiemment la réponse. Mike le savait, mais hésitait à la verbaliser. C’était tellement grandiose, tellement flatteur ! 

-       Dis-le Michaël. Violette reprenait son rôle d’enseignante. 

-       Parce que l’humain est sacré. Et parce que dans cette maison, les humains foulent une vibration plus élevée. Visiblement émue, Violette répondit : 

-       Je n’aurais pu espérer de meilleure réponse, Michael Thomas de l’Intention pure. C’est en réalité la présence de l’humain et non celle de l’ange qui rend cette place sacrée. Michael, tu es vraiment un être humain extraordinaire. Je rends hommage au Dieu en toi. J’ai une question à te poser. Mike connaissait la question, mais permit tout de même à Violette de la poser. 

-       Mickael, est-ce que tu aimes Dieu ? 

-       Oui, Violette, j’aime Dieu. 

Il était sur le point d’éclater. Il ne craignait pas de montrer ses émotions à Violette. Il était triste de quitter l’endroit où il avait retrouvé l’énergie qu’il croyait avoir perdue à tout jamais à la mort de ses parents. Il se retourna et descendit quelques marches, et puis se retourna encore. 

 

-       Tu me manqueras, mais tu resteras dans mon cœur. 

Il se lança sur le chemin qui le mènerait à la prochaine maison et se retourna une fois de plus pour ajouter une dernière chose à l’ange qui le regardait s’éloigner. 

-       Regarde Violette ! 

Dans un style théâtral et avec des mouvements d’enfant, Michal Thomas quitta le chemin tracé dans un grand envol et s’aventura dans la plaine luxuriante. Il se retourna et s’écria : 

-       Regarde, j’ai décidé de tracer mon propre chemin ! Il riait et sautait et continua ainsi jusqu’à ce qu’i ne puisse plus apercevoir la maison violette. 

 

Violette demeura sur le seuil jusqu’à ce qu’il disparaisse. Telle un mère, elle était remplie de fierté. Puis elle rentra et referma la porte. Elle reprit sa forme naturelle, qui n’était pas humaine, mais tout de même magnifique et s’adressa aux autres. 

-       Si c’est là un spécimen de la nouvelle génération d’humains, toute une étape spirituelle nous attend ! 

 

 

01************ 

 

Sur le sentier, quelques mètres plus loin, une créature horrible attendait. La forme répugnante avait soigneusement préparé son piège et elle était convaincue que Michaël Thomas ne pourrait soupçonner ce piège. L’entité négative savait que Mike avait quitté la maison et avait repris sa route. Elle le sentait et était ravie ! 

Il ne faudra pas longtemps, maintenant. Alors que Michael Thomas me croira derrière lui, je l’attaquerai par devant. Il ne saura pas ce qui se passe ! Elle s’amusait de l’astuce qu’elle avait réussi à imaginer dans cette terre de rêve. A tout instant maintenant…. 

 

L’horrible forme attendit longtemps. Michael Thomas avait quitté le sentier

La deuxième Maison

 

bougie

 

Il ne fallu pas longtemps avant que Mike se rende compte de la transformation du paysage qui s’étalait devant lui. Il avait avancé sans effort depuis le début et n’avait jamais songé qu’il aurait à faire face à un choix quelconque. De plus, il avait la désagréable impression d’être épié. 

 

Droit devant lui, la route laissait voir un embranchement. Mike devait choisir le chemin qui le mènerait à la prochaine maison. Il haussa les épaules et s’arrêta, perplexe. 

 

Qu’est-ce qui se passe ? se dit-il. Comment suis-je censé trouver ma route en ce pays de maisons et d’anges de couleur ? Il n’attendait pas de réponse, la question s’adressant à son esprit, mais il restait troublé. C’est alors qu’il se souvint de la carte. Il s’assit en bordure de la route. Il avait placé la carte dans le sac contenant le pain et se préparait à la sortir lorsqu’il fut presque asphyxié par l’odeur qui se dégageait du sac. Qu’est-ce qui est mort là-dedans ? dit-il à haute voix. 

 

La puanteur infecte le faisait hésiter à essayer d’en trouver la cause. C’était hors de tout doute une odeur organique ; aussi, pensa-t-il que le pain en était responsable. Il avait raison. 

 

Mike retira doucement la carte de son sac. La traitant précieusement est espérant que l’odeur n’avait pas atteint cet objet sacré bien apparemment inutile. Elle était encore d’une seule pièce, mais on ne pouvait en dire autant du pain. Il vida le contenu de son sac par terre et grimaça à sa vue. Sur le sol, gisaient les restes pourris du bagel et des baguettes qui avaient l’air d’avoir passé un mois sous la pluie d’une forêt tropicale. Il n’en restait qu’une matière putride noire tachetée de moisissures, envahie d’un type d’insecte de cette terre étrange que Mike voyait pour la première fois et il y en avait des milliers ! Une véritable cité de larves grouillantes. Mike laissa tomber son sac avec dégoût et se leva d’un bond. De la vraie charogne ! Comment est-ce possible ? D’autant plus que j’ai quitté la maison il y a à peine quelques heures. Même une viande n’aurait pas pourri si rapidement. Qu’est-ce qui se passe

 

Se pinçant le nez, Mike se pencha pour y voir de plus près. La masse noire qui gisait sur le sol continuait à se détériorer devant ses yeux. Il vit les petites créatures grouillantes fourmiller en dévorant le reste de la répugnante matière en décomposition et se dévorer ensuite entre elles. Dégoûté par ce qu’il voyait, Mike détourna la tête de cette vision d’horreur lorsque quelque chose capta son attention derrière lui. 

 

Il y a bien quelque chose là ! Il était certain d’avoir vu une forme verte et floue se dérober de son regard et se cacher dans les buissons. Il sentit des frissons lui parcourir l’échine et sut instinctivement qu’il était dangereux de rebrousser chemin pour aller voir de quoi il s’agissait. Il demeura donc sur place. Une fourche devant lui ? Un animal ou une créature quelconque derrière ? Qu’est-ce qui se passe dans cette place sacrée ? Qu’est-il arrivé au pain ? 

 

Mike voulut jeter un dernier coup d’œil sur la masse nauséabonde qu’il avait jetée sur le sol et constata avec stupeur qu’il ne restait plus qu’un tas de poussière. Pas de vermine, pas de pain, aucune odeur. La matière avait repris sa forme initiale et avait même commencé à se disperser sous la brise. 

 

Que signifiait tout cela ? Mike se rappela les consignes de l’ange à l’effet qu’il ne devait pas prendre de nourriture avec lui. Mais il n’avait pas cru que l’interdiction englobait une petite collation ! Les aliments si appétissants à l’intérieur des maisons ne résistaient peut-être pas au sentier ! Il regarda sa carte, inquiet, et la souleva soigneusement, craignant encore d’y trouver quelque vermine. Elle était sans tache, telle qu’il l’avait placée dans son sac. Il n’y comprenait rien. Elle était tout à côté du pain, mais n’avait pas été touchée. Afin de vérifier autre chose, il prit son sac et s’en approcha avec précaution pour le sentir. Aucune trace ne restait de l’effroyable odeur qui lui avait transpercé les narines quelques instants plus tôt. Il ne savait pas vraiment ce qui s’était passé, mais il en tirait une excellente leçon : jamais plus il ne prendrait de nourriture des maisons qui longeaient le sentier. 

 

Il y eut un autre mouvement derrière lui ! Il lui semblait que son cerveau lui envoyait des signaux d’alarme. Avance ! Il se sentit désespéré. Il eut l’idée de dérouler sa carte, espérant y trouver des indices sur la route à prendre. Mais il n’y lu que VOUS ETES ICI, le point rouge et rien d ‘autre. La fourche ne figurait pas sur la carte. Quel objet inutile ! 

-       sapristi ! s’écria-t-il . 

C’était quelque peu déplacé, mais il avait besoin d’exprimer sa frustration. 

-       Toute une carte, vraiment, Bleu ! 

 

Encore une fois, il sentit un mouvement derrière. Cela se rapprochait-il ? Pourquoi ne pouvait-il rien voir ? C’était donc si rapide ? Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Son cerveau alarmé criait panique. Il se leva rapidement et poursuivit sa route, se retournant pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule à tous les deux pas. La forme floue ne se laissait pas voir lorsqu’il regardait derrière lui. Comment savait-elle que Mike allait vers l’avant ? Après chaque regard vers l’arrière, Mike pressait le pas, et la forme en faisait autant. Il franchit la courte distance qui le séparait de la fourche en un temps record. Il avait peur. 

 

Une fois devant l’embranchement, Michaël haletait de fatigue et de peur. Il n’avait pas la moindre idée de la direction à suivre et son indécision l’angoissait. Immobile, envahi par la panique, il clama vers le ciel, désespéré : 

-       Bleu, quelle direction ? 

 

Mike ne s’attendait pas vraiment à recevoir une réponse de l’ange de sorte que la voix douce qu’i entendit et qui semblait surgir de sa tête lui causa un choc. 

-       Sers-toi de la carte, Michaël, vite. 

 

Mike n’était pas d’humeur à s’interroger sur le caractère étrange de l’ordre ni sur son illogisme puisqu’il avait consulté la carte quelques instants plus tôt. D’un geste devenu familier, il la déroula rapidement. Le point rouge et la mention VOUS ETES ICI se trouvaient toujours à la même place, au centre de la carte. Mais qu’est-ce donc ça ? Mike regarda de plus près, la sueur perlait sur son front. 

