Voir dans l’obscurité

téléchargement (3)La psychologie moderne a, depuis Freud, établi qu’il était justifié de reconnaître des insatisfactions existentielles si elles se présentaient. Sur le divan, on retrouve ce que l’intelligence soumise au moi veut éviter de voir, les mauvais moments, les attouchements indélicats du père, les cris sexuels de la mère qu’on prenait pour de la souffrance, d’autant que papa, parfois, pendant la journée disputait maman jusqu’à ce qu’elle pleure. Restons simples.

Le non-moi est parfois indigeste.

Mais tandis que l’estomac, lui, sait vomir, notre esprit ne sait que refouler, et fait semblant d’oublier. Comme l’esprit est fait pour être conscient, les procédures de mise à l’écart des perceptions douloureuses laissent des traces dans le fonctionnement même du cerveau. C’est une manière crue et directe de voir les choses, mais tout est là. Le néocortex veut l’emporter en étant au courant de tout, et faire évoluer par la prise de conscience, le néocortex accepte toutes les informations et va profiter d’apprendre des faits qui ont été préjudiciables au moi, même les pires. Mais certains processus des cerveaux inférieurs trouvent plus pratique, pour favoriser la survie, de cacher ce qui pourrait faire peur, de mettre à l’écart des blessures fondamentales, de dissimuler, en quelque sorte, des dossiers dangereux. Comme on ne peut pas tout digérer, l’indigeste nous poursuit plus tard. Les enfants peu caressés et peu aimés peinent à trouver leur place. Les ruptures violentes, à l’age adulte, fragmentent le moi, car il se sera fondu et confondu avec l’autre, qui appartient au non-moi, en dépit du fait qu’on l’aura avalé par le sentiment. Certains parents ne guérissent jamais du décès d’un enfant, et nombre de divorcés ne se remettent que dix ans plus tard d’une séparation, dix ans de «foutu», alors que les meilleurs s’en sortent avec trois seulement. Ces faits demandent non seulement d’être observés, mais ils exigent d’être compris, et les comprendre c’est voir que nous ne sommes pas maîtres du temps. Non seulement le passé laisse des traces traumatiques, à travers les chocs et les déceptions lourdes, mais il engendre la nostalgie, s’il a été meilleur que le présent. D’où les séquences inopportunes de mémoires qui viennent faire de la friture sur la ligne de l’immédiat. Quant à l’avenir, pour ne pas en avoir peur, il nous faut le courtiser outre mesure. La durée, ce moyen d’accès suprême au non-moi, n’est pas réellement manipulable, et tous nos efforts pour nous l’approprier selon nos propres modes sont à certains moments pris en défaut.

Et nous les éveillés disons toujours la même chose: le moi s’identifie au non-moi, alors autant se livrer à l’univers entier, autant accueillir le non-moi comme partenaire absolu, au prix, que certains jugent exorbitant, de distinguer réellement ce que nous sommes de ce qu’il est, lui. Au tarif de respecter l’esprit en le laissant investir les émotions, en lui laissant le droit de monter vers les souhaits solaires de l’être. Alors l’identification rampante et inévitable, l’identification terre-à-terre au territoire et à ses fétiches, qui caractérise l’espèce, est remplacée par la connaissance par identité. Même si le processus est lent entre la prise de conscience évolutive et les premiers résultats, c’est la procédure cosmique par excellence, c’est le prochain pas de l’évolution. Être tout, sans être identifié à rien, et le supramental est capable de produire cette conscience-là. L’ego en prend pour son grade, mais voilà l’intelligence suprême qui œuvre en nous car nous ouvrons la porte. Si l’on n’ouvre pas immédiatement dans l’intention d’aller jusqu’au bout — de devenir un sage, comme on dit en langage courant, entrebâillons pour une simple thérapie. 

Guider l’esprit vers ce qu’il ne veut pas voir, constitue la procédure essentielle.
source : www.supramental.fr  - Le site de Natarajan

Le corps victime du moi


téléchargementLa fascination de la vie peut entraîner les fonctions subjectives à une expérimentation excessive. En empruntant notre terminologie, la lune et ses émotions, vénus et ses sentiments, mars et ses désirs, feront une farandole et s’exciteront mutuellement. C’est le corps qui paiera pour les responsables en amont, et assez rapidement. Les excès sexuels engendrent une faiblesse des reins, l’alcool condamne le foie et le sang, le tabac les poumons. Le surmenage intellectuel, si mercure joue au champion, et qui semble plus noble dans notre culture en étant tout aussi pervers, attaque sournoisement les nerfs et exagère l’ego mental. Les lentes vibrations des ondes spirituelles supérieures ne pourront plus y pénétrer pour permettre au cerveau de nouvelles opérations intuitives. Les excès alimentaires, dont la femme, yin, est très souvent la victime, produisent la paresse intellectuelle sous l’égide de la lune, puis des troubles dans toutes les parties du corps. Les hommes qui continuent de penser à leurs affaires en mangeant, sans diététique appropriée, développent des maladies cardio-vasculaires, comme si leur cœur manquait de place et appelait au secours. Et si l’on s’abandonne à la structuration et au contrôle permanents, un mental trop rigide, au-delà de la loi de conformité naturelle, engendre immanquablement des maladies osseuses ou articulaires, des maux de dos variables, et quelques manies. On peut même détailler. Une émotivité débordante et cultivée s’attaquera, finalement, à l’estomac, une peur chronique aux reins, une tristesse interminable aux poumons.

 

2 Bouddha avait raison !

Dans une société dont l’activité consiste essentiellement à créer de nouveaux besoins chez ses membres, se dégager de la fascination de l’objet s’apprend en psychothérapie et se développe dans la quête intuitive. Au dehors, l’on prendra le risque ridicule d’être considéré comme une personne qui aime perdre son temps, quand on se dégage des comportements utilitaristes, et qu’une intensité agréable à méditer, réfléchir, contempler la nature, faire de l’exercice physique, vient compléter l’intérêt pour les témoignages de ceux et celles qui ont accepté la brèche évolutive.

Et le docteur David Servan-Schreiber, dans guérir, précise que la perte du sentiment naturel du corps, perte indispensable à l’idéologie du profit qui aliène au travail, cause de bien nombreuses maladies qui pourraient être évitées par des moyens simples, dont la nutrition correcte et l’exercice physique régulier. Le corollaire est simple. L’objet qui fascine rend malade, l’attachement à l’argent, au plaisir, au travail, et même au bonheur considéré comme un esclave docile, tout ce qui monopolise l’esprit le dessert, le comprime et l’enferme. L’esprit veut être libre, épouser le ciel, soutenir le corps, aimer la Terre. Il traverse notre mental supérieur, tombe sur des intuitions qui, en trois secondes, viennent à bout de raisonnements pénibles et inachevés, il anime notre mental contingent toujours aux prises avec le pouvoir décisionnel et l’altérité, et se cache jusque dans le mental physique, une sorte de mort consciente, que le yogi supramental rencontre en descendant toujours plus bas, et dont toute évocation est vaine. Seule l’expérience renseigne. C’est ce dernier pouvoir, le plus lourd, le plus inconscient, et sans doute le plus ancien de tous, que le Divin cherche à transformer pour diviniser la Matière et la libérer de la mort. Les registres des pouvoirs subconscients sont nombreux, opératifs, fonctionnels, opportunistes. Les erreurs se paient, même si elles ne sont pas des fautes. Nous sommes remplis de volontés et d’intentions qui ne sont pas les nôtres, qui sont des mémoires vivantes, des procédures énergétiques, des parasites, des morceaux de semi-conscience vivace, et pourtant les voilà à l’œuvre à la moindre faille, nous envoyant les épreuves et les défis, soulignant les limites de notre volonté dans le sentiment d’impuissance. Evoluer est le seul chemin.