 

Le point indiquait maintenant la fourche, à l’intersection où il se tenait ! La carte était donc à jour ! L’esprit de Mike ne se rappela pas l’humour de l’ange à cet égard. Il examina la carte de plus près. Une flèche y indiquait clairement de bifurquer vers la droite ! 

 

Sans hésiter et tout en enroulant sa carte, il prit cette route et grimpa une petite colline. Il continuait de regarder derrière lui de temps à autre, sentant et sachant qu’on le suivait. La forme verte se glissait entre les roches et les buissons et maintenait le rythme accéléré de Mike. En atteignant le haut de la colline, Mike soupira d’aise : devant lui se dressait une autre maison ! Il voyait un répit droit devant. Jetant tout de même quelques coups d’œil derrière lui, il pressa le pas puis s’élança en courant sur le sentier menant au refuge où il trouverait nourriture et sécurité. 

 

L’entité sombre et vile qui suivait Mike était furieuse ! Si seulement ce dernier avait hésité plus longuement, elle l’aurait rattrapé. Elle fulminait devant l’occasion ratée et grimpa à un arbre devant la maison de couleur orange dont Michaël Thomas venait de franchir le seuil. La forme répugnante se préparait à une longue attente, mais elle était prête à tout. 

 

 

 

De l’autre côté de la porte de la maison orange se trouvait un ange, comme prévu. Les premières paroles d’Orange, comme Mike décida de le nommer, eurent sur lui un effet renversant. 

 

-       Salut à toi, Michaël Thomas de l’Intention pure ! Nous t’attendions. 

-       Salut à toi ! Michaël essayait de cacher son soulagement et sa difficulté à reprendre son souffle. Sa voie avait tressailli. Il dut se retenir pour ne pas serrer dans ses bras l’imposante entité orange qui l’accueillait. Il était tellement heureux de se sentir de nouveau protégé. 

 

-      Par ici, lui dit son hôte orange, en se retournant pour le guider dans la MAISON DES PRESENTS ET DES OUTILS. Mike s’assura que la porte était bien fermée derrière lui et suivit l’ange, encore tremblant et à bout de souffle à la suite de ce qui venait de se passer. Il demeurait effrayé et des tas de questions lui venaient à l’esprit à propos de cette terre de contrastes surprenants. 

 

Comme les autres, cet ange était magnifique. Mike fut encore une fois impressionné par la haute stature de l’entité et par la bonté qu’elle dégageait. Il se sentit accueilli et aimé comme en présence des autres anges qu’il avait rencontrés. Je suppose qu’ils sont tous faits de la même manière, se prit-il à imaginer. 

 

-       En fait, nous faisons tous partie de la même famille, lui dit l’ange. 

Mike éprouve de la honte à l’idée d’avoir déjà oublié le mécanisme de communication chez ces créatures. 

-       Je m’excuse, réussit-il à balbutier. Orange s’arrêta et se retourna. Il pencha la tête sur le côté, amusé. Mike affronta son regard. 

-       Tu t’excuses de m’avoir complimenté sur ma magnificence ! De te sentir aimé ? De te demander qui tu es ? L’ange sourit. Nous recevons beaucoup d’invités, Michaël Thomas. De tous ceux qui ont visité la deuxième maison, tu es celui qui a posé le moins de questions. 

-       La journée commence à peine, répondit Mike en soupirant. Il voulait interroger l’ange à propos de la peur et de la panique qu’il avait connues quelques instants plut tôt. Qu’est-ce qui le suivait ? L’ange savait qu’il poserait cette question. 

-       Je ne peux te dire ce que tu veux savoir, Michaël, lui dit l’ange. 

-       Ne peux ou ne veux ? demande Mike respectueusement. Il savait qu’il jouait avec les mots et poursuivit : « Je sais que tu le sais ». Après une brève hésitation, Mike décida de poser ses questions à un rythme plus rapide. 

-       Pourquoi ne peux-tu pas me le dire ? 

-       Tu en sais plus long que moi là-dessus. 

-       Comment est-ce possible ? 

-       Les apparences sont parfois trompeuses, ici. 

-       Est-ce que ce sera encore là quand je repartirai ? 

-       Oui. 

-       Cela fait-il partie de ce monde ? ça me semble déplacé dans ce décor spirituel. 

-       Cette chose a le même droit d’être ici que toi. 

-       Cela peut-il me causer du tort ? 

-       Oui. 

-       Puis-je me défendre ? 

-       Oui. 

-       M’aideras-tu ? 

-       C’est la raison pour laquelle je suis ici. L’ange ne broncha pas, et Mike cessa subitement son interrogatoire. 

 

Par les réponses qu’il fournissait, Mike comprit que l’ange savait tout. Il se défendit un peu. S’il sait tout, j’ai la possibilité d’en savoir aussi plus long. Je n’ai qu’à me montrer patient. Je suis certain que j’en apprendrai éventuellement davantage. Ça semble être la façon dont les choses se déroulent ici. Mike se rappela tout à coup combien il avait jugé la carte inutile une heure plus tôt et comment elle l’avait subitement sauvé au moment opportun. 

 

-       Dieu est toujours à jour, tu sais, dit l’ange en retenant son rire. Encore une fois, il suivait les pensées de Michaël Thomas. L’entité orange se retourna et guide Mike plus avant dans la maison. 

-       Je commence à m’habituer, dit Mike en marchant. On reçoit ce dont on a besoin au moment où on en a besoin. 

-       C’est peu près ça, répondit l’ange. La fréquence du temps humain la plus faible est linéaire, mais pas le temps angélique. Décidément, cet ange était aussi un enseignant. 

-       Mais comment percevez-vous le temps ? tout en poursuivant la conversation, Mike se retrouva dans un entrepôt. Eh oui ! Comme la première maison, celle-ci était gigantesque à l’intérieur. 

 

Mike demeura bouche bée devant des douzaines de rangées de caisses empilées dans une pièce dont le plafond devait s’élever à quinze mètres. 

 

-       Nous n’avons ni passé ni futur, répondit l’ange. Votre notion du temps se conçoit selon une ligne droite tandis que la nôtre est comme une table tournante se déplaçant dans le sens des aiguilles d’une montre alors que le moteur ne tourne pas. Nous percevons constamment l’étendue de notre temps puisqu’il est toujours près de nous. Par conséquent, nous sommes sans cesse au présent. Notre mouvement tourne toujours autour d’un centre connu. Parce que votre temps est linéaire et que vous allez vers l’avant, vous ne faites jamais l’expérience complète du présent. Vous regardez derrière et voyez où vous étiez, et vous regardez devant et voyez où vous allez. Vous ne pouvez jamais expérimenter l’état d’être de votre existence, mais vous expérimentez une existence d’action. telle est l’expression de votre vibration inférieure, et cela est conforme à votre dimension. 

 

-       Ça explique alors le fonctionnement de votre carte, dit Mike en se rappelant que le point rouge et la mention VOUS ETES ICI se trouvaient au centre et que les événements de sa nouvelle existence se mouvaient à l’intérieur et à l’extérieur d’un point. ‘est tout à fait à l’opposé d’une carte humaine, se dit-il. 

 

-       Tout à fait ! lui dit Orange en continuant de le guider. Dans votre notion du temps, la carte est stable. C’est l’humain qui se déplace. Vous percevez le temps et la réalité comme une constante, et l’humain comme la variable. Lorsque vous vous approchez de notre notion du temps et de notre vibration, vous devenez la constante, et la carte, ou la réalité devient la variable. 

 

Mike devrait réfléchir pour bien saisir ces notions. C’était à la fois confus et familier. Son expérience à l’embranchement qui menait à la maison orange lui avait montré la valeur de sa carte spirituelle, même si ce n’était pas ce à quoi il s’attendait. Il savait que la prochaine fois qu’il se retrouverait devant une alternative semblable, il ne s’inquiéterait pas avant de se trouver vraiment confronté à son choix et que la carte viendrait à son aide. 

 

Tout comme Bleu l’avait fait, Orange guida Mike dans un dédale de pièces toutes aussi bien décorées les unes que les autres avant de le mener à une pièce conçue pour le repos où il pourrait également se nourrir. La grandiose demeure contenait des caisses portant des noms au lieu de cavités en bois identifiées comme dans la Maison des cartes. Ici aussi les noms étaient en caractères arabes que Mike ne parvenait pas à lire, mais il devinait qu’il devait se trouver quelque part une caisse portant son nom. 

 

-       Voilà tes appartements, lui dit Orange. Nous commencerons demain. Tes repas seront servis dans la pièce de gauche, et tu peux te rafraîchir dans la pièce de droite. Sur ce, Orange referma la porte et se retira. 

 

Mike regardait la porte fermée. Tu as beau être un ange, tes manières laissent à désirer, pensa-t-il en regrettant le manque de salutations. Je suppose que je ne peux m’attendre à ce qu’ils comprennent tout à fait le comportement humain

 

Mike fit un repas somptueux. Encore une fois, il se régala de la délicieuse nourriture en s’émerveillant devant les ustensiles de bois sculpté. Il trouvait étrange de ne pas nettoyer après son repas mais la tâche lui répugnait toujours autant. Il savait que même s’il ne pouvait les voir, d’autres entités étaient affectées à ces travaux. Quelle étrange combinaison, se dit-il, que ce jeu angélique où des entités s’astreignent à nourrir les humains aux vibrations inférieures. 

 

Mike s’interrogeait sur les systèmes d’égout lorsqu’une réalité le frappa soudain. Il n’avait pas utilisé de toilettes depuis des jours ! Il n’y avait pas de toilettes. Il se rendit compte qu’il n’avait aucun besoin du genre depuis qu’il avait franchi les portes d’entrée du chemin. Il pouvait concevoir l’élimination de… l’élimination, mais c’était tout de même une idée étrange. 