 

3 Marier le Yin et le Yang

C’est une attitude yang, volontaire, qui permet de créer ces espaces privilégiés d’épanouissement personnel consacrés au ressourcement et à la voie, où l’esprit aura du répit. Il sera établi que le moment, le seul intermédiaire entre le moi et le non-moi, sera délivré de finalités mesquines. Une fois qu’ils auront été créés, ces terrains de jeux donneront l’occasion de devenir réceptif en profondeur. C’est parfois difficile d’obtenir des espaces de vrai lâcher-prise, mais une fois installés, l’abandon de ses prérogatives personnelles se développe à l’intérieur, pour apprendre à écouter, voir, ressentir sans arrière-pensées, sans quête du résultat, pour apprendre à désapprendre, comme le disait déjà Lao-Tseu.

Le mouvement d’ensemble destiné à libérer du contrôle peut être partagé dans un groupe ou se mettre en place dans des moments de solitude. Le lâcher-prise permet une meilleure circulation des énergies mentale, émotionnelle, physique, et aide à réconcilier les hémisphères cérébraux. Les chinois connaissent ces techniques, où seule l’impulsion est volontaire, tandis que les gestes qui s’ensuivent font appel à l’énergie non musculaire, ou à la conscience du corps physique. Le yoga demande beaucoup plus de pratique pour arriver aux mêmes résultats, puisque le contrôle y est beaucoup plus important. Mais à un niveau de maîtrise rare et difficile à atteindre, les postures doivent s’installer d’elles-mêmes et procurer des états que le corps non travaillé ignore. Beaucoup de sports pratiqués avec une adresse relâchée, comme la longue randonnée, la natation, le snorkeling en eau chaude, débouchent aussi sur des échanges positifs entre les différentes parties de l’être, et peuvent même en certains cas déclencher une méditation naturelle régénératrice sans le moindre effort technique.

Les grandes cités empêchent l’hygiène de vie, d’où l’augmentation exponentielle des dépenses de santé en Europe, et le succès des pharmacies, puisque nous perdons nos défenses immunitaires de manière inquiétante, et faisons disparaître toutes sortes de symptômes, autant de signaux d’alarme, par de petits abrutissements chimiques. On ajourne ainsi sans cesse des rectifications indiquées par l’esprit global qui manipule le subconscient pour nous avertir. Cet état de fait culturel provient du mental du 18ème siècle, qui n’a cessé de se prolonger et de s’emparer de l’Histoire, et qui croit à la fragmentation du Réel — sans se rendre compte qu’à force de découper le grand puzzle en petits morceaux, la chance de le reconstruire s’amenuise. A l’opposé, comme certains médecins occidentaux ont enfin l’audace de l’établir, la vision chinoise du monde, la seule à proprement parler holistique depuis l’origine, nous propose l’acupuncture, peu soucieuse d’examens interminables, mais capable de sentir la fuite de l’équilibre, de l’homéostasie, et de la rétablir par des moyens simples.

 

4 Face au réel du non-gratifiant

Toutes les contraintes qui nous relient à la nature, et qui déterminent les conditions de la bonne santé, sont très peu prises en compte par le moi conditionné. Le corps physique demande plus d’attention que ce que notre éducation prétend, le refoulement des émotions, destiné à sauver la face en toutes circonstances, s’avère en fin de compte une stratégie idiote et somatisante. Refuser l’intuition au nom du cartésianisme et de la preuve expérimentale mutile une partie entière du cerveau. Il semble donc acquis qu’il faut aller voir de bien plus près les forces dont nous dépendons, pour respecter leur travail, le comprendre, éviter les retours de manivelle dus au stress, aux conceptions fausses du moi ou du non-moi. Cette aventure n’est pas rassurante au début. Voir que l’on est plusieurs dérange, se rendre compte qu’on n’est ni plus ni moins qu’une étagère biologique, et que chaque rayon veut caresser ses propres objets du désir, voilà qui propulse dans une saison en enfer. Puis c’est une fête. Les moi concurrents se séduisent, s’affrontent, le centre repère celui qui ne veut jamais s’élancer, celui qui veut temporiser, celui qui en veut toujours plus, celui qui abandonne, qui baisse les bras, celui qui s’arrange en tournant les choses à sa manière. Le moi évolutif veut accueillir des transformations fragiles mais souhaitables, qui seront refusées ou ajournées dans les étages inférieurs, comme les affects, les émotions, les habitudes addictives.

Voici un nouveau paradigme commun à la thérapie et à la voie, les deux démarches identifient plusieurs acteurs intérieurs. Accepter d’observer leur jeu n’est pas une attitude plus dangereuse que de subir soudain des conflits catastrophiques, ou des comportements réactifs qui entraînent là où l’on ne veut pas aller, après que les prises de conscience auront été ajournées trop longtemps. Nous sommes un véritable arc-en-ciel. L’identité n’est pas que de la volonté, ni que de la pensée, ni que de la mémoire vivante, ni que du sentiment, ni que des sensations organisées et des émotions — c’est un ensemble constitué de fonctions multiples. Nous allons nous familiariser avec les matériaux de l’alchimie spirituelle, les pouvoirs psychologiques conformes aux principaux corps du système solaire, et cet inventaire peut être une piste aussi bien pour mener sa propre thérapie que pour clarifier son ascèse. Différents mouvements s’ordonnent, se complètent ou rivalisent pour s’emparer du moment, et nous voilà déjà au pied du mur.

 

extrait du Traité d’alchimie vu sur  : www.supramental.fr - Le site de Natarajan

Théorie de l’Alchimie Spirituelle

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L’Histoire révèle un formidable courant de résistance au passé, courant qui lui aussi devient vite récupéré par la mémoire — le neuf étant rapidement recouvert par la coutume qui en tue la portée révolutionnaire. Heureusement le vingtième siècle a engendré des percées remarquables dans la connaissance psychologique d’une part et dans la connaissance spirituelle d’autre part. Nous allons établir des passerelles entre des domaines relativement fermés pour le moment, pour formuler une synthèse libératrice. Les autorités contemporaines nous donnent une piste de l’authentique fraîche, mais elles ne sont pas d’ores et déjà reconnues par un grand nombre, alors que l’on se perd encore volontiers à suivre les principes recouverts par plusieurs siècles de légendes censés nous donner, au nom d’un héritage perdu, des clés pour aujourd’hui. Certes, si nous abolissons la succession du temps, nous voyons bien que les choses n’ont pas changé et qu’on cherche à toutes les époques — en tout cas depuis trois mille ans, des découvertes hors du monde décevant du passé et de ses structures. Les nouveautés révolutionnaires ont même pris une extension formidable au vingtième siècle, en Occident, alors que l’Orient possède les mêmes choses depuis si longtemps, que, sans les textes originaux aux traductions difficiles et contestables, nous suivons des chemins hasardeux ou trop conventionnels. Je m’attache à départager la psychothérapie de la quête spirituelle tout en soulignant leurs analogies afin de montrer, d’une part, qu’une thérapie peut devenir un tremplin adéquat pour une quête plus profonde, et qu’une ascèse évolutive, celle qui implique une consécration au mystère de l’être et des principes divins, peut bénéficier des prises de conscience que les thérapies produisent. Il y a bien quelque chose à guérir, quand on s’élance vers le sens ultime des choses, à l’appui des témoignages des anciens. Guérir l’âme, disaient les grecs. Guérir l’esprit, peut-on affirmer, si l’on considère que l’outil de perception supérieur, l’esprit, partagé par tous, fonctionne mal — embourbé dans des principes convenus, des mémoires vivaces, des mouvements compulsifs.