 

Le lendemain matin, Mike se senti frais et dispos. Il déjeuna en solitaire de fruits et de pain et savoura chaque miette de ce succulent repas. Il constata que cette nourriture angélique était quelque peu différente de la précédente et se promis d’en parler à Orange. 

 

-       C’est une nourriture de notre espace temporel, dit l’entité par la porte entrebâillée. Bien sûr, il avait saisi les pensées de Mike et poursuivit : « Elle ne peut exister dans une vibration plus faible et contient des attributs spirituels interdimensionnels. Voilà pourquoi elle ne produit aucun déchet humain et ne se conserve pas. Elle n’a ni futur ni passé. Elle a été créée quelques instants avant que tu la dégustes et ne résistera pas à l’extérieur de la maison ». 

 

-       oui, je m’en suis rendu compte, dit Mike, se rappelant le dégât sur la route qui avait failli lui occasionner de sérieux problèmes. 

 

L’ange conduisit Mike vers une grande pièce circulaire bien éclairée. Plusieurs caisses avaient été ouvertes, et quelques bancs orange attendaient les visiteurs. Mike vit aussi ce qui lui semble être un autel, de l’encens et quelques colis d’apparence étrange. 

 

-       Bienvenue à la Maison des présents et des outils, Michaël Thomas de l’Intention pure, lui dit l’ange en le regardant droit dans les yeux. Assieds-toi, car tu vas passer quelque temps ici. 

Ce fut là le commencement d’une longue suite de séances d’enseignement qui seraient suivies d’une période encore plus longue de séances pratiques d’utilisation des présents et des outils d’un mode vibratoire nouveau. Lorsqu’il aura terminé, Mike aura passé plus de trois semaines dans la maison orange. 

 

-       Tu élèves lentement ta vibration, Michaël Thomas, lui répétait régulièrement Orange durant la formation. Nous t’offrons les présents nécessaires à l’accomplissement de cette transformation. Ils sont à toi, selon ton intention. Tu ne pourrais pénétrer fans la prochaine maison sans connaître le fonctionnement de chacun et tu ne pourras absolument pas entrer chez toi sans être devenu habile à les manier. 

Mike écoutait attentivement. Il savait qu’il se préparait au retour et se rappelait qu’on l’avait prévenu de la nécessité de cette formation. Orange déballait les présents sous le regard attentif de Mike. Certains semblaient taillés dans un cristal pur et, dans un mouvement d’intention et un geste cérémonial, ils étaient comme par magie incorporés au corps de Mike, s’ajoutant à son pouvoir spirituel. Orange lui expliquait entièrement chacun et lui accordait le temps de bien assimiler ‘l’enseignement. Il lui demanda ensuite de réexpliquer l’usage de chaque présent reçu, ce qui n’était pas facile pour Michaël puisqu’il devait parler de concepts et avoir recours à des termes inconnus de lui jusqu’à présent. 

Orange expliqua comment les humains arrivaient sur cette planète avec certains attributs acquis dans dives champs d’existence, dans des vies antérieures. Mike avait déjà entendu cette notion, mais il n’avait jamais prévu l’entendre de la bouche même d’un ange. Il avait peut-être pensé qu’un jour, un gourou des Indes aux cheveux longs lui en aurait fait part, mais un ange ? Les vie passées constituaient des étapes de l’humanité, lui dit Orange, et les directives d’une vie antérieure se transmettaient à la suivant sous forme de leçons à la naissance. C’est ce qu’on appelle le karma ou, selon certains, le souvenir ou l’expérience. Le karma favorise l’apprentissage humain et, dans une certaine mesure, aide la planète. C’est ainsi que se passaient les choses chez les humains d’une vie à l’autre. Orange expliqua à Mike que s’il désirait passer à un autre niveau vibratoire, il devait se défaire de certains attributs du passé, dont les leçons karmiques transmises à sa naissance. Le chemin qi menait chez lui ne les endurait pas, pas plus qu’il ne supportait la nourriture qu’il avait essayé de conserver. 

 

Mike se vit tout à coup sous la forme d’une masse de chair pourrie sur la route, comme quelqu’un qui n’avait pas écouté l’enseignement de son maître. Il redoublé d’attention pour ne pas se retrouver dans une situation semblable. 

 

Orange perçut les pensées de Mike et en rit ouvertement, dans un merveilleux élan d’allégresse. Mike fut étonné de se sentir si près d’Orange. Quel maître magnifique ! Il était un compagnon merveilleux, même s’il ne savait dire ni bonjour ni au revoir ! Mike apprit à formuler des pensées créatrices d’énergie. 

-       C’est ainsi que tu assures la maîtrise de ta réalité, lui dit Orange. Utilise ta pensée spirituelle permanente et ta connaissance pour te projeter dans des situations que tu mérites et que tu as planifiées. Mike n’arrivait absolument pas à saisir la signification de tout ceci mais il suivit les instructions et réussit tous les tests. 

 

Il reçut le pouvoir spirituel de la cocréation et le don d’éliminer le karma de ses incarnations passées. Chaque don s’accompagnait d’une cérémonie et d’une verbalisation, et chacun passait d’un plan physique e u plan spirituel au moment où il était absorbé par son corps sous la direction habile et minutieuse du grand ange orange. Mike avait l’impression de poursuivre des études menant à une forme de prêtrise. Chaque fois qu’il répétait un enseignement d’Orange, celui-ci regardait en direction de son cœur ! Orange devenait très intense, et à trois reprises pendant que Mike énonçait des promesses et exprimait l’intention qu’un don particulier se répande en son centre spirituel, il eut l’impression qu’Orange lisait dans son âme. D’abord, il se sentit mal à l’aise, puis il se rendit compte que l’entité vérifiait l’intégrité des paroles qu’il prononçait. Si Mike avait feint d’être sincère, Orange l’aurait immédiatement perçu et n’aurait pas permis que l’enseignement se poursuive. 

 

Après deux semaines, tous les colis avaient été ouverts, expliqués et intégrés au soi spirituel de Mike, qui avait réussi toutes les épreuves. En fait, il avait trouvé une épreuve particulièrement difficile. Mike avait peur des espaces confinés. Il ne savait pas pourquoi mais, très jeunes, il avait constaté que la panique s’emparait de lui s’il se trouvait dans un espace réduit. Un des présents d’Orange lui permit de surmonter cette phobie. Mike avait alors exprimé une intention et effectué la cérémonie appropriée. Orange lui expliqua que son sentiment de peur dans un espace confiné était un résidu karmique et que le fait d’en débarrasser éliminait plusieurs autres expériences de vies antérieures qui accompagnaient Mike dans sa vie actuelle. 

 

Quelques jours plus tard, une immense caisse fut ouverte durant la séance de formation. Plutôt que d’en sortir quelque chose, l’ange demandé à Mike de grimper dans la caisse ! Il en referma ensuite le couvercle, et Mike se retrouva dans la noirceur, recroquevillé à l’intérieur. Il entendit le bruit de chacun des clous qu’Orange enfonçait dans la caisse pour bien la refermer. Puis, plus rien que le silence et une noirceur totale. 

 

Il entendait distinctement son souffle dans cet espace réduit, et sa position exiguë était loin d’être confortable. Il entendait même les battements de son cœur. Orange ne lui donna aucune explication ; ce n’était pas nécessaire. En réalité, Mike ne pouvait feindre cette autre épreuve. 

 

Pendant environ dix secondes, les battements cardiaques de Mike s’accélérèrent au souvenir de sa peur. Et puis, au moment où son corps entier aurait dû se mettre à trembler de panique, la sensation de claustrophobie s’atténua entièrement et il se détendit. Dans un élan de joie, Mike constata que le don fonctionnait et que son corps avait d’abord réagi comme autrefois, mais que son esprit avait mis fin à ce mouvement. La paix s’était installée ; Mike fredonna une chanson avant de s’assoupir. Ravi, Orange ouvrit la caisse et fit ressortir Mike une heure plus tard. 

 

-       Tu es remarquable, Michaël Thomas de l’Intention pure, lui dit l’imposante entité angélique au large sourire. Mike pouvait lire la fierté dans les yeux d’Orange. « Certains d’entre vous ne se rendent pas si loin ». 

Pour la première fois, Mike réalisa vraiment qu’il n’était pas le seul qui avait demandé à entreprendre le chemin du retour. Le fait avait été mentionné à quelques reprises mais il n’en avait pas saisi tout l’importance. Il y pensa souvent, le soir. Pendant ce temps, Orange poursuivait l’ouverture des présents et commençait à distribuer les plus imposants. C’est durant la troisième semaine de formation qu’il sortit la grosse caisse. 

 

-       il y a trois outils dont tu auras besoin pour ton voyage, dit Orange en insistant bien sur chaque mot. Il se dirigea vers la caisse et l’ouvrit. Chaque fois que l’ange ouvrait une caisse, Mike s’assoyait sur le banc qu’on lui avait fourni et, rempli d’impatience, se demandait quel objet magique allait contribuer à augmenter sa conscience spirituelle, sa connaissance ou son pouvoir. Il n’avait absolument pas prévu la surpris qu’Orange lui réservait cette fois. 

Orange tournait le dos à Mike, de sorte que ce dernier ne pouvait voir ce qu’il s’affairait à retirer de la caisse. Au moment où il se retourna afin de lui présenter le premier outil, Mike vit le reflet d’un métal argenté. NON ! Ce n’était pas possible : Orange tenait à la main une pépée immense ! 

 

-       reçois l’épée de la vérité, déclara l’ange orange en présentant l’arme à Michaël Thomas. L’épée semblait immense dans la main de l’ange mais elle était gigantesque dans celle de Mike. De fait, elle était extrêmement lourde et encombrante. Mike n’en croyait pas ses yeux ! 

-       - c’est une véritable épée ! 

-       Aussi réelle que les autres présents, à l’exception que tu devras la porter sur toi en chemin vers les quatre prochaines maisons. 

Mike tenait l’épée dans ses mains et en admirait la beauté. Eh oui ! elle portait son nom, crut-il remarquer. Elle était gravée de dessins aux significations spirituelles. Sa poignée était grande et, pour la tenir, il fallait agripper une pierre d’un bleu cobalt éclatant. D’une beauté incomparable, l’épée arborait deux tranchants bien aiguisés. 

 

-       Essaie de bouger, dit l’ange en reculant. 

Michaël obéit et l’épée, transperça l’air ici et là pratiquement d’elle-même. Son pouvoir imprévisible fit tomber Michaël par terre ! Il se sentit stupide et gauche en se relevant avec l’intention de recommencer. Orange leva la main pour mettre fin à ce manège. 

 

-       Attend un peu, quelque chose pourrait peut-être l’aider. Il retourna à la caisse pour en ressortir autre chose, un autre objet aux reflets argentés. C’était un immense bouclier ! Mike secoua la tête, incrédule. Qu’est-ce que ça signifiait ? C’était plutôt étrange. Des armes en guise de présents spirituels ! Me prépare-t-on à jouer le rôle du roi Arthur dans une vie antérieure. 

 

-       Les apparences sont parfois trompeuses, Michaël Thomas e l’Intention pure. Orange se tenait devant lui, le bouclier à la main et répondant à ses pensées confuses. « Essaie ceci ». 

Orange enseigna à Mike à fixer le bouclier à son bras et lui donna quelques trucs quant à l’équilibre de l’épée et du bouclier de façon qu’il parvienne à bouger l’épée sans tomber à la renverse. Une excellente leçon ! 

 

-       Michaël, le bouclier représente la connaissance de l ‘esprit. Associé à la vérité, l’équilibre est tout-puissant. La noirceur se dissipe par la connaissance. Aucun secret ne survit à la lumière, et la lumière jaillit lorsque la vérité est révélée par l’examen de la connaissance. Il n’existe pas de combinaison plus importante. Toutes doivent être utilisées conjointement. 

-       Quoi d’autre dans cette caisse, demanda Mike en plaisant tout en trébuchant sous le poids de l’épée et du bouclier. 

-       C’est amusant que tu le demandes, dit l’ange en se dirigeant vers la caisse sous le regard incrédule de Mike. L’ange se pencha pour en ressortir un objet encore plus grand que les autres et aux mêmes reflets d’argent. 

-       Reçois l’armure, s’exclama-t-il d’un ton espiègle. Il était sur le point d’éclater de rire devant le regard médusé de Mike. 

-       Je n’y comprends rien, dit Mike en s’assoyant sur le banc. Comment vais-je pouvoir transporter tout ça ? 

-       Il te faudra apprendre. Laisse-moi te montrer. 

Orange prit l’épée et le bouclier. Il aida Mike à revêtir la lourde armure chargée d’ornements. C’était comme une veste qui recouvrait son torse. Elle lui allait comme un gant ! Il ajusta les agrafes, et Orange revêtit Michaël d’un fourreau servant à engainer l’épée de la vérité. Ensuite, il lui enseigna comment attacher le bouclier sur son dos pour voyager. Lorsque tout fut prêt, l’ange recula. 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, tu es maintenant en possession de la triade d’outils qui te permettra de passer à une autre vibration. Tu as l’épée de la vérité, le bouclier de la connaissance et l’armure de l’esprit. L’armure porte le nom de « manteau de Dieu ». Elle symbolise la sagesse nécessaire à l’utilisation juste des deux autres outils. Demain, tu commenceras ta formation à titre de Guerrier de la Lumière. La triade t’accord un grand pouvoir. N’utilise jamais ces outils séparément. 

Orange dégagea Mike de ses armes pour le conduire à sa chambre, là où il pourrait se rafraîchir, manger et se reposer. Mike demeura un long moment allongé sur son lit, réfléchissant aux contradictions flagrantes qu’il percevrait sur cette terre unique. Il s’endormit, la tête pleine d’idées opposées. 

Le lendemain matin, Mike se retrouva de nouveau dans la salle de formation. C’est seulement au cours des jours suivants qu’Orange entreprit de lui apprendre le maniement habile des armes qu’il lui avait remises. Il fallait d’abord lui enseigner l’équilibre. L’ange lui fit monter et descendre les escaliers en courant, vêtu de son armure et encombré de son épée et de son bouclier. Il lui apprit à tomber à se relever rapidement, se servant du bouclier comme contrepoids. Malgré tous ces exercices, Mike remarqua que les outils ne se salissaient et ne s’ébréchaient jamais. Paré de ses armes et de son armure, il courut, marcha, tournoya, mais ne combattit jamais. Il acquérait lentement le sens de l’équilibre. Avec le temps, un phénomène étrange se produisit. Un soir, alors qu’il enlevait son armure, Michaël ne ressentit pas l’impression de s’être libéré d’une lourde charge. Il se senti petit, sans défense et beaucoup trop léger ! 

 

Plusieurs jours s’écoulèrent avant qu’Orange n’entreprenne la formation au combat avec l’épée de la vérité. Mike s’attendait à ce que l’entité se transforme en véritable samouraï dans le but de lui enseigner à combattre. Mais la formation fut tout à fait différente. 

-       Tu as maintenant prêt à apprendre à utiliser ton épée. Michaël Thomas. Sors-là de son étui. 

D’un mouvement qui aurait animé la fierté de tout chevalier, Mike dégaina facilement sa longue épée gigantesque devant le regard approbateur de l’ange. 

-       Maintenant, lève-la vers Dieu. Michaël obéit. « Avant d’exprimer ta vérité, Michaël Thomas, ressens ton épée ». 

 

Mike n’avait pas la moindre idée du sens des paroles de l’ange. Ressentir l’épée ? Il la tenait entre ses mains ; comment pouvait-il ne pas la ressentir ? 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, tiens ton épée bien haut et exprime ta vérité. Est-ce que tu aimes Dieu ? 

Michaël commençait à saisir le sens de ces mots. La même question, encore une fois. Seulement, cette fois, il tenait une lourde arme spirituelle pointée vers les cieux, et on attendait presque un discours de sa part. Michaël répéta sa réponse habituelle. 

 

-       Oui Orange, comme tu peux le lire dans mon cœur – Mike ne pouvait croire ce qui se produisait. L’épée commençait à vibrer. 

Elle chantait presque en même temps qu’elle répandait une chaleur intense le long de son bras et dans sa poitrine. Le bouclier murmurait doucement en guise de réponse, Mike en était sûr. Et la chaleur de l’armure augmentait ! Les outils qu’il avait appris à transporter avec aise s’animaient soudain par son intention. Il se sentait envahi d’un sentiment de puissance dégagé par les éléments qu’il portait et maniait. Il se rappela qu’il devait parler : « J’aime Dieu, très certainement ». 

 

Mike tenait l’épée au bout de son bras et sentait sa vibration accompagner la sincérité de son intention. Il s’anima de puissance. Il se sentait illuminé et capable de rester immobile une autre heure encore, tenant la lourde épée frémissante à bout de bras, énonçant son intention de rentrer chez lui. Il sentait les trois éléments vibrer sur un fa faisant écho à son cœur. Des larmes coulèrent sur son visage lorsqu’il comprit le sens de la cérémonie qui se déroulait. Les éléments acceptaient sa biologie. Ils s’intégraient à son esprit, et son intention sincère catalysait la cérémonie ! Voilà qui expliquait la présence de l’épée, du bouclier et de l’amure. Ils étaient des symboles. Quoi d’autres ? Cette explication satisfaisait Michaël Thomas, et il se sentait transplanté à un autre niveau d’engagement et de conscience. 

 

Orange et Michaël Thomas se communiquèrent des sentiments d’amour ce jour-là. Mike savait que le moment du départ approchait. Orange ne lui avait jamais appris à combattre et Mike sut que c’était parce que les armes servaient seulement de symboles. Mike interrogea Orange sur le retour et sur le chemin à suivre. Il ne cessait de manifester son étonnement devant la présence d’armes terrestres sur cette terre sacrée et spirituelle. Orange évitait adroitement toutes les questions, sauf celles dont Mike pouvait obtenir la réponse, et encore là, il demeurait vague. 

 

-       Orange, tu aurais fait un politicien habile sur la terre, plaisanta Mike. 

-       Qu’ai-je fait pour mériter une telle insulte, plaisanta Orange à son tour. 

-       Je me sens vraiment lié à toit. Mike était ému. Il ne voulait pas quitter ce grand maître angélique. 

-       N’en dis pas plus, Michaël Thomas de l’Intention pure. Je vais te communiquer un secret du royaume des anges. Il se pencha pour mieux le regarder dans les yeux et poursuivit : « Toi et moi appartenons à la même famille. Nous ne disons pas au revoir parce que nous ne nous quittons jamais. Je suis toujours avec toi et à ta disposition. Tu verras. Maintenant, il est temps de te retirer ». 

 

Mika était étonné de la nature directe de ce message d’orange. La même famille ? Comment est-ce possible ? Puis Mike se sentit ridicule, se rappelant qu’à son arrivée, Orange avait sans doute entendu sa plainte à l’effet que les anges ne saluaient jamais. Quelle réponse ! Toute une révélation en effet ! Ils ne me quittent jamais ? 