 «Qui suis-je» est une vraie question

La transformation de l’esprit occupe le cœur des religions, suscite le besoin d’épuiser une vie sans signification profonde et interroge nos besoins. Toute personne qui cherche à guérir ou s’élever se préoccupe davantage des liens possibles entre le passé, le présent, et l’avenir, car l’exigence d’une voie souveraine se fait sentir. L’avenir est par définition informel et fantasmé. Sa substance vierge nous fascine, nous y projetons nos souhaits, nous aimerions le voir nous remplir de satisfactions, tandis que le passé est figé dans les formes, des formes qui nous poursuivent parfois alors qu’elles sont périmées, et que notre présent — ô combien chéri — est toujours aussi pérenne qu’insaisissable, comparable à l’eau devenant la glace figée de la mémoire, irréversiblement. Pour aller vers le Divin, ou, si l’on préfère pour commencer, vers une vie authentique, il suffit de renoncer à se rendre soi-même quelque part. Cela évite, en premier lieu, d’écraser le présent entre de la mémoire et des attentes. En second lieu, nous pouvons découvrir en cheminant que d’autres destinations méritent un détour, puis que le chemin lui-même est le but. La révélation qu’il n’existe que le présent n’est pas d’ordre intellectuel. C’est un ressenti sans limites, d’une douceur extrême, qui chuchote qu’il n’y a jamais eu que cela, ce moment éternel, dans ce petit enfant oublié, et qu’il n’y aura que cela dans le vieillard qui s’approche. La quête spirituelle et la procédure de guérison psychothérapeutique partagent ce paradigme, l’incertitude. L’ouverture est vécue comme meilleure que le statu quo, et le territoire le plus dangereux, le plus aléatoire, remplace la meilleure carte. Même si l’on ignore quand et comment les choses changeront, même si l’on suppose une amélioration seulement probable, cela vaut mieux qu’un présent bouché, soumis à des boucles répétitives insupportables, qui sabotent l’existence. On prend conscience que l’irruption de l’inconnu est nécessaire pour dissoudre des structures périmées, fragmenter des blocs de croyance, et une confiance sans objet accueille l’absolu du jour, avec toutes ses informations, pour y puiser des flammes.

2 Le paradoxe de la quête fermée

La quête orientée dans une direction dissimule les autres. On circonscrit à la vérité un domaine, et le tour de passe-passe est joué. On canalisera la curiosité, ce qui est stupide, mais simiesque, on hiérarchisera les valeurs, les maîtres, les doctrines, en fonction de quelques critères insuffisants mais bien élevés, et de beaucoup de réserves souterraines et impolies. Notre espèce préfère une impasse fléchée au chemin sans repères, où il n’appartiendrait qu’à nous de trouver les indices. Tandis que chaque avatar cherche seulement à rétablir la religion universelle et unique, les humains se laissent prendre aux formes et aux contextes et en profitent pour nourrir leurs vieux démons et guerroyer et détruire. Même les meilleurs, sous prétexte de chercher la vérité, ferment les yeux sur ce qui se passe à chaque instant, si le paysage déborde de leurs principes. On s’est payé des œillères de luxe, une philosophie, une religion, ou même une soi-disant «voie», difficile à suivre sans s’enfermer. En revanche, grâce à des œillères, on est sûr de ne pas se perdre, on suit le chemin supposé être le meilleur, et c’est sans doute pour cela que cette immense escroquerie de la vérité certifiée conforme réunit autant d’adeptes. On tournera toujours en rond, sur une immense ligne droite légèrement incurvée, et l’on peut mettre toute une vie pour parcourir ce cercle qui semble aller tout droit étant donné sa taille, et se retrouver au point de départ, l’ignorance. Quelle erreur de stratégie, fatale, que s’imaginer l’accomplissement spirituel subordonné à une direction.

 

3 Le non-agir, principe du lâcher-prise

Mais alors comment faire, s’exclame l’impatient ! C’est trop simple pour être vu. S’il y avait quelque chose à faire, il suffirait d’identifier cette chose, se mettre à l’exécuter, puis à en attendre les résultats. Et cela ne fonctionne pas ainsi. Ou alors pour de petites choses, bien sûr. Un cachet d’aspirine fait passer une migraine occasionnelle, mais ne soignera pas une dépression cachée qui déclenche, au moindre préjudice, un mal de tête inexplicable. Pour le fond du problème — atteindre la délivrance, gagner le repos irréversible du mental, recevoir la libération, selon l’énoncé traditionnel, il n’y a strictement rien à faire — si l’on entend par là cultiver un pouvoir décisionnel dans le contexte, ou faire des acrobaties quelconques. Il ne s’agit pas de changer de comportements, de remplacer le conjoint, d’essayer une nouvelle religion, ou de lire un livre par mois ou deux achetés intuitivement dans une librairie ésotérique. Je révèle ici un système qui permet une vision panoramique et verticale. La quête évolutive est purement intérieure, c’est une nouvelle procédure du moi par rapport à lui-même, qui se voue à un examen de soi-même ouvert, tourné vers des potentiels encore inexploités, toutes les perceptions étant ramenées aux exigences intérieures par l’observation. C’est là que le travail s’effectue. Ensuite, le non-moi, c’est-à-dire tout ce qui nous est extérieur, délivre des messages nouveaux, révèle des vérités insoupçonnées, inspire des mouvements imprévisibles, et s’accueille d’une manière absolue dans l’intégrité de chaque moment. Par la suite seulement, des techniques physiques, émotionnelles, mentales, pourront être mises à disposition et relier d’une manière plus juste le moi au non-moi. Si le travail préalable nécessaire n’a pas lieu, l’on ne pratique rien du tout. Le seul garant évolutif est l’engagement intérieur radical.