Pour la première fois depuis son arrivée dans la maison orange, Mike se rappela son hésitation lorsqu’il s’étai trouvé à l’embranchement de la route et le fait que Bleu lui avait en quelque sorte suggéré d’utiliser sa carte. Il avait véritablement entendu la voix de l’ange dans sa tête. 

 

-       Tu connais Bleu ? se risqua-t-il à demander à Orange. 

-       Aussi bien que moi-même, répondit celui-ci. 

Sans répondre, Mike se retira dans la pièce qu’il avait appris à apprécier, là où il mangeait et dormait. Bien qu’il n’ait pas été question de son départ, il  entreprit d’emballer ses effets dans ses sacs qu’il avait presque oubliés, se préparant à quitter au matin. Il jeta d’un coup d’œil sur ses photos et ses livres, soupirant devant ces précieuses possessions et au souvenir de ses expériences terrestres. Jusqu’à un certain point, les photos et les livres semblaient de trop. 

 

C’est un Michaël Thomas songeur qui se présenta à la porte, près au départ, après le petit déjeuner du lendemain. Orant l’avait silencieusement accompagné dans cette direction. Cette fois, Michaël était plus lourdement charge ; le sac contenant la carte, les nouveaux outils résonnant au rythme de ses mouvements et les deux sacs de livres et de photos. 

-       Michaël, est-u certain de vouloir prendre tous ces bagages avec toi. Il serait mieux que tu ne les aies pas, lui dit Orange. 

-       Ils représentent toutes mes possessions terrestres, répondit Mike. J’en ai besoin. 

-       Pourquoi ? 

Mika réfléchit à la question, mais sans pouvoir se résoudre à abandonner ces objets. 

 

-       En souvenir et en l’honneur de ma vie antérieure, dit-il. 

-       Our te relier aux anciennes façons de faire, Michaël ? 

Mike était irrité par toutes ces questions. L’ange poursuivit. 

 

-       Pourquoi ne me laisses-tu pas tes sacs ? Je t’aime et je vais te les conserver précieusement au cas où tu reviendrais par ici. 

-       Non ! Mike ne voulait plus en entendre parler; c’était à lui, et il les garderait le plus longtemps possible ; il avait besoin d’objets de son ancienne vie pour lui rappeler comment il était alors; 

L’ange acquiesça. Mike arrivait toujours à ses fins. Il savait que tous les anges avaient respecté ses choix et n’avaient jamais contesté ses décisions. 

 

Ce matin-là, Michaël Thomas ne dit pas au revoir à Orange. Debout sur le palier devant l’ange avec qui il venait de passer plusieurs semaines, il se rappela l’explication d’Orange à propos des adieux. 

 

-       A bientôt, dit-il donc, n’y croyant pas vraiment. 

Orange rentra en refermant la porte derrière lui. Je me demande comment ils font ça. Les seuls « adieux » consistent à fermer les portes ! se dit Mike. 

 

Mike s’aventura sur le sentier, dans une nouvelle direction. Il parvenait difficilement à garder son équilibre, surchargé par tout ce qu’il portait. L’ajout de l’épée, du bouclier et d e l’armure aux livres et aux photos qu’il transportait déjà l’alourdissait à un point presque insupportable. Il regrettait d’avoir à trimbaler ces lourds symboles du Nouvel Age. Quel marché stupide : se dit-il, agacé. Je dois avoir l’air ridicule. Ces armes sont-elles vraiment nécessaire ? je ne les utiliserai jamais en combat. Je ne saurais même pas m’y prendre. Orange ne me l’a jamais appris. Ils ne servent que d’apparat et d’objets de cérémonie. Cela n’aurait-il pas suffi d’en connaître l’existence ? 

 

Tout préoccupé qu’il était à maintenir son équilibre entre ses bagages nouveaux et anciens, il avait oublié les difficultés éprouvées sur le sentier menant à la maison orange. Il ne se rappelait plus que quelque chose l’attendait. Pendant qu’il cheminait bruyamment, traînant ses sacs et équilibrant ses armes, une forme sinistre d’un vert foncé l’épiait entre les arbres. La chose examinait Mike avec un nouvel intérêt. Ce n’était plus l’ancien Mike. Il était devenu un être plein de pouvoirs et armé ! Ce ne serait pas facile. Il faudrait songer à une nouvelle stratégie, à une tactique qui confondrait Michaël Thomas à une puissance et à une rigueur encore plus forte. Le temps ferait la différence, mais d’ici là, la masse sombre le suivrait à distance, attendant l’occasion de frapper. Elle entreprit sa filature, de façon à ne pas être vue, suivant Michaël Thomas dans son périple. Elle avait confiance que cet être humain ne se rendrait jamais chez lui

 

 

Kreyon, canalisé par Lee Carroll 

La première maison

La première maison dans LE RETOUR anjinho2        mini_5_gif dans LE RETOUR          

Le lendemain matin, la température était plutôt morne, mais Mike se sentait très bien. Il puise dans ses maigres économies et se paye un petit déjeuner copieux à la terrasse d’un bistro. Ça lui semblait curieux d’être dehors si tôt. Normalement, il aurait été au travail, où il aurait mangé son lunch et où on l’y aurait encore trouvé au coucher du soleil. 

 

Planté devant le bistro, deux sacs à la main et un autre sur l’épaule, Mike ne savait quelle direction prendre. Il ne pouvait aller vers l’ouest puisqu’il se retrouverait vitre face à l’océan. Il irait donc vers l’est jusqu’à ce qu’on lui indique une autre voie. Il se sentait bien à l’idée d’entreprendre un voyage fondé sur la foi, mais il aurait tout de même aimé un peu de précision sur sa destination. 

 

Si seulement j’avais quelques indices, une carte ou une indication quelconque sur ma position actuelle, se dit-il en marchant vers l’est. Il traversa lentement la banlieue de Los Angeles, en direction des montagnes. Devant lui, il n’y avait aucune limite. Il me faudra des semaines pour m’y rendre, pensa-t-il. 

 

Il ne savait pas vraiment où il allait, mais il pousse vers l’est. Vers midi, il s’assit en bordure d’une route et termina les restes du petit déjeuner qu’il avait conservés, se demandant toujours s’il était sur la bonne voie. 

 

-       Si tu es là, j’ai vite besoin de toi ! s’écria-t-il, implorant le ciel. Où sont les portes du chemin ? 

 

-       Tu as une carte ! lui murmura une voix familière à l’oreille. Il se leva et regarda autour de lui sans tien remarque, mais il avait reconnu la voix de l’ange. 

 

-       Ai-je entendu ou senti ? marmonna-t-il, soulagé. Enfin, une communication ! Tu en as mis du temps, 

 

-       T’avais qu’à demander plus tôt ! répondit la voix. 

 

-       M’ais j’erre depuis des heures ! 

 

-       C’est ton choix, déclara la voix. Pourquoi as-tu mis tant de temps à verbaliser ta demande ? Il était évident que la voix s’amusait à réfuter les objections de Mike. 

 

-       Es-tu en train de me dire que j’obtiens de l’aide seulement si je la demande ? 

 

-       Oui, tout un concept, n’est-ce pas ? Tu es un esprit libre, respecté, puissant et apte à prendre les propres décisions. C’est ce que tu as fait tout au long de ta vie. Nous sommes toujours là, mais n’entrons en jeu que si tu le demandes. Est-ce si étrange ? Mike fut agacé par la logique absolue des paroles de l’ange. 

 

-       Bon d’accord. Où dois-je aller ? Il est plus de midi, et j’ai l’impression d’avoir passé la matinée à deviner la direction à prendre. 

 

-       Pas moi d’ailleurs ! Répondit la voix espiègle. Les portes du chemin sont droit devant toi. 

 

-       Durant tout ce temps j’étais sur la bonne voie ? 

 

-       Ne sois pas si étonné d’avoir pris la bonne direction. Tu fais partie du tout, Michaël Thomas de l’Intention pure. L’expérience te permettra de mieux utiliser ton intuition. Pour l’instant, mon rôle consiste simplement à t’aider dans les petites choses. La voix fit une pause. Regarde, les portes sont déjà là ! Michaël se tenait devant une immense haie qui  menait vers une gorge entres les rangées de maisons. 

 

-       Je ne vois rien. 

 

-       Regarde encore, Michaël Thomas. 

 

En y regardant de plus près, Mike crut percevoir les portes à travers la haie. Elles ne se laissaient pas voir facilement, car elles se mêlaient étroitement à l’ensemble du feuillage. Puis, tout à coup, il les vit clairement ! Elles ne pouvaient plus lui échapper, même s’il l’avait voulu. Elles étaient si évidentes ! Il en détourna légèrement les yeux et les regarda de nouveau d’une manière différente. Elles étaient encore plus apparentes ! 

-       Que se passe-t-il ? demanda Mike, conscient du changement de sa perception. 

-       Lorsque les choses cachées deviennent évidents, lui dit la voix douce de l’ange, tu ne peux retourner à l’ignorance. Dorénavant, tu verras toutes les portes clairement, puisque tu as manifesté l’intention de les voir. 

 

Même s’il ne comprenait pas toute la signification de ce qu’on lui disait, il n’en demeurait pas moins prêt à s’engager sur le chemin de son périple. La haie cessa de ressembler à des portes et devint ces portes. Sous les yeux mêmes de Mike, elles se changeaient, prenant de l’expansion. 

-       Un véritable miracle ! se dit-il en continuant d’observer la longue haie se transformer en portes bien visibles. Il recula un peu pour mieux voir le phénomène. 

 

-       Pas vraiment, repris la voix, ton intention spirituelle t’a légèrement changé et les choses qui vibrent à cet autre niveau où tu es se sont tout simplement manifestées : rien de miraculeux dans tout ça. C’est ainsi que vont les choses. 

 

-       Tu veux dire que ma conscience peut modifier la réalité ? demanda Mike. 

 

-       Oui, d’une certaine manière. La réalité est l’essence de Dieu et elle est constante. Ta conscience humaine n’en révèle que les parties que tu veux expérimenter. Au fur et à mesure de ton évolution, tu en perçois une part toujours plus grande. Tu peux expérimenter et utiliser les choses qui se révèlent à toi comme tu le désires, mais tu ne peux retourner en arrière. 

 

Mike commençait à saisir, mais il souhaitait poser une autre question avant de se diriger vers les portes qui, maintenant, s’offraient clairement à lui. Il était toujours prêt à soumettre la vérité à l’épreuve, même cette voix angélique qu’il entendait dans son esprit. Il réfléchit à sa question avant de la formuler. 

 

-       Tu as dit que j’étais une créature possédant le libre arbitre. Pourquoi alors ne puis-je revenir en arrière si tel est mon souhait ? Pourquoi ne puis-je m’écarter de la nouvelle réalité et en reprendre une autre plus simple ? N’est-ce pas là justement le libre arbitre ? 

 

-       La physique de la spiritualité crée un axiome selon lequel tu ne peux retourner à un état de conscience inférieur, répondit la voix. Si tu choisissais délibérément de le faire malgré tout, tu nierais l’illumination qui s’offre à toi et tu deviendrais déséquilibré. En fait, tu peux essayer de revenir en arrière, car tu possèdes le libre arbitre. En vérité, il est triste que certains humains essaient de mettre de côté la vérité qu’ils connaissent, car ils ne pourront survivre longtemps à deux niveaux de vibrations. 

 

Mika ne comprenait pas entièrement la nouvelle information spirituelle transmise par la voix, mais il avait reçu la réponse à sa question. Il savait pouvoir rebrousser chemin sur-le-champ et retourner en ville. Le choix lui appartenait. Là où il se tenait, il voyait les portes et, sachant qu’elles s étaient là, il ne pouvait pas ne pas en tenir compte. Autrement, il deviendrait déséquilibré et sans doute, malade. Tout ça lui paraissait absolument logique, et il souhaitait aller de l’avant et certainement pas faire marche arrière. Alors, il prit ses bagages et s’avança vers les portes, vers le sentier sur lequel s’amorçait son périple. C’était un simple chemin de terre, comme tous les autres dans cette gorge. Tout animé, Mike franchit rapidement les portes. 

 

A peine les avait-il franchies qu’une sombre silhouette verdâtre se glissa aussi sur le sentier. Les buissons flétrissaient sur son passage et si Mike n’avait pas continué d’avancer, il aurait senti cette odeur infecte. Une entité négative se mit à suivre Michaël Thomas, gardant une certaine distance pour ne pas être vue, maintenant le rythme alerte du voyageur. A la manière d’un fantôme vif et malin, il combattait l’enthousiasme de Mike avec sa haine et sa noirceur. Mike n’avait pas la moindre idée d’être suivi. 

 

Aussitôt que Michaël fut sur le sentier, le paysage et son sentiment à son égard se transformèrent considérablement. Il ne pouvait plus voir la cité tentaculaire ni sa multitude de banlieues. 

 

Il n’y avait plus le moindre signe de civilisation : ni poteaux téléphoniques, ni avion, ni autoroute. Il s’était lancé sur le sentier de terre qui s’étirait devant lui avec la même ardeur qu’un enfant met à ouvrir ses cadeaux de Noël, fonçant sans réfléchir. Soudain, il constata que chaque pas le menait plus avant dans un autre monde. Ce voyage le conduisait dans une réalité bien différente de celle qu’il venait tout juste de quitter. Il se demandait d’ailleurs s’il ne se trouvait pas quelque part entre la terre et le paradis, un lieu où il pouvait entreprendre son éducation spirituelle, une étape qu’il croyait imminente et nécessaire s’il devait un jour avoir l’honneur de franchir le seuil d’un chez soi. Le sentier s’était peu à peu élargi et offrait maintenant la dimension d’une route d’un peu plus d’un mètre, sans empreintes de pas d’aucune sorte et très facile à suivre. 

 

Mike se tourna subitement. Qu’y avait-il là ? Une forme d’un vert foncé attira son œil avant de se précipiter sur la gauche, derrière un bloc de pierre. Un animal sauvage sans doute, se dit-il. La route qu’il voyait derrière lui reflétait exactement celle qui s’étendait devant : un long sentier tortueux disparaissant derrière les collines et bordé d’arbres verts luxuriants, de plaines et d’affleurements rocailleux. Quelques fleurs ponctuaient le paysage de points de couleurs disposés parfaitement sur le grand tapis de verdure. 

 

Mike s’arrêta pour se reposer. Il n’avait aucune montre, mais la position du soleil lui indiquait qu’il devait être quatorze heures, le temps de casser la croûte. Il s’assit en bordure de la route et termina les miettes qui lui restaient encore de son petit déjeuner. Autour de lui, l’atmosphère baignait dans le calme. 

 

Pas d’oiseaux, constata-t-il. Il examina attentivement le sol. Pas d’insectes non plus. Comme s’est étrange. Mike contemplait son environnement. Il sentit une brise dans ses cheveux. Au moins, il y a de l’air. Il regarda vers le ciel et vit qu’il était de ce bleu des plus beaux jours. 

 

Son sac ne contenait plus de nourriture, mais il savait qu’il n’était pas seul et que Dieu pourvoirait à son alimentation. Il se rappela l’histoire de Moïse dans le désert, errant pendant quarante ans avec le peuple d’Israël. Il lui revint en mémoire que leur nourriture provenait du ciel et, en y réfléchissant, il se demanda si c’était vrai. Toutes ces familles qui suivaient Moïse comptaient certainement des adolescents aux têtes fortes comme nous en avons aujourd’hui, pensa-t-il. Il pouvait facilement en imaginer un se plaindre à ses parents : « J’ai vu cette même roche au moins huit fois depuis que je suis né. Pourquoi faites-vous confiance à ce Moïse ? Il nous fait tourner en rond. Le désert a ses limites, après tout. Aie ! M’écoutez-vous ? » 

 

Entrevoir la scène le faisait rire. Puis, il se demanda s’il allait revoir bientôt la même roche, signe qu’il tournait en rond lui aussi ! Il n’avait pas la moindre idée de sa destination, tout comme les Israélites dans le désert, et sans nourriture en plus. Il rit encore plus fort en constatant les similitudes. 

 

Peut-être son rire fut-il entendu ou il était tout simplement temps, mais au détour suivant de la route, il la vit. La première maison était d’un bleu éclatant. Pour l’amour du ciel ! s’exclama Mike intérieurement. Si un architecte voyait ça, il hurlerait ! Mike riait sous cape. J’espère que je ne suis pas insolent, mais c’est la première fois que je vois une maison toute bleue. Le sentier menait jusqu’à la porte, de sorte qu’il sut que c’était là son premier arrêt. Sans compter qu’il n’y avait rien d’autre autour. 

 

En approchant de la petite maison, il remarqua qu’elle était d’un bleu cobalt et qu’elle irradiait de l’intérieur. Comme il tournait pour s’engager sur le petit chemin qui y menait, il vit une pancarte sur laquelle figuraient les mots : MAISON DES CARTES. Mike se rendit compte que c’était ce qu’il avait demandé. Il pourrait enfin se diriger. Le reste du trajet serait sans doute plus rassurant. Une carte à jour serait un objet bien utile en cet étrange pays.   

 

La porte de la maison s’ouvrit tout à coup et une immense créature du même bleue que la maison en surgit ! C’était vraisemblablement une entité angélique puisque, comme l’ange de la vision, elle était plus grande que nature, plus grande qu’un humain. Sa présence emplissait l’atmosphère d’un sentiment de splendeur et d’un parfum de fleur. Michaël pouvait encore une fois sentir l’odeur de l’entité. Le grand être se tenait là devant lui. 

-       Salut à toi, Michaël Thomas de l’Intention pure. Nous t’attendions. 

 

Contrairement à l’ange de la vision, le visage de cette entité était parfaitement visible, et Mike pouvait y déceler une expression de bien-être et de bonheur constants, peu importe ce qu’il sentit, Mike appréciait sa compagnie et se montra respectueux dans les circonstances. Il salua l’ange. 

-       Salut à toi, grand être bleu ! Soudain mal à l’aise, Michaël senti le besoin d’avaler. Peut-être l’ange ne voulait-il pas qu’on le nomme ainsi. Sa couleur n’était peut-être qu’une perception de l’œil humain. Etait-il vraiment bleu ? Peut-être même qu’il l’aimait pas le bleu ! Mike soupira à la pensée de tous ces doutes qui l’assaillaient. 

 

-       Je suis bleu aux yeux de toutes les entités, Michaël Thomas de l’Intention pure, dit l’ange d’un ton rêveur. J’accepte ta salutation avec joie. Si tu veux bien entrer dans la Maison des cartes, tu y passeras la nuit. 

 

Cette fois, Mike fut heureux qu’un ange lise dans ses pensées. Qu’avait dit l’ange de la vision à ce propos ? Qu’il pouvait les sentir ? De toute façon, Mike était heureux de ne pas avoir offensé le gardien de la première maison. 