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4 La navette entre le moi et le non-moi

La seconde analogie, entre la quête et la thérapie, est technique: les deux procédures inversent le mouvement de notre esprit. Voilà que le nouveau procédé se charge de saisir les objets intérieurs. On ne pense plus à Dieu mais à ce qu’Il représente pour nous dans l’ascèse spirituelle, comme la thérapie nous demande d’oublier l’autre (ce que nous croyons faire pour l’aimer ou le fuir), pour approcher réellement de ce qu’il représente pour nous. Un travail d’hercule puisque les affects placent l’autre au-dedans mais que nous continuons à le voir au-dehors. Le Seigneur des mystiques, Lui aussi, ne peut s’apercevoir au-dedans qu’au moment où le moi a renoncé à s’En emparer au-dehors. Nous avalons en permanence le non-moi pour en faire du moi, avec l’esprit, les émotions et le sentiment, et il ressemble à s’y méprendre à la nourriture. Nous pouvons éprouver des faims insatiables, difficiles à combler, de la quête du bonheur à celle du Divin, comme nous pouvons être saturés et ne plus supporter le contact avec l’autre ou le non-moi dans certaines circonstances. Il n’y a donc pas lieu de s’égarer dans des considérations métaphysiques pour aborder une voie quelconque, quels liens unissent le moi au non-moi, voilà la question, la seule. Par esprit, nous entendons non seulement le mental mais un organe invisible et holistique qui relie la totalité de notre être au non-moi. L’esprit s’enfonce donc dans la matière et devient le subconscient, c’est sa part cachée qui nous joue des tours et fait somatiser les préjudices émotionnels, et il demeure dans des régions que nous ne connaissons pas encore, comme les chakras supérieurs par exemple. Il œuvre par lui-même et sans notre assentiment en dessous de notre état de conscience, par des raccourcis qui le rattachent au corps émotionnel, puis physique, et au-dessus par des procédures secrètes, dont certaines ont lieu pendant le sommeil, celles qui transforment par exemple notre aura, ou nous donnent des intuitions supérieures, quand le cerveau est rompu à utiliser l’intelligence vers l’intérieur et la connaissance de soi. Vu toutes les couches que le moi comporte, du subconscient le plus sombre aux souhaits solaires les plus purs, et toute la diversité du champ du non-moi, il nous appartient d’être clair sur cette question de la navette entre le moi et le non-moi, et d’en faire le principe pour mener une ascèse autant que pour progresser en thérapie. L’esprit se renouvelle en permanence, à toute vitesse, ce qui lui permet de somatiser ou de se libérer à n’importe quel moment dans un délai rapide. En ce qui me concerne c’est le contact avec le supramental qui m’a définitivement montré ce qu’est l’esprit, dont les pouvoirs sont beaucoup plus larges que ce que l’humanité s’imagine. Son rythme nous échappe. Il nous traverse de part en part, coordonne les sensations qui nous livrent au non-moi avec le sentiment global du moi.

Je défends l’hypothèse suivante dans ce livre: L’esprit qui nous habite possède une autonomie qui nous échappe en partie, et c’est donc lui qui gouverne notre existence à certains moments, quand le moi sort du cadre qui lui est imposé par la nature. Autrement dit, si nous faisons des erreurs, l’esprit se met à fonctionner mal automatiquement, à notre insu, et il s’ensuit les troubles de la personnalité échelonnés entre le diagnostic psychiatrique et le diagnostic pathologique. Entre l’état de «folie» et celui de la maladie physique, existent un nombre considérable de troubles mentaux, plus ou moins supportables, plus ou moins avoués, ces troubles qui légitiment autant les cabinets de psychanalyse que de psychothérapie. Ces problèmes d’origine mystérieuse qui suscitent la consultation compulsive de voyants, de devins, d’astrologues souvent peu expérimentés. Si nous considérons que l’esprit descend dans le corps, nous avons la cause des maladies psychosomatiques, si nous affirmons qu’il monte sur des plans subtils et invisibles, nous avons l’explication des insights, des illuminations, des miracles produits par les saints. Pour cadrer toute cette étude, nous avons en tête le prédicat suivant qui trame tout notre discours: l’esprit se laisse approprier par le moi jusqu’à un certain point. Au-delà, il fait cavalier seul et peut se permettre de détruire l’organisation du moi, le sentiment de l’identité, par tout ce qui est à sa disposition, dérèglement des organes, du cerveau, dysfonctionnement cellulaire, turbulences des courbes hormonales, dépression, etcetera.

Dans l’optique transcendante qui est la nôtre, la scission entre le moi et l’esprit, qui provoque des troubles, n’a pour but que de rétablir une unité supérieure, ce dont convient autant le psychanalyste athée, que le psychothérapeute holistique, ou le maître spirituel. La rupture du moi et de l’esprit entraîne la souffrance, et c’est donc l’occasion, puisque le sujet est poussé dans ses retranchements, pour qu’il subisse sans échappatoire la question prise au sérieux par les grecs de l’antiquité et ridiculisée par les matérialistes du vingtième siècle: je ne sais pas d’où je viens ni où je vais. Certains citoyens cultivés finissent par ne plus comprendre un beau matin, pourquoi la vie ne leur obéit plus — tant leur moi est structuré et habitué à la victoire. Ils se sont toujours imaginé que l’esprit était à leur disposition, leur propriété, et qu’ils pouvaient en faire ce que bon leur semble. Que nenni ! Leur sentiment d’échec, puisqu’ils le cultivent, descend jusqu’au subconscient, qui somatise. L’information mentale est passée dans une autre juridiction, là où les choses se passent autrement, là où la pensée n’a plus de pouvoir. Une puissance colossale fait son travail, signale, avertit, déclenche des troubles, puis des pathologies.

En revanche, ceux et celles qui savent qu’il n’y a rien à réussir ou échouer, mais qui font de leur mieux, sans stress, pour rester en coïncidence avec le Tout, somatisent moins. Ils ne sont pas attachés aux fruits de leurs œuvres, comme le dit la bible hindoue, la Gûita, et tandis qu’ils se sentent moins coupables d’échouer, ils sont aussi moins vaniteux quand les exploits les accompagnent. Leur subconscient est moins chargé de scories, car ils dramatisent moins. L’art de la santé équivaut peut-être à celui de vivre avec un ego minimum, ce que laissent entendre les taoïstes. Aujourd’hui, parce que la Terre change d’ère, l’individu en crise, par la même occasion que celle qui rétablit la santé peut dissoudre son ego si c’est nécessaire pour guérir. Le tournant évolutif se prépare autant dans la souffrance que dans la plénitude.

 

5 Saisir les objets intérieurs

Les désordres mentaux obligent à revenir sur ses pas, à chercher une autre place, à transformer sa personnalité. Mais la mentalité ordinaire est friande de l’objet, et n’a pas lieu de s’en lasser, avant de sévères avertissements. Si nous n’apprenons pas à inverser le mouvement mental auprès d’un maître spirituel, d’un sage, d’un ancien, d’un chaman, ou d’un thérapeute, l’intelligence qui anime notre esprit est peu utilisée, elle s’empare toujours des objets auxquels elle s’identifie, et elle ne sait rien faire d’autre. Nous allons vers le gratifiant. Le petit moi obsessionnel et héritier de toute la chaîne évolutive défend son territoire avant tout, cultive ses désirs et évite de voir en face l’origine de ses craintes. Il attend de voir dans ce qui se passe ce qu’il veut voir. L’homo sapiens sapiens veut choisir sa réalité comme un gâteau dans une pâtisserie, celui-là et pas un autre, cette réalité-ci et surtout pas celle-là. Et si l’univers n’était pas qu’une pâtisserie? 

Si nous lâchons les objets, abandonnons la convoitise, comme le stipulait Bouddha, l’intelligence pure du moment n’a plus aucun limite.