 

Mike et l’ange bleu, deux êtres très disparates, se retournèrent et entrèrent dans la maison bleue. Au moment où la porte se refermait derrière eux, deux yeux rouges immenses et flamboyants de colère perçaient à travers un buisson, à quelque spas de la maison. Alertes, silencieux et patients, ils ne bougeraient pas jusqu’à ce que Mike reprenne sa route. Dès l’instant où il entra, Mike fut ébahi parce qu’il vit. La structure intérieure de la maison était immense ! Elle semblait interminable. Pourtant, elle était si modeste d e l’extérieur ! Il se rappela les paroles de l’ange de la vision qui affirmait que les apparences étaient parfois trompeuses. Il se trouvait certainement dans une partie de l’étrange réalité de sa nouvelle conscience. Il se demanda si cette autre perception portait une signification plus étendue. 

 

Il déambulait derrière l’ange par les grands corridors de la Maison des cartes. L’intérieur ressemblait à une librairie luxueuse, comme celles que l’on retrouve en Europ et qui contiennent des livres historiques inestimables de toutes sortes. Mais, il  n’y avait là ni rayons, ni livres. Les murs étaient percés de dizaines de milliers de petites cavités dont l’intérieur en bois semblait contenir des parchemins. La hauteur des murs était interminable et ces cavités se retrouvaient dans chaque salle qu’ils traversaient, d’un étage à l’autre. Il ne pouvait voir ces ouvertures de près, mais il se dit qu’elles contenaient sans doute des cartes, comme l’indiquait le nom de la maison. Mais pourquoi un si grand nombre ? Durant toute la durée de la longue visite des immenses pièces de la maison, il ne rencontra pas âme qui vive. 

 

-       Sommes-nous seuls ? demande Mike. L’ange étouffa un rire. 

-       Ça dépend de ce qu’être seul signifie, je suppose. Ce que tu vois là, ce sont les contrats de chaque être humain de la planète. L’ange continuait d’avancer d’un air détaché. 

 

Mike s’arrêta, les yeux agrandis, étonné des paroles de l’entité bleue. La distance entre eux s’allongea, l’ange poursuivant son chemin tandis que Mike restait sur place. Sentant que Mike ne le suivait pas, l’ange s’arrêta, se retourna et l’attendit, sans rien ajouter. 

 

Michaël voyait les échelles appuyées contre les hauts murs remplis des cavités boisées contenant toutes les parchemins. Des contrats avait dit l’ange. Qu’est-ce que ça pouvait bien signifier ? 

-       N’y comprends rien, dit-il en rattrapant l’ange. 

-       Avant que ton périple prenne fin, tu auras compris, lui répondit l’ange d’une voix rassurante. Il n’y arien ici qui doive te faire peur, Michaël. Tout est en ordre. Ta visite était attendue et elle est honorée. Ton intention est pure, et nous pouvons tous la percevoir. Détends-toi et accepte l’amour que nous t’offrons. 

 

Les paroles de l’entité bleue eurent un effet indicible sur Mike. Aucune autre entité de l’univers n’aurait pu prononcer de paroles plus appropriées. Commençait-il à mieux sentir les choses ? L’ange de la vision lui avait communiqué les mêmes vibrations d’amour, mais il réagissait avec beaucoup plus d’émotion cette fois. 

 

-       C’est bien de se sentir aimé, n’est-ce pas Michaël ? L’ange était revenu près de lui et le dominait de sa taille. 

-       Je ne comprends pas l’effet que ça me fait. Je me sens au bord des larmes. 

-       Tu es en train de passer à une autre vibration, Michaël. 

-       Je n’arrive pas à saisir la signification de tout ça. Au fait, as-tu un nom ? Michaël craignait encore une fois d’avoir offensé l’entité. Et si c’était « un » ange féminin ? Mike ne s’y connaissait pas vraiment dans ce domaine, mais d’après son apparence, l’ange aurait pu tout aussi bien être « une » ange. 

-       Appelle-moi Bleu, tout simplement, dit l’ange en lui faisant un clin d’œil. Je n’ai pas de genre, bien que ma taille et ma voix disent à ton esprit que je sois « un » ange. Partons de ce principe, si tu le veux bien. 

 

L’ange fit une pause pour mieux permettre à Mike d’assimiler ce qu’il venait d’entendre. Puis, il poursuivit : « Ta structure cellulaire d’être humain peut exister à divers niveaux de vibration. Nous appellerons niveau un, celui auquel tu es habitué. Tu le connais bien et il t’a bien servi jusqu’à présent. Mais, au cours de ce voyage, tu devras atteindre le niveau six ou sept si tu veux parvenir à ton but. Pour l’instant, tu es en train d’arriver à ce que j’appelle le niveau deux, à défaut d’un meilleur terme. Chaque niveau de vibration donne une plus grande conscience de la réalité de Dieu, comme on te l’a déjà dit. Ce que tu ressens maintenant est une plus grande conscience de l’amour. L’amour est immense, Michaël. Il a des propriétés physiques et il est puissant. Ton nouveau degré de vibration te permet de le ressentir comme tu ne l’as jamais pu auparavant. Il est l’essence même de son but et il ira en s’intensifiant dans chacune des maisons où tu pénètreras. 

 

Mike adorait écouter Bleu. Il lui donnait plus d’explications qu’il n’en avait reçues jusqu’à maintenant. 

-       Est-u professeur ? demanda Mike. 

-       Oui, le rôle de chaque ange de chacune des maisons est d’enseigner, excepté le dernier. J’aurai à te révéler des vérités reliées à ma maison et il en va de même des autres. A la fin de ton périple, tu auras une vision beaucoup plus grande de la façon dont les choses se déroulent dans l’univers.  J’ai pour tâche de te transmettre ce que tu as mérité par l’expression de ton intention. Ton passage dans ma maison te permet de recevoir la carte de ton contrat. Demain en début de journée, je te la remettrai et répondrai à quelques-unes de tes questions avant que tu poursuives ton chemin. Il était important que tu visites cette maison d’abord puisque tu y recevras de l’aide pour ton voyage. Mais pour l’instant, je t’invite à te nourrir et à te reposer. 

 

Mike suivit Bleu. Il se sentait de plus en plus à l’aise avec son nouvel ami… bleu. Celui-ci le dirigea vers un magnifique jardin intérieur où l’on cultivait toutes les variétés de fruits et de légumes en rangées interminables. Comme dans les autres pièces, la lumière provenait du toit. Elle donnait un effet naturel à chaque espace de la maison; on sentait une odeur de pain fraîchement sorti du four depuis une autre pièce. 

 

-       Qui prend soin de tout, ici ? demanda Mike. Je ne vois personne d’autre… t’arrive-t-il de te nourrir ? 

-       Chaque maison a des pièces semblables à celles-ci. Et non, je ne manque pas. Le jardin sert aux humains qui font le même parcours que toi et qui s’arrêtent ici dans la poursuite de leur apprentissage. Il est entretenu par plusieurs… que tu ne vois pas en ce moment. Tu ne manqueras ni de nourriture, ni d’abri tant que tu exploreras le sentier de la connaissance. C’est notre façon de t’honorer et d’honorer ton intention.   

 

Mike se sentit envahi par le sentiment d’être protégé pendant qu’ils se déplaçaient vers d’autres pièces, l’être humain suivant, l’imposante entité bleue. Ils atteignirent une pièce curieuse, prévue pour le sommeil. Isolée, elle était garnie d’un superbe lit antique à baldaquin recouvert de draps de dentelle invitant Mike à y déposer son corps exténué. Les oreillers dodus l’attiraient et promettaient le confort et la sécurité propres à un sommeil profond. Mike était ébahi par l’accueil qu’on lui réservait. 

 

-       Tout ça pour moi ? dit-il, impressionné. 

-       Pour toi et les autres, Michaël. Nous recevons tous ceux qui ont exprimé la même intention que toi. 

 

La pièce attenante offrait un festin que Mike ne pouvait même pas envisager d’entamer. Il y avait là plus de délices qu’il n’en avait jamais vus à la fois, beaucoup trop pour une seule personne. 

 

-       Mange ce que tu veux, Michaël, lui dit Bleu. Rien de tout cela ne sera perdu. Mais ne prends rien avec toi. Résiste à cette tentation. C’est un test sur ta voie, quelque chose que tu comprendras pleinement plus tard. 

 

Bleu se retira. Mike déposa ses bagages, s’assit et mangea comme il ne l’avait jamais fait. Il ne voulut pas se montrer glouton, mais il emplit son estomac de ces mets délicieux. Ses yeux commençaient à se fermer de fatigue et le décor créait un sentiment de confort qu’il n’avait pas connu depuis qu’il était le petit enfant chéri de ses parents. 

 

Si je pouvais seulement conserver cette sensation ! se dit-il. Le fait d’être humain prenait à l’instant se pleine mesure. Il quitta la table et décida de laver la vaisselle sale le lendemain matin. Oh ! qu’il était las ! Il arriva même difficilement à se déshabiller et à surprendre ses vêtements. Il se mit au lit, et le bien-être enveloppant d’un sommeil paisible l’envahit aussitôt. 

 

Dans le silence matinal, il se réveilla superbement reposé. Il se lava, se dirigea vers la salle à manger et découvrit avec surprise que les restes de la veille avaient été enlevés et qu’un magnifique petit déjeuner l’attendait. En fait, c’était en partie l’odeur des œufs frais, des pommes de terre et du pain chaud qui l’avait éveillé. Il profita de son petit déjeuner en solitaire et s’interrogea une fois de plus sur l’idée qu’il avait eue de demander à rentrer chez lui. 