 

6 Accepter et reconnaître l’ignorance pour s’en libérer

Etre ignorant c’est être séparé. Séparé de quoi ! Les hypothèses ne manquent pas, séparé de son identité véritable, séparé du Tao, du Soi, se sentir extérieur à l’unité réelle de cet univers insécable dont nous faisons partie, se sentir entre quatre murs car trop de choses nous échappent pour que notre perception nous rassure sur ce que nous sommes réellement, séparé de son soleil intérieur, endormi, qui rayonne au diapason du soleil mystique, séparé de la Vérité, avec un grand V, qui fonde les principes du monde dans leur conformité parfaite, séparé de son potentiel de lumière. Bref, séparé. Si nous connaissions l’objet dont nous sommes séparés, on courrait vers lui, on le capturerait et on le saisirait, et le tour serait joué, en quelques mois ou deux ou trois ans. Le temps de bien définir l’objet manquant et de l’obtenir. Mais acheter à crédit la connaissance, la non-séparation, est impossible. Deux heures obligatoires de méditation par jour, après quoi on remet l’uniforme ordinaire, ou douze ans de chasteté sans écarts, période d’abstinence réputée pour fournir la libération dans certaines doctrines millénaires du sous-continent indien. La vénération, qui devient vite mécanique, d’un maître à qui l’on va faire des courbettes, et que sais-je encore. 

Le problème est tout simplement que la connaissance n’est pas un objet — mais un état.

Aparté autobiographique

Poursuivre donc un objet qui n’existe pas, vous conviendrez que c’est absurde. J’ai moi-même poursuivi la Vérité comme un trappeur du Canada qui pour survivre campe dans la neige pour piéger quelques animaux à fourrure, et ce n’est pas tous les jours «de la tarte». J’avais dix-huit ans, et j’étais rongé par un manque, et toujours sur la piste. Je me suis acharné à réunir les moindres indices de la Transcendance et de son moyen d’accès. Comme un policier sur la piste d’un serial killer, qui n’en dort plus de la nuit car l’assassin en est déjà à sa dixième victime en trois semaines, dans son propre quartier. En décembre 1967 je fus transporté dans un autre état de conscience, extraordinaire, où tout se tenait, et c’était dynamique et plein de lumière, tout était réponse. Rien à voir avec ce que je connaissais avant. Puis cela commença à diminuer au bout de trois jours, et quatre jours plus tard, j’avais retrouvé l’état normal. A la fin de la semaine, il ne restait plus rien. Toute ma vie fut consacrée, dès lors, à retrouver cet état. L’année suivante, j’étais pensionnaire en Hypo-khagne et me moquais de la plupart des cours, que je n’arrivais pas à suivre tant ils me semblaient creux. Je passais des heures chez les bouquinistes, près du lycée. Comme un amoureux éploré, ne pouvant plus manger ni dormir, et qui s’installe devant la fenêtre de sa bien-aimée qui le hante jour et nuit, j’assiégeais le mystère. Comme une mère qui recherche son bébé kidnappé, prête à prendre tous les risques. J’ai même, un peu plus tard, poussé mon cerveau dans ses retranchements avec quelques substances aussi illicites que sacrées, en ayant pris la précaution de lire Henri Michaux, et en sachant qu’Arthur Rimbaud naturellement, n’avait pas si bien fini que cela, comme Artaud d’ailleurs. Bref, j’ai cherché dans toutes les directions, en mélangeant quelque temps, dans une sorte de confusion esthétique fascinante, le paranormal, le magique, l’occulte, l’ésotérique, et le traditionnel. Le fameux livre de Bergier, le matin des magiciens, sorti peu avant dans une prestigieuse collection, m’avait ouvert la voie en 66. Tout me fascinait, tout était mystère, plus rien n’était établi. Si je ne me suis pas perdu, c’est que je l’étais déjà. Je ne pouvais que rester égaré, ou au contraire trouver la sortie. Comme les détenus à vie qui s’échappent, je n’avais plus rien à perdre. C’est ce qui m’a sauvé. Je ne pouvais pas me tromper, car j’étais du matin au soir, dans l’erreur absolue — celle de l’ignorance. Quand on sait qu’on est vraiment dans les Ténèbres, on suit la moindre trace de lumière. J’ai eu la chance de pouvoir descendre aussi bas: là où le ciel le plus bleu est obscur car il manque quelque chose, l’union, l’unité, l’état de non-séparativité. Enfin, le 4 janvier 1974, le voile se déchire. Il était temps. Je ne vous dévoile pas mon itinéraire pour qu’il serve d’exemple, de modèle. Chacun possède le sien, inimitable, et maintenant que j’ai passé cinquante ans, je commence à admettre que ma précocité spirituelle demeure un fait exceptionnel, charge à moi d’en faire profiter les moins expérimentés. Mon chemin sert à dévoiler des paradoxes. Même l’individu sincère, qui brûle du feu de la vérité, s’y prend mal. Il poursuit ce qui n’existe pas, s’acharne à saisir le vent, à nommer ce qui n’a pas de nom, à capturer ce qui n’a pas de forme. Le mental nous pousse à nous forger des représentations, à choisir des valeurs, à rêver d’absolu avant de l’étreindre. Entrons dans le jeu.

 

source : www.supramental.fr - Le site de Natarajan

Méditer, pour s’ouvrir au NON-MOI

 

imagesLa vision philosophique moderne, celle d’un homme supérieur qui n’a pas de compte à rendre à Dieu ni à la nature, constitue un phénomène nouveau dans l’histoire, et peu d’êtres humains nés en Occident à notre époque ont fait le travail complet d’affranchissement de cet envoûtement culturel, qui nous prive de racines célestes et terrestres. Le travail que je propose constitue une manière rapide pour faire le point avec les scories de croyances superficielles héritées dès l’enfance, et qui peuvent encore déterminer une approche trop étroite de nos possibilités d’intelligence du non-moi. Trois siècles se sont écoulés dans la même orientation suicidaire, celle qui voulait que l’homme fût maître de toutes choses, et qu’il puisse transformer à sa convenance toutes les conditions de son existence, l’Occident entraînant dans sa course effrénée le reste du globe. Nous savons aujourd’hui que les conséquences de cette attitude sont catastrophiques, que les conditions de vie ne se sont améliorées que pour une minorité ou presque, et que le climat terrestre se désorganise chaque année davantage. Nous comprenons aujourd’hui que nous avons usurpé notre liberté en nous fondant sur la science à laquelle nous demandions l’impossible: une sorte de déchiffrage abstrait des lois de l’univers qui nous permettrait, clés en main, de toujours améliorer notre société. L’être humain s’est en quelque sorte enfermé dans ses rêves d’indépendance, tout en imaginant qu’il pouvait subordonner la nature et le cosmos à sa propre volonté, en abandonnant son cœur.

C’est donc toujours en nous tournant vers des vérités anciennes, presque oubliées, que nous retrouvons le paradigme exact de la Manifestation: l’être humain n’est pas libre de tout, à chaque moment il doit répondre d’une manière particulière à la pression que la totalité exerce sur lui, pression qui a toujours été symbolisée par l’occurrence de la mort, qui peut frapper à n’importe quel moment, ou les exigences des esprits défunts, ou même, les commandements de Dieu, et enfin l’Unité transcendantale. Les êtres avisés des civilisations anciennes ne cherchaient donc pas à s’affranchir par des exploits volontaires des contraintes fondamentales de l’existence, ni à les oublier dans le culte obsessionnel du travail et du rendement. Au contraire, en essayant de comprendre les énergies plus fortes que celles de la volonté humaine, qu’ils plaçaient aussi bien dans le passé que dans l’avenir, ils s’y soumettaient d’une part, et trouvaient leur propre marge de manœuvre d’autre part. Le présent se vivait sous une certaine coupole mystérieuse qui dépassait des deux côtés. Bien que la superstition ait fini par avoir raison de la philosophie de la table d’Émeraude, comme elle vient à bout également de l’esprit supérieur des religions, certaines civilisations intelligentes savaient parfaitement utiliser les oracles, dans un esprit sacré, de la Chine à la Grèce, en Afrique, dans les royaumes celtiques, mais c’était un art difficile, secret, qui, telle la transmission du Soi par les maîtres, voyait facilement ses lignées s’éteindre ou se pervertir, la relève étant difficile, fluctuante, parfois impossible dans le cadre des changements politiques. L’autorité des lois cosmiques est difficile à découvrir, et plus encore, à ressentir.

C’est donc dans tout ce qui nous permet de reconnaître l’autorité du non-moi sur nous-mêmes, ou en tout cas, pour les plus déterminés, son droit de veto, que nous retrouvons la direction de l’être, et chaque méditation se veut ainsi une fenêtre ouverte sur l’infini des possibles, dont nous ne récusons plus l’autorité potentielle, ou l’invite opportune. Nous pouvons décliner les visages de ce «non-moi» immense vers lequel nous nous tournerons, du Divin supramental à l’ensemble de l’univers physique (et insécable) auquel nous appartenons, le ciel, la terre, la vie, le temps, l’altérité, la famille, l’environnement et la profession par exemple, mais quel que soit l’aspect choisi, ou la perspective ponctuelle, cela revient au même: la Réalité est plus forte que nous puisque elle nous cerne de toutes parts, et l’idée de la reconnaître et de la comprendre, avant de s’ériger en maître de sa propre existence, doit prévaloir sur nos croyances et nos habitudes, pour nous permettre de faire jeu égal et de coïncider. S’emboîter dans le Réel. 

Bien compris, les symboles de la coupole mystérieuse nous révèlent un équilibre très fragile à trouver entre les événements qui nous arrivent par la force des choses et ceux que nous pouvons produire par nous-mêmes, par le pouvoir de nos propres qualités et aspirations. C’est une des applications de la méditation. Le Yi-King, le tarot inspiré, ou l’astrologie transpersonnelle, et en premier lieu l’ouverture au Soi, nous délivrent de l’obscénité moderne: croire que l’on peut tutoyer la nature avec mépris, rejeter le Divin comme une hypothèse gênante, s’approprier l’avenir aux seuls fins de l’ego individuel. Il existe donc une manière de vérifier si nous sommes tissés avec le non-moi, par l’ensemble du Réel, d’une manière qui réduise les déchirures probables avant qu’elles ne se développent et entraînent toutes sortes de maux, dont les somatisations, qui se passent par-dessus la conscience que nous avons nous-mêmes de notre mal-être. De cette manière, un retour fondamental à la nature terrestre, souveraine et pure, peut s’opérer, et favoriser une guérison écologique. Quant à l’ascension vers la transcendance, elle permet d’accepter sans jugement ni mépris ce difficile passage de l’histoire dans lequel nous sommes embourbés, tandis que se développe chez le chercheur un amour inconditionnel pour le Divin encore caché. 

lire ici : http://www.supramental.fr/supramental_meditation.php

Le paradigme de la méditation quantique.

images (32)Sous prétexte de caractériser la voie qui mène à l’Illumination, confondue avec une connaissance ultime, les voies traditionnelles du passé énonçaient des interdits et préconisaient des comportements obligatoires qui maintenaient dans un registre d’expériences convenues. La méditation quantique propose un balayage exhaustif de notre ressenti, de notre vécu, de notre moi et de l’image qu’il se forme de lui-même, et enfin de notre moi subliminal, la partie la plus profonde de notre être où le Divin exerce déjà son pouvoir, bien que nous n’en ayons qu’une expérience limitée.

 L’adepte spirituel qui cherche à adopter une conduite trop précise pour se confronter au mystère de l’existence, finit par déterminer lui-même les vérités qui l’arrangent et les erreurs qui le gênent, et, finalement, son esprit ne s’attaque jamais aux angles morts. Il crée des ornières nouvelles, sans doute supérieures, et invente des œillères plus larges, mais cela est insuffisant pour parvenir à un éveil authentique. Jusqu’à présent, les enseignements traditionnels étaient trop détachés de la vie concrète, à laquelle ils opposaient une «vision», et tout le vécu devait se conformer au moule proposé, de gré ou de force en quelque sorte. Enfermé dans une dogmatique, le moi manipule les critères de la méditation, et en manque le pouvoir absolu. Naturellement, cette attitude n’est pas volontaire, mais voulue par le descriptif de l’enseignement à suivre, qui force le mental à louer certains progrès, et à blâmer certaines habitudes, sans pour autant que le centre de l’esprit, ou sa source, le Soi, ne puisse être atteint, à cause, justement, des dualités perpétuelles qui se font jour entre le cheminement supérieur à suivre et le vécu pétri d’habitudes matérielles.

Le pratiquant de la voie intégrale choisit la méditation cardinale, que nous allons exposer dans ses principes, pour épouser l’itinéraire dépouillé de toutes formes particulières, celui qui s’attache à explorer le réel avant d’en juger les caractères, ce qui ne serait fondé que sur le passé. Mû par une aspiration profonde à participer dans une intégrité suprême à la totalité, le méditant commande à son esprit de ne plus s’emparer de ce qu’il saisit pour l’interpréter comme convenu dans le fil de sa mémoire et de ses préjugés. Il commence à se méfier de la pensée, sans pour autant éprouver pour elle le moindre ressentiment, puisqu’elle fait encore partie intégrante de son être, et qu’il doit la considérer à part entière comme un de ses propres organes. Cette méfiance de principe, détachée et sereine, paradoxale mais qui s’apprend, ouvre sur différents univers qui se manifesteront à travers de nouvelles procédures d’intelligence, le cerveau étant tout à fait capable d’interpréter des modes vibratoires plus subtils que ceux de la pensée qu’il génère, et qui produisent des perceptions nouvelles. Pour donner une image simple, la pensée subsistera, mais elle sera perçue par un autre pouvoir au moment de sa manifestation, une conscience difficile à caractériser et à transmettre, mais qui peut se faire jour de l’intérieur.

Sur ce point, la pratique des quatre Mystères, ou méditation quantique, demeure conforme aux prédicats des enseignements traditionnels de l’Orient. Il s’agit bien de mettre l’individu aux prises avec ses propres représentations, puis de le pousser à voir qu’elles sont issues d’un éventail de conditionnements divers, comme autant de filtres empêchant la saisie de la réalité pure dans le moment même. C’est pour assurer la survie du spécimen humain que le cerveau associe la perception vitale, celle de l’énergie de vie, et la perception mentale (pensées ordonnées) pour permettre au Moi de saisir en permanence les dangers et les opportunités qui l’entourent. L’excessive rapidité de la pensée constitue donc une survivance du monde animal dans l’être humain en quête de son devenir spirituel, la production de la pensée abstraite se tissant instinctivement avec la conscience vitale du corps dans la même résultante, qui renseigne sur l’environnement à chaque instant. Si le chercheur ne convient pas que la pensée l’encombre et se mélange aux sensations, ne reconnaît pas qu’elle est une sorte de prison pour le faire réagir en permanence aux sollicitations du monde extérieur, il ne peut pas aspirer à la vastitude du non-mental, ni pressentir les immenses satisfactions que la conscience peut éprouver quand les intuitions supérieures enchaînent les perceptions d’une manière entièrement nouvelle.