 

Est-ce une bonne idée de vouloir se retirer de l’expérience terrestre ? se demanda-t-il. Qu’arrive-t-il à ceux qui restent ? Ils ne pourront pas expérimenter les autres niveaux de vibration qui m’attendent. Est-ce juste ? Il ressentit une légère mélancolie à la pensée de ses amis et de ses collègues. Il songea même à son ancienne amante ! 

 

Qu’est-ce qui m’arrive ? se demande Mike. Je commence à ressentir de l’empathie pour ceux qui m’entourent. Ça ne me ressemble pas. Je trouve ça plutôt pénible ! Je commence à regretter d’avoir quelque chose que les autres n’ont pas. Cela signifie-t-il que je suis sur la mauvaise voie ? Devrais-je rebrousser chemin ? 

 

-       Il est inévitable que tu te poses toutes ces questions, Michaël, dit Bleu, qui apparut soudain dans l’entrebâillement de la porte et qui, encore une fois, se glissa dans les pensées de Mike. Bien qu’étonné, celui-ci fut ravi de voir l’ange et le salua d’un signe de la tête. 

 

-       Parle-moi de ces choses, Bleu. J’ai vraiment besoin de directives. Je commence à me demander si j’ai pris la bonne décision. 

 

-       Les méandres de l’esprit sont merveilleux, Michaël Thomas de l’Intention pure. Et le postulat de l’illumination de l’homme consiste d’abord à prendre soin de soi. Ensuite, le résultat du périple sera transmis à ceux qui nous entourent puisque l’intuition de l’un affecte les autres. 

 

-       Encore une fois, je ne suis pas sûr de bien comprendre, rétorqua Mike, confus. 

 

-       Même si tu ne saisis pas maintenant, Michaël, tes actions affectent les autres et leur offrent l’occasion de faire un choix, ce qui aurait été impossible sans ta décision d’être ici, en ce moment même. Fais confiance à la vérité des événements et ne te fais aucun reproche. 

 

Mike se senti soulagé d’un poids immense. Bleu n’avait pas réussi à lui faire comprendre entièrement le fonctionnement du plan spirituel, mais il l’avait suffisamment rassuré. Michaël se sentait confiant dans la poursuite de sa quête. 

 

Il fit ses bagages et quitta sa chambre. Il revint dans le hall d’entrée menant à la porte par laquelle il avait pénétré la veille. Bleu le suivi, et Mike s’émerveilla encore de l’immensité de l’endroit. L’entité ne fit aucune remarque en constant que Mike avait glissé un bagel et quelques baguettes dans son sac. 

 

-       Où allons-nous ? demanda ce dernier. Dois-je aller par là ? 

Il s’avait qu’il allait recevoir sa propre carte, et il voulait que Bleu prenne les devants. 

 

-       Tu peux t’arrêter ici. Ils s’immobilisèrent au centre du vaste hall bleu magnifiquement décoré, et Bleu se dirigea sans rien dire vers un mur éloigné sur lequel s’appuyait une échelle. « Viens ici, Mike ». 

 

Mike obéit et, en un rien de temps, Bleu lui fit grimper une longue échelle par laquelle il devait atteindre une cavité où se trouvait sa carte. En grimpant, Mike remarqua que chaque cavité portait un nom. En réalité, chacune en contenait deux : un qui semblait écrit en caractères arabes et un autre, en caractères romains. Il n’y avait aucun classement alphabétique, et les cavités semblaient obéir à un ordre connu de Bleu seul et que Mike ne saisissait pas. L’ange lui avait dit exactement où regarder et il se trouvait maintenant à quelques centimètres de l’endroit indiqué. 

 

Puis, il la vit. La case portait la mention « Michaël Thomas » et une autre, étrangère à ses yeux, probablement en langue d’ange, se dit-il. On lui avait donné instruction de ne pas regarder ailleurs, de retirer le parchemin de la cavité et de redescendre afin de l’examiner. Il venait tout juste de saisir le parchemin et s’apprêtait à descendre lorsqu’un groupe de noms attira son regard. Son cœur fit un bond… les noms de ses parents étaient là. La disposition était faite par famille. C’était le système spirituel du grand hall ! Il savait qu’on lui avait formellement interdit de toucher aux autres parchemins, mais il s’attarda tout de même et se prit à examiner les noms qui ne signifiaient rien pour lui. Pourquoi ces autres noms accolés à ceux de ma famille ? 

 

-       Michaël ? 

-       J’arrive tout de suite, dit-il d’un ton contrit. 

Bleu savait ce qui lui passait par la tête mais Mike ne poserait aucune question pouvant violer le protocole de cet endroit sacré. Songeur, Mike redescendit la longue échelle bleue et remit le parchemin à lange. Celui-ci regarda Mike longuement. Dans ce regard intense, il n’y avait pas de secrets. Bleu faisait part de sa gratitude à Mike d’avoir respecté le système sacré, et Michaël sentit l’amour de Dieu transpercer son être entier. Tous deux sourirent devant cette communication sans paroles. Mike commençait à comprendre l’inutilité des mots ! Il lui semblait qu’il pouvait tout dire à Bleu sans prononcer une seule parole. Comme c’est étrange, pensa-t-il. 

 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, déclara formellement Bleu, voici la carte de ta vie. D’une façon ou d’une autre, elle te suivra partout dorénavant. Elle t’est remise avec amour et deviendra une de tes possessions le splus précieuses. Mike se rappela soudain les paroles de l’ange de la vision à propos de la nouvelle énergie beaucoup plus courante que la précédente. 

 

-       La carte est-elle à jour ? 

 

-       Beaucoup plus que tu ne peux le souhaiter, répondit Bleu d’un ton espiègle. Mike crut même l’avoir entendu ricaner ! 

 

L’entité tendit la carte à Mike en l’invitant d’un geste à l’examiner de plus près. Mike la posa sur son cœur quelques instants pour bien la savourer, comme un enfant l’aurait fait. Il sentait le caractère sacré de cet instant et ouvrit la carte d’une façon toute cérémonieuse qui fit sourire Bleu. Il savait ce qui allait se produire. 

 

Tout l’émerveillement que Mike avait ressenti disparut lorsqu’il déroula le parchemin. La carte était vierge ! Ou plutôt non. En plein milieu, à peine visibles, se trouvaient quelques lettres et symboles. Mike y regarda de plus près. Une flèche pointait vers un petit point rouge près duquel on pouvait lire : VOUS ETES ICI. Un petit symbole indiquant la maison des cartes était placé près du point. Trois centimètres de détails figuraient autour du point, y compris le sentier que Mike avait suivi, puis, plus rien, le vide total ! La carte indiquait seulement l’endroit où se trouvait Mike et une centaine de mètres tout autour.    

 

-       Qu’est-ce que c’est ? demanda Mike, quelque peu irrespectueux. C’est une blague d’ange ou quoi ? J’ai fait tout ce chemin jusqu’à la Maison des cartes pour recevoir un merveilleux parchemin sacré qui me dit que je suis.. dans la Maison des cartes ? 

 

-       Les apparences sont parfois trompeuses, Michaël Thomas de l’Intention pure. Accepte ce cadeau et garde-le précieusement. 

Bleu ne répondait pas à la question. 

Mike sut intuitivement qu’il ne servait à rien de la reposer. Il enroula sa prétendue carte et la mit dans son sac. Il était très déçu. Bleu le reconduisit vers la porte et sortit au grand air, Mike sur ses talons. L’ange se retourna. 

 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, je dois te poser une question avant que tu reprennes ta route. 

-       Oui, laquelle mon ami ? répondit Mike. 

-       Michaël Thomas de l’Intention pure, aimes-tu Dieu ? Bleu était très sérieux. 

 

Mika trouva étrange que l’ange de la vision ait posé la même question, presque sur le même ton. Il se demanda pourquoi on la lui reposait. 

 

-       Cher magnifique professeur bleu, puisque tu peux lire dans mon cœur, tu sais que j’aime sincèrement Dieu. Mike fixait l’ange droit dans les yeux en formulant sa réponse honnête. 

 

-       Qu’il en soit ainsi, dit l’entité en rentrant dans la petite maison bleue et en refermant solidement la porte derrière elle. Mike se sentit soudain débranché. Est-ce qu’ils ne disent jamais au revoir ? se demanda-t-il. 

 

L’air était embauché et agréable. Mike souleva ses bagages dans lesquels il avait glissé le pain de la maison bleue et prit une direction qui devait le mener à une autre maison où il recevrait des enseignements. Il passa en revue les événements amusants de sa visite à la Maison des cartes. Incroyable, une carte qui t’indique seulement où tu te trouves à l’instant. A quoi ça sert ? Bien sûr que je sais où je me trouve ! Quel étrange endroit ! 

 

Un éclat de rire carillonna des montages où Michaël Thomas de l’Intention pur clamait sa joie aux roches et aux arbres en poursuivant la route qui le menait chez lui. Son rire atteignait les oreilles couvertes de verrues d’une entité vert foncé tapie à quelque deux cents mètres derrière lui. Mike était loin de soupçonner que cette forme sombre avait attendu patiemment qu’il reprenne sa route pour le suivre pas à pas. La chose n’appartenait pas à ce royaume. Elle n’avait besoin ni de nourriture ni de sommeil. Elle n’éprouvait aucune joie, mais elle était totalement déterminée à ce que Michaël Thomas n’atteigne jamais la dernière maison. Son but était clair, et elle resserrait peu à peu la distance qui la séparait de Michaël Thomas de l’Intention pure

 

Kryeon 

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