Certes, l’exploration du Moi ne guide pas par principe vers le bleu, la nacre et l’or des horizons spirituels avant de plonger le sujet dans la structure du subconscient, où le rouge de la violence et du désir est profondément enraciné dans des territoires archaïques, où le noir de la mort et de l’obscurité ressurgit parfois pour ensevelir les aspirations solaires dans la loi du passé, et c’est justement afin de faciliter ces voyages de la conscience dans les domaines qu’elle a créés que nous mettons à la disposition des chercheurs la méditation quantique, ou cardinale, qui consistera à explorer les quatre champs fondamentaux où s’exprime notre réalité. Bien qu’il s’agisse de la même chose, nous désignerons par méditation quantique le moment passé à se laisser entraîner au fil des associations dans les quatre champs, dans n’importe quel ordre, tandis que la méditation cardinale constitue le projet de s’en tenir à l’exploration d’un seul des quatre Mystères, en adoptant d’ailleurs, la position physique adéquate, différente pour chacun, décrite à la fin de l’ouvrage.

Une fois ces champs décrits, nous comprendrons que chacun possède une juridiction particulière, une finalité qui lui est propre, ce qui nous contraindra à rassembler leurs perspectives singulières en une seule approche, équilibrée par l’investigation. La méditation découvre la lutte plus ou moins avouée ou sournoise entre les quatre zones fondamentales, que nous appelons Mystères, pour comprendre les enjeux et trancher, tout en découvrant un espace illimité de contenus psychologiques tirés du subconscient et du supraconscient.

En fait, il est aujourd’hui certain que la structure de la vie possède ses propres lois dans l’organisme cellulaire, et que ces règles, issues de l’évolution de la matière, ne collaborent pas à l’envol de l’âme vers la connaissance ou le Divin, mais qu’elles déterminent au contraire des types de cristallisation de pensées archaïques, au service de l’appareil biologique, nous forçant parfois à utiliser des réactions animales en guise de réponses, ou nous inspirant de conserver des habitudes dont l’abandon serait propice à une meilleure adaptation. Mettre des bâtons dans les roues, présenter de nombreux obstacles à la démarche solaire afin que celle-ci trouve sa propre force dans le dépassement même des limites qui lui sont imposées par les contraintes de l’enveloppe charnelle, voici le travail des conditionnements divers dont nous héritons, qu’ils soient culturels, éducatifs, ou héréditaires.

Cibler la connaissance est donc peine perdue, mais elle se révèle en désintégrant les filtres qui l’opacifient, et en œuvrant pour décider le cerveau à élargir son mode de fonctionnement. La connaissance s’échappe toujours plus loin que là où on s’imagine l’avoir piégée, ne serait-ce que par la force du mouvement des choses et de l’histoire, qui nous fait participer à chaque instant à un monde déjà différent de celui d’hier. Le seul pouvoir vraiment disponible est celui d’une passivité entièrement attentive, et panoramique, comme n’ont jamais cessé de le chanter aussi bien les grands maîtres de la sagesse que les mystiques accomplis, et que nous apprendrons à mettre en œuvre grâce à la méditation quantique. Comme le dit la Guîta, la bible hindoue en quelque sorte, la connaissance est supérieure aux œuvres, mais la non-action (naïshkarma) est supérieure à la connaissance. Le voyant de la vérité, le chercheur intégral, se dirige vers l’inspiration totale, où ne demeure de la volonté personnelle que le but de servir le Divin, ou, s’il n’en a pas la connaissance, l’intention de parvenir à l’intégrité pure, conforme au plus haut Idéal de vérité et d’amour que nous puissions concevoir. Les autres objets de la volonté sont plus pratiques ou plus subjectifs. La volonté supérieure devient passive, et elle accueille les vibrations supérieures, tandis que l’esprit reste ouvert à tous les événements, et apprend à les traiter en les séparant des émotions qu’ils suscitent. Les buts plus prosaïques que l’individu se forme dans son contexte de vie n’ont pas forcement à être abandonnés, et la volonté contingente et active peut être conservée, mais ils méritent d’être relativisés, et, parfois, sacrifiés à la consécration. C’est d’ailleurs un des pouvoirs de la pratique des quatre Mystères d’ordonner les comportements, de hiérarchiser les valeurs, et d’éliminer rapidement les objets révolus.

Source : LA VISION D’ENSEMBLE DE LA MÉDITATION QUANTIQUE à lire ici : http://www.supramental.fr/supramental_meditation.php

 

Récapitulation du travail intérieur

images (1)Le moi dépend des fonctions psychologiques qui agissent chacune conformément à sa nature, aussi sûrement que les orbites des planètes dépendent des relations de l’ensemble, et des masses des autres, pour tourner en équilibre autour du soleil sans s’écraser vers lui, ou se perdre hors du système solaire. Aussi, dès que le moi reste accroché à une facette, dès qu’un problème se répète et absorbe le flux psychique, il n’est plus la sphère — telle une goutte de mercure qui roule au cours de la pente sans se soucier de rien, mais devient le polygone. La face qui s’abouche au réel, au Tout, s’empare du moment et le monopolise avec trouble. Le système solaire fonctionne lui aussi comme un tout unique, tel le moi qui s’écartèle puis revient au centre. Dans l’état de santé, chacune des fonctions ne possède qu’une autonomie toute relative, mais elle peut néanmoins être excessive par complaisance ou au contraire déficiente, si la fonction a été cadenassée par la nature après avoir été blessée lors de son exercice. En suivant le septénaire, il est possible de déterminer les risques probables, de comprendre le passage de la sphère au polygone comme une propriété même de l’esprit, qu’il vaut mieux suivre où il nous emmène que contrôler en vain. 

Le désir et l’initiative peuvent se retirer du moi après qu’on aura pris une décision catastrophique. Le besoin d’amour à projeter sur l’autre ou à éprouver inconditionnellement pour la vie et tous les êtres peut ne jamais revenir après une éducation manquée, un échec sentimental ou un deuil qui semble particulièrement injuste. La sensibilité peut se murer après une période de souffrance ininterrompue et la dureté de caractère remplacer la spontanéité. Une humiliation profonde, un échec, peut paralyser jupiter et pousser l’individu à se désocialiser ou blesser gravement soleil, et faire abandonner sa volonté d’être unique au moi, d’être ce qu’il est. Faire n’importe quoi ou devenir intégriste sont deux formes de réaction saturnienne à des chocs qui auront brisé la fonction de structuration des valeurs. Un échec scolaire ou professionnel peut blesser mercure et détourner le sujet de la lecture, de la réflexion, de l’intelligence, du besoin de communiquer correctement. Les événements laissent des traces subconscientes. Une éducation avec trop ou pas assez d’autorité dérive la fonction saturnienne, trop ou pas assez d’amour dérive la fonction vénusienne, trop ou pas assez d’échanges verbaux dérive la fonction mercurienne (représentation mentale), trop ou pas assez de sécurité dérive la fonction jupitérienne, trop ou pas assez de contacts physiques en bas âge dérive la fonction lunaire.

Le retour sur le passé se manifeste par des émotions intempestives involontaires, libératrices, qui restituent la fonction authentique. Les crises et les pathologies profondes sont des procédures vivantes et organisées, quasi autonomes, destinées à nous faire lâcher du lest, de force, puisque de gré c’est impossible. La maladie est souvent une procédure de sauvetage, mais à partir de critères que nous avons toutes les peines du monde à identifier, puisque la forme et le fond sont opposés. Certaines pathologies sont des garde-fous, d’autres des rappels à l’ordre, mais toutes sont le tremplin d’une identité déconditionnée. La nature se moque de notre vision du monde, et elle s’amuse à nous détruire ou à nous en faire changer. Les réponses rétrogrades, qui bloquent l’évolution, découlent des grands préjudices qui imposent un des trois modes de traitement archaïques, recroquevillement, attaque, fuite, et cousent ainsi le moi blessé au non-moi par un comportement donné. Un éventail de réponses est alors disponible, avec quatre modalités.

La culpabilité envahissante (Saturne) 
ou le laisser-aller (lune), 
ou la précipitation et fuite dans l’action (mars), 
ou le refuge dans un monde imaginaire idéalisé (venus).
Ces quatre types de réponses inadéquates, très primitives et profondes, correspondent en astrologie aux planètes maîtresses des angles, cette croix qui détermine les espaces fondamentaux du thème archétype. La culpabilité accompagne naturellement le recroquevillement, mais elle s’accommode de l’attaque, et cherche à se cacher dans la désimplication. (Saturne compulsif).
Le laisser-aller est conforme à la fuite ou désimplication, qu’il ratifie glorieusement, mais décore facilement l’attaque, surtout chez les femmes agressives, et accompagne avec bonheur le recroquevillement. (Lune compulsive).
La fuite dans l’action emboîte le plus souvent le pas à l’attaque et à la violence, qui lui sont parfaitement conformes, mais elle s’acoquine peu avec le recroquevillement (ou alors sous forme compulsive et rare de compensation), tandis qu’elle peut en revanche servir magistralement bien la désimplication en la meublant d’artifices. (Mars compulsif).
Le refuge dans la vie imaginaire (idéale) est parfaitement conforme à la désimplication, qu’elle nourrit d’attentes, mais se retrouve sans peine associée à une politique d’attaque dans un milieu fermé, l’individu passant de la léthargie à la violence sans moyen terme, et elle adoucit parfois un recroquevillement intense. (Venus compulsive).

Ces quatre tactiques rétrogrades combinées au ternaire compulsif primordial donnent douze cas de figure fondamentaux — des procédés génériques de refus évolutif, dont la puissance immémoriale se fait sentir dans toute sadhana ou psychothérapie. Ces mélanges combinent une attitude émotionnelle, matérielle et physique en quelque sorte, l’attaque ou violence, la fuite ou désimplication, ou le recroquillement, avec une attitude d’esprit, quelque chose de plus abstrait, de mental, qui autorise et cautionne les attitudes émotionnelles. Cette collaboration subtile de forces recherche une sorte d’harmonisation perverse du mental et du comportement, qui devient homogène dans la dérive pernicieuse et malsaine. Le moi en est à la fois la victime et l’auteur.

Aparté lyrique et Conclusion
Notre chapeau de magicien c’est notre vision du monde, et c’est à nous de la construire et de la détruire en permanence. Ce travail accompagne et complète la réflexion sur l’image de soi. Quant à la baguette magique, vous aurez compris que c’est l’imagination, qui comble les brèches de la réalité quand elle se fend, car on ne peut vivre sans une représentation de la réalité. Quand le chapeau de magicien est cabossé et troué, on n’arrive pas à le jeter et à en fabriquer un autre. La crise devrait permettre de s’en débarrasser, elle est faite pour cela d’un point de vue évolutif, pour casser les cadres et ouvrir vers l’étendue, mais comme c’est tout ce qui nous reste, ce vieux chapeau mité, on le conserve quand même. On y tient autant qu’à son nounours de petit enfant. Alors on le rapièce avec des illusions supérieures, ce qui vaut mieux que rien du tout. Je me permets de donner des outils de transformation pour faciliter le travail et éviter les deux pièges majeurs.

Aller trop dans le dedans, se barricader dans l’ascèse, sans savoir revenir à la viscosité de la synchronicité, principe d’adhésion du moi au non-moi qui fait de chaque journée un oracle permanent tant les indices foisonnent.

Aller trop vers le non-moi, s’y perdre amoureusement comme dans une passion, sans savoir retrouver le moi indépendant, conscient, présent, quand la synchronicité ne fonctionne plus, et qu’il faut vraiment savoir qui l’on est, sans les objets investis, sans les dépendances, sans les béquilles, sans les cartes topographiques de la vérité. La compréhension de l’altérité s’effectue mal si la compréhension de l’identité est embryonnaire. Nous n’aimons pas nos enfants si nous ne sommes pas assez nous-mêmes pour accepter qu’ils ne nous ressemblent pas, nous ne comprenons pas notre conjoint auquel nous préférons l’image fabriquée par nos attachements et qui nous fournit, plus que l’être réel, une nourriture à notre propre identité. Nous refusons l’altérité et ne recherchons que l’identique. Nous nous acharnons au monde-miroir, c’est-à-dire au monde famille, au monde tribu, au monde nombril. Nous savons partager à merveille ce qui est identique, mais nous ne savons pas partager les différences. 

Accepter la différence, accueillir ce qui ne nous convient pas, adopter l’inadmissible, tel est le procédé qui mène à la reconnaissance du soi: la légitimité absolue du Réel. Evoluer exige de voir de plus près son chapeau de magicien, qui vient du grand-père ou de je ne sais où, et demande de se pencher sur l’image de soi. Travailler sur le chapeau de magicien concerne la préhension du non-moi, son contact, sa saveur, tandis que le travail sur l’image de soi concerne en premier lieu la recherche de l’identité. 

Si l’on veut poursuivre l’investigation évolutive, interroger le Divin sur nous-mêmes, plonger notre sadhana, notre ascèse, notre alchimie dans le mystère, alors une réflexion sur le cosmos s’impose, une consécration surgit pour seconder l’image de soi dans la quête d’absolu. L’accélération évolutive exerce sur la conscience humaine une pression. L’intuition holistique, c’est-à-dire le sentiment de participer à la vie, au cosmos, par-delà en quelque sorte de la fonction familiale et sociale, ne peut que s’accroître naturellement maintenant que la contagion supramentale continue, et que des énergies puissantes contribuent à changer les conditions subtiles sur Terre. 

Un air différent souffle déjà depuis 1967. Les murs vont tomber. Le temps est venu pour que le moi se penche sur lui-même, et accorde à ses modes de perception une attention soutenue, directe, spontanée, comme il est nécessaire qu’il prenne acte d’une insatisfaction profonde que nul objet ne peut combler.
Qu’Indra vous révèle par où toutes les choses sont traversées par le même sens.

extrait du Traité d’alchimie vu sur  : www.supramental.fr – Le site de Natarajan

